Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

Actu' ITINERA+ (Actualités - Nouvelles)


  Accueil     Liste des actualités     Recherche     Actualité     Administration  

Date :     30-11-2012

Sujets :
Lecture : Francis BACON (1561 - 1626) à propos (de la consistance) des bulles d'eau et de savon (jeu d'enfant) ; Lecture : Jacques SADOLET (1477 - 1547) à propos de la jactance d'hommes de science comme HIPPIAS d'Élis (Ve s. av. J.-Chr.) ; Lecture : Jacques SANNAZAR (entre 1455/1458 - 1530) décrit, à sa façon, l'arrivée de Joeph et de Marie à Bethléem (pour le recensement de la population ordonné par César Auguste) ; Lecture AULU-GELLE, PLINE l'ANCIEN et SÉNÈQUE et leurs réflexions à propos des cadrans solaires (horloges) et des clepsydres ; Texte d'étude : ORACULA SIBYLLINA , extrait de la Préface ; Texte d'étude : GODEFROI de VITERBE (vers 1125 - mort après 1202) dresse le profil d'un empereur ; TICE : COLLATINVS (Yves Ouvrard) : une nouvelle et dernière version est disponible sur la Toile : version X ; REVUE : FOLIA ELECTRONICA CLASSICA (FEC) - Numéro 23 (janvier-juin 2012) ; ITINERA ELECTRONICA : 9 nouveaux environnements hypertyextes : Augustin (saint), Francis Bacon (1561-1626; x 3), Pierre Bembo (1470-1547), Oracula Sibyllina (Sebastian Castelllio), Jacques Sadolet (1477-1547), Jacques Sannazar (entre 1455/1458-1530; x 2) ;

Notice :

1. Lecture : Francis BACON (1561 - 1626) à propos (de la consistance) des bulles d'eau et de savon (jeu d'enfant) :

Francis Bacon, Novum organum, Livre II, aphorisme 25 :

… Instantiae clandestinae sunt illae quae exhibent gradum nonnullum debilem et infimum consistentis in fluido; ueluti bulla aquae, quae est tanquam pellicula quaedam consistens et determinata, facta ex corpore aquae. Similiter stillicidia, quae, si adfuerit aqua quae succedat, producunt se in filum admodum tenue, ne discontinuetur aqua; at si non detur talis copia aquae quae succedere possit, cadit aqua in guttis rotundis, quae est figura quae optime aquam sustinet contra discontinuationem. At in ipso temporis articulo, cum desinit filum aquae et incipit descensus in guttis, resilit ipsa aqua sursum ad euitandam discontinuationem. Quin in metallis, quae cum funduntur sunt liquida sed magis tenacia, recipiunt se saepe guttae liquefactae sursum, atque ita haerent. Simile quoddam est instantia speculorum puerilium, quae solent facere pueruli in scirpis ex saliua, ubi cernitur etiam pellicula consistens aquae. At multo melius se ostendit hoc ipsum in altero illo ludicro puerili, quando capiunt aquam, per saponem factam paulo tenaciorem, atque inflant eam per calamum cauum, atque inde formant aquam tanquam in castellum bullarum; quae per interpositionem aeris inducit consistentiam eo usque ut se proiici nonnihil patiatur absque discontinuatione.

… Un fait clandestin c'est l'existence d'un certain degré de consistance, quelque faible qu'elle soit, dans un fluide ; ainsi la bulle d'eau nous présente comme une certane pellicule, consistante et de forme arrêtée, qui n'a cependant d'autre substance que celle de l'eau. Ainsi les gouttes d'eau, sortant d'un orifice, quand le liquide est en quelque abondance, forment en s'unissant un filet très mince, pour qu'il n'y ait pas solution de continuité dans l'écoulement; mais si l'eau est en petite quantité, on voit s'échapper des gouttes rondes, la forme sphérique étant celle qui garantit, le mieux à l'eau l'espèce de continuité possible dans cette condition. On voit de plus, qu'au moment où cesse le filet et où commence la série des gouttes, il se fait un rejaillissement de bas en haut pour éviter la solution de continuité. Phénomène analogue, pour l'écoulement des métaux fondus, liquides alors, mais moins fluides; ils tombent en gouttes, qui rejaillissent quelquefois et s'attachent ainsi les unes aux autres. On observe quelque chose de semblable dans les miroirs que font les enfants, à l'aide de tuyaux de jonc et de leur salive ; miroirs qui présentent une pellicule d'eau douée de consistance. Un fait bien plus frappant encore, c'est ce que nous voyons dans un autre jeu des enfants, lorsqu'ils prennent de l'eau à laquelle le savon a donné un peu de ténacité; et qu'ils la soufflent à travers un chalumeau, formant ainsi, avec de l'eau, comme un château de bulles ; ces bulles, par l'interposition de l'air, ont acquis de la consistance, à ce point qu'il est possible de les agiter sans rompre leur enchaînement.


