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Date :     08-08-2012

Sujets :
Lecture : CASSIODORE donne la parole à Théodoric, roi des Ostrogoths, qui fait l'éloge de Boèce (vers 470-525) ; Lecture : CASSIODORE : Les poissons échénéides et/ou les conques ralentissent l'avancée des navires ; Lecture : PLUTARQUE et ÉRASME dissertent à propos d'une prescription pythagoricienne : Ne pas recevoir d'hirondelle sous son toit : Pourquoi ? ; Textes d'étude : Tu as obtenu Sparte, gouverne-la ! (ÉRASME, Adage, n° 1401) ; Étincelle : Pierre MAGNAN, L'Aube insolite ;

Notice :

1. Lecture : CASSIODORE donne la parole à Théodoric, roi des Ostrogoths, qui fait l'éloge de Boèce (vers 470-525) :

Cassiodore, Variae, I, 45 :

… Sic enim Atheniensium scholas longe positus introisti; sic palliatorum choris miscuisti togam, ut Graecorum dogmata doctrinam feceris esse Romanam. Didicisti enim qua profunditate cum suis partibus speculatiua cogitetur; qua ratione actiua cum sua diuisione discatur: deducens ad Romuleos senatores quidquid Cecropidae mundo fecerant singulare. Translationibus enim tuis Pythagoras musicus, Ptolemaeus astronomus leguntur Itali. Nicomachus arithmeticus, geometricus Euclides audiuntur Ausoniis. Plato theologus, Aristoteles logicus Quirinali uoce disceptant. Mechanicum etiam Archimedem Latialem Siculis reddidisti. Et quascunque disciplinas uel artes facunda Graecia per singulos uiros edidit, te uno auctore, patrio sermone Roma suscepit. Quos tanta uerborum luculentia reddidisti claros, tanta linguae proprietate conspicuos, ut potuissent et illi opus tuum praeferre, si utrumque didicissent. Tu artem praedictam, ex disciplinis nobilibus natam, per quadrifarias mathesis ianuas introisti. Tu illam in naturae penetralibus considentem, auctorum libris inuitantibus, cordis lumine cognouisti, cui ardua nosse usus miracula, monstrare propositum est. Molitur ostendere, quod obstupescant homines euenisse; miroque modo naturis conuersis facti detrahit fidem, cum ostentet ex oculis uisionem. Facit aquas ex imo surgentes, praecipites cadere, ignem ponderibus currere, organa extraneis uocibus insonare, et peregrinis flatibus calamos complet, ut musica possint arte cantare. Videmus per eam defensiones iam nutantium ciuitatum subito tali firmitate consurgere, ut machinamentorum auxiliis superior reddatur, qui desperatus uiribus inuenitur. Madentes fabricae in aqua marina siccantur; dura cum fuerint, ingeniosa dispositione soluuntur. Metalla mugiunt, Diomedis in aere grues buccinant, aeneus anguis insibilat, aues simulatae fritiniunt ; et quae propriam uocem nesciunt habere, dulcedinem probantur emittere cantilenae. …

