| Extrait Grec |
Ἄνευ δὲ τοῦ ἀληθοῦς μάλιστα μὲν ἡ ποιητικὴ τῷ ποικίλῳ χρῆται καὶ πολυτρόπῳ.
Τὸ γὰρ ἐμπαθὲς καὶ παράλογον καὶ ἀπροσδόκητον, ᾧ πλείστη μὲν ἔκπληξις
ἕπεται πλείστη δὲ χάρις, αἱ μεταβολαὶ παρέχουσι τοῖς μύθοις· τὸ δ´ ἁπλοῦν
ἀπαθὲς καὶ ἄμουσον. Ὅθεν οὔτε νικῶντας ἀεὶ πάντα ποιοῦσι τοὺς αὐτοὺς οὔτ´
εὐημεροῦντας οὔτε κατορθοῦντας. Ἀλλ´ οὐδὲ τοῖς θεοῖς, ὅταν εἰς ἀνθρωπίνας
ἐμπέσωσι πράξεις, ἀπαθέσι χρῶνται καὶ ἀναμαρτήτοις, ἵνα μηδαμοῦ τό τε
ταράττον καὶ τὸ ἐκπλῆττον ἀργῇ τῆς ποιήσεως ἀκίνδυνον καὶ ἀναγώνιστον
γιγνόμενον.
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| Traduction française |
La poésie, en s'écartant de la vérité, s'attache surtout à répandre de la variété dans ses
ouvrages. Il résulte de cette diversité d'événements, de grands intérêts, des passions
vives et une surprise agréable qui frappe et qui ravit. Un récit simple et sans fiction
est aussi sans intérêt. C'est pour cela que les poètes ne donnent pas à leurs
personnages une prospérité constante ni une vertu parfaite. Les dieux mêmes,
lorsqu'ils agissent dans les événements humains, y sont représentés avec les passions
et les erreurs des hommes. Sans ces contrariétés, sans ces discordances hardies dans
les caractères, qui mettent les passions en jeu, la poésie n'aurait plus de quoi frapper
et étonner les esprits.
Trad. : abbé RICARD, Oeuvres morales de Plutarque. Tome I, Paris, Lefèvre, 1844
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