2. Lecture : Jacques SADOLET à propos de la jactance d'hommes de science comme HIPPIAS d'Élis (Ve s. av. J.-Chr.) :

Jacques SADOLET (1477 - 1547), Sur la manière de bien élever les enfants, chap. XIII :

… quae tamen nouae ostentationis professio principio in admiratione habita, postea turba et multitudine idem facientium, profitentiumque euiluit atque alii tamen suo ingenio et studio ostentando artium istarum, quas liberales dicimus, et bonarum litterarum regionibus se tenuerunt. Hippias uero qui in Olympiorum celebritate totius Graeciae multo maxima non solum ingenuas omneis disciplinas callere sese, earumque idoneum cuiuis autorem et magistrum se fore professus sit, sed palam audiente Graecia, etiam annulum quem in digito haberet, soccos quibus indutus, pallium quo amictus esset, ab sese factor et fabricatos gloriatus est, nonne declarat nullam esse artem quae effugere hominis ingenium aciemque possit? quanquam iste quidem fortassis nugator, et caeteri cum illa gloria non ferendi. Ad illos te reuoco, qui summam uim et gloriam perfectae sapientiae sine ulla ostentatione consecuti sunt. An tu putas quicquam fuisse in rerum natura, aut in ullius artis scientia, quod aut amplitudinem prudentiamque Platonis, aut acumen ingeniumque Aristotelis, aut ubertatem Theophrasti, aut Polemonis, Arcesilae, Chrysippi, Carneadis copiam diligentiamque praeterierit? Quanquam horum quidem talium et multitudine et gloria redundauit uetus Graecia, ut singulos nominare non sit necesse.

Cependant la profession de cette ostentation [de la connaissance d’arts et de sciences] d'un nouveau genre, admirée dans le principe, s'avilit dans la suite par la multitude de ceux qui faisaient la même chose, et en donnaient des leçons. D'autres s'en tinrent, pour faire parade de leur génie et de leur savoir, au domaine des arts que nous appelons libéraux, et à celui des belles-lettres. Mais Hippias, au milieu de l'immense concours de toute la Grèce aux jeux Olympiques, ne déclara pas seulement qu'il connaissait toutes les sciences et les arts libéraux, comme auteur et maître capable de les enseigner à qui que ce fût mais il se vanta même, en présence de la Grèce assemblée, qu'il avait fabriqué de ses mains l'anneau qu'il portait au doigt, les souliers qu'il avait aux pieds et le manteau qui couvrait ses épaules. N'a-t-il pas prouvé par là qu'aucun art ne peut échapper à l'intelligence, à la pénétration de l'esprit de l'homme? Quoique ce savant bateleur et les autres soient peut-être insupportables avec leur jactance, je vous renvoie à ceux qui, sans ostentation, ont acquis la suprême puissance et la gloire d'une parfaite sagesse. Pensez-vous que rien, dans la nature des choses ou dans la connaissance d'aucun art, ait échappé au vaste savoir de Platon, au pénétrant génie d' Aristote, à la féconde intelligence de Théophraste, à la science, aux investigations de Polémon, d'Arcésilas, de Chrysippe, de Carnéade? Au reste, l'ancienne Grèce produisit une si grande et si glorieuse multitude d'hommes semblables, qu'il n'est pas nécessaire de citer chaque nom en particulier.

Cfr. PLATON, Hippias mineur, p. 368b :

