| Langue |
Grec |
| Auteur |
Synesius de Cyrène |
| Références |
De la royauté, 21 |
| Sujet |
Plaidoyer pour une armée nationale |
| Descripteurs |
arméé nationale; Scythes; barbares; homme; femme; famille; état; race armée; race pacifique; philosophe; artisan; marchand; |
| Hypertexte |
http://mercure.fltr.ucl.ac.be/Hodoi/concordances/intro.htm |
| Extrait Grec |
δέον πρὸ τοῦ Σκύθας δεῦρο σιδηροφοροῦντας ἀνέχεσθαι, παρά τε τῆς φίλης
γεωργίας ἄνδρας αἰτῆσαι τοὺς μαχεσομένους ὑπὲρ αὐτῆς καὶ καταλέγειν εἰς
τοσοῦτον, ἐν ᾧ δὴ καὶ τὸν φιλόσοφον ἀπὸ τοῦ φροντιστηρίου, καὶ τὸν
χειροτέχνην ἀπὸ τοῦ βαναυσεῖν ἀναστήσαντες, καὶ ἀπὸ τοῦ πωλητηρίου τὸν
ὄντα πρὸς τούτῳ, τόν τε κηφῆνα δῆμον, ὃς ὑπὸ τῆς πάνυ σχολῆς ἐγκαταβιοῖ τοῖς
θεάτροις, πείσομέν ποτε καὶ σπουδάσαι, πρὶν ἀπὸ τοῦ γελᾶν ἐπὶ τὸ κλάειν
ἀφίκωνται, μήτε τῆς χείρονος αἰδοῦς, μήτε τῆς ἀμείνονος ἐμποδὼν οὔσης τῷ τὴν
ἰσχὺν Ῥωμαίοις οἰκείαν γενέσθαι. τέτακται γὰρ ὥσπερ ἐν οἴκῳ καὶ πολιτείαις
ὁμοίως τὸ μὲν ὑπερασπίζον κατὰ τὸ ἄρρεν, τὸ δὲ εἰς τὴν ἐπιμέλειαν ἐστραμμένον
τῶν εἴσω κατὰ τὸ θῆλυ. πῶς οὖν ἀνεκτὸν παρ´ ἡμῖν ἀλλότριον εἶναι τὸ ἄρρεν;
πῶς δὲ οὐκ αἴσχιον παραχωρῆσαι τὴν εὐανδροτάτην ἀρχὴν ἑτέροις τῆς ἐν
πολέμῳ φιλοτιμίας; ἀλλ´ ἔγωγε, καὶ εἰ νίκας ὑπὲρ ἡμῶν νικῷεν πολλάς,
αἰσχυνοίμην ἂν ὠφελούμενος.ἐκεῖνο μέντοι "γινώσκω φρονέω τε"· καὶ γὰρ ἐγγύς
ἐστιν ἅπαντος τοῦ νοῦν ἔχοντος, ὡς, ὅταν τὰ λεγόμενα ταῦτα, τὸ ἄρρεν τε καὶ τὸ
θῆλυ, μήτε ἀδελφὰ τυγχάνῃ μήτε ἄλλως ὁμογενῆ, μικρὰ πρόφασις ἀρκέσει τοὺς
ὡπλισμένους τῶν ἀστυπολούντων δεσπότας ἀξιοῦν εἶναι, καὶ μαχήσονταί ποτε
ἀπόλεμοι πρὸς τοὺς ἠσκημένους τὸν ἐν ὅπλοις ἀγῶνα. πρὶν οὖν εἰς τοῦτο ἥκειν,
ἐφ´ ὃ πρόεισιν ἤδη ἀνακτητέον ἡμῖν τὰ Ῥωμαίων φρονήματα, καὶ συνεθιστέον
αὐτουργεῖν τὰς νίκας, μηδὲ κοινωνίας ἀνεχομένους, ἀλλ´ ἀπαξιοῦντας ἐν ἁπάσῃ
τάξει τὸ βάρβαρον.
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| Traduction française |
Plutôt que de laisser chez nous les Scythes porter les armes, il faudrait demander à
nos champs les bras qui les cultivent et qui sauraient les défendre. Mais arrachons
d’abord le philosophe à son école, l’artisan à son atelier, le marchand à son comptoir;
crions à cette foule, bourdonnante et désœuvrée, qui vit aux théâtres, qu’il est temps
enfin d’agir si elle ne veut passer bientôt des rires aux gémissements, et qu’il n’est
point de raison, bonne ou mauvaise, qui doive empêcher les Romains d’avoir une
armée nationale. Dans les familles comme dans les Etats, c’est sur l’homme que
repose la défense commune; la femme est chargée des soins domestiques.
Pouvons-nous admettre que chez nous les hommes manquent à leur devoir? N’est-ce
pas une honte que les citoyens d’un empire si florissant cèdent à d’autres le prix de la
bravoure guerrière? Eh ! quand même ces étrangers remporteraient pour nous de
nombreuses victoires, moi je rougirais encore de leur devoir de tels services. Mais "Je
le sens, je le vois ---" et il ne faut pour le comprendre qu’un peu d’intelligence,
lorsqu’entre deux races que je puis appeler l’une virile, l’autre efféminée, il n’existe
aucune communauté d’origine, aucun lien de parenté, il suffira du moindre prétexte
pour que la race armée veuille asservir la race pacifique : énervée par le repos, celle-ci
aura un jour à lutter contre des adversaires aguerris. Avant d’en arriver à cette
extrémité vers laquelle nous marchons, reprenons des sentiments dignes des
Romains; accoutumons-nous à ne devoir qu’à nous-mêmes nos triomphes; plus
d’alliance avec les barbares! Qu’aucune place ne leur soit laissée dans l’Etat!
Trad. : H. DRUON, Oeuvres de Synesius, Paris, Hachette, 1878
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| Date : |
07-07-2008 |
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