| Extrait Grec |
§ 8. Ἐν δὲ τοῖς μέλεσιν αὐτοῖς ἔστι μιμήματα τῶν ἠθῶν (καὶ τοῦτ´ ἐστὶ
φανερόν· εὐθὺς γὰρ ἡ τῶν ἁρμονιῶν διέστηκε φύσις, ὥστε ἀκούοντας ἄλλως
διατίθεσθαι καὶ μὴ τὸν αὐτὸν ἔχειν τρόπον πρὸς ἑκάστην αὐτῶν, ἀλλὰ πρὸς
μὲν ἐνίας ὀδυρτικωτέρως καὶ συνεστηκότως μᾶλλον, [8,1340b] οἷον πρὸς τὴν
μιξολυδιστὶ καλουμένην, πρὸς δὲ τὰς μαλακωτέρως τὴν διάνοιαν, οἷον πρὸς τὰς
ἀνειμένας, μέσως δὲ καὶ καθεστηκότως μάλιστα πρὸς ἑτέραν, οἷον δοκεῖ
ποιεῖν ἡ δωριστὶ μόνη τῶν ἁρμονιῶν, ἐνθουσιαστικοὺς δ´ ἡ φρυγιστί.
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| Traduction française |
§ 8. La musique, au contraire, est évidemment une imitation directe des sensations
morales. Dès que la nature des harmonies vient à varier, les impressions des
auditeurs changent avec chacune d'elles et les suivent. A une harmonie plaintive,
[8,1340b] comme celle du mode appelé mixolydien, l'âme s'attriste et se resserre ;
d'autres harmonies attendrissent le coeur, et celles-là sont les moins graves ; entre ces
extrêmes, une autre harmonie procure surtout à l'âme un calme parfait, et c'est le
mode dorien, qui semble seul donner cette impression ; le mode phrygien, au
contraire, nous transporte d'enthousiasme.
Politique d'Aristote, trad. en français d'après le texte collationné sur les manuscrits et les éd. principales par J. Barthélemy-Saint-Hilaire,.... 3e éd. rev. et corr. - Paris : Ladrange, 1874.
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