(Σωκράτης) ἴθι δή, ὦ Ἱππία, ἀνέδην οὑτωσὶ ἐπίσκεψαι κατὰ (368b) πασῶν τῶν ἐπιστημῶν, εἴ που ἔστιν ἄλλως ἔχον ἢ οὕτως. πάντως δὲ πλείστας τέχνας πάντων σοφώτατος εἶ ἀνθρώπων, ὡς ἐγώ ποτέ σου ἤκουον μεγαλαυχουμένου, πολλὴν σοφίαν καὶ ζηλωτὴν σαυτοῦ διεξιόντος ἐν ἀγορᾷ ἐπὶ ταῖς τραπέζαις. ἔφησθα δὲ ἀφικέσθαι ποτὲ εἰς Ὀλυμπίαν ἃ εἶχες περὶ τὸ σῶμα ἅπαντα σαυτοῦ ἔργα ἔχων, πρῶτον μὲν δακτύλιον - ἐντεῦθεν γὰρ ἤρχου - ὃν εἶχες σαυτοῦ ἔχειν (368c) ἔργον, ὡς ἐπιστάμενος δακτυλίους γλύφειν, καὶ ἄλλην σφραγῖδα σὸν ἔργον, καὶ στλεγγίδα καὶ λήκυθον ἃ αὐτὸς ἠργάσω, ἔπειτα ὑποδήματα ἃ εἶχες ἔφησθα αὐτὸς σκυτοτομῆσαι, καὶ τὸ ἱμάτιον ὑφῆναι καὶ τὸν χιτωνίσκον, καὶ ὅ γε πᾶσιν ἔδοξεν ἀτοπώτατον καὶ σοφίας πλείστης ἐπίδειγμα, ἐπειδὴ τὴν ζώνην ἔφησθα τοῦ χιτωνίσκου, ἣν εἶχες, εἶναι μὲν οἷαι αἱ Περσικαὶ τῶν πολυτελῶν, ταύτην δὲ αὐτὸς πλέξαι, πρὸς δὲ τούτοις ποιήματα ἔχων ἐλθεῖν, καὶ ἔπη καὶ τραγῳδίας (368d) καὶ διθυράμβους, καὶ καταλογάδην πολλοὺς λόγους καὶ παντοδαποὺς συγκειμένους, καὶ περὶ τῶν τεχνῶν δὴ ὧν ἄρτι ἐγὼ ἔλεγον ἐπιστήμων ἀφικέσθαι διαφερόντως τῶν ἄλλων, καὶ περὶ ῥυθμῶν καὶ ἁρμονιῶν καὶ γραμμάτων ὀρθότητος, καὶ ἄλλα ἔτι πρὸς τούτοις πάνυ πολλά, ὡς ἐγὼ δοκῶ μνημονεύειν, καίτοι τό γε μνημονικὸν ἐπελαθόμην σου, ὡς ἔοικε, τέχνημα, ἐν ᾧ σὺ οἴει λαμπρότατος εἶναι, οἶμαι δὲ καὶ (368e) ἄλλα πάμπολλα ἐπιλελῆσθαι. ἀλλ' ὅπερ ἐγὼ λέγω, καὶ εἰς τὰς σαυτοῦ τέχνας βλέψας - ἱκαναὶ δέ - καὶ εἰς τὰς τῶν ἄλλων εἰπέ μοι, ἐάν που εὕρῃς ἐκ τῶν ὡμολογημένων ἐμοί τε καὶ σοί, ὅπου ἐστὶν ὁ μὲν ἀληθής, ὁ δὲ ψευδής, χωρὶς καὶ οὐχ ὁ αὐτός; ἐν ᾗτινι βούλει σοφίᾳ τοῦτο σκέψαι ἢ πανουργίᾳ

(SOCRATE) X. — Allons, Hippias, fais ainsi à loisir la revue de toutes les sciences et vois s’il n’en est pas de même pour toutes. Tu es certainement l’homme le plus habile du monde dans la plupart des arts. Ne t’ai-je pas entendu autrefois t’en vanter, en énumérant tes multiples et enviables talents sur l’agora devant les comptoirs des banquiers ? Tu disais que tu étais venu un jour à Olympie n’ayant rien sur le corps qui ne fût l’oeuvre de tes mains ; d’abord l’anneau que tu portais — c’est par là que tu commenças — était ton ouvrage, car tu savais ciseler un anneau ; après cela ton cachet aussi, puis ton étrille et ta burette à huile, que tu avais fabriqués toi-même ; tu affirmais ensuite que tu avais taillé toi-même tes chaussures et tissé ton manteau et ta tunique. Mais ce qui parut le plus étonnant à tous tes auditeurs et montra le mieux l’étendue de tes connaissances, ce fut lorsque tu affirmas que la ceinture de ta tunique était pareille aux plus riches ceintures persanes et que tu l’avais tressée toi-même. En outre, tu apportais avec toi des poèmes, épopées, tragédies, dithyrambes, et beaucoup de discours en prose de toute espèce ; et, sur les arts dont je parlais tout à l’heure, tu te présentais comme un homme plus entendu que personne, ainsi qu’aux rythmes, aux modes de musique, à la grammaire et à quantité d’autres choses, si je m’en rapporte à mes souvenirs. Et encore j’ai oublié ta mnémotechnie, en quoi tu penses t’être spécialement distingué, et sans doute une foule d’autres choses qui ne me reviennent pas. Mais voici ce que je veux dire : considère les arts que tu possèdes — et ils sont en nombre suffisant — et les arts des autres, et dis-moi si, d’après ce que nous avons admis d’un commun accord, tu en vois un seul où l’homme véridique se distingue du menteur et où ils ne soient pas le même homme. Tu peux chercher si c’est vrai dans n’importe quel genre de talent ou d’adresse, ...


