Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

Actu' ITINERA+ (Actualités - Nouvelles)


  Accueil     Liste des actualités     Recherche     Actualité     Administration  

Date :     08-11-2002

Sujets :
Environnements hypertextes: César, Tacite, Horace, ...

Notice :

Cette semaine une profusion d'environnements hypertextes sont mis à disposition sur la Toile:

  • César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, livre V (Ambiorix, Indutiomare vs. César)

  • César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, livre VII (Vercingétorix vs. César; bataille d'Alésia; sac de Bourges)

  • Tacite, Annales, livre I

  • Horace, Epodes, oeuvre complète

  • Horace, Odes, livre I

Cette profusion est rendue possible entre autres grâce à l'aimable autorisation reçue de la part de Vincent CALLIES, pour les oeuvres d'Horace, et de Philippe REMACLE, pour celles de Tacite, rendant possible la reprise sur leurs sites de la traduction française des oeuvres de ces auteurs.

Mais cette profusion doit aussi beaucoup à Anne-Marie BOXUS et Jacques POUCET et à l'aide efficace, enthousiaste et inlassable qu'ils apportent à la préparation des fichiers électroniques de ces textes. Alors que nous venons seulement d'entamer les environnements hypertextes pour Horace et Tacite, ils sont déjà occupés avec la préparation des traductions des élégies de Tibulle avant de traiter Properce. Pré-traitements et post-traitements (présentation HTML des traductions sur la Bibliotheca Classica Selecta - BCS) avec intégration ou non de commentaires, comme ce fut le cas pour l'Enéide louvaniste, reposent fermement et sûrement entre leurs mains.

A eux la préparation, à nous les traitements informatiques depuis la référenciation jusqu'aux différentes bases de données et l'environnement interactif. Occasionellement, nous pouvons heureusement encore compter aussi sur l'aide d'Aurélie GRIBOMONT, qui a été, pendant deux ans, collaboratrice scientifique du Projet ITINERA ELECTRONICA avant de rejoindre d'autres projets (lemmatisation de textes arabes, bases de données bibliographiques pour un père de l'église grecque, etc.).

Dans l'édition du jeudi 7 novembre 2002 du journal Le MONDE nous avons pu prendre connaissance du souhait du gouvernement d'un pays voisin du nôtre de voir l'enseignement aborder aussi les faits religieux pour lutter contre le déficit culturel des élèves et pour contribuer à donner du sens à la vie.

Nos activités au sein du Projet ITINERA ELECTRONICA relèvent d'une même préoccupation: (re)donner au fait latin la place qui lui revient en fonction de son apport au patrimoine culturel (au moins) occidental. Bernard de Chartres a déjà pu dire au XIIe siècle: Nous sommes des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux. Propos qui paraissent encore d'actualité au XXIe siècle.

Mise en appétit:
afin de de ne pas faire de jaloux entre César, Tacite et Horace, l'extrait "de la semaine" est repris à Machiavelli (Machiavel) et à son livre Il principe (Le Prince) datant de 1513-1514 alors que l'Institutio principis christiani d'Erasme, dont nous préparons un traitement informatique, date de 1515. Erasme, semble-t-il, n'a pas connu le traité de Machiavel du moins pas avant la première édition de son Institutio. Les deux traités, en tout cas, font un large recours aux auteurs et oeuvres de l'antiquité classique.

L'extrait est tiré du chapitre trois et concerne les états ("principautés") mixtes:

7. - E Romani, nelle provincie che pigliorono, osservorono bene queste parti; e mandorono le colonie, intrattennono e' meno potenti sanza crescere loro potenzia, abbassorono e' potenti, e non vi lasciorono prendere reputazione a' potenti forestieri. E voglio mi basti solo la provincia di Grecia per esemplo. Furono intrattenuti da loro li Achei e li Etoli; fu abbassato el regno de' Macedoni; funne cacciato Antioco; né mai e' meriti delli Achei o delli Etoli feciono che permettessino loro accrescere alcuno stato; né le persuasioni di Filippo l'indussono mai ad esserli amici sanza sbassarlo; né la potenzia di Antioco possé fare li consentissino che tenessi in quella provincia alcuno stato. Perché e' Romani feciono, in questi casi, quello che tutti e' principi savi debbono fare: li quali, non solamente hanno ad avere riguardo alli scandoli presenti, ma a' futuri, et a quelli con ogni industria ovviare; perché, prevedendosi discosto, facilmente vi si può rimediare; ma, aspettando che ti si appressino, la medicina non è a tempo, perché la malattia è diventata incurabile.

