| Extrait Grec |
Καὶ γὰρ αἱμασιάν τινα καὶ θριγκὸν οἰκοδομοῦσιν οὐ διαφέρει ξύλον τὸ τυχὸν ἢ
λίθον ὑποβαλεῖν χυδαῖον ἢ στήλην ὑποθεῖναι παραπεσοῦσαν ἀπὸ μνήματος, οἷα
ποιοῦσιν οἱ φαῦλοι,
[86] πᾶσαν ἐργασίαν καὶ πρᾶξιν ὡς ἔτυχε συμφοροῦντες εἰς ταὐτὸ καὶ (86a)
σωρεύοντες· ἀλλ´ οἵ γε προκόπτοντες, οἷς ἤδη, καθάπερ ἱεροῦ τινος
οἰκοδομήματος καὶ βασιλικοῦ τοῦ βίου κεκρότηται χρυσέα κρηπίς, οὐδὲν εἰκῇ
προσίενται τῶν γιγνομένων, ἀλλ´ οἷον ἀπὸ στάθμης τοῦ λόγου προσάγουσι καὶ
προσαρμόττουσιν ἕκαστον. Ὑπὲρ οὗ τὸν Πολύκλειτον οἰόμεθα λέγειν ὡς ἔστι
χαλεπώτατον τὸ ἔργον οἷς ἂν εἰς ὄνυχα ὁ πηλὸς ἀφίκηται.
|
| Traduction française |
On emploie indifféremment, pour un mur de clôture, le bois, la pierre la plus
commune, et des débris même de colonnes ramassés parmi les ruines des
tombeaux. Voilà l'image des gens vicieux.
[86] Ils construisent, pour ainsi dire, leur vie de toutes sortes d'actions, sans
discernement et sans choix. (86a) Mais ceux qui ont déjà jeté les fondements solides
d'une vie vertueuse, semblables à des architectes qui bâtissent un temple ou un
palais, n'admettent rien au hasard dans le corps de leur édifice. Ils compassent toutes
leurs actions, ils les mesurent sur la règle de la raison. On peut appliquer à ce dernier
travail des hommes vertueux ce que disait le statuaire Polyclète : que la partie la plus
difficile de son art était de faire les ongles des statues.
Trad. : abbé RICARD, Oeuvres morales de Plutarque. Tome I, Paris, Lefèvre, 1844 |