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Date :     02-11-2012

Sujets :
Lecture : Jacques SADOLET (1477 - 1547) : Pourquoi Platon veut-il exclure les poètes de sa République ? ; Lecture : René DESCARTES (1596 - 1650) critique les astrologues, les physiciens et les philosophes ; Lecture : Francis BACON (1561 - 1626) à propos de la division de la philosophie et des sciences ; Lecture: SYMMAQUE (vers 342 - 402/403) à Ausone (309/310 - 394/395) : Un discours publié est chose libre ; Texte d'étude : ODILON, abbé de CLUNY, (vers 962 - 1048) institua à Cluny et dans tous les monastères dépendants la Commémoration des morts, le 2 novembre, au lendemain de la Toussaint ; Info à propos de l'APh (L'Année philologique - Bibliographie critique et analytique de l'antiquité gréco-latine) ; ITINERA ELECTRONICA : 4 nouveaux environnements hypertextes : Augustin (saint), Francis Bacon, Odilon de Cluny (962 - 1049), Symmaque (vers 342 - 402/403) ;

Notice :

1. Lecture : Jacques SADOLET : Pourquoi Platon veut-il exclure les poètes de sa République ? :

Jacques Sadolet (1477 - 1547), Sur la manière de bien élever les enfants, chapitre X :

Quid de poetis dicam ? quorum cernis profecto et quae in utraque lingua copia, et quanta non solum ad demulcendos, uerum etiam ad impellendos animos nostros uis sit : atque hoc genus sanctum, et diis amabile semper habitum est : non enim tam studio humanaue cogitatione, quam spiritu quodam diuinitus inflati, uidentur illa effundere, quae sonis numerisque constructa aures sensusque corripiunt : et ad permiscendos animos nostros tanquam illiquefacta funduntur : ut in quamcumque impulerint partem, non uideatur posse obsisti. Quo etiam ex illa Platonis republica quam is in libris perfectam condidit, poetae exire iussi sunt, ne si ad suum arbitrium et quodcumque eorum animis libuisset scribere ac diuulgare aggressi essent, quod in communi liberum erat Graecia, ciuium suorum mores facillime corrumperent : et reuera plus est in hac facultate momenti, quam quisquam forte suspicetur, tum ad fringendos, atque eneruandos uoluptate, aut caeteris permotionibus animos, tum rursus ad eosdem uirtute et constantia corroborandos.

… Que dirai-je des poètes? Certes, vous voyez combien ils abondent dans les deux langues, combien leur pouvoir est grand non seulement pour apaiser, mais encore pour enflammer nos âmes. Aussi bien ce genre-là a-t-il toujours passé pour saint et pour agréable aux dieux. Ce n'est pas tant par l'étude et la pensée que par un certain esprit dont ils sont divinement inspirés, qu'ils répandent ces paroles qui, harmonieusement arrangées avec les sons et la mesure, ravissent les sens et les oreilles, et, comme du métal en fusion, se mêlent à notre âme. De sorte que, partout où ils nous entraînent, il ne semble pas possible de résister. Telle est même la raison qui les a fait exclure de cette parfaite république dont Platon a voulu donner les lois dans ses livres. Il a craint que, s'ils entreprenaient d'écrire et de publier tout ce qui leur passerait dans l'esprit, chose qu'ils étaient libres de faire en général dans la Grèce, il ne leur fût très facile de corrompre les moeurs de leurs concitoyens. Il est certain que le pouvoir de la poésie a plus d'influence qu'on ne le soupçonne peut-être, soit pour amollir et pour énerver les âmes par la volupté et les autres passions, soit, au contraire, pour les fortifier par la vertu et la constance.


2. Lecture : René DESCARTES (1596 - 1650) critique les astrologues, les physiciens et les philosophes :

René Descartes, Règles pour la direction de l'esprit, Règle V, 1 :

… Sed multi uel non reflectunt ad id quod praecipit, uel plane ignorant, uel praesumunt se ea non indigere, et saepe adeo inordinate difficillimas quaestiones examinant, ut mihi uideantur idem facere, ac si ex infima parte ad fastigium alicuius aedificii uno saltu conarentur peruenire, uel neglectis scalae gradibus, qui ad hunc usum sunt destinati, uel non animaduersis. Ita faciunt omnes Astrologi, qui non cognita coelorum natura, sed ne quidem motibus perfecte obseruatis, sperant se illorum effectus posse designare. Ita plerique, qui Mechanicis student absque Physica, et noua ad motus ciendos instrumenta temere fabricant. Ita etiam Philosophi illi, qui neglectis experimentis ueritatem ex proprio cerebro, quasi Iouis Mineruam, orituram putant.