3. Lecture : Jacques SANNAZAR (entre 1455/1458 - 1530) décrit, à sa façon, l'arrivée de Joeph et de Marie à Bethléem (pour le recensement de la population ordonné par César Auguste) :

Jacques Sannazar, L'enfantement de la Vierge, Livre II, vers 267 à 300 :

Et iam prona dies fluctus urgebat Iberos,
purpureas pelago nubes aurumque relinquens.
Ecce autem magnis plenam conuentibus urbem
protinus, ut uenere, extremo e limine portae
270 adspiciunt: mistum confluxerat undique uulgus,
turba ingens: credas longinquo ex aequore uectas
ad merces properasse: aut deuastantibus arua
hostibus, in tutum trepidos fugisse colonos.
Cernere erat, perque anfractus, perque arcta uiarum,
cuncta replesse uiros, confusoque ordine matres:
permistos pecori agricolas; hos iungere plaustra:
hos intendere uela: alios discumbere apertis
porticibus: resono compleri cuncta tumultu:
accensos uariis lucere in partibus ignes.
280 Quae pater admirans, tacito dum singula uisu
percurrit, circumque domos, et limina lustrat,
nec superesse locum tecto uidet: "Ibimus, inquit,
quo Deus, et quo sancta uocant oracula patrum."
Est specus haud ingens paruae sub moenibus urbis;
Incertum, manibusne hominum, genione potentis
naturae formatus, ut haec spectacula terris
praeberet, tantosque diu seruatus in usus,
hospitio caelum acciperet; cui plurima dorso
incumbit rupes, pendentibus undique saxis
290 aspera: et exesae cingunt latera ardua cautes:
defunctis operum domus haud ingrata colonis.
Huc heros tandem, superata ambage uiarum,
sic monitus, ducente Deo, cum Coniuge sancta
deuenit, multaque senex se nocte recepit.
Ac primum siccis ramalibus excitat ignem:
stramineoque toro comitem locat: aegra cubantis
membra super uestem inuoluens: mox adligat ipsos
permulcens, iam non duros, iam sponte sequentes
quadrupedes, ut forte aderat foenile saligna

[2,300] subfultum crate, et palmarum uimine textum.

Déjà, sur son déclin, le jour pressait les flots de l'Ibérie, et teignait de pourpre et d'or les nuages épars sur la mer. Les époux [Joseph et Marie] touchent à peine la porte, que, du seuil même, ils voient la ville [Bethléem] remplie d'une foule immense : là était accouru de toutes parts un peuple innombrable. On le croirait attiré par l'appât de marchandises apportées d'un rivage éloigné, ou soustraites, par une fuite empressée de la campagne dans un sûr asile, à des ennemis dévastateurs. On voit, dans des passages étroits et tortueux, pressés, confondus sans ordre, les hommes et les femmes, les laboureurs et leurs troupeaux; ici les chars rapprochés des chars; là des toiles déployées, plus loin des tables dressées sous de vastes portiques : partout retentit un tumultueux fracas, partout brillent des feux étincelants. Tandis que le vieillard [Joseph] silencieux parcourt d'un oeil surpris ces objets divers, et que ses regards promenés sur les vestibules et les maisons d'alentour, n'aperçoivent pas un lieu propre pour un abri : "Allons, dit-il, où nous appellent le Seigneur et les oracles des prophètes !" Il est une grotte peu étendue au pied des remparts de cette étroite cité. Est-ce la main des hommes, est-ce le génie de la puissante nature qui l'a formée, pour offrir ce spectacle à la terre, et recevoir, longtemps conservée pour cette noble destination, le ciel même dans son enceinte hospitalière; on l'ignore : mais sur son dos pèse un énorme roc, hérissé de pierres inclinées; des masses rongées s'attachent à ses flancs : c'est là qu'après ses travaux, le laboureur aime à se retirer. C'est là aussi que, vainqueur des longs embarras de la route et docile à la voix du dieu qui le guide, arrive le vieillard avec sa vertueuse épouse, là que la nuit avancée le force de chercher un asile. Aussitôt, avec des branches séchées, il allume la flamme, et, plaçant sa compagne sur un lit de sarments, il enveloppe d'un vêtement ses membres fatigués. Puis il attache, les quadrupèdes [l’âne et le bœuf] qui, sensibles à ses caresses, s'empressent de le suivre à l'odeur des herbes
[2,300] suspendues sur un treillis que forment des branches de palmier et de saule.