… Je [Théodoric] sais que vous [Boèce] avez une parfaite connaissance de toutes choses, dont vous avez appris la science des Athéniens, et vous avez tellement joint l'étude de la philosophie à celle de la jurisprudence, qu'il n'y a rien dans les livres des grecs que vous n'ayez rendu commun aux Romains. Il n'y a rien dans la théorie et dans la pratique des plus sublimes disciplines que vous ignoriez, et vous avez enrichi Rome et le sénat, de toutes les dépouilles de l'ancienne Grèce. Vos savantes traductions font parler Pythagore; et les Dames Romaines peuvent maintenant apprendre sa musique. Les Italiens lisent par votre moyen, les ouvrages astronomiques de Ptolémée, l’arithmétique de Nicomaque, la géométrie d'Euclide, la théologie de Platon, et la logique d'Aristote, aussi bien que les mécaniques d'Archimède. Enfin qu'y a-t-il à présent dans les arts et dans les sciences que Rome et l'Italie puissent envier à la Grèce, après vos savantes traductions, si justes, si exactes, et si élégantes, que ces auteurs s'ils les voyaient, seraient en peine de déterminer a quoi l'on devrait s'en tenir, ou à leurs originaux, ou à vos traductions, s'ils entendaient. Il n'est aucune des quatre parties de la mathématique, que vous n'ayez pénétré, vous êtes entré dans tous les secrets de la nature. Vous démontrez facilement les principes et les usages des choses les plus surprenantes, et qui passent pour des miracles dans l'opinion des hommes. Les yeux ont peine à croire ce qu'ils voient dans les changements qui se font en la nature. On élève les eaux, et après avoir fait des fontaines jaillissantes, on les fait précipiter par cascades. On fait courir le feu ; et on lui fait enlever des masses pesantes, qu’il fait voler en l'air, on fait parler les instruments, et l'on fait chanter des roseaux, suivant les règles de l'harmonie. Que ne voyons nous pas encore par le moyen des mathématiques? On fortifie les villes, on les met en état de défense, et souvent celles qui n'étaient pas en état de résister par la force deviennent imprenables par l'adresse des machines. On sèche les nouveaux bâtiments avec de l'eau de la mer, on amollit les corps les plus durs : on fend les métaux, on les fait tonner et foudroyer, les oiseaux de Diomède sonnent la trompette en cuivre et en airain, les serpents sifflent, les oiseaux gazouillent avec ces âmes de métail, et ceux mêmes à qui la nature a refusé l'usage de la voix, le reçoivent par le moyen de l'art. …


2. Lecture : CASSIODORE : Les poissons échénéides et/ou les conques ralentissent l'avancée des navires :

Cassiodore, Variae, I, 35 :

… Aut forte incumbente Austro, remigiisque iuuantibus meatus nauium echeneis morsus inter undas liquidas alligauit; aut Indici maris conchae simili potentia labiis suis nauium dorsa fixerunt; quarum quietus tactus plus dicitur retinere quam exagitata possint elementa compellere. Stat pigra ratis tumentibus alata uelis, et cursum non habet, cui uentus arridet; sine anchoris figitur, sine rudentibus alligatur; et tam parua animalia plus resistunt quam tot auxilia prosperitatis impellunt. Ita cum subiecta unda praecipitet cursum, supra maris tergum nauigium stare constat infixum; miroque modo natantia inconcusse retinentur, dum innumeris motibus unda rapiatur. …

… Est-ce qu'au souffle de l'Auster, alors qu'il faut plier la voile, et favorisée par la lenteur des rames, l'échénéide a mordu les flancs du navire et interrompu sa marche sur les ondes liquides ? Ou la conque des Indes dotée d’un pouvoir analogue a-t-elle figée vos quilles avec ses lèvres? On dit que ces créatures ralentissent plus par leur contact que les tumultueux éléments qui peuvent propulser en avant. Alors la voile s'enfle, mais le vaisseau reste immobile; c'en est fait de la course rapide, vent en poupe sous le ciel riant; nous voici ancrés sans ancres, amarré sans câbles, et ces petites bêtes résistent à un point tel qu'elles empêchent des aides favorables (à la navigation). Par conséquent, quand la vague nécessaire veut hâter la course du navire, il semble figé sur la surface de la mer, et dans une attitude merveilleuse, le navire flottant se tient immobile, alors que l'onde est emportée par des courants innombrables. …


3. Lecture : PLUTARQUE et ÉRASME dissertent à propos d'une prescription pythagoricienne : Ne pas recevoir d'hirondelle sous son toit : Pourquoi ? :

Plutarque, Propos de table, VIII, 7 :

