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Date :     10-09-2002

Sujets :
Projet ITINERA ELECTRONICA - Environnement hypertexte : OVIDE, Métamorphoses, livre XI

Notice :

Un nouvel environnement hypertexte est établi:

OVIDE, Métamorphoses, Livre XI .

Adresse sur la Toile: http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/ovideXI/

Pour rappel, un ensemble hypertexte comprend plusieurs outils lexicographiques (concordance, listes du vocabulaire, dictionnaire récapitulatif, etc.)avec un cheminement interactif permettant d'aller de la forme au contexte, à la traduction, à la liste du vocabulaire, etc. etc.

Mise en appétit:: La mort d'Orphée, vers 1 à 66:

[11,1] Carmine dum tali siluas animosque ferarum
Threicius uates et saxa sequentia ducit,
ecce nurus Ciconum tectae lymphata ferinis
pectora uelleribus tumuli de uertice cernunt

5 Orphea percussis sociantem carmina neruis.
e quibus una leues iactato crine per auras,
'en,' ait 'en, hic est nostri contemptor!' et hastam
uatis Apollinei uocalia misit in ora,
quae foliis praesuta notam sine uulnere fecit;

[11,10] alterius telum lapis est, qui missus in ipso
aere concentu uictus uocisque lyraeque est
ac ueluti supplex pro tam furialibus ausis
ante pedes iacuit. sed enim temeraria crescunt
bella modusque abiit insanaque regnat Erinys;

15 cunctaque tela forent cantu mollita, sed ingens
clamor et infracto Berecyntia tibia cornu
tympanaque et plausus et Bacchei ululatus
obstrepuere sono citharae, tum denique saxa
non exauditi rubuerunt sanguine uatis.

[11,20] ac primum attonitas etiamnum uoce canentis
innumeras uolucres anguesque agmenque ferarum
maenades Orphei titulum rapuere triumphi;
inde cruentatis uertuntur in Orphea dextris
et coeunt ut aues, si quando luce uagantem

25 noctis auem cernunt, structoque utrimque theatro
ceu matutina ceruus periturus harena
praeda canum est, uatemque petunt et fronde uirentes
coniciunt thyrsos non haec in munera factos.
hae glaebas, illae direptos arbore ramos,

[11,30] pars torquent silices; neu desint tela furori,
forte boues presso subigebant uomere terram,
nec procul hinc multo fructum sudore parantes
dura lacertosi fodiebant arua coloni,
agmine qui uiso fugiunt operisque relinquunt

35 arma sui, uacuosque iacent dispersa per agros
sarculaque rastrique graues longique ligones;
quae postquam rapuere ferae cornuque minaces
diuulsere boues, ad uatis fata recurrunt
tendentemque manus et in illo tempore primum

[11,40] inrita dicentem nec quicquam uoce mouentem
sacrilegae perimunt, perque os, pro Iuppiter! illud
auditum saxis intellectumque ferarum
sensibus in uentos anima exhalata recessit.
Te maestae uolucres, Orpheu, te turba ferarum,

45 te rigidi silices, te carmina saepe secutae
fleuerunt siluae, positis te frondibus arbor
tonsa comas luxit; lacrimis quoque flumina dicunt
increuisse suis, obstrusaque carbasa pullo
naides et dryades passosque habuere capillos.

[11,50] membra iacent diuersa locis, caput, Hebre, lyramque
excipis: et (mirum!) medio dum labitur amne,
flebile nescio quid queritur lyra, flebile lingua
murmurat exanimis, respondent flebile ripae.
iamque mare inuectae flumen populare relinquunt

55 et Methymnaeae potiuntur litore Lesbi:
hic ferus expositum peregrinis anguis harenis
os petit et sparsos stillanti rore capillos.
tandem Phoebus adest morsusque inferre parantem
arcet et in lapidem rictus serpentis apertos

[11,60] congelat et patulos, ut erant, indurat hiatus.
Umbra subit terras, et quae loca uiderat ante,
cuncta recognoscit quaerensque per arua piorum
inuenit Eurydicen cupidisque amplectitur ulnis;
hic modo coniunctis spatiantur passibus ambo,

65 nunc praecedentem sequitur, nunc praeuius anteit
Eurydicenque suam iam tuto respicit Orpheus.