Référence : Le recensement de Quirinius en Judée


4. Lecture AULU-GELLE, PLINE l'ANCIEN et SÉNÈQUE et leurs réflexions à propos des cadrans solaires (horloges) et des clepsydres :

Le numéro 354 (novembre - décembre 2012) des DOSSIERS d'ARCHÉOLOGIE est consacré au sujet suivant : Le temps des Romains. Perception, mesure et instruments.

Nous en avons numérisé la page de couverture ainsi que le sommaire : Le temps des Romains

Parmi les auteurs cités dans ces Dossiers, il y a AULU-GELLE, PLINE l'ANCIEN et SÉNÈQUE le philosophe dont nos reproduisons ci-dessous les réflexions :

Aulu-Gelle, Les Nuits attiques, Livre III, 3 :

… Parasitus ibi esuriens haec dicit: ut illum di perdant, primus qui horas repperit, quique adeo primus statuit hic solarium! qui mihi conminuit misero articulatim diem. Nam me puero uenter erat solarium multo omnium istorum optimum et uerissimum: ubi is te monebat, esses, nisi cum nihil erat. Nunc etiam quod est, non estur, nisi soli libet; itaque adeo iam oppletum oppidum est solariis, maior pars populi aridi reptant fame.

… C'est un parasite à jeun qui parle :
"Que les dieux confondent celui qui a inventé les heures et qui le premier plaça dans cette ville un cadran [solaire] ! Malheureux que je suis! il m'a découpé la journée en compartiments! Lorsque j'étais jeune, je n'avais d'autre cadran que mon ventre; c'était pour moi l'horloge la plus sûre et la plus vraie; elle ne manquait jamais de m'avertir, excepté quand il y avait disette. Maintenant, lors même qu'il se présente de bons morceaux, on ne mange point s'il ne plaît pas au soleil; car, clans toute la ville, on ne voit plus que cadrans : aussi les trois quarts des citoyens se trainent-ils mourants de faim".

Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, VII,60,212 :

212 Tertius consensus fuit in horarum obseruatione, iam hic ratione accedens, quando et a quo in Graecia reperta, diximus secundo uolumine. serius etiam hic Romae contigit. XII tabulis ortus tantum et occasus nominantur, post aliquot annos adiectus est et meridies, accenso consulum id pronuntiante, cum a curia inter Rostra et Graecostasin prospexisset solem; a columna Maenia ad carcerem inclinato sidere supremam pronuntiauit, sed hoc serenis tantum diebus, usque ad primum Punicum bellum. 213 princeps solarium horologium statuisse ante XII annos quam cum Pyrro bellatum est ad aedem Quirini L- Papirius Cursor, cum eam dedicaret a patre suo uotam, a Fabio Vestale proditur. sed neque facti horologii rationem uel artificem significat nec unde translatum sit aut apud quem scriptum id inuenerit. 214 M- Varro primum statutum in publico secundum Rostra in columna tradit bello Punico primo a M- Valerio Messala cos- Catina capta in Sicilia, deportatum inde post XXX annos quam de Papiriano horologio traditur, anno urbis CCCCLXXXX. nec congruebant ad horas eius lineae, paruerunt tamen ei annis undecentum, donec Q- Marcius Philippus, qui cum L- Paulo fuit censor, diligentius ordinatum iuxta posuit, idque munus inter censoria opera gratissima acceptum est. 215 etiam tum tamen nubilo incertae fuere horae usque ad proximum lustrum. tunc Scipio Nasica collega Laenati primus aqua diuisit horas aeque noctium ac dierum idque horologium sub tecto dicauit anno urbis DXCV. tam diu populo Romano indiscreta lux fuit.

