| Extrait Grec |
Πάντα μέν σοι τὰ χερσαῖα ζῷα, ἥμερά τε καὶ ἄγρια, πάντα δὲ τὰ ἐν ὕδασι
διαιτώμενα, καὶ ὅσα τὸν ἀέρα διαπέταται τοῦτον, δοῦλά ἐστι καὶ ὑποχείρια. Οὐ
σὺ μέντοι τέχνας ἐξεῦρες, καὶ πόλεις συνεστήσω, καὶ ὅσα ἀναγκαῖα καὶ ὅσα πρὸς
τρυφὴν ἐπενόησας; Οὐ βάσιμά σοι τὰ πελάγη διὰ τὸν λόγον; Οὐ γῆ τε καὶ
θάλαττα ὑπηρετεῖ τῷ βίῳ τῷ σῷ; Οὐκ ἀὴρ καὶ οὐρανὸς καὶ ἀστέρων χορεῖαι σοὶ
τὴν ἑαυτῶν ἐπιδείκνυνται τάξιν; Τί οὖν μικροψυχεῖς, ὅτι ἵππος σοι οὐκ ἔστιν
ἀργυροχάλινος; Ἀλλ´ ἥλιον ἔχεις ὀξυτάτῳ δρόμῳ διὰ πάσης ἡμέρας
δᾳδουχοῦντά σοι τὴν λαμπάδα. Οὐκ ἔχεις ἀργύρου καὶ χρυσοῦ λαμπηδόνας,
ἀλλὰ σελήνην ἔχεις μυρίῳ σε τῷ παρ´ ἑαυτῆς φωτὶ περιλάμπουσαν. Οὐκ
ἐπιβέβηκας ἁρμάτων χρυσοκολλήτων, ἀλλὰ πόδας ἔχεις οἰκεῖον ὄχημα καὶ
(p. 34) συμφυὲς σεαυτῷ. Τί οὖν μακαρίζεις τοὺς τὸ ἁδρὸν βαλάντιον
κεκτημένους, καὶ ἀλλοτρίων ποδῶν εἰς τὴν μετάβασιν δεομένους; Οὐ καθεύδεις
ἐπὶ κλίνης ἐλεφαντίνης, ἀλλ´ ἔχεις τὴν γῆν πολλῶν ἐλεφάντων τιμιωτέραν, καὶ
γλυκεῖαν ἐπ´ αὐτῆς τὴν ἀνάπαυσιν, ταχὺν τὸν ὕπνον καὶ μερίμνης
ἀπηλλαγμένον. Οὐ κατάκεισαι ὑπὸ χρυσοῦν ὄροφον, ἀλλ´ οὐρανὸν ἔχεις τοῖς
ἀρρήτοις τῶν ἀστέρων κάλλεσι περιστίλβοντα.
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| Traduction française |
Tous les animaux terrestres, sauvages et domestiques, tous ceux qui vivent sous les
eaux ou qui volent dans l'air, vous sont soumis et assujettis. N'est-ce pas vous qui
avez inventé les arts, fondé des villes, imaginé tout ce qui peut servir à la commodité
et aux plaisirs de la vie ? ne pouvez-vous point, grâce à votre raison, traverser les
plaines liquides ? la terre et la mer ne fournissent-elles pas à votre subsistance ? Le
ciel et les chœurs des astres n'étalent-ils pas à vos regards leurs beautés et leur ordre
admirable ? Pourquoi donc vous affliger, parce que vous n'avez pas un cheval avec
un frein d'or ? vous avez le soleil qui, pendant tout le jour, fournit sa course rapide, et
porte devant vous le flambeau. L'or et l'argent ne brillent pas dans votre maison mais
vous avez la lune qui, pendant la nuit, vous prodigue la lumière. Vous n'êtes pas
traîné dans des chars tout éclatants d'or ? mais vous avez des pieds fermes, voiture
naturelle qui est née avec vous. Pourquoi donc porter envie à ceux chez qui l’argent
regorge, et qui ont besoin de pieds étrangers pour se transporter d'un lieu à un
autre ? Vous ne reposez pas sur un lit d'ivoire ? mais vous avez la terre plus
précieuse que l’ivoire, sur laquelle vous pouvez vous étendre, et, libre d'inquiétude,
y goûter à l'instant les douceurs d'un sommeil agréable. Vous n'êtes pas à couvert
sous des lambris dorés? mais vous avez le ciel tout brillant d'une infinité d'étoiles qui
le décorent.
Trad. : Abbé Auger, Basile le Grand, Homélies, discours et lettres choisies. Lyon, Guyot, 1827 |