| Extrait Grec |
{Β.} τοιοῦτόν ἐστι τοῦτο; {Α.} πάνυ γε, βάρβαρε. τοῦ θηριώδους καὶ παρασπόνδου
βίου ἡμᾶς γὰρ ἀπολύσασα καὶ τῆς δυσχεροῦς ἀλληλοφαγίας ἤγαγ´ εἰς τάξιν τινὰ
καὶ τουτονὶ περιῆψεν ὃν νυνὶ βίον ζῶμεν. {Β.} τίνα τρόπον; {Α.} πρόσεχε, κἀγώ
σοι φράσω. ἀλληλοφαγίας καὶ κακῶν ὄντων συχνῶν γενόμενος ἄνθρωπός τις
οὐκ ἀβέλτερος ἔθυς´ ἱερεῖον πρῶτος, ὤπτησεν κρέας. ὡς δ´ ἦν τὸ κρέας ἥδιον
ἀνθρώπου κρεῶν, αὑτοὺς μὲν οὐκ ἐμασῶντο, τὰ δὲ βοσκήματα θύοντες ὤπτων.
ὡς δ´ ἅπαξ τῆς ἡδονῆς ἐμπειρίαν τιν´ ἔλαβον, ἀρχῆς γενομένης ἐπὶ πλεῖον ηὖξον
τὴν μαγειρικὴν τέχνην. ὅθεν ἔτι καὶ νῦν τῶν πρότερον μεμνημένοι τὰ σπλάγχνα
τοῖς θεοῖσιν ὀπτῶσιν φλογὶ ἅλας οὐ προσάγοντες· οὐ γὰρ ἦσαν οὐδέπω εἰς τὴν
τοιαύτην χρῆσιν ἐξευρημένοι. ὡς δ´ ἤρες´ αὐτοῖς ὕστερον, καὶ τοὺς ἅλας
προσάγουσιν ἤδη, τῶν ἱερῶν γεγραμμένων τὰ πάτρια διατηροῦντες. ἅπερ ἡμῖν
μόνα ἅπασιν ἀρχὴ γέγονε τῆς σωτηρίας, τὸ προσφιλοτεχνεῖν διά τε τῶν
ἡδυσμάτων ἐπὶ πλεῖον αὔξειν τὴν μαγειρικὴν τέχνην.
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| Traduction française |
« A. Ne sais-tu donc pas que l'art de la cuisine a le plus contribué à la piété? B.
Comment. A. Le voici, barbare que tu es! C'est elle qui nous a tiré de cette vie féroce
et sans foi, de ce malheureux usage de nous manger les uns les autres ; qui nous a
ramenés à certain ordre, et nous a fait embrasser le genre de vie que nous suivons à
présent. B. Comment donc cela? A. Ecoute, je vais te le dire : les hommes se
mangeaient les uns les autres, un déluge de maux avait couvert la terre ;
heureusement il parut un homme de bon sens, qui le premier offrit un animal en
sacrifice, et en fit rôtir les chairs. Or, ces chairs ayant paru meilleures que celles des
hommes, on ne se mangea plus l'un l'autre ; mais on fit rôtir des viandes. Dès qu'on
eut une fois goûté le plaisir de cet aliment, on partit de là pour perfectionner peu-à-
peu l'art de la cuisine; et si l'on fait aujourd'hui rôtir les entrailles des victimes, sans y
avoir mis du sel, c'est par un ancien usage dont on a perpétué le souvenir : car, dans
ces temps reculés, on n’avait pas pensé à s'en servir ; mais le sel ayant plu par la
suite, on en a introduit l'usage dans les assaisonnements. On écrivit les règles qu'il
fallait observer dans les sacrifices, en se conformant aux usages de chaque pays; et
c'est à tout cela que nous sommes redevables de notre salut. Enfin, le plaisir que
procurèrent les assaisonnements, inspira aussi le désir de perfectionner notre art. »
Trad. : Lefebvre de Villebrune, Banquet des savans par Athénée. Paris, Lamy, 1789 |