(1) Le troisième point sur lequel on s'est accordé est la division des heures; ceci est déjà une oeuvre de calcul. Nous avons dit dans le second livre (II, 78) quand et par qui cette division fut trouvée en Grèce; elle s'introduisit tardivement aussi chez les Romains. Dans les Douze-Tables on ne nomme que le lever et le coucher du soleil; quelques années après, on y ajouta l'heure de midi : l'huissier des consuls l'annonçait quand du sénat il apercevait le soleil entre les Rostres et la Graecostasis (XXXIII, 6); il annonçait la dernière heure quand l'astre était descende entre la colonne Maenia et la prison : mais cela n'était possible que par un temps serein; (2) cet état dura jusqu'à la guerre punique. Le premier qui donna aux Romains un cadran solaire, onze ans avant la guerre de Pyrrhos, fut L. Papirius Cursor, qui l'établit auprès du temple de Quirinus, dont son père avait fait le voeu, et dont lui fit la dédicace (an de Rome : 461) c'est du moins ce que rapporte Fabius Vestalis; mais il n'indique ni la manière dont ce cadran était disposé, ni le nom de l'artiste, ni d'où le cadran avait été apporté, ni dans quel auteur il avait lu ce fait. M. Varron rapporte que le premier cadran établi en public le fut auprès des Rostres, sur une colonne, lors de la première guerre punique, par M. Valérius Messala, consul, après la prise de Catane en Sicile. (3) Il fut donc apporté de là 30 ans après la date assignée au cadran de Papirius, l'an de Rome 491. Remarquez que les lignes qui y étaient tracées ne concordaient pas avec les heures. Cependant on s'en servit quatre-vingt dix- neuf ans, jusqu'à ce que L. Martius Philippus, qui fut censeur avec L. Paulus, en fit poser près de l'autre un mieux approprié; et parmi les actes de sa censure ce fut un des mieux reçus. (4) Néanmoins, quand le temps était couvert, les heures étaient Incertaines, et il en fut ainsi jusqu'au lustre suivant. Alors Scipion Nasica, collègue de Laenas, marqua le premier, à l'aide d'une clepsydre à eau, les heures tant le jour que la nuit ; il la [l’horloge] plaça dans un lieu couvert, et en fit la dédicace l'an de Rome 595. Tel fut le long espace pendant lequel la journée fut sans divisions pour le peuple romain.

Sénêque, Lettres à Lucilius, II,24,18 :

... Memini te illum locum aliquando tractasse, non repente nos in mortem incidere sed minutatim procedere. (20) Cotidie morimur; cotidie enim demitur aliqua pars uitae, et tunc quoque cum crescimus uita decrescit. Infantiam amisimus, deinde pueritiam, deinde adulescentiam. Usque ad hesternum quidquid trans;t temporis perit; hunc ipsum quem agimus diem cum morte diuidimus. Quemadmodum clepsydram non extremum stilicidium exhaurit sed quidquid ante defluxit, sic ultima hora qua esse desinimus non sola mortem facit sed sola consummat; tunc ad illam peruenimus, sed diu uenimus. (21) Haec cum descripsisses quo soles ore, semper quidem magnus, numquam tamen acrior quam ubi ueritati commodas uerba, dixisti, mors non una uenit, sed quae rapit ultima mors est. Malo te legas quam epistulam meam; apparebit enim tibi hanc quam timemus mortem extremam esse, non solam.

… Vous développiez cette pensée si vraie : nous ne tombons pas tout d'un coup dans la mort, nous y avançons pas à pas. Nous mourons chaque jour; chaque jour nous enlève une partie de notre existence, et, plus nos années s'accroissent, plus notre vie décroît. L'enfance nous échappe, puis l'adolescence, puis la jeunesse ; tout le temps passé jusqu'à ce jour est perdu pour nous, et même ce jour présent, nous le partageons avec la mort. Ce n'est pas la dernière goutte écoulée qui vide une clepsydre, ce sont toutes celles qui l'ont précédée : ainsi notre heure dernière ne fait pas à elle seule la mort, mais seule elle la consomme. Alors nous arrivons au terme, mais nous y marchions depuis longtemps. Après avoir développé cette pensée avec votre éloquence habituelle, toujours élevée, mais jamais plus entraînante que lorsqu'elle exprime la vérité , vous ajoutiez : "Il est plus d'un trépas, mais le dernier emporte." Lisez vos écrits plutôt que ma lettre; ils vous prouveront que cette mort si redoutée est la dernière, et non pas la seule.

