| Extrait Grec |
Γίνονται δ´ ἐν τούτοις τοῖς τόποις καὶ αἱ καμηλοπαρδάλεις, οὐδὲν ὅμοιον ἔχουσαι
παρδάλει· τὸ γὰρ ποικίλον τῆς χρόας νεβρίσι μᾶλλον ἔοικε ῥαβδωτοῖς σπίλοις
κατεστιγμέναις· τελέως δὲ τὰ ὀπίσθια ταπεινότερα τῶν ἐμπροσθίων ἐστίν, ὥστε
δοκεῖν συγκαθῆσθαι τῷ οὐραίῳ μέρει τὸ ὕψος βοὸς ἔχοντι, τὰ δὲ ἐμπρόσθια
σκέλη τῶν καμηλείων οὐ λείπεται· τράχηλος δ´ εἰς ὕψος ἐξηρμένος ὀρθός, τὴν
κορυφὴν δὲ πολὺ ὑπερπετεστέραν ἔχει τῆς καμήλου· διὰ δὲ τὴν ἀσυμμετρίαν
ταύτην οὐδὲ τάχος οἶμαι τοσοῦτον εἶναι περὶ τὸ ζῷον, ὅσον εἴρηκεν Ἀρτεμίδωρος
ἀνυπέρβλητον φήσας· ἀλλ´ οὐδὲ θηρίον ἐστίν, ἀλλὰ βόσκημα μᾶλλον· οὐδεμίαν
γὰρ ἀγριότητα ἐμφαίνει·
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| Traduction française |
Le même pays nourrit aussi beaucoup de girafes ou de camélopards, qui, en dépit de
leur nom, n'ont aucun point de ressemblance avec le léopard ; le bariolage de leur
robe, en effet, qui se trouve être à la fois rayée, tachetée, mouchetée, rappelle plutôt le
pelage du daim. Ajoutons que le camélopard a la partie postérieure beaucoup plus
basse que la partie antérieure, si bien qu'à voir ce train de derrière qui n'excède pas la
taille d'un boeuf et ces jambes de devant, aussi longues pour le moins que celles du
chameau, on croirait l'animal toujours assis ; mais, comme son cou en revanche est
très droit et très élevé, sa tête dépasse de beaucoup celle du chameau. J'ajouterai que
ce défaut de proportion entre les différentes parties de son corps m'empêche de
croire que le camélopard soit doué d'une vitesse aussi grande que le dit Artémidore,
qui le représente comme supérieur sous ce rapport à tous les animaux connus. On
ne saurait le ranger non plus au nombre des animaux sauvages mais bien plutôt au
nombre des animaux domestiques, tant il se montre peu farouche.
Trad. : Amédée TARDIEU, Géographie de Strabon. Paris, Hachette, 1909 |