| Extrait Grec |
Τί δῆτα; Γραφικὸς ἁνήρ, καὶ ἡδὺς ὁ λόγος, καὶ χάρις ἔπεστι καὶ δεινότης
καὶ ὥρα τοῖς διηγήμασι, Μῦθον δ´ ὡς ὅτ´ ἀοιδός, ἐπισταμένως μὲν οὔ, λιγυρῶς δὲ
καὶ γλαφυρῶς ἠγόρευκεν. Ἀμέλει ταῦτα καὶ κηλεῖ καὶ προσάγεται πάντας, ἀλλ´
ὥσπερ ἐν ῥόδοις δεῖ κανθαρίδα φυλάττεσθαι τὴν βλασφημίαν αὐτοῦ καὶ
κακολογίαν, λείοις καὶ ἁπαλοῖς (874c) σχήμασιν ὑποδεδυκυῖαν, ἵνα μὴ λάθωμεν
ἀτόπους καὶ ψευδεῖς περὶ τῶν ἀρίστων καὶ μεγίστων τῆς Ἑλλάδος πόλεων καὶ
ἀνδρῶν δόξας λαβόντες.
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| Traduction française |
Que faut-il donc penser d'Hérodote? Que c'est un écrivain plein de talent, dont le
style a beaucoup de douceur, dont les récits sont remplis de grâce et de beauté. Si
dans sa narration il montre peu de savoir, tel qu'un musicien agréable, il attire et
charme par l'harmonie de ses discours; mais, comme en cueillant des roses on a
souvent à craindre la piqûre des cantharides, de même en lisant Hérodote, il faut être
en garde contre ces calomnies et ces critiques (874c) amères qu'il cache sous des
phrases si douces et si polies ; autrement on prendrait, sans s'en apercevoir, des
peuples et des personnages les plus illustres de la Grèce, l'opinion la plus fausse et la
plus absurde.
Trad. : abbé RICARD, Oeuvres morales de Plutarque. Tome IV. Paris, Lefevre, 1844 |