Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

Actu' ITINERA+ (Actualités - Nouvelles)


  Accueil     Liste des actualités     Recherche     Actualité     Administration  

Date :     05-01-2017

Sujets :
LECTURE : Claudien (vers 370 - vers 408) dresse un portrait peu flatteur de Rufin, ministre de l'empereur (romain) d'Orient Arcadius, empereur de 395 à 408 ; LECTURE : Pétrarque (1304-1374) fait la description (grotesque) d'un banquet ; LECTURE : Pétrarque (1304-1374) dresse le portrait du malheureux citadin ; ITINERA ELECTRONICA : Environnements hypertextes & Textes préparés : Augustin (saint) ; Jérôme (saint), Claudien, Jean de Salisbury, Pétrarque ;

Notice :

1. LECTURE : Claudien (vers 370 - vers 408) dresse un portrait peu flatteur de Rufin, ministre de l'empereur (romain) d'Orient Arcadius, empereur de 395 à 408

Claudien, Invective contre Rufin, v. 220-258 :

220 Crescebat scelerata sitis praedaque recentis
221 incestus flagrabat amor, nullusque petendi
222 cogendiue pudor: crebris periuria nectit
223 blanditiis; sociat perituro foedere dextras.
224 si semel e tantis poscenti quisque negasset,
225 effera praetumido quatiebat corda furore.
226 quae sic Gaetuli iaculo percussa leaena
227 aut Hyrcana premens raptorem belua partus
228 aut serpens calcata furit? iurata deorum
229 maiestas teritur; nusquam reuerentia mensae.
230 non coniunx, non ipse simul, non pignora caesa
231 sufficiunt odiis; non extinxisse propinquos,
232 non notos egisse sat est; exscindere ciues
233 funditus et nomen gentis delere laborat.
234 nec celeri perimit leto; crudelibus ante
235 suppliciis fruitur; cruciatus, uincla, tenebras
236 dilato mucrone parat. pro saeuior ense
237 parcendi rabies concessaque uita dolori!
238 mors adeone parum est? causis fallacibus instat,
239 arguit attonitos se iudice. cetera segnis,
240 ad facinus uelox, penitus regione remotas
241 impiger ire uias: non illum Sirius ardens
242 brumaue Riphaeo stridens Aquilone retardat.
243 effera torquebant auidae praecordia curae,
244 effugeret ne quis gladios neu perderet ullum
245 Augusto miserante nefas. non flectitur annis,
246 non aetate labat: iuuenum rorantia colla
247 ante patrum uultus stricta cecidere securi;
248 ibat grandaeuus nato moriente superstes
249 post trabeas exul. quis prodere tanta relatu
250 funera, quis caedes possit deflere nefandas?
251 quid tale inmanes umquam gessisse feruntur
252 uel Sinis Isthmiaca pinu uel rupe profunda
253 Sciron uel Phalaris tauro uel carcere Sulla?
254 O mites Diomedis equi! Busiridis arae
255 clementes! iam Cinna pius, iam Spartace segnis
256 Rufino collatus eris! Deiecerat omnes
257 occultis odiis terror tacitique sepultos
258 suspirant gemitus indignarique uerentur.

(220) Cependant s'accroît dans Rufin la soif du crime : le butin qu'il a fait redouble en lui les désirs ; à demander et ravir, il est sans pudeur. De fréquentes caresses annoncent les parjures qu'il médite et la main qu'il serre est celle d'une victime. A-t-on, à ses nombreuses demandes, opposé un refus, son coeur s'irrite et brûle d'une rage meurtrière. Moins furieuse paraît la lionne percée des javelots du Gétule, la tigresse hyrcaienne acharnée sur les pas du Parthe ravisseur, la vipère qui se dresse contre le pied qui la presse. Il atteste la majesté des dieux et la foule aux pieds ; nul respect pour la table hospitalière. Père, épouse, enfants immolés n'assouvissent pas sa haine : il tue les parents, exile les amis, sans être satisfait. Anéantir le peuple, effacer jusqu'a son nom, voilà le but de ses efforts. Ce n'est point un prompt trépas qu'il ordonne : le supplice des victimes est pour lui une jouissance : il retarde le coup fatal pour préparer des tortures, des chaînes, de sombres cachots : ménagement funeste, plus cruel que la mort ! délai barbare que remplit la souffrance! Est-ce donc si peu que de mourir? Il couvre ses poursuites de mensonges. Accusateur et juge, il interdit ses victimes : indolent pour le reste, actif pour le crime seul, on le voit parcourir des contrées que sépare une vaste distance : rien ne l'arrête, ni les ardeurs du Sirius, ni les froidures que souffle l'Aquilon des hauteurs du Riphée. Ce qui le déchire de cruels soucis, c'est la crainte que la compassion du monarque ne dérobe un innocent à ses coups, à son coeur un forfait. Sur lui, l'enfance est sans pouvoir, la vieillesse sans empire. La tête sanglante du fils tombe sous la hache meurtrière, aux yeux du père éploré ; et le père, survivant à son fils, après un consulat part pour un exil. Qui pourrait les compter ces nombreuses victimes, et donner assez de larmes à ces horribles massacres? Que firent jamais de semblable, Sinis avec les pins de Corinthe, Scyron sur ses roches sanglantes, Phalaris avec son taureau, Sylla avec ses cachots. O coursiers humains de Diomède ! autels bienfaisants de Busiris ! Non, comparés à Rufin Cinna n'est plus un monstre, Spartacus un bourreau. Sa haine cachée tient les âmes tremblantes, abattues. On soupire en secret, on étouffe ses sanglots, on craint de paraître irrité.


