| Extrait Grec |
Τῶν γὰρ Σιβύλλης λογίων τὴν διάνοιαν πρὸ τοῦ ἔργου ἐξευρεῖν ἀνθρώπῳ οἶμαι
ἀδύνατον εἶναι. Αἴτιον δὲ ὅπερ ἐγὼ αὐτίκα δηλώσω ἐκεῖνα ἀναλεξάμενος
ἅπαντα· ἡ Σίβυλλα οὐχ ἅπαντα ἑξῆς τὰ πράγματα λέγει οὐδὲ ἁρμονίαν τινὰ
ποιουμένη τοῦ λόγου, ἀλλ´ ἔπος εἰποῦσα ὅ τι δὴ ἀμφὶ τοῖς Λιβύης κακοῖς
ἀπεπήδησεν εὐθὺς ἐς τὰ Περσῶν ἤθη. Ἐνθένδε τε Ῥωμαίων ἐς μνήμην
ἐλθοῦσα μεταβιβάζει ἐς τοὺς Ἀσσυρίους τὸν λόγον. Καὶ πάλιν ἀμφὶ
Ῥωμαίοις μαντευομένη προλέγει τὰ Βρεττανῶν πάθη. Ταύτῃ τε ἀδύνατά
ἐστιν ἀνθρώπῳ ὁτῳοῦν πρὸ τοῦ ἔργου τῶν Σιβύλλης λογίων ξυνεῖναι, ἢν
μὴ ὁ χρόνος αὐτὸς ἐκβάντος ἤδη τοῦ πράγματος καὶ τοῦ λόγου ἐς πεῖραν
ἐλθόντος ἀκριβὴς τοῦ ἔπους ἑρμηνεὺς γένοιτο.
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| Traduction française |
Je ne crois pas même qu'il soit possible de connaître le sens des oracles de la Sibylle,
avant l'événement des choses. La raison que j'en ai, est tirée de ce que j'ai lu de mes
propres yeux. La Sibylle n'observe point dans ses vers l'ordre naturel des temps, ni
des lieux. Après avoir parlé des calamités de l'Afrique, elle parle des mœurs des
Perses. Elle saute des Romains aux Assyriens. Elle retourne aux Romains, puis elle
chante les malheurs dont les Anglais sont menacés. Toute la lumière des hommes ne
peut pénétrer l'obscurité de ces prédictions. Elles ne s'éclaircissent que par le succès.
Le temps en est l'unique interprète ; il faut que ce soit lui qui les explique.
Trad. : M. COUSIN, Procope, oeuvres complètes. Histoire de la guerre contre les Goths. Paris, Foucault, 1685. |