… οὗτος οὖν ὁρῶν Φιλῖνον τὸν ἡμέτερον ἐμψύχων ἀπεχόμενον, οἷον εἰκός, εἰς τοὺς Πυθαγόρου λόγους προήχθη· καὶ Τυρρηνὸν ἀπέφηνεν, οὐ πατρόθεν, ὥσπερ ἕτεροί τινες, ἀλλ´ αὐτὸν ἐν Τυρρηνίᾳ καὶ γεγονέναι καὶ τεθράφθαι καὶ πεπαιδεῦσθαι τὸν Πυθαγόραν ἰσχυριζόμενος οὐχ ἥκιστα τοῖς συμβόλοις, οἷόν ἐστι καὶ τὸ συνταράττειν ἀναστάντας ἐξ εὐνῆς τὰ στρώματα καὶ χύτρας τύπον ἀρθείσης ἐν σποδῷ μὴ ἀπολείπειν ἀλλὰ συγχεῖν καὶ χελιδόνας οἰκίᾳ μὴ δέχεσθαι μηδὲ σάρον ὑπερβαίνειν μηδὲ γαμψώνυχον οἴκοι τρέφειν· ταῦτα γὰρ ἔφη τῶν Πυθαγορικῶν λεγόντων καὶ γραφόντων μόνους ἔργῳ Τυρρηνοὺς ἐξευλαβεῖσθαι καὶ φυλάττειν. Λεχθέντων δὲ τούτων ὑπὸ τοῦ Λευκίου, μάλιστα τὸ τῶν χελιδόνων ἀτοπίαν ἔχειν ἐδόκει, ζῷον ἀσινὲς καὶ φιλάνθρωπον εἴργεσθαι τοῖς γαμψωνύχοις ὁμοίως, ἀγριωτάτοις οὖσιν καὶ φονικωτάτοις· καὶ γὰρ ᾧ μόνῳ τινὲς τῶν παλαιῶν ᾤοντο λύειν τὸ σύμβολον, ὡς πρὸς τοὺς διαβόλους καὶ ψιθύρους τῶν συνήθων ᾐνιγμένον, οὐδ´ αὐτὸς ὁ Λεύκιος ἐδοκίμαζεν· ψιθυρισμοῦ μὲν γὰρ ἥκιστα χελιδόνι μέτεστι, λαλιᾶς δὲ καὶ πολυφωνίας οὐ μᾶλλον ἢ κίτταις καὶ πέρδιξι καὶ ἀλεκτορίσιν. ’ἆρ´ οὖν‘ ὁ Σύλλας ἔφη ’διὰ τὸν μῦθον τὸν περὶ τὴν παιδοφονίαν ἀφοσιοῦνται τὰς χελιδόνας, ἄπωθεν ἡμᾶς πρὸς ἐκεῖνα τὰ πάθη διαβάλλοντες, ἐξ ὧν τὸν Τηρέα καὶ τὰς γυναῖκας τὰ μὲν δρᾶσαι τὰ δὲ παθεῖν ἄθεσμα καὶ σχέτλια λέγουσι, καὶ μέχρι νῦν Δαυλίδας ὀνομάζουσιν τὰς ὄρνιθας, Γοργίας δ´ ὁ σοφιστής, χελιδόνος ἀφείσης ἐπ´ αὐτὸν ἀπόπατον, ἀναβλέψας πρὸς αὐτήν ‘οὐ καλὰ ταῦτ´’ εἶπεν, ‘ὦ Φιλομήλα’; ἢ καὶ τοῦτο κενόν ἐστιν; τὴν γὰρ ἀηδόνα, ταῖς αὐταῖς τραγῳδίαις ἔνοχον οὖσαν, οὐκ ἀπείργουσιν οὐδὲ ξενηλατοῦσιν.