8. - E interviene di questa come dicono e fisici dello etico, che nel principio del suo male è facile a curare e difficile a conoscere, ma, nel progresso del tempo, non l'avendo in principio conosciuta né medicata, diventa facile a conoscere e difficile a curare. Cosí interviene nelle cose di stato; perché, conoscendo discosto, il che non è dato se non a uno prudente, e' mali che nascono in quello, si guariscono presto; ma quando, per non li avere conosciuti si lasciono crescere in modo che ognuno li conosce, non vi è più remedio.
Però e Romani, vedendo discosto gli inconvenienti, vi rimediorono sempre; e non li lasciorono mai seguire per fuggire una guerra, perché sapevano che la guerra non si lieva, ma si differisce a vantaggio d'altri; però vollono fare con Filippo et Antioco guerra in Grecia per non la avere a fare con loro in Italia; e potevano per allora fuggire l'una e l'altra; il che non vollono. Né piacque mai loro quello che tutto dí è in bocca de' savî de' nostri tempi, di godere el benefizio del tempo, ma sí bene quello della virtù e prudenzia loro; perché el tempo si caccia innanzi ogni cosa, e può condurre seco bene come male, e male come bene.

Traduction française:

Les Romains, dans les pays dont ils se rendirent les maîtres, ne négligèrent jamais rien de ce qu'il y avait à faire. Ils y envoyaient des colonies, ils y protégeaient les plus faibles, sans toutefois accroître leur puissance ; ils y abaissaient les grands ; ils ne souffraient pas que des étrangers puissants y acquissent le moindre crédit. Je n'en veux pour preuve qu'un seul exemple. Qu'on voie ce qu'ils firent dans la Grèce : ils y soutinrent les Achéens et les Etoliens ; ils y abaissèrent le royaume de Macédoine, ils en chassèrent Antiochus ; mais quelques services qu'ils eussent reçus des Achéens et des Etoliens, ils ne permirent pas que ces deux peuples accrussent leurs Etats ; toutes les sollicitations de Philippe ne purent obtenir d'eux qu'ils fussent ses amis, sans qu'il y perdît quelque chose, et toute la puissance d'Antiochus ne put jamais les faire consentir à ce qu'il possédât le moindre Etat dans ces contrées.

Les Romains, en ces circonstances, agirent comme doivent le faire des princes sages, dont le devoir est de penser non seulement aux désordres présents, mais encore à ceux qui peuvent survenir, afin d'y remédier par tous les moyens que peut leur indiquer la prudence. C'est, en effet, en les prévoyant de loin, qu'il est bien plus facile d'y porter remède ; au lieu que si on les a laissés s'élever, il n'en est plus temps, et le mal devient incurable. II en est alors comme de l'étisie, dont les médecins disent que, dans le principe, c'est une maladie facile à guérir, mais difficile à connaître, et qui, lorsqu'elle a fait des progrès, devient facile à connaître, mais difficile à guérir. C'est ce qui arrive dans toutes les affaires d'Etat : lorsqu'on prévoit le mal de loin, ce qui n'est donné qu'aux hommes doués d'une grande sagacité, on le guérit bientôt, mais lorsque, par défaut de lumière, on n'a su le voir que lorsqu'il frappe tous les yeux, la cure se trouve impossible. Aussi les Romains, qui savaient prévoir de loin tous les inconvénients, y remédièrent toujours à temps, et ne les laissèrent jamais suivre leur cours pour éviter une guerre : ils savaient bien qu'on ne l'évite jamais, et que, si on la diffère, c'est à l'avantage de l'ennemi. C'est ainsi que, quoiqu'ils pussent alors s'en abstenir, ils voulurent la faire à Philippe et à Antiochus, au sein de la Grèce même, pour ne pas avoir à la soutenir contre eux en Italie. Ils ne goûtèrent jamais ces paroles que l'on entend sans cesse sortir de la bouche des sages de nos jours : "Jouis du bénéfice du temps"; ils préférèrent celui de la valeur et de la prudence; car le temps chasse également toute chose devant lui, et il apporte à sa suite le bien comme le mal, le mal comme le bien.


Jean Schumacher
LLN, le 8 novembre 2002


 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002