… Mais beaucoup de gens ou ne réfléchissent pas à ce qu’elle [la science] enseigne, ou l’ignorent complètement, ou présument qu’ils n’en ont pas besoin ; et souvent ils examinent les questions les plus difficiles avec si peu d’ordre, qu’ils ressemblent à celui qui d’un saut voudrait atteindre le faite d’un édifice élevé, soit en négligeant les degrés qui y conduisent, soit en ne s’apercevant pas qu’ils existent. Ainsi font tous les astrologues, qui, sans connaître la nature des astres, sans même en avoir soigneusement observé les mouvements, espèrent pouvoir en déterminer les effets. Ainsi font beaucoup de gens qui étudient la mécanique sans savoir la physique, et fabriquent au hasard de nouveaux moteurs ; et la plupart des philosophes, qui, négligeant l’expérience, croient que la vérité sortira de leur cerveau comme Minerve du front de Jupiter.


3. Lecture : Francis BACON à propos de la division de la philosophie et des sciences :

Francis Bacon, Novum organum, Livre II, aphorisme IX :

Ex duobus generibus axiomatum, quae superius posita sunt, oritur uera diuisio philosophiae et scientiarum; translatis uocabulis receptis (quae ad indicationem rei proxime accedunt) ad sensum nostrum. Videlicet, ut inquisitio formarum, quae sunt (ratione certe, et sua lege) aeternae et immobiles, constituat metaphysicam; inquisitio uero efficientis, et materiae, et latentis processus, et latentis schematismi (quae omnia cursum naturae communem et ordinarium, non leges fundamentales et aeternas respiciunt) constituat physicam: atque his subordinentur similiter practicae duae; physicae mechanica; metaphysicae (perpurgato nomine) magia, propter latas eius uias et maius imperium in naturam.

Des deux espèces d'axiomes qui ont été établis plus haut, on tire la véritable division de la philosophie et des sciences, en appropriant à notre sens les termes reçus, qui ont le plus de rapport avec les choses à nommer. La recherche des formes qui sont (en raison du moins, et conformément à leur loi) éternelles et immobiles, constituera la métaphysique; la recherche de la cause efficiente, de la matière, du progrès latent, et de la constitution cachée (toutes choses qui ont rapport au cours ordinaire et commun de la nature, et non à ses lois fondamentales et éternélles), constituera la physique; à ces deux sciences théoriques seront subordonnées deux sciences pratiques : à la physique, la mécanique; à la métaphysique, la magie, conçue dans un sens raisonnable, et ainsi nommée à cause du champ immense qu'elle ouvrira et du grand empire qu'elle doit donner à l'homme sur la nature.


4. Lecture: SYMMAQUE (vers 342 - 402/403) à Ausone (309/310 - 394/395) : Un discours publié est chose libre :

Symmaque, Lettres à Ausone, I, 31 :

… Sed in eo mihi uerecundus nimio plus uideris, quod libelli tui arguis proditorem. Nam facilius est ardentes fauillas ore comprimere, quam luculenti operis seruare secretum. Cum semel a te carmen profectum est, ius omne posuisti. Oratio publicata, res libera est. An uereris aemuli uenena lectoris, ne libellus tuus admorsu duri dentis uratur? Tibi uni nihil ad hoc locorum gratia praestitit, aut dempsit inuidia. Ingratis scaeuo cuique proboque laudabilis es. Proinde cassas dehinc seclude formidines, et indulge stylo, ut saepe prodaris.

… Mais tu me parais beaucoup trop modeste quand tu me reproches d'avoir trahi le secret de ton livre ; car il est plus facile de tenir dans sa bouche des charbons ardents, que de garder le silence sur un chef-d'œuvre. Une fois ces vers sortis de tes mains, tu n'avais plus aucun droit sur eux : un discours publié est chose libre. Crains-tu donc pour ton livre le venin d'un lecteur jaloux, ou la brûlante morsure d'une dent sans pitié ? En pareille circonstance, tu es le seul qui n'aies rien à gagner avec l'indulgence, rien à perdre avec l'envie. Bon gré, mal gré, justes ou méchants te doivent des louanges. Ainsi, éloigne à l'avenir des craintes mal fondées, et donne carrière à ton style pour être souvent trahi de même.


