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Date :     24-01-2014

Sujets :
Lecture : Francis Bacon (1561 - 1626) : Il n'y a pas que les mots et les lettres qui peuvent fonctionner comme véhicules des pensées ; Lecture : Francis Bacon (1561 - 1626) à propos de Périandre et du moyen d'affermir la tyrannie ; ITINERA ELECTRONICA & textes préparés : Augustin (saint), Francis Bacon ; Livre : Dominique AUGE, Refonder l’enseignement des langues anciennes : le défi de la lecture - Présentation par Jacques POUCET ;

Notice :

1. Lecture : Francis Bacon (1561 - 1626) : Il n'y a pas que les mots et les lettres qui peuvent fonctionner comme véhicules des pensées :

Francis Bacon, De la dignité et de l'accroissement des sciences, VI, 1 :

... Nam uidemus nationes linguis discrepantes commercia non male per gestus exercere. At in practica nonnullorum, qui surdi et muti usque a natiuitate fuerant et alias erant ingeniosi, miros uidimus haberi inter eos et amicos suos, qui eorum gestus perdidicerant, dialogos. Quinetiam notissimum fieri iam coepit, quod in China et prouinciis ultimi Orientis in usu hodie sint characteres quidam reales, non nominales ; qui scilicet nec literas nec uerba, sed res et notiones exprimunt. Adeo ut gentes complures linguis prorsus discrepantes, sed huiusmodi characteribus (qui apud illos latius recepti sunt) consentientes, scriptis communicent ; eousque ut librum aliquem, huiusmodi characteribus conscriptum, quaeque gens patria lingua legere et reddere possit. ...

... Car nous voyons que des nations qui diffèrent par le langage, ne laissent pas de commercer assez bien à l'aide des seuls gestes. Et nous voyons aussi que certains individus, sourds et muets de naissance, mais qui ne manquent pas d'intelligence, s'entretiennent d'une manière admirable, avec ceux de leurs amis qui ont appris la signification de leurs gestes. Il y a plus : on a commencé à s'assurer qu'à la Chine et dans les contrées les plus reculées dé l'Orient, l'on fait usage aujourd'hui de certains caractères réels, et non pas nominaux ; caractères qui chez eux n'expriment ni des lettres, ni des mots, mais les choses et les notions mêmes : et qu'un grand nombre de ces nations, qui diffèrent tout-à-fait par le langage, mais qui s'accordent quant à l'usage de cette espèce de caractères, communs à un plus grand nombre de contrées, communiquent entre elles par ce moyen. En sorte qu'un livre écrit en caractères de cette espèce, chacune de ces nations peut le lire et le traduire en sa propre langue. ...


2. Lecture : Francis Bacon (1561 - 1626) à propos de Périandre et du moyen d'affermir la tyrannie :

Francis Bacon, De la dignité et de l'accroissement des sciences, VI, 1 :

Quemadmodum enim uerba prolata uolant, scripta manent; ita et Hieroglyphica gestibus expressa transeunt, depicta durant. Cum enim Periander, consultus de conseruanda tyrannide, legatum astare iuberet; atque ipse in horto deambulans summitates florum eminentiorum carperet, ad caedem procerum innuens; non minus usus est Hieroglyphico, quam si id in charta depinxisset. ...

... Car de même que les paroles volent et que les écrits restent, de même aussi ces hiéroglyphes exprimés par les gestes, passent; au lieu que les hiéroglyphes peints demeurent. Lorsque Périandre, consulté sur la manière d'affermir la tyrannie, ayant ordonné à l'envoyé de s'arrêter et de le regarder faire, se promenait dans ce jardin, et faisait sauter avec sa baguette les têtes des fleurs les plus hautes ; voulant dire qu'il fallait faire sauter aussi les têtes des grands; en agissant ainsi, il n'usait pas moins d'hiéroglyphes, que s'il eût peint son action sur le papier.