‘ ’Ἴσως‘ ἔφην ἐγώ ’καὶ ταῦτ´ ἔχει λόγον, ὦ Σύλλα. σκόπει δὲ μὴ πρῶτον μέν, ᾧ λόγῳ τὸ γαμψώνυχον οὐ προσίενται, τούτῳ καὶ ἡ χελιδὼν ἀδοξεῖ παρ´ αὐτοῖς· σαρκοφάγος γάρ ἐστιν καὶ μάλιστα τοὺς τέττιγας, ἱεροὺς καὶ μουσικοὺς ὄντας, ἀποκτίννυσι καὶ σιτεῖται· καὶ πρόσγειος αὐτῆς ἡ πτῆσίς ἐστιν, τὰ μικρὰ καὶ λεπτὰ τῶν ζῴων ἀγρευούσης, ὥς φησιν Ἀριστοτέλης. ἔπειτα μόνη τῶν ὁμωροφίων ἀσύμβολος ἐνοικεῖ καὶ ἀτελὴς ἐνδιαιτᾶται· καίτοι ὅ γε πελαργὸς οὔτε σκέπης μετέχων οὔτ´ ἀλέας οὔτ´ ἀδείας τινὸς ἢ βοηθείας παρ´ ἡμῖν ἐπίβαθρόν τι τῆς διαίτης δίδωσιν, τὰ γὰρ ἐπίβουλα καὶ πολέμια τῶν ἀνθρώπων, φρύνους καὶ ὄφεις, ἀναιρεῖ περιιών· ἡ δὲ πάντων τυχοῦσα τούτων, ὅταν ἐκθρέψῃ καὶ τελειώσῃ τοὺς νεοσσούς, ἄπεισιν ἀχάριστος γενομένη καὶ ἄπιστος. | ὃ δὲ δεινότατόν ἐστι, μόνα τῶν συνοίκων μυῖα καὶ χελιδὼν οὐχ ἡμεροῦται πρὸς ἄνθρωπον οὐδ´ ἀνέχεται ψαῦσιν οὐδ´ ὁμιλίαν οὐδὲ κοινωνίαν ἔργου τινὸς ἢ παιδιᾶς, ἡ μὲν μυῖα φοβουμένη τῷ πάσχειν κακῶς καὶ διασοβεῖσθαι πολλάκις, ἡ δὲ χελιδὼν τῷ φύσει μισάνθρωπος εἶναι καὶ δι´ ἀπιστίαν ἀτιθάσευτος ἀεὶ καὶ ὕποπτος· εἴπερ οὖν δεῖ τὰ τοιαῦτα μὴ κατ´ εὐθυωρίαν ἀλλ´ ἀνακλάσαντας ὥσπερ ἐμφάσεις ἑτέρων ἐν ἑτέροις θεωρεῖν, παράδειγμα τὰς χελιδόνας τοῦ ἀβεβαίου καὶ ἀχαρίστου θέμενος οὐκ ἐᾷ τοὺς ἕνεκα καιροῦ προσφερομένους καὶ ὑποδυομένους ποιεῖσθαι συνήθεις ἐπὶ πλέον, ἑστίας καὶ οἴκου καὶ τῶν ἁγιωτάτων μεταδιδόντας.‘