5. Texte d'étude : ODILON, abbé de CLUNY, (vers 962 - 1048) institua à Cluny et dans tous les monastères dépendants la Commémoration des morts, le 2 novembre, au lendemain de la Toussaint :

Odilon de Cluny, Statutum de defunctis :

Decretum est a beatissimo Patre domino Odilone, una cum consensu et rogatu omnium fratrum Cluniacensium, ut sicut in ecclesiis Dei quae per orbem terrarum longe lateque constructae sunt, in die Kalendarum Nouembrium agitur festiuitas Omnium Sanctorum, ita agatur apud nos festiuo more conmemoratio omnium fidelium defunctorum, qui ab initio mundi fuerunt usque in finem, tali modo. Ipso die supradicto post capitulum faciant eleemosynam decanus et cellerarius de pane et uino omnibus superuenientibus pauperibus, sicut mos est agi in Coena Domini. Et quidquid ipso die ex refectione fratrum remanserit ad prandium, ex integro recipiat eleemosynarius, nisi tantum panem et uinum, quae post coenam recipiat. Ipso etiam die post uespertinalem synaxim, pulsentur omnia signa, et agatur officium pro defunctis. Ad missam uero matutinalem, festiuo more agitur officium, omnia signa pulsentur. Tractus a duobus fratribus cantetur, cuncti fratres offerant: priuatim et publice missas celebrent pro requie omnium animarum fidelium, et duodecim pauperes reficiantur. Et ut hoc decretum perpetuum uigorem obtineat, uolumus et petimus et praecipimus tam in loco hoc quam in cunctis ad istum locum pertinentibus seruetur. Et si alius aliquis ex ista nostra fideli inuentione sumpserit exemplum, particeps omnium bonorum efficiatum uotorum.

Ergo qualiter omnium memoria Christicolarum semel in anno agatur monuimus et praecepimus, dignum profecto ducimus ut pro nostrorum fratrum animabus, sub almi Benedicti norma in coenobiis Deo militantibus, in diuinis aliquid obsequiis plus more solito adaugeamus. Necnon ut memoria chari nostri imperatoris Heinrici cum eisdem praecipue agatur, constituimus: ut merito debemus, multis ab ipso ditati opibus. Scilicet ad uigiliam mortuorum, post psalmum: Ad Dominum cum tribularer, qui post lectiones recitatur, Domine, quid multiplicati sunt, dicamus. Ad matutinas uel post, De profundis; Usquequo Domine. Ad uesperas post Lauda, anima mea. Nisi quia Dominus. Deus, auribus nostris. Post Domine, refugium, Dominus regit me. Ad letaniam, Iudica me, Deus, et discerne. Et ita diuina fauente gratia, ut praemisimus, eorum agatur memoria per omnia futura tempora, tam in hoc loco quam in omnibus ad hunc respicientibus. Auctoritas diuinae legis nos admonet ut in domo Domini, quae est Ecclesia fidelium, unusquisque deuotorum, pro uiribus a Domino sibi collatis, aliquid offerre studeat, ne scilicet ut piger seruus pro talenti absconsione iure a Domino damnetur, sed potius cum bono seruo pro lucro fideliter multiplicato digna mercede remuneretur.

"Il a été décrété par le très bienheureux père et seigneur Odilon, du consentement et à la prière de tous les frères de Cluny, que de même que, dans toutes les églises de l'univers, on célèbre le premier novembre la fête de tous les saints, ainsi on célébrera, dans notre congrégation, la solennelle commémoration de tous les fidèles défunts qui ont vécu sur la terre depuis la création du monde, de la manière suivante : le premier novembre, après le chapitre, le doyen et les celleriers feront des distributions de pain et de vin, comme au jeudi saint, à tous les pauvres qui se présenteront. Tout ce qui restera du dîner des frères sera intégralement recueilli par le Père aumônier, sauf cependant le pain et le vin qu'il réservera pour le repas du soir. Le soir de la Toussaint, après les vêpres de cette fête, on sonnera toutes les cloches et on récitera l'office des morts. Le lendemain, après Matines, la messe sera célébrée pour les défunts comme aux jours de solennité, au son de toutes les cloches, et deux frères chanteront le trait.Tous les frères offriront en particulier ou célébreront en public la messe pour le repos de tous les fidèles défunts, et l'on donnera un repas à douze pauvres. Nous voulons, demandons et ordonnons que le présent décret soit observé à perpétuité, qu'il soit observé dans ce monastère (de Cluny) aussi bien que dans tous les autres monastères qui. en dépendent, jours témoignée aux frères. En outre, après avoir décidé que l'on ferait une fois par an la commémoraison de tous les chrétiens, nous jugeons convenable que l'on ajoute quelque chose de plus pour le repos des âmes de nos frères qui ont vécu sous la règle de Saint-Benoît, et en outre que l'on fasse une mention spéciale de notre bien-aimé empereur Henri, car c'est une dette de reconnaissance qu'il nous a fait contracter par ses bienfaits.Ainsi, à la Vigile des morts, après le psaume "Ad Dominum cum tribularer", que l'on récite après les leçons, on récitera le psaume : "Domine, quid multiplicati sunt"; aux Matines, après "De profundis, usquequo Domine". A Vêpres, après le psaume : "Lauda anima mea Doominum, Nisi quia Dominus"; après "Domine, refugium, Dominus regit me". A la Litanie, Iudica me, Deus, et discerne". Que l'on fasse donc, d'après les dispositions précédentes, la commémoraison des morts, tant dans ce monastère que dans tous les lieux qui en dépendent. ..."

