| Extrait Grec |
Πάλιν δ´ αὖ « Δακτύλιον μὴ φορεῖν μηδὲ εἰκόνας αὐτοῖς ἐγχαράσσειν θεῶν»
παρεγγυᾷ ὁ Πυθαγόρας, ὥσπερ Μωυσῆς πρόπαλαι διαρρήδην ἐνομοθέτησεν
μηδὲν δεῖν γλυπτὸν ἢ χωνευτὸν ἢ πλαστὸν ἢ γραπτὸν ἄγαλμά τε καὶ
ἀπεικόνισμα ποιεῖσθαι, ὡς μὴ τοῖς αἰσθητοῖς προσανέχωμεν, ἐπὶ δὲ τὰ νοητὰ
μετίωμεν· ἐξευτελίζει γὰρ τὴν τοῦ θείου σεμνότητα ἡ ἐν ἑτοίμῳ τῆς ὄψεως
συνήθεια, καὶ τὴν νοητὴν οὐσίαν δι´ ὕλης σεβάζεσθαι ἀτιμάζειν ἐστὶν αὐτὴν δι´
αἰσθήσεως. διὸ καὶ τῶν Αἰγυπτίων ἱερέων οἱ σοφώτατοι τὸ τῆς Ἀθηνᾶς ἕδος
ὕπαιθρον ἀφώρισαν, ὡς Ἑβραῖοι τὸν νεὼν ἄνευ ἀγάλματος εἱσάμενοι.
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| Traduction française |
Le philosophe de Samos nous défend encore de porter au doigt des anneaux, ou de
graver sur des bagues l'image des dieux. Il ne fait que suivre ici l'exemple que Moïse
avait donné bien des siècles avant lui, lorsqu'il interdit par une loi formelle de
dresser aucun simulacre de la Divinité, qu'il fût taillé, jeté en fonte, peint, ou modelé.
Prohibition pleine de sagesse ! Le législateur voulait qu'au lieu de s'arrêter à la
matière, notre esprit s'élevât dans les régions de l'intelligence. Il n'est que trop vrai, la
majesté de Dieu perd de son éclat dans les familiarités du regard ; et adorer sous une
forme sensible un être incorporel qui n'est perceptible qu'aux yeux de l'âme, c'est le
ravaler par l'intermédiaire des sens. Ainsi pensaient les plus sages d'entre les prêtres
égyptiens, quand ils décidèrent que le temple de Minerve n'aurait pas de toit. Ainsi
pensaient les Hébreux qui érigèrent un temple, vide de simulacres.
Trad. : Antoine Eugène de Genoude, Les Pères de l'Église, t. V, Paris, 1839
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