Référence : Clepsydre (WIKIPEDIA)


5. Texte d'étude : ORACULA SIBYLLINA , extrait de la Préface :

ANONYMUS, PRAEFATIO AD ORACULA SIBYLLINA (extrait).

... Sibyllae igitur, ut a multis scriptum est, fuerunt, diuersis temporibus locisque, numero decem. Sibylla latina est uox idem sonans quod diuinatrix seu prophetis, unde nomen commune factum omnibus fatidicis mulieribus.
Prima, fuit Chaldaea seu Persica, proprio nomine Sambethe dicta, quae fertur Alexandri Macedonis res gestas praedixisse; facitque eius mentionem Nicanor, qui uitam scripsit Alexandri.
Secunda, Libyssa, cuius meminit Euripides in prologo Lamiae.
Tertia, Delphica , Delphis nata , de qua Chrysippus in libro de Diuinatione.
Quarta, Italica, in Cimmeria Italiae, cuius filins Euander Romae fanum Panis, Lupercal appellatum, condidit.
Quinta, Erythraea, quae et de Troiano bello uaticinata est, affirmante Apollodoro Erythraeo.
Sexta, Sarnia, proprie Phyto nuncupata, de qua scripsit Eratosthenes.
Septima, Cumaea, nomine Amalthea, siue Herophile, siue, ut quibusdam placet, Taraxandra : Virgilius uero Deiphoben uocat, Glauci filiam.
Octaua, Hellespontia, in uico nata Marmesso, prope oppidulum Gergithium, intra fines olim Troadis situm, circa tempora Solonis et Cyri, uti scripsit Heraclides Ponticus.
Nona, Phrygia.
Decima, Tiburtina, nomine Albunea.

[Tiré de : C. ALEXANDRE, Oracula Sibyllina. Vol I. Paris, Firmin Didot, 1841 (avec une traduction latine de Sebastian CASTELLIO (1515 – 1563)]


6. Texte d'étude : GODEFROI de VITERBE (vers 1125 - mort après 1202) dresse le profil d'un empereur :

Godefroi de Viterbe, extrait de La mémoire des siècles :

Diuo imperatori Romanorum et illustrissimo, Henrico sexto [Henri VI (1165-1197)], filio domini Friderici [Frédéric Barberousse (1122-1190)] Romanorum imperatoris augustissimi, Gotifredus Viterbiensis, maiestatis sue capellanus et seruulus, iustitiam diligere, sapientiam querere et in Domino imperare. Dum Romani imperii culmen inspicio et eius eminencie considero dignitatem, illud ipse ante omnia necessarium esse intueor, ut, sicut potestate noscitur preminere principibus, ita magis omnibus uirtutibus adornetur, tantaque sit eius disciplina regiminis, ut per eum omnia uitia corripi et status orbis debeat emendari. Cuius prerogatiue gloriam impossibile est imperatorem suffitienter attingere, qui mundi cursum et originem et scripturarum dogmata noscitur ignorare. Imperator enim expers philosophie cum omnibus hominibus preesse credatur, si fuerit sapientie nescius, errare sepius quam regnare uidetur. Quia, cum in causis rei publice sapientia indiget, cogitur ab aliis semper emendicare, et ex hoc aliena potius quam sua cernitur uirtute regnare. Hec sententia primo loco principibus, deinde omni homini congruit, quia Creator propter hominem cuncta creauit et omnes homines uoluit iustitie disciplinam cognoscere, quam sola bruta nata sont ignorare. ...

[Tiré de : G. H. PERTZ, Monumenta Germaniae Historica, Scriptores, vol. XXII, p. 103. Hanovre, 1872]


7. TICE : COLLATINVS (Yves Ouvrard) : une nouvelle et dernière version est disponible sur la Toile : version X :

Yves OUVRARD, dont nous apprécions l'amitié - c'est un compagnon de combat TICE que nous connaissons depuis le début des années 90 - , est un professeur, maintenant retraité, qui s'est illustré dans les nouvelles technologies au profit de l'enseignement des Langues et Cultures de l'Antiquité.
Il a développé de nombreuses applications (COLLATINVS, CRUSTULA, ANALYSIS, PRAELECTOR, etc. etc. : voir PROGRAMMES) qu'il a mis à la disposition libre des enseignants et étudiants intéressés.