[Tiré de : abbe P. JARDET, Saint Odilon, abbé de Cluny. Sa vie, son temps, ses œuvres. Lyon, Vitte, 1898]

Références : Commémoration des fidèles défunts et WIKIPEDIA


6. Information à propos de l'APh (L'Année philologique - Bibliographie critique et analytique de l'antiquité gréco-latine) :

Site : APh

Courrier électronique reçu ce matin, 2 novembre 2012 :

Cher(e)s collègues et ami(e)s,
Merci à tous. Vous êtes près de 4500 à avoir signé notre pétition de solidarité envers la rédaction allemande de l'Année Philologique (APh) depuis sa mise en ligne en avril dernier. Vous venez des quatre coins du monde, d'horizons, métiers et spécialités très différents. Vous n'êtes pas tous antiquisants, ce qui prouve le rayonnement de l'APh au delà de nos domaines spécialisés et son ancrage dans le monde de l'université et de la recherche en général. Plusieurs d'entre vous ne sont pas directement membres de la communauté académique. Parmi vous, de nombreux étutudiants, ce qui est encourageant pour l'avenir : leur soutien prouve l'utilité de notre travail pour le développement des études classiques et pour la diffusion de l'information scientifique. Vos commentaires nous encouragent à poursuivre, mais ils soulignent aussi la grande responsabilité qui est la nôtre face à vos exigences de qualité et de pertinence scientifique.
Vous êtes nombreux à souligner l'importance d'une bibliographie comme l'APh, sous tutelle d'institutions publiques universitaires et de recherche, à un moment où l'information scientifique tend à devenir un enjeu commercial. Votre mobilisation a permis à nos collègues allemands de continuer à travailler sans se décourager, dans des conditions de grande incertitude. Votre soutien rapide et massif a sans doute pesé dans la recherche de solution de la part des autorités académiques allemandes.
Nous vous sommes tous reconnaissants.

Des nouvelles de la situation actuelle. Une nouvelle rédaction de l'Année Philologique a été créée sous la tutelle de l'université de Munich. Elle prendra en janvier 2013 la suite de la Zweigstelle Heidelberg qui fermera ses portes fin décembre 2012. La disparition définitive de la partie allemande et de la langue allemande de l'APh a ainsi été évitée. Cette rédaction aura un financement pour trois ans et comportera moins de personnel que la précédente. Des procédures de transmission du savoir et des compétences de l'ancienne rédaction à la nouvelle sont en cours d'élaboration, dans le respect du cahier de charges dont la direction scientifique de l'APh a la responsabilité et qui a été envoyé à la nouvelle tutelle. Cette transmission est indispensable, car la nouvelle rédaction sera constituée de collègues entièrement nouveaux.

Nous souhaitons que la nouvelle rédaction soit pérennisée et qu'elle ait les moyens d'accomplir sa tâche de la meilleure façon possible. Elle aura en tout cas notre appui comme toutes les rédactions. Nous vous tiendrons informés des évolutions à venir, mais nous comptons aussi sur votre vigilance. Grâce aux efforts de tous, l'APh continuera à avoir un rôlecentral dans le paysage scientifique au niveau international.
Encore merci et à bientôt.

L'équipe éditoriale parisienne.
Dina Bacalexi, Julie Giovacchini (directrices)
Laurent Capron, Sébastien Grignon (éditeurs)


7. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Cette semaine-ci, Christian RUELL, a réussi, in extremis, la création de 4 nouveaux environnements hypertextes :

  • Augustin (saint), Lettres, Lettre CXXX : A Proba [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Francis Bacon (1561 - 1626), Novum organum, Livre II, aphorismes 1 à 10
  • Odilon de Cluny (962 - 1049), Lettres, Lettre I : A Fulbert, évêque de Chartres
  • Symmaque (vers 342 - 402/403), Relation III [Traduction française composée (partim) et numérisée par Marc Szwajcer]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


Jean Schumacher
2 novembre 2012


 
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Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002