| Extrait Grec |
(9)<171> Κατὰ δὲ τὸν χρόνον τοῦτον τρεῖς αἱρέσεις τῶν Ἰουδαίων ἦσαν, αἳ περὶ
τῶν ἀνθρωπίνων πραγμάτων διαφόρως ὑπελάμβανον, ὧν ἡ μὲν Φαρισαίων
ἐλέγετο, ἡ δὲ Σαδδουκαίων, ἡ τρίτη δὲ Ἐσσηνῶν. <172> οἱ μὲν οὖν Φαρισαῖοι τινὰ
καὶ οὐ πάντα τῆς εἱμαρμένης ἔργον εἶναι λέγουσιν, τινὰ δ' ἐφ' ἑαυτοῖς ὑπάρχειν
συμβαίνειν τε καὶ μὴ γίνεσθαι. τὸ δὲ τῶν Ἐσσηνῶν γένος πάντων τὴν
εἱμαρμένην κυρίαν ἀποφαίνεται καὶ μηδὲν ὃ μὴ κατ' ἐκείνης ψῆφον ἀνθρώποις
ἀπαντᾶν. <173> Σαδδουκαῖοι δὲ τὴν μὲν εἱμαρμένην ἀναιροῦσιν οὐδὲν εἶναι
ταύτην ἀξιοῦντες οὐδὲ κατ' αὐτὴν τὰ ἀνθρώπινα τέλος λαμβάνειν, ἅπαντα δὲ
ἐφ' ἡμῖν αὐτοῖς κεῖσθαι, ὡς καὶ τῶν ἀγαθῶν αἰτίους ἡμᾶς γινομένους καὶ τὰ
χείρω παρὰ τὴν ἡμετέραν ἀβουλίαν λαμβάνοντας.
|
| Traduction française |
9. <171> A cette époque, il y avait parmi les Juifs trois sectes qui professaient chacune
une doctrine différente sur les affaires humaines : l'une était celle des Pharisiens,
l'autre celle des Sadducéens, la troisième celle des Esséniens. Les Pharisiens disent
que certaines choses, mais non pas toutes, sont fixées par le destin et que
l'accomplissement ou le non accomplissement de certaines autres dépend de notre
propre volonté. Les Esséniens déclarent que le destin est maître de tout et que rien
n'arrive aux hommes qui n'ait été décrété par lui. Les Sadducéens mettent de côté le
destin, estimant qu'il n'existe pas et qu'il ne joue aucun rôle dans les affaires
humaines, que tout dépend de nous-mêmes, en sorte que nous sommes la cause du
bien qui nous arrive, et que, pour les maux, notre seule imprudence nous les attire.
Trad. : Flavius Josèphe, Oeuvres complètes trad. en français sous la dir. de Théodore Reinach, .... trad. de René Harmand,... ; révisée et annotée par S. Reinach et J. Weill. Paris, E. Leroux, 1900-1932 |