| Extrait Grec |
(93f) Τί οὖν νόμισμα φιλίας; εὔνοια καὶ χάρις μετ´ ἀρετῆς, ὧν οὐδὲν ἔχει
σπανιώτερον ἡ φύσις. Ὅθεν τὸ σφόδρα φιλεῖν καὶ φιλεῖσθαι πρὸς πολλοὺς οὐκ
ἔστιν, ἀλλ´ ὥσπερ οἱ ποταμοὶ πολλὰς σχίσεις καὶ κατατομὰς λαμβάνοντες
ἀσθενεῖς καὶ λεπτοὶ ῥέουσιν, οὕτω τὸ φιλεῖν ἐν ψυχῇ σφοδρὸν πεφυκὸς εἰς
πολλοὺς μεριζόμενον ἐξαμαυροῦται.
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| Traduction française |
(93f) Mais quelle est la monnaie avec laquelle on acquiert l'amitié? C'est la
bienveillance et la vertu. Or, rien n'étant plus rare dans la nature que cette espèce de
monnaie, il ne peut s'établir entre plusieurs personnes une amitié bien intime. Un
fleuve s'affaiblit à mesure qu'on divise son cours. Ainsi l'amitié perd de sa force à
proportion de ce qu'on la partage. Aussi les animaux qui ne font qu'un petit ont-ils
pour leur progéniture plus de tendresse que les autres.
Trad. : abbé RICARD, Oeuvres morales de Plutarque. Tome I, Paris, Lefèvre, 1844
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