2. LECTURE : Pétrarque (1304-1374) fait la description (grotesque) d'un banquet :

Pétrarque, De la vie solitaire, I, 2 :

... Venit prandii tempus. Ille sub ingenti et ruinam minitante aula componitur puluinaribus obrutus sepultusque. Reboant uariis tecta clamoribus; circumstant canes aulici muresque domestici, certatim adulatorum circumfusa acies obsequitur et corrasorum turba familiarium confuso strepitu mensam instruit. Verritur putre solum et fedo puluere cunta complentur, uolat atriis argentum auro infectum et pocula cauis gemmis expressa, scamnum serico uestitur, ostro paries, terra tapetibus, dum seruorum nuda interim cohors tremit. Instructa acie datur tandem lituo signum pugne. Coquine duces aule ducibus concurrunt, ingens fragor exoritur, conuehuntur terra marique conquisite epule et uina priscis calcata consulibus. Ardent rutilo in auro nostre graieque uindemie, uno in scipho Gnosos et Meroe, Veseuus, Falernusque miscentur, Surrentinique colles et Calabri. Nec satis est, nisi Bachus Ausonius, uel Hibleo melle uel Eoe suco medicatus harundinis, baccisque nigrantibus odoratus, naturam arte mutauerit. Parte alia par diuersi generis pompa conspicitur: fere horribiles, pisces incogniti, uolucres inaudite, puluere precioso oblite et oblite ueteris patrie, quedam uoce testantes originem, nomenque iam solum de phaside retinentes. Fumant ipsis edentibus stupenda fercula et omne cocorum passa ludibrium, que siquis ualde licet esuriens cernat quam fede quantoque sint coagulata lenocinio, solo spectaculo satur abscedat. Ita mixta uidebit inuicemque certantia nostra exteris, marina terrestribus, nigra candidis, acria dulcibus, hirsuta pennatis, mansueta ferocibus et, quasi Ouidianum chaos illud antiquum renouatum atque in angustias sit coactum, non solum corpore in uno, sed in una paropside, "frigida pugnabunt calidis, humentia siccis, mollia cum duris, sine pondere habentia pondus".

... Vient le temps du déjeuner. Celui-ci s'installe sous un énorme baldaquin qui menace ruine, et il s'enfouit, il s'envelit dans les coussins. On beugle de toutes parts dans la maison ; les chiens de cour et les rats domestiques en font le siège, la cohorte des flatteurs s'y répand à pleins bords, les serviteurs s'y parquent en foule pour préparer la table dans le vacarme et la confusion. On balaie les immondices et tout se couvre de poussière infecte, l'argenterie doublée d'or vole dans les salles avec les coupes de pierres creuses, et c'est de la soie sur les banquettes, de la pourpre sur les murs, des tapis sur les sols, - cependant que la cohorte des esclaves nus ne cesse de grelotter. L'armée est en place : la trompette donne enfin le signal du combat. Les chefs de cuisine s'affrontent aux maîtres d'hôtel, c'est une clameur immense qui s'élève, on apporte de terre et de mer les mets les plus fins et des vins aux millésimes d'anciens consuls. Les vendanges de Grèce et d'Italie scintillent dans l'or rutilant, on mélange en un seul vase des crus de Cnossos et de Méroé, du Vésuve et de Falerne, des montagnes de Sorrente et de Calabre. Et ce n'est pas assez encore, si le Bacchus d'Ausonie, ajouté du miel de l'Hybla ou du suc de canne de l'Orient, ou parfumé des baies qui le noircissent, n'a demandé à l'art de transformer sa nature. Ailleurs on aperçoit une pompe égale, quoique d'un autre genre : des animaux monstrueux, des poissons inconnus, des oiseaux jamais vus saupoudrés d'épices rares et oublieux de leur ancienne patrie ; certains d'entre eux, révélant de la voix leur origine, de faisans ne gardent que le nom. On présente aux convives des plats fumants, des plats prodigieux où les cuisiniers ont mis tous leurs caprices : même affamé, il suffit d'en considérer l'écoeurante et ruineuse préparation pour en être rassasié et avoir envie de s'en abstenir. L'on verra ainsi se mêler et s'opposer à l'envi les produits d'Italie et de l'étranger, ceux de la mer et de la terre, noirs et blancs, aigres et doux, à poils et à plumes, féroces et apprivoisés, et, comme si l'on était revenu à l'antique Chaos d'Ovide et qu'on l'eût resséré en une place, - non seulement " en un seul corps ", mais en un seul plat -,
"Le froid luttant contre le chaud, l'humide contre le sec,
Le mou contre le dur, et l'impondérable contre le pesant".
{Ovide, Les Métamorphoses, I, 19-20}