… Ce Lucius donc, voyant que notre ami Philinus s'abstenait de chairs qui eussent eu vie, se laissa, tout naturellement, aller à faire mention de Pythagore. Il démontra que ce philosophe était Toscan, non pas d'origine, comme le veulent quelques-uns, mais par lui-même, attendu qu'il était né en Toscane, qu'il y avait été nourri et élevé. Lucius s'appuyait principalement sur les emblèmes pythagoriciens : par exemple sur celui qui recommande de mettre ses couvertures en désordre aussitôt qu'on est levé; de ne laisser sur la cendre aucune empreinte de la marmite quand celle-ci a été enlevée, et de brouiller la cendre à cet endroit; de ne point recevoir d'hirondelle dans sa maison; de ne point sauter par-dessus des balayures; de ne point nourrir chez soi de bêtes à ongles crochus. "Toutes ces prescriptions, disait Lucius, sont dans la bouche et dans les écrits des Pythagoriciens; mais, en fait, il n'y a que les Toscans qui les observent avec scrupule et qui en maintiennent la pratique." 2. De tout ce que venait de dire Lucius, la défense relative aux hirondelles nous sembla être ce qu'il y avait de plus inexplicable. Pourquoi un oiseau inoffensif, ami de l'homme, était-il frappé de la même proscription que les bêtes à ongles crochus, qui sont les plus sauvages et les plus meurtrières ! L'unique interprétation que les Anciens croyaient pouvoir donner de cet emblème, en y voyant une allusion aux familiers qui calomnient et qui chuchotent sourdement, n'était pas acceptée de Lucius lui-même, attendu que l'hirondelle n'a point l'habitude de murmurer tout bas : elle est plutôt jaseuse et criarde, bien qu'elle le soit moins que la pie, que la perdrix et que le coq. «Serait-ce, dit alors Sylla, à cause de la fable qui nous représente le meurtre d'un fils, que les Pythagoriciens ont en horreur les hirondelles? Veulent-ils nous faire détester de loin ces excès dont Térée, dont sa femme et sa soeur furent les auteurs ou les victimes d'une manière si criminelle et si affreuse, excès qui ont fait conserver, aujourd'hui encore, à ces oiseaux le nom de Daulides?» (A ce même instant, une hirondelle laissait tomber sa fiente sur le sophiste Gorgias : "Voilà qui n'est pas beau du tout, Philomèle" s'écria-t-il, en levant les yeux en l'air du côté de l'oiseau.) Ou bien est-ce là une autre inconséquence? Car le rossignol, qui joue un rôle dans la même aventure tragique, n'est point proscrit par eux, et ils ne le bannissent pas de leur toit hospitalier. 3. - Peut-être, dis-je alors, cette exception aussi est-elle raisonnée. Mais voyez pourtant, au préalable, si le motif pour lequel les Pythagoriciens proscrivent tout ce qui a des ongles crochus, n'est pas également celui pour lequel l'hirondelle est elle-même en discrédit à leurs yeux. Car c'est un oiseau carnivore : ce sont particulièrement les cigales, sacrées pour nous et harmonieuses, que l'hirondelle met à mort et qu'elle mange. Elle vole en rasant la terre, faisant la chasse aux animaux petits et minces, comme dit Aristote. De plus, c'est le seul hôte logé sous nos toits qui ne nous paye rien, et qui y séjourne exempt de toute contribution. La cigogne, au contraire, bien que de nous elle ne reçoive ni le couvert, ni la chaleur, ni aucune espèce de sécurité ou d'assistance, la cigogne, dis-je, paye en quelque sorte le loyer de la terre où elle pose. Elle détruit à la ronde les animaux qui font une guerre secrète ou déclarée à l'homme : je veux parler des crapauds et des reptiles. L'hirondelle, qui jouit chez nous de tous les avantages dont j'ai parlé, prend la fuite quand elle a fait éclore ses petits et qu'elle les a élevés. Elle ne nous témoigne aucune reconnaissance, et nous n'avons plus de ses nouvelles. Singularité tout à fait étrange : de tous les animaux qui habitent chez nous, la mouche et l'hirondelle seules ne s'apprivoisent point avec l'homme, ne se laissent pas toucher par lui, et ne partagent en aucune façon sa société, ses habitudes, ses jeux. En ce qui regarde la mouche c'est un sentiment de crainte, parce qu'on la maltraite et qu'on la chasse souvent; mais de la part de l'hirondelle, il y a éloignement pour l'homme; et parce qu'elle se méfie elle devient soupçonneuse et incapable d'être apprivoisée. «Si donc il faut tenir compte de ces observations, non pas d'une manière directe, mais par rapprochement, et s'il est permis de tirer de certains êtres des inductions relatives à d'autres, on comprend que Pythagore ait posé l'hirondelle comme le symbole de l'inconstance et de l'ingratitude. A ce titre, il ne veut pas que ceux qui viennent nous trouver et qui s'introduisent chez nous pour s'y ménager une installation commode, soient admis plus longtemps que de raison à notre familiarité, à notre foyer, dans notre demeure, ni qu'ils nous obligent à partager avec eux ce que nous avons de plus sacré.»

