| Extrait Grec |
[41] Οἱ δὲ ἰσόχειρες, οὓς περιδεξίους ὀνομάζουσι, σπάνιον εὕρημα φύσεως
ὄντες, τήν τε ἰσχὺν ἄῤῥηκτοι, καὶ δυσφύλακτοι, καὶ ἀκμῆτες. τουτὶ γὰρ
αὐτοῖς δίδωσι τὸ ἰσοδέξιον αὐτοῦ τοῦ σώματος, πλέον ἰσχύον τῶν ἀρτίων.
Τουτὶ δὲ ὁπόθεν, λέγω· Μῦς ὁ Αἰγύπτιος, ἐγὼ τῶν πρεσβυτέρων ἤκουον,
ἀνθρώπιον μὲν ἦν οὐ μέγα· ἐπάλαιε δὲ πρόσω τέχνης· τούτῳ νοσήσαντι ἐπέδωκε
τὰ ἀριστερά. Τοῦ δὲ ἀθλεῖν ἀπεγνωκότι ὄναρ ἐγένετο θαῤῥεῖν τὴν νόσον·
ἰσχύσειν γὰρ πλέον τοῖς πεπηρωμένοις ἢ τοῖς ἀκεραίοις τε καὶ ἀτρώτοις. Καὶ
ἀληθὴς ἡ ὄψις· τὰ γὰρ δυσφύλακτα τῶν παλαισμάτων τοῖς βεβλαμμένοις τῶν
μερῶν διαπλέκων, χαλεπὸς ἦν τοῖς ἀντιπάλοις· καὶ ὤνητο τῆς νόσου τὸ τοῖς
διεφθορόσιν ἐῤῥῶσθαι.
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| Traduction française |
[41] Les athlètes qui ont les deux bras de force égale, et qu’on nomme
ambidextres, sont un phénomène rare dans la nature: il ont une force
indomptable; on se met difficilement en garde contre leurs coups; ils sont
infatigables; ils doivent ces qualités à l’égale vigueur des deux côtés du
corps, qui leur donne plus de force qu’aux gens qui n’ont pas cette qualité.
Voici à quelle occasion je dis cela: Mys l’Égyptien était, ainsi
que me l’ont raconté des gens plus âgés que moi, un petit homme de taille
peu élevée; il luttait plus que l’art ne l’exige; étant, à cause de cela,
devenu malade, son côté gauche augmenta de volume. Comme il avait renoncé
aux concours, il lui apparut un songe qui lui commanda d’avoir confiance
en sa maladie, attendu qu’il aurait plus de vigueur dans ses membres
estropiés que dans ses membres intacts et non blessés. Le songe se montra
vrai; en effet, pratiquant, pendant la lutte, avec ses membres atteints
par la maladie les enlacements contre lesquels il est difficile de se
mettre en garde, il était redoutable pour ses adversaires, et son infirmité
lui rapporta l’avantage d’avoir de la vigueur dans ses membres défigurés.
Trad. : Ch. DAREMBERG, PHILOSTRATE, Traité sur la gymnastique. Paris, Firmin-Didot, 1838
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