| Extrait Grec |
Πύρρος δ' ὁ βασιλεὺς ὁδεύων ἐνέτυχε κυνὶ φρουροῦντι σῶμα πεφονευμένου, καὶ
πυθόμενος τρίτην ἡμέραν ἐκείνην ἄσιτον παραμένειν καὶ μὴ ἀπολιπεῖν τὸν μὲν
νεκρὸν ἐκέλευσε (969d) θάψαι, τὸν δὲ κύνα μεθ' ἑαυτοῦ κομίζειν ἐπιμελομένους.
Ὀλίγαις δ' ὕστερον ἡμέραις ἐξέτασις ἦν τῶν στρατιωτῶν καὶ πάροδος καθημένου
τοῦ βασιλέως καὶ παρῆν ὁ κύων ἡσυχίαν ἔχων· ἐπεὶ δὲ τοὺς φονέας τοῦ δεσπότου
παριόντας εἶδεν ἐξέδραμε μετὰ φωνῆς ἐπ' αὐτοὺς καὶ θυμοῦ καὶ καθυλάκτει
πολλάκις μεταστρεφόμενος εἰς τὸν Πύρρον, ὥστε μὴ μόνον ἐκείνῳ δι' ὑποψίας
ἀλλὰ καὶ πᾶσι τοῖς παροῦσι τοὺς ἀνθρώπους γενέσθαι· διὸ συλληφθέντες εὐθὺς
καὶ ἀνακρινόμενοι, μικρῶν τινων τεκμηρίων ἔξωθεν προσγενομένων,
ὁμολογήσαντες τὸν φόνον ἐκολάσθησαν.
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| Traduction française |
Le roi Pyrrhus, dans un voyage, rencontra un chien qui gardait le corps de son
maître, qu'on avait tué ; et ayant appris qu'il était là depuis trois jours sans manger et
sans quitter un instant le cadavre, il fit enterrer le mort (969b) et emmena le chien
avec lui, en donnant ordre à ses gens d'en avoir bien soin. Quelques jours après il fit
la revue de son armée ; il était assis sur son tribunal, et tous les soldats passaient
devant lui. Le chien se tenait tranquillement à ses côtés, lorsque tout à coup, ayant
aperçu les meurtriers de son maître, il s'élança sur eux en aboyant avec fureur et se
tournant souvent vers Pyrrhus, qui conçut, ainsi que tous les assistants, les plus
violents soupçons contre ces soldats. Ils furent arrêtés sur-le-champ et appliqués à la
question. D'après quelques autres légers indices qu'on eut d'ailleurs, ils avouèrent le
meurtre et furent punis de mort.
Trad. : abbé RICARD, Oeuvres morales de Plutarque. Tome IV. Paris, Lefevre, 1844 |