Témoignage :

Hérodote, Histoires, V, 92 :

(92F) Ἄρξαντος δὲ τούτου ἐπὶ τριήκοντα ἔτεα καὶ διαπλέξαντος τὸν βίον εὖ, διάδοχός οἱ τῆς τυραννίδος ὁ παῖς Περίανδρος γίνεται. ὁ τοίνυν Περίανδρος κατ᾽ ἀρχὰς μὲν ἦν ἠπιώτερος τοῦ πατρός, ἐπείτε δὲ ὡμίλησε δι᾽ ἀγγέλων Θρασυβούλῳ τῷ Μιλήτου τυράννῳ, πολλῷ ἔτι ἐγένετο Κυψέλου μιαιφονώτερος. (2) πέμψας γὰρ παρὰ Θρασύβουλον κήρυκα ἐπυνθάνετο ὅντινα ἂν τρόπον ἀσφαλέστατον καταστησάμενος τῶν πρηγμάτων κάλλιστα τὴν πόλιν ἐπιτροπεύοι. Θρασύβουλος δὲ τὸν ἐλθόντα παρὰ τοῦ Περιάνδρου ἐξῆγε ἔξω τοῦ ἄστεος, ἐσβὰς δὲ ἐς ἄρουραν ἐσπαρμένην ἅμα τε διεξήιε τὸ λήιον ἐπειρωτῶν τε καὶ ἀναποδίζων τὸν κήρυκα κατὰ τὴν ἀπὸ Κορίνθου ἄπιξιν, καὶ ἐκόλουε αἰεὶ ὅκως τινὰ ἴδοι τῶν ἀσταχύων ὑπερέχοντα, κολούων δὲ ἔρριπτε, ἐς ὃ τοῦ ληίου τὸ κάλλιστόν τε καὶ βαθύτατον διέφθειρε τρόπῳ τοιούτω· (3) διεξελθὼν δὲ τὸ χωρίον καὶ ὑποθέμενος ἔπος οὐδὲν ἀποπέμπει τὸν κήρυκα. νοστήσαντος δὲ τοῦ κήρυκος ἐς τὴν Κόρινθον ἦν πρόθυμος πυνθάνεσθαι τὴν ὑποθήκην ὁ Περίανδρος· ὁ δὲ οὐδέν οἱ ἔφη Θρασύβουλον ὑποθέσθαι, θωμάζειν τε αὐτοῦ παρ᾽ οἷόν μιν ἄνδρα ἀποπέμψειε, ὡς παραπλῆγά τε καὶ τῶν ἑωυτοῦ σινάμωρον, ἀπηγεόμενος τά περ πρὸς Θρασυβούλου ὀπώπεε. (92G) Περίανδρος δὲ συνιεὶς τὸ ποιηθὲν καὶ νόῳ ἴσχων ὥς οἱ ὑπετίθετο Θρασύβουλος τοὺς ὑπειρόχους τῶν ἀστῶν φονεύειν, ἐνθαῦτα δὴ πᾶσαν κακότητα ἐξέφαινε ἐς τοὺς πολιήτας.

Cf. Aristote , Politique, V, 1311a : Ὅθεν καὶ τὸ Περιάνδρου πρὸς Θρασύβουλον συμβούλευμά ἐστιν, ἡ τῶν ὑπερεχόντων σταχύων κόλουσις, ὡς δέον αἰεὶ τοὺς ὑπερέχοντας τῶν πολιτῶν ἀναιρεῖν.

Traduction française :

(92F) Enfin, étant parvenu au port après un règne heureux de trente ans, son fils Périandre lui succéda. Celui-ci montra dans les commencements beaucoup plus de douceur que son père ; mais les liaisons qu'il entretint par ses ambassadeurs avec Thrasybule, tyran de Milet, le rendirent encore plus cruel que Cypsélus. Il avait fait demander à ce prince quelle forme de gouvernement il pourrait établir, afin de régner honorablement et plus sûrement. Thrasybule conduisit l'envoyé de Périandre hors de la ville, se promenant avec lui dans les blés, et faisant à cet envoyé des questions sur son départ de Corinthe ; et revenant souvent sur cet objet, il coupait tous les épis plus élevés que les autres, et les jetait par terre ; de sorte qu'il détruisit ce qu'il y avait de plus beau et de plus grand parmi ces blés. Quand il eut parcouru ce champ, il renvoya le député de Périandre sans lui donner aucune sorte de conseils. Ce député ne fut pas plutôt de retour à Corinthe, que Périandre s'empressa de lui demander quels conseils lui donnait Thrasybule : il lui répondit qu'il ne lui en avait donné aucun, mais qu'il était surpris qu'il l'eût envoyé auprès d'un homme assez insensé pour détruire son propre bien ; et en même temps il lui raconta ce qu'il lui avait vu faire. (92G) Périandre, comprenant le sens de cette action, et persuadé que Thrasybule lui conseillait de faire mourir les citoyens les plus élevés, se porta, dès ce moment, à toutes sortes de méchancetés envers ses concitoyens.

