| Extrait Grec |
ΙΗʹ. Διὰ τί τευθὶς φαινομένη σημεῖόν ἐστι μεγάλου χειμῶνος;
Ἦ πάντα φύσει τὰ μαλάκια δύσριγα διὰ γυμνότητα τῆς σαρκὸς καὶ ψιλότητα,
μήτ´ ὀστράκῳ μήτε δέρματι μήτε λεπίδι σκεπομένης ἀλλ´ ἐντὸς ἐχούσης τὸ
σκληρὸν καὶ ὀστεῶδες, διὸ καὶ κέκληται μαλάκια; Ταχὺ δὴ προαισθάνεται δι´
εὐπάθειαν τοῦ χειμῶνος· ὅθεν ὁ μὲν πολύπους εἰς γῆν ἀνατρέχει καὶ τῶν
πετριδίων ἀντιλαμβανόμενος σημεῖόν ἐστι πνεύματος ὅσον οὔπω παρόντος, ἡ
(916b) δὲ τευθὶς ἐξάλλεται, φεύγουσα τὸ ψῦχος καὶ τὴν ἐν βάθει ταραχὴν
τῆς θαλάττης· καὶ γὰρ ἔχει μάλιστα τῶν μαλακίων εὔθρυπτον καὶ ἁπαλὸν τὸ
σαρκῶδες.
|
| Traduction française |
XVIII. Pourquoi l'apparition d'un calmar sur la mer est-elle le signe d'une
grande tempête ?
Est-ce que tous les poissons du genre de ceux que les Grecs appellent mous sont très
sensibles au froid, parce qu'ils ont la chair délicate et qu'ils sont nus, car ils n'ont ni
peau, ni écailles, ni coquille, et que tout ce qu'ils ont de dur et d'osseux est en dedans
de leur corps; c'est pour cela qu'on les appelle mous? Leur grande sensibilité au froid
fait qu'ils pressentent de loin la tempête. Quand le polype court vers la terre, et qu'il
s'attache aux rochers, c'est un pronostic du vent qui va s'élever; (916b) de même le
calmar saute hors de l'eau quand il veut éviter le froid et l'agitation qui se préparent
au fond de la mer; car il est, de tous les poissons mous, celui qui a la chair la plus
tendre et la plus susceptible des impressions extérieures.
Trad. : abbé RICARD, Oeuvres morales de Plutarque. Tome IV, Paris, Lefèvre, 1844 |