Argumentation reprise (en partie mot à mot) par Érasme, Adagia, I,1,2 :

Adage n° 21 : Hirundines sub eodem tecto ne habeas.
g-Homohrophious g-chelidonas g-meh g-echein, hoc est Hirundines ne habeas sub eodem tecto. Diuus Hieronymus Aristotelis auctoritatem secutus interpretatur abstinendum a commercio garrulorum et susurronum. Verum hoc interpretamentum refellitur apud Plutarchum Symposiacôn decade octaua. Nam haud aequum uideri, ut auem domesticam et humani conuictus citra noxam amantem perinde ut sanguinariam et rapacem propellamus. Quod enim de garrulitate causantur, id esse friuolum, cum gallos, graculos, perdices, picas cumque hos alias complureis multo magis obstreperas non arceamus a domestico contubernio, imo nihil pene minus in hirundinem conuenire quam garrulitatem. Ne id quidem accipiendum uidetur, quod quidam pythagoricum symbolum ad tragoediam, quae de hirundine fertur, referunt, quasi triste omen secum adferat. Nam hac ratione philomenam item eiici oportere, ut quae ad eandem pertineat tragoediam. Itaque uero propius uidetur ob id improbatam hirundinem, quod eidem malo uideatur obnoxia, quo infames habentur aues aduncis unguibus. Siquidem carnibus uictitat et cicadas, animal maxime uocale ac Musis sacrum, uenatur, praeterea humi uolans minutis animantibus insidiatur, deinde sola auium in tectis uersatur nullam adferens utilitatem. Nam ciconia cum ne tecto quidem utatur nostro, tamen haudquaquam mediocrem contubernii gratiam refert bufones, serpentes, hostes hominum, e medio tollens. Contra hirundo, postea quam sub nostro tecto suos exucauit pullos, abit nulla relata gratia communicati hospitii. Denique (quod est omnium grauissimum) duo duntaxat animalia domestica sunt, quae nunquam humano conuictu mansuescunt neque tactum admittunt neque consuetudinem neque ullius rei aut disciplinae communionem. Musca semper pauitat ne quid mali patiatur, et ob hanc causam indocilis ac semifera. Hirundo item natura uidetur hominem exosum habere, proinde nec cicuratur, utpote diffidens semper semperque suspicans mali quippiam. His de rebus recte Pythagoras conuictorem ingratum parumque firmum hirundinis symbolo monuit ablegandum. Huiusmodi ferme Plutarchus eo quem ostendi loco. Quibus illud unum uidetur addendum Ciceronem, seu quisquis fuit, in Rhetoricis ad Herennium infidae amicitiae similitudinem ab hirundinibus mutuari, quae uere ineunte praesto sint, hyeme instante deuolent.

Cfr. Ps.-Cicéron, Rhétorique à Herennius, IV, 48 :

… «Ita ut irundines aestiuo tempore praesto sunt, frigore pulsae recedunt -» ex eadem similitudine nunc per translationem uerba sumimus: «item falsi amici sereno uitae tempore praesto sunt; simul atque hiemem fortunae uiderunt, deuolant omnes.»

… « De même que les hirondelles nous arrivent avec la belle saison, et s'envolent aux atteintes du froid; » nous suivons la même figure et nous disons par métaphore : « ainsi les faux amis nous arrivent quand le ciel est serein, et s'envolent tous au premier souffle rigoureux de la fortune. »


4. Textes d'étude : Tu as obtenu Sparte, gouverne-la ! (ÉRASME, Adage, n° 1401) :

En janvier 2008, Dominique Augé (Mission TICE de l'Académie de Grenoble, France) présentait le nouvel espace créé au sein du Projet HELIOS : Textes d'étude :

Ce nouvel Espace, aux cotés des ressources déjà disponibles, s'inspire du même esprit. Il s'agit de permettre une lecture de textes authentiques, facilitée par la mise en place de commentaires ou d'outils propres à en favoriser l'appropriation. Les collègues pourront effectuer des recherches, choisir les textes qui servent leur projet et proposer à leurs élèves un travail en ligne sur la séquence qu'ils auront ainsi composée.

Cet Espace, en voie d'élaboration ne pourra être pleinement efficace immédiatement. Cela représente un gros travail qui n'en est qu'à ses débuts. Il n'en est pas moins vrai que cet Espace, outil pour tous, ne pourra trouver pleinement tout son sens et toute sa pertinence, qu'au prix d'une collaboration élargie. Chacun peut enrichir l' Espace en proposant des références de textes, des notes de commentaires, ou des indications bibliographiques...Il suffit pour cela d'adresser aux responsables (Dominique Augé ou Jean Schumacher) un document de type traitement de texte (format .doc) qui mentionne précisément le passage à saisir ou le numéro de la fiche à compléter.