3. LECTURE : Pétrarque (1304-1374) dresse le portrait du malheureux citadin :

Pétrarque, De la vie solitaire, livre I, ch. 2 :

... Surgit occupatus infelix habitator urbium nocte media, somno uel suis curis uel clientium uocibus interrupto; sepe etiam lucis metu, sepe nocturnis uisis exterritus. Mox infelici scamno corpus applicat, animum mendaciis: in illis est totus, seu ille mercibus precium facere, seu sotium, seu pupillum fallere, seu uicini coniugem pudicitia armatam expugnare blanditiis, seu litigio iniusto iustitie uelum fando pretendere, seu denique publici priuatique aliquid corrumpere meditatur. Nunc ira preceps, nunc ardens desiderio, nunc desperatione gelatus: ita pessimus artifex ante lucem diurni telam negotii orditur, qua se se atque alios inuoluat. ...

... Voici l'homme affairé, le malheureux citadin, qui se lève au milieu de la nuit ; ses soucis, ou les cris de ses clients, ont interrompu son sommeil. C'est souvent la peur du jour qui le terrifie ; souvent aussi ses visions nocturnes. Bientôt il laisse aller son corps sur un malheureux fauteuil, et son âme à ses mensonges habituels : il s'y absorbe tout entier, et songe au prix qu'il tirera de ses ventes, aux mauvais tours qu'il jouera à son associé ou à son pupille, aux séductions qu'il déploiera pour débouter de la pudeur dont elle s'arme la femme de son voisin, à la querelle injuste que ses paroles sauront couvrir du voile de la justice, à quelque illégalité enfin où il tirera profit d'un particulier ou de l'État. Tantôt poussé par la colère, tantôt enflammé de désir, tantôt glacé de désespoir : ainsi le déplorable artisan ourdit avant l'aube la toile de ses affaires du jour, où il s'enveloppera lui-même et roulera les autres. ...


4. ITINERA ELECTRONICA : Environnements hypertextes & Textes préparés :

A) Environnements hypertextes :

  • Augustin, De la Trinité : Livre VIII
    Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais :
    http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/trinite/livre7.htm
    Traduction française :
    "Oeuvres complètes de Saint Augustin". Traduites pour la première fois, sous la direction de M. Raulx, Bar-le-Duc, 1869

    Ingénierie informatique : Boris Maroutaeff, Colin Scoupe

B) Textes préparés :

  • Jérôme (saint ; vers 347 - 420), Correspondance Lettre CXX : A Hédibia
    Traduction française reprise au site de Philippe Remacle :
    http://remacle.org/bloodwolf/eglise/jerome/hedibia.htm
    Traduction française : Benoît Matougues, Œuvres de Saint Jérôme, Paris, Desrez, 1838 .
    latin :
    http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/files/AClassFTP/Textes/Jerome/lettre_CXX.txt
    français :
    http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/files/AClassFTP/Textes/Jerome/lettre_CXX_fr.txt
  • Claudien (vers 370 - vers 408), Invectives contre Rufin, Préface et livre I
    Traduction française numérisée par nos soins.
    Traduction française : M. Nisard, Lucian, Silius Italicus, Claudien. Paris, Firmin Didot, 1862 .
    latin :
    http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/files/AClassFTP/Textes/Claudien/in_rufinum_01.txt
    français :
    http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/files/AClassFTP/Textes/Claudien/in_rufinum_01_fr.txt
  • Jean des Salisbury (vers 1115 - 1180), Policraticus, Livre III, chap. 12
    Traduction française encodée par nos soins en adaptant l’orthographie.
    Traduction française : François Eudes de Mézeray, Les vanitez de la cour. Paris, Quinet, 1639. .
    latin :
    http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/files/AClassFTP/Textes/Jean_de_Salisbury/policraticus_03_12.txt
    français :
    http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/files/AClassFTP/Textes/Jean_de_Salisbury/policraticus_03_12_fr.txt
  • Pétrarque (1304-1374), De la vie solitaire, Livre I, ch. 1 à 3 (partim)
    Traduction française reprise au site de La Grande Bibliothèque :
    http://la-bibliotheque.forum-motion.com/t39-la-vie-solitaire-de-petrarque
    {source inconnue} .
    latin :
    http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/files/AClassFTP/Textes/Petrarque/de_uita_solitaria_01-03.txt
    français :
    http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/files/AClassFTP/Textes/Petrarque/de_uita_solitaria_01-03_fr.txt

 


Jean Schumacher
06 janvier 2017


 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002