| Extrait Grec |
... τὴν δ´ οὐσίαν καὶ ὕλην, ἐξ ἧς γέγονεν, οὐ γενομένην ἀλλ´ ὑποκειμένην ἀεὶ
τῷ δημιουργῷ εἰς διάθεσιν καὶ τάξιν αὑτὴν καὶ πρὸς αὐτὸν ἐξομοίωσιν ὡς
δυνατὸν ἦν ἐμπαρασχεῖν. Οὐ γὰρ ἐκ τοῦ μὴ ὄντος ἡ γένεσις ἀλλ´ ἐκ τοῦ μὴ
καλῶς μηδ´ ἱκανῶς ἔχοντος, ὡς οἰκίας καὶ ἱματίου καὶ ἀνδριάντος. Ἀκοσμία
γὰρ ἦν τὰ πρὸ τῆς τοῦ κόσμου γενέσεως· ἀκοσμία δ´ οὐκ ἀσώματος οὐδ´
ἀκίνητος οὐδ´ ἄψυχος ἀλλ´ ἄμορφον μὲν καὶ ἀσύστατον τὸ σωματικὸν
ἔμπληκτον δὲ καὶ ἄλογον τὸ κινητικὸν ἔχουσα· τοῦτο δ´ ἦν ἀναρμοστία ψυχῆς
οὐκ ἐχούσης λόγον.
|
| Traduction française |
La substance et la matière dont le monde est composé n'a pas été engendrée, mais
elle a toujours été soumise à l'artiste suprême afin qu'il la disposât, la mît en ordre et
lui imprimât sa ressemblance autant qu'il serait possible. Ainsi le monde n'a pas été
engendré de ce qui n'existait pas, mais de ce qui n'était pas bien ordonné, comme de
matières déjà existantes on fait une maison, un habit, une statue. Avant la
régénération du monde, ce n'était que confusion et que chaos, et ce chaos n'était pas
sans quelque espèce de corps, ni sans mouvement et sans âme. Mais ce corps n'avait
point de forme et de consistance ; ce mouvement était sans règle et sans mesure ;
c'était le désordre d'une âme que la raison ne conduit pas.
Trad. : abbé RICARD, Oeuvres morales de Plutarque. Tome V. Paris, Lefevre, 1844
|