| Langue |
Grec |
| Auteur |
Hérodote |
| Références |
Histoires, V, 92 |
| Sujet |
Le conseil de gouvernement de Thrasybule de Milet à Périandre de Corinthe : Couper les épis qui sont plus élévés que les autres et les fouler aux pieds |
| Descripteurs |
Thasybule; Périandre; épis; gouvernement; |
| Hypertexte |
http://mercure.fltr.ucl.ac.be/Hodoi/concordances/herodote_historiae_05/ |
| Extrait Grec |
(92F) Ἄρξαντος δὲ τούτου ἐπὶ τριήκοντα ἔτεα καὶ διαπλέξαντος τὸν βίον εὖ,
διάδοχός οἱ τῆς τυραννίδος ὁ παῖς Περίανδρος γίνεται. ὁ τοίνυν Περίανδρος κατ᾽
ἀρχὰς μὲν ἦν ἠπιώτερος τοῦ πατρός, ἐπείτε δὲ ὡμίλησε δι᾽ ἀγγέλων
Θρασυβούλῳ τῷ Μιλήτου τυράννῳ, πολλῷ ἔτι ἐγένετο Κυψέλου μιαιφονώτερος.
(2) πέμψας γὰρ παρὰ Θρασύβουλον κήρυκα ἐπυνθάνετο ὅντινα ἂν τρόπον
ἀσφαλέστατον καταστησάμενος τῶν πρηγμάτων κάλλιστα τὴν πόλιν
ἐπιτροπεύοι. Θρασύβουλος δὲ τὸν ἐλθόντα παρὰ τοῦ Περιάνδρου ἐξῆγε ἔξω τοῦ
ἄστεος, ἐσβὰς δὲ ἐς ἄρουραν ἐσπαρμένην ἅμα τε διεξήιε τὸ λήιον ἐπειρωτῶν τε
καὶ ἀναποδίζων τὸν κήρυκα κατὰ τὴν ἀπὸ Κορίνθου ἄπιξιν, καὶ ἐκόλουε αἰεὶ
ὅκως τινὰ ἴδοι τῶν ἀσταχύων ὑπερέχοντα, κολούων δὲ ἔρριπτε, ἐς ὃ τοῦ ληίου τὸ
κάλλιστόν τε καὶ βαθύτατον διέφθειρε τρόπῳ τοιούτω· (3) διεξελθὼν δὲ τὸ
χωρίον καὶ ὑποθέμενος ἔπος οὐδὲν ἀποπέμπει τὸν κήρυκα. νοστήσαντος δὲ τοῦ
κήρυκος ἐς τὴν Κόρινθον ἦν πρόθυμος πυνθάνεσθαι τὴν ὑποθήκην ὁ
Περίανδρος· ὁ δὲ οὐδέν οἱ ἔφη Θρασύβουλον ὑποθέσθαι, θωμάζειν τε
αὐτοῦ παρ᾽ οἷόν μιν ἄνδρα ἀποπέμψειε, ὡς παραπλῆγά τε καὶ τῶν ἑωυτοῦ
σινάμωρον, ἀπηγεόμενος τά περ πρὸς Θρασυβούλου ὀπώπεε.
(92G) Περίανδρος δὲ συνιεὶς τὸ ποιηθὲν καὶ νόῳ ἴσχων ὥς οἱ ὑπετίθετο
Θρασύβουλος τοὺς ὑπειρόχους τῶν ἀστῶν φονεύειν, ἐνθαῦτα δὴ πᾶσαν
κακότητα ἐξέφαινε ἐς τοὺς πολιήτας.
Cf. Aristote , Politique, V, 1311a :
Ὅθεν καὶ τὸ Περιάνδρου πρὸς Θρασύβουλον συμβούλευμά ἐστιν, ἡ τῶν
ὑπερεχόντων σταχύων κόλουσις, ὡς δέον αἰεὶ τοὺς ὑπερέχοντας τῶν πολιτῶν
ἀναιρεῖν.
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| Traduction française |
(92F) Enfin, étant parvenu au port après un règne heureux de trente ans, son fils
Périandre lui succéda. Celui-ci montra dans les commencements beaucoup plus de
douceur que son père ; mais les liaisons qu'il entretint par ses ambassadeurs avec
Thrasybule, tyran de Milet, le rendirent encore plus cruel que Cypsélus. Il avait fait
demander à ce prince quelle forme de gouvernement il pourrait établir, afin de
régner honorablement et plus sûrement. Thrasybule conduisit l'envoyé de Périandre
hors de la ville, se promenant avec lui dans les blés, et faisant à cet envoyé des
questions sur son départ de Corinthe ; et revenant souvent sur cet objet, il coupait
tous les épis plus élevés que les autres, et les jetait par terre ; de sorte qu'il détruisit ce
qu'il y avait de plus beau et de plus grand parmi ces blés. Quand il eut parcouru ce
champ, il renvoya le député de Périandre sans lui donner aucune sorte de conseils.
Ce député ne fut pas plutôt de retour à Corinthe, que Périandre s'empressa de lui
demander quels conseils lui donnait Thrasybule : il lui répondit qu'il ne lui en avait
donné aucun, mais qu'il était surpris qu'il l'eût envoyé auprès d'un homme assez
insensé pour détruire son propre bien ; et en même temps il lui raconta ce qu'il lui
avait vu faire. (92G) Périandre, comprenant le sens de cette action, et persuadé que
Thrasybule lui conseillait de faire mourir les citoyens les plus élevés, se porta, dès ce
moment, à toutes sortes de méchancetés envers ses concitoyens.
Cf. Aristote , Politique, V, 1311a :
Voilà ce que signifiait le conseil de Périandre à Thrasybule ; et ce nivellement des
épis qui dépassaient les autres, voulait dire qu'il fallait toujours se défaire des
citoyens éminents.
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| Date : |
26-03-2007 |
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