Ainsi, le logiciel de LEMMATISATION, intitulé par lui COLLATINVS, qui existe, à la fois, en version hors ligne, qu'un chacun peut donc installer et utiliser sur son propre outil de travail, qu'en version en ligne à mettre en oeuvre sur le serveur de la Faculté de Philosophie, arts et lettres (FIAL) de l'Université de Louvain-la-Neuve (UCL-LLN).

COLLATINVS en ligne : Boris MAROUTAEFF a réalisé l'installation en ligne de plusieurs des versions ; la dernière utilisable sur le serveur facultaire est la IX.

COLLATINVS hors ligne : Yves OUVRARD nous a fait parvenir une version X qu'il présente ainsi :

Historique : Analysis, puis Collatinus étaient destinés, à l'origine, à produire des documents sur papier
(Site COLLATINUS.ORG : http://www.collatinus.org/)

De nombreux utilisateurs s'en sont servi à d'autres fins :

  • 1. disposer, lorsqu'on lit un texte latin, d'une aide lexicale et morphologique immédiate et discrète ;
  • 2. faire des recherches lexicales et stylistiques, voire lexicométriques ;
  • 3. donner aux élèves des tâches d'identification, de relevé, de transformation.

La version actuelle de Collatinus est numérotée 10, datée du 27 novembre 2012. C'est la dernière : Collatinus atteint maintenant une masse critique (Le programme "pèse" plus d'un Gigaoctet).

Deux nouveautés :

  • ==> Chaque entrée est accompagnée de ses longueurs (longues et brèves).
  • ==> Un onglet « Gaffiot » permet d'avoir immédiatement accès à l'entrée correspondante du célèbre dictionnaire, tombé dans le domaine public depuis quelques années.

Téléchargement de l'installateur de la version X (sous WINDOWS) - version "hors ligne" (Site ITINERA ELECTRONICA à Louvain-la-Neuve) :

http://pot-ourri.fltr.ucl.ac.be/files/AClassFTP/COLLATINUS_X_2012/

Références utiles :

  • TICE (Versailles ; 18 mars 2004) :
    http://www.tice.ac-versailles.fr/logicielslibres/spip.php?article8

  • CAFÉ PÉDAGOGIQUE (Le MENSUEL) :
    http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/lettres/languesanciennes/
    pages/2002/24_latinprogrammesetdictionnairesenligneyvesouvrard.aspx

  • Actu'ITINERA (17 octobre 2002) :
    http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/itinera/actualites/nouvelles.cfm?num=95

  • Actu'ITINERA (20 mars 2009) :
    http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/itinera/actualites/nouvelles.cfm?num=423

Expérimentation de la version X ; texte en appui : Godefroi de Viterbe : cfr. supra "Texte d'étude" :

Diuo imperatori Romanorum et illustrissimo, Henrico sexto, filio domini Friderici Romanorum imperatoris augustissimi, Gotifredus Viterbiensis, maiestatis sue capellanus et seruulus, iustitiam diligere, sapientiam querere et in Domino imperare. Dum Romani imperii culmen inspicio et eius eminencie considero dignitatem, illud ipse ante omnia necessarium esse intueor, ut, sicut potestate noscitur preminere principibus, ita magis omnibus uirtutibus adornetur, tantaque sit eius disciplina regiminis, ut per eum omnia uitia corripi et status orbis debeat emendari. Cuius prerogatiue gloriam impossibile est imperatorem suffitienter attingere, qui mundi cursum et originem et scripturarum dogmata noscitur ignorare. Imperator enim expers philosophie cum omnibus hominibus preesse credatur, si fuerit sapientie nescius, errare sepius quam regnare uidetur. Quia, cum in causis rei publice sapientia indiget, cogitur ab aliis semper emendicare, et ex hoc aliena potius quam sua cernitur uirtute regnare. Hec sententia primo loco principibus, deinde omni homini congruit, quia Creator propter hominem cuncta creauit et omnes homines uoluit iustitie disciplinam cognoscere, quam sola bruta nata sont ignorare. ...

Diuo
diuus, a, um : divin
imperatori impĕrātor, oris, m. : général
Romanorum
Rōmānus, a, um : Romain (Romanus, i, m. : le Romain)
et
ĕt, conj. : et. adv. aussi
illustrissimo
illustris, e : évident, marquant, éclairé
sexto
sextus, a, um : sixième (Sextus, i, m. : Sextus)
filio
fīlĭus, ii, m. : fils
domini
dŏmĭnor, aris, ari : 1 - être maître, dominer, commander, régner. - 2 - sens passif : être gouv


 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002