| Extrait Grec |
Στρατεύονται δὲ καὶ ἄρχουσιν ἀπὸ εἴκοσιν ἐτῶν ἕως πεντήκοντα πεζοί τε καὶ
ἱππεῖς· ἀγορᾶς δὲ οὐχ ἅπτονται· οὔτε γὰρ πωλοῦσιν οὔτ´ ὠνοῦνται. ὁπλίζονται
δὲ γέρρῳ ῥομβοειδεῖ, παρὰ δὲ τὰς φαρέτρας σαγάρεις ἔχουσι καὶ κοπίδας, περὶ δὲ
τῇ κεφαλῇ πίλημα πυργωτόν, θώραξ δ´ ἐστὶν αὐτοῖς φολιδωτός. ἐσθὴς δὲ τοῖς
ἡγεμόσι μὲν ἀναξυρὶς τριπλῆ, χιτὼν δὲ χειριδωτὸς διπλοῦς ἕως γόνατος, ὁ
ὑπενδύτης μὲν λευκός, ἄνθινος δ´ ὁ ἐπάνω· ἱμάτιον δὲ θέρους μὲν
πορφυροῦν ἢ ἰάνθινον, χειμῶνος δ´ ἄνθινον, τιᾶραι παραπλήσιαι ταῖς τῶν
Μάγων, ὑπόδημα κοῖλον διπλοῦν, τοῖς δὲ πολλοῖς χιτὼν ἕως μεσοκνημίου
διπλοῦς, ῥάκος δὲ σινδόνιόν τι περὶ τῇ κεφαλῇ· ἔχει δ´ ἕκαστος τόξον καὶ
σφενδόνην. δειπνοῦσι {δὲ} πολυτελῶς Πέρσαι τιθέντες καὶ ὁλομελῆ καὶ πολλὰ
καὶ ποικίλα· κόσμος τε λαμπρὸς στρωμνῆς ἐκπωμάτων τε {καὶ} τῶν ἄλλων ὥστε
χρυσῷ καὶ ἀργύρῳ καταλάμπεσθαι.
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| Traduction française |
Les Perses servent, dans l'infanterie ou dans la cavalerie, comme soldats ou comme
officiers, depuis l'âge de vingt ans jusqu'à l'âge de cinquante. {Tout ce temps-là,} ils
ne mettent pas le pied dans un marché, vu qu'ils n'ont rien à vendre ni rien à acheter.
Les armes dont ils se servent sont le bouclier d'osier en losange, et, outre le carquois,
la sagaris ou hache à deux tranchants, et le coutelas. Ils portent en outre sur la tête un
bonnet de laine foulée, étagé comme une tour, et sur la poitrine une cuirasse à
écailles. Voici maintenant quel est leur costume : celui des chefs se compose d'une
triple anaxyride, de deux tuniques à manches descendant jusqu'aux genoux (celle de
dessous blanche, celle de dessus violette), d'un manteau d'été pourpre ou violet, d'un
manteau d'hiver toujours violet, de tiares semblables à celles des mages, enfin de
doubles chaussures qui enveloppent et cachent le pied, et, avec le pied, le bas de la
jambe. Quant au costume des gens du peuple, il consiste en une double tunique
tombant jusqu'à mi-jambe, et en un morceau de toile qu'ils s'enroulent autour de la
tête. Ajoutons qu'ils vont toujours armés de leur arc et de leur fronde. On aime en
Perse les repas somptueux : dans ces repas, il y a toujours grande quantité et grande
variété de viandes ; on y sert même quelquefois des animaux entiers. On y remarque
aussi un luxe étincelant de lits, de coupes et de vaisselle, au point que la salle
du festin resplendit d'or et d'argent.
Trad. : Amédée TARDIEU, Géographie de Strabon. Paris, Hachette, 1909 |