Traduction française:

[11,1] Tandis qu'autour de lui, par le charme de ses vers, Orphée entraîne les hôtes des forêts et les forêts et les rochers, les Ménades, qu'agitent les fureurs de Bacchus, et qui portent en écharpe la dépouille des tigres et des léopards, aperçoivent, du haut. d'une colline, le chantre de la Thrace, des sons divins de sa lyre accompagnant sa voix. Une d'elles, dont les cheveux épars flottent abandonnés aux vents, s'écrie "Le voilà ! le voilà celui qui nous méprise !" Et soudain son thyrse va frapper la tête du prêtre d'Apollon. Mais, enveloppé de pampre et de verdure, le thyrse n'y fait qu'une empreinte légère, sans la blesser. Une autre lance un dur caillou, qui fend les airs, mais, vaincu par les sons de la lyre, tombe aux pieds du poète, et semble implorer le pardon de cette indigne offense. Cependant le trouble augmente. La fureur des Ménades est poussée à l'excès. La terrible Érynis les échauffe. Sans doute les chants d'Orphée auraient émoussé tous les traits; mais leurs cris, et leurs flûtes, et leurs tambourins, et le bruit qu'elles font en frappant dans leurs mains, et les hurlements affreux dont elles remplissent les airs, étouffent les sons de la lyre : la voix d'Orphée n'est plus entendue, et les rochers du Rhodope sont teints de son sang.

[11,20] D'abord, dans leur fureur, les Bacchantes ont chassé ces oiseaux sans nombre, ces serpents, et ces hôtes des forêts, qu'en cercle autour du poète la lyre avait rangés. Alors elles portent sur lui leurs mains criminelles. Tel l'oiseau de Pallas, si par hasard il erre à la lumière du jour, voit les oiseaux se réunir contre lui, et le poursuivre dans les plaines de l'air. Tel le matin, dans le cirque romain, où il va devenir la proie des chiens, un cerf léger est entouré d'une meute barbare. On voit les Ménades à l'envi attaquer Orphée, et le frapper de leurs thyrses façonnés pour un autre usage. Elles font voler contre lui des pierres, des masses de terre, des branches d'arbre violemment arrachées.

[11,30] Les armes ne manquent point à leur fureur. Non loin de là, des bœufs paisibles, courbés sous le joug, traçaient dans les champs de larges sillons. D'agrestes laboureurs, d'un bras nerveux, avec la bêche ouvraient la terre, et préparaient les doux fruits de leurs pénibles sueurs. À l'aspect des Ménades, ils ont fui, épouvantés, abandonnant, épars dans les champs, leurs bêches, leurs longs râteaux, et leurs hoyaux pesants : chacune s'en empare. Dans leur fureur, elles arrachent aux bœufs même leurs cornes menaçantes, et reviennent de l'interprète des dieux achever les destins. Il leur tendait des mains désarmées. Ses prières les irritent.

[11,40] Pour la première fois, les sons de sa voix ont perdu leur pouvoir. Ces femmes sacrilèges consomment leur crime; il expire, et son âme, grands dieux ! s'exhale à travers cette bouche dont les accents étaient entendus par les rochers, et qui apprivoisait les hôtes sauvages des forêts. Chantre divin, les oiseaux instruits par tes chants, les monstres des déserts, les rochers du Rhodope, les bois qui te suivaient, tout pleure ta mort. Les arbres en deuil se dépouillent de leur feuillage. De leurs pleurs les fleuves se grossissent. Les naïades, les dryades, couvertes de voiles funèbres, gémissent les cheveux épars.

[11,50] Ses membres sont dispersés. Hèbre glacé, tu reçois dans ton sein et sa tête et sa lyre. Ô prodige ! et sa lyre et sa tête roulant sur les flots, murmurent je ne sais quels sons lugubres et quels sanglots plaintifs, et la rive attendrie répond à ces tristes accents. Déjà entraînées au vaste sein des mers, elles quittent le lit du fleuve bordé de peupliers, et sont portées sur le rivage de Méthymne, dans l'île de Lesbos. Déjà un affreux serpent menace cette tête exposée sur des bords étrangers. Il lèche ses cheveux épars, par les vagues mouillés, et va déchirer cette bouche harmonieuse qui chantait les louanges des immortels. Apollon paraît, et prévient cet outrage. Il arrête le reptile prêt à mordre;

[11,60] il le change en pierre, la gueule béante, et conservant son attitude. L'ombre d'Orphée descend dans l'empire des morts. Il reconnaît ces mêmes lieux qu'il avait déjà parcourus. Errant dans le séjour qu'habitent les mânes pieux, il y retrouve Eurydice, et vole dans ses bras. Dès lors, l'amour sans cesse les rassemble. Ils se promènent à côté l'un de l'autre. Quelquefois il la suit, quelquefois il marche devant elle. Il la regarde, et la voit sans craindre que désormais elle lui soit ravie.

[Traduction (légèrement adaptée) de G.T. Villenave, Paris, 1806]

Présentation Bibliotheca Classica Selecta:

http://bcs.fltr.ucl.ac.be/META/11.htm


Jean Schumacher
LLN, le 10 septembre 2002


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002