Cf. Aristote, Politique, V, 1311a :

Voilà ce que signifiait le conseil de Périandre à Thrasybule ; et ce nivellement des épis qui dépassaient les autres, voulait dire qu'il fallait toujours se défaire des citoyens éminents.

Sur la Toile :

Hérodote :
http://mercure.fltr.ucl.ac.be/Hodoi/concordances/herodote_historiae_05/

Fiches de lecture :
http://itinera.fltr.ucl.ac.be/lectures/fiches/fiche.cfm?num=473

Pendant plusieurs années, nous avons introduit des fiches de lecture dans une base de données :

fiches de lecture

dotée d'un moteur de recherche :

recherche

or, nous nous sommes souvenus avoir déjà parlé de Périandre dans une de ces fiches de lecture ; en introduisant ce nom dans le critère "descripteurs", nous avons obtenu deux citations :

Diogène Laërce : Périandre
et Hérodote (cité ci-dessus) : Périandre

A l'heure actuelle, ces fiches de lecture font directement partie des Actualités et les termes de l'intitulé de la fiche constituent le critère de recherche.


3. ITINERA ELECTRONICA & textes préparés :

  • Augustin (saint ; 354 - 430), Contre Cresconius, livre I [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
    latin :
    http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/files/Aclassftp/textes/Augustin/contre_cresconius_01.txt
    français :
    http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/files/Aclassftp/textes/Augustin/contre_cresconius_01_fr.txt

  • Francis Bacon (1561 - 1626), De la dignité et de l'accroissement des sciences, VI, ch. 1 [Texte latin et traduction française numérisés par nos soins]
    latin :
    http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/files/Aclassftp/textes/BACON/de_dign_augm_sc_lv06_ch01.txt
    français :
    http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/files/Aclassftp/textes/BACON/de_dign_augm_sc_lv06_ch01_fr.txt


4. Livre : Dominique AUGE, Refonder l’enseignement des langues anciennes : le défi de la lecture - Présentation par Jacques POUCET : :

Rappel :

Dans le courriel accompagnant les actualités du 20 décembre 2013, nous avons attiré l'attention sur un ouvrage de Dominique AUGE qui venait de paraître : Refonder l'enseignement des langues anciennes : le défi de la lecture
http://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100266860&fa=author&person_id=24228

Ce livre est issu de la thèse de doctorat que Dominique Augé a défendue le 12 novembre 2010 à l'Univ. Stendhal de Grenoble.
Nous avions, à l'époque, rendu compte de cette défense dans l'actualité du 15 novembre 2010 :
http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/itinera/actualites/nouvelles.cfm?num=500

Aujourd'hui nous pouvons vous livrer une présentation de ce livre :

Livre :

Dominique Augé, Refonder l’enseignement des langues anciennes : le défi de la lecture, Grenoble, ELLUG, Université Stendhal, 2013, 316 p. (Collection « Didaskein »). ISBN 978-2-84310-261-5. Prix : 24 €.

Présentation par Jacques POUCET :

* Cet ouvrage attachant, signé par un professeur agrégée de lettres classiques et qui est aussi – ce n’est pas si courant – docteur en sciences de l’éducation, se compose de quatre parties, respectivement intitulées : 1. Une nouvelle didactique en langues anciennes : questions et raisons (p. 15-96) ; 2. Les terrains de la recherche (p. 97-141) ; 3. Inventer une didactique : de nouveaux principes théoriques et pédagogiques (p. 143-257) ; 4. Bilan et perspectives (p. 259-290).

* Ce livre est né à la fois de la constatation d’une réalité dont l’auteur est bien consciente (ses p. 15-42 sont intitulées « un bilan difficile ») et d’une conviction profonde en l’avenir des lettres anciennes dont elle dit n’avoir jamais douté. Dès les premières pages (p. 7), elle se déclare « convaincue qu’en modifiant une approche légitimée par une longue pratique mais inadaptée aux conditions d’enseignement que nous vivons aujourd’hui, nous pouvons redonner à notre discipline le rôle qu’elle a cessé de jouer dans le paysage éducatif français ». Pour savoir comment, on lira les pages 81 à 96, intitulées « des principes nouveaux dans des cadres nouveaux ». Il y est notamment question de l’intégration des TICE, d’une redéfinition du rôle de l’enseignant, du respect premier et primordial des textes, de l’importance de la lecture de textes longs et des problèmes spécifiques posés par ce que l’auteur appelle le « bilinguisme latin grec », entendez l’enseignement conjoint des deux langues anciennes. Ces pages sont fondamentales car elles livrent les principes retenus par l’auteur pour fonder une nouvelle didactique des langues anciennes.

* Si l’on voulait schématiser très lourdement une pensée complexe et nuancée, on pourrait dire qu’à ses yeux le « salut » (si l’on ose proposer ce terme) doit venir de deux côtés. Venir d’abord des sciences de l’éducation qui, « parce que personne ne voulait vraiment entendre parler de didactique ou de pédagogie, [...] sont devenues un langage réflexif à part », alors qu’il serait urgent que leur discours « réinvestisse des champs disciplinaires et que les langues anciennes entendent les voix des didacticiens » (p. 294). Aujourd’hui on ne peut « plus jouer un cours de langues anciennes à huis clos, à l’écart des courants tant didactiques que pédagogiques qui animent les conceptualisations de l’apprentissage » (p. 81). Venir ensuite des technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement (TICE), qu’on ne peut plus ignorer aujourd’hui. Mais il faut soigneusement choisir : n’accepter que celles « utiles à la construction active d’une appropriation » (p. 81) et susceptibles de s’intégrer à l’enseignement traditionnel d’une manière « suffisamment cohérente et efficiente »(quatrième de couverture).

* Dans ces deux domaines, et surtout dans le second, de très nombreuses recherches de terrain sont en cours, en ordre trop souvent dispersé malheureusement. Le constat de l’auteur est clair : « Nous assistons le plus souvent à des expériences diverses menées ici et là de façon singulière sans qu’il soit possible de reconnaître aisément un mouvement commun ou cohérent ; chacun dépense une importante énergie à inventer ce qui paraît être la manifestation d’un exercice de survie plus que le fruit d’une réflexion pédagogique véritable » (p. 11), ou encore : « Nous ne pouvons dissocier la pratique pédagogique de la réflexion didactique et continuer à bricoler dans une démarche individualiste et souvent d’autoprotection. » (p. 292)

* Un des buts poursuivis par l’auteur semble être de rassembler ces expériences, de présenter leurs résultats, de les évaluer et de les mettre en perspective. C’est une femme de terrain. Elle a d’ailleurs mis elle-même la main à la pâte, souvent, en lien étroit avec des collègues et des universités (celle de Louvain est citée en bonne place). Elle a notamment coordonné pendant des années les travaux du Projet Helios, un site français particulièrement riche et prometteur.

* Mais qu’il s’agisse ou non de ses propres expériences, les résultats sont toujours évalués avec le recul et le sens critique nécessaires à une véritable recherche. Au fond, elle trace des pistes, dégage des perspectives, sans vouloir imposer quoi que ce soit. Désireuse d’éviter toute polémique, elle conseille et suggère. Synthèse et équilibre, tels pourraient d’ailleurs être les maîtres-mots de sa présentation. Le discours des didacticiens peut inspirer, mais il n’est pas parole d’Évangile ; quant à la technologique nouvelle, ses propres expériences en la matière lui ont fait sentir les dangers du « tout virtuel » pour l’amener notamment à proposer une association TICE et papier. La technologie nouvelle d’autre part « ne peut avoir de sens si elle est dépossédée de ce qui lui donne, à l’intérieur d’une classe [...] sa légitimité : permettre à un élève de mieux apprendre [...] ».

* Et « mieux apprendre » dans le cas d’un élève de langues anciennes, c’est, selon l’auteur, apprendre à mieux développer en lui l’aptitude à lire un texte latin ou grec. Il doit devenir « un lecteur actif et autonome ». C’est un aspect extrêmement important de la vision personnelle de Mme Augé et ce n’est pas pour rien qu’elle a donné à son livre le sous-titre « le défi de la lecture ». Les trente pages (p. 145-175) plus spécifiquement consacrées à ce problème difficile, pages très novatrices, voire audacieuses, ne manqueront pas d’interpeller les collègues qui restent farouchement attachés à la notion de la traduction précise d’un texte ancien exigée de l’élève avant de lui en demander le moindre commentaire. Plusieurs travaux d’élèves illustreront la démarche inverse, où la lecture, devenue un déchiffrement aventureux, se rapproche à la limite de la devinette.

* Une partie importante de l’ouvrage est naturellement consacrée à l’intégration des TICE dans l’enseignement des langues anciennes. On y trouve ce qu’on pourrait considérer comme un répertoire exhaustif des sites francophones qui ont joué et jouent encore un rôle important en ce domaine. Les adresses URL y figurent en bonne et due place, avec, dans chaque cas, les quelques mots de présentation et/ou de critique qui s’imposent. Le lecteur ne pourra être qu’impressionné par le nombre et la qualité des recherches qu’Internet accueille depuis quelques dizaines d’années. Mais s’il prend la peine de consulter les ressources ainsi offertes, il comprendra mieux les remarques initiales de l’auteur sur leur caractère individualisé et morcelé. Bien sûr cette atomisation n’enlève rien à l’intérêt intrinsèque de chacune d’elle, mais elle n’est certainement pas un facteur positif de diffusion et de succès. En fait, pour que les TICE parviennent à s’imposer d’une manière coordonnée dans l’enseignement des langues anciennes, il faudrait que les pouvoirs publics et institutionnels consentent d’importants investissements financiers et humains. Apparemment ces moyens font toujours défaut et, apparemment aussi, ne semblent pas prêts de se manifester. Les priorités sont ailleurs.

* Cela dit, l’auteur n’est pas naïve. Elle est au contraire lucide, très consciente des difficultés qui attendent ceux qui veulent « refonder l’enseignement des langues anciennes » (c’est le titre de son ouvrage, rappelons-le). « Je pense, comme d’autres, écrit-elle, que cela n’est possible qu’au prix d’adaptations coûteuses en efforts pour l’enseignant » (p. 12), mais elle estime que le bilan qu’elle propose dans son livre autorise à la confiance. Et certains travaux d’élèves semblent effectivement attester le succès de ces nouvelles orientations.

* Mais il n’y a pas que la « refondation » de l’enseignement à prendre en compte ; il y a aussi son amélioration. L’ouvrage de Mme Augé ne concerne pas que les TICE ; il ne faut pas sous-estimer sa dimension méthodologique plus générale. Il contient en effet de nombreux et importants enseignements en matière de pédagogie et de didactique. Bien des pages apportent des orientations nouvelles et très intéressantes, valables indépendamment des TICE. Outre de multiples observations dispersées au fil du livre, des chapitres entiers peuvent sur ce plan retenir l’attention. Citons par exemple ceux qui concernent la construction d’un apprentissage (p. 177-229) ou l’établissement d’un contrat didactique (p. 231-257). Mais il y a en a d’autres. Et on peut dire, sans crainte de se tromper, que n’importe quel professeur de langues anciennes, quelles que soient ses positions personnelles vis-à-vis des TICE, trouvera dans cet ouvrage nombre d’informations susceptibles d’améliorer le quotidien de son enseignement.

*Citons aussi pour terminer l’intérêt d’une bibliographie étendue (p. 299-313), organisée en trois rubriques distinctes : d’abord les manuels consultés (où apparaissent en bonne place les volumes de la collection Lavency), ensuite les ouvrages généraux, enfin les documents officiels.

* Et on nous permettra de terminer par un note très personnelle. Il y a maintenant plus de vingt ans que nous avons abandonné tout rapport avec la didactique à Louvain. Mais si nous avions encore la charge du cours de Méthodologie des langues anciennes, nous n’hésiterions pas, pour former nos étudiants, à nous inspirer largement de ce livre de Mme Augé.

Jacques Poucet, 22 janvier 2014


Jean Schumacher
24 janvier 2014


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002