Textes d'étude se greffe sur les Fiches de lecture qui recensent des extraits d'auteurs anciens accompagnés d'une traduction française; extraits glanés à l'occasion de la préparation des environnements hypertextes tant latins que grecs. Ces extraits font référence à des faits historiques, des situations sociales, des mythes ou légendes, etc.; ils sont autant d'embryons de "textes d'étude".

Que cet Espace puisse donner à chacun l'occasion de construire un parcours qui lui soit personnel dans un environnement mutualiste !

En avril 2009, nous disions (Actu'ITINERA du 10 avril 2009) :

Cet espace existe depuis plus d'un an et quatre nouveaux textes d'étude ont vu le jour :

FICHE 39 : Le bouclier d'Achille
FICHE 40 : Les exploits d'Hercule figurés sur le bouclier d'Eurypyle
FICHE 41 : Le coffre de Cypsélus de Corinthe
FICHE 42 : Bellérophon et la Chimère

Mais plus de 4 ans après le lancement de cet espace - la dernière contribution date de décembre 2009 - , force est de constater que le succès n'a pas été au rendez-vous : seulement une quarantaine de textes d'étude ont été traités.

Nous reprenons, dès lors, la formule en lui apportant, cependant, un changement : il y aura toujours un extrait textuel, éventuellement un commentaire ou des notes d'introduction mais il n'y aura plus, nécessairement, de traduction française ni de rubrique "vocabulaire" et/ou "grammaire".

A titre d'essai, nous vous proposons, aujourd'hui, l'Adage n° 1401 d'ÉRASME : Tu as obtenu Sparte, gouverne-la ! :

ADAGE 1401 (II, V, 1). Spartam nactus es, hanc orna.
g-Hehn g-elaches, g-Spartan g-kosmei, id est Spartam, quam nactus es, orna (siue administra). Admonet adagium, ut quamcunque prouinciam erimus forte nacti, ei nos accommodemus proque huius dignitate nos geramus. M. Tullius ad Atticum lib. quarto, epistola sexta : Reliquum est : g-Spartan g-elaches, g-tautan g-kosmei. Non me hercle possum. Et Philoxeno ignosco, qui reduci in carcerem maluit. Idem ad eundem libro primo : Eam causam, quam mihi dicis obtigisse g-Spartan, non modo nunquam deseram, sed etiam si ab illa deserar, tamen in mea pristina sententia permanebo. Quod a Cicerone refertur, carmen est anapaesticum e tragoedia quapiam :
Spartam nactus es, hanc exorna.
Theocriti scholiastes indicat allusum ad hoc prouerbium in Hodoeporis :
g-Autothi g-moi g-poterisde g-kai g-autothi g-kai g-boukoliasdey.
g-Tan g-sautou g-pateohn g-eche g-tas g-dryas, id est
Mecum isthic certa, simul isthic pascito tauros
Et terram calcans propriam ne desere quercus.
Prouerbium igitur ad uarios usus licebit accommodare : Vel cum admonebimus, ut suam quisque personam, quam suscepit, cum decoro tueatur. Episcopus es, ne satrapam agas, sed episcopum. Maritus es, cura, quae mariti sunt officia. Aulicus es, aulicum age. Iudex es, ne iam amicum aut inimicum, sed iudicem agas. Principatus tibi contigit, principis officio fungere. Priuatus es, ut priuatum te gere. Sic propemodum usus est Aristophanes, nam huic inscribitur comoedia, cui titulus g-Thesmophoriazousai :
g-Chreh g-gar g-poiehtehn g-andra g-pros g-ta g-drammata
g-Ha g-dei g-poiein g-pros g-tauta g-tous g-tropous g-echein, id est
Decet poetam accommodari moribus
Utcunque ad argumenta, quae tractauerit.
Vel cum iubebimus unumquenque sua sorte contentum esse oportere, quaecunque contigit. Quemadmodum enim peritus gubernator in omni tempestate bonum praestat nauclerum, ita uir sapiens in omni fortuna sapienter se gerit. Est ampla res familiaris, sapienter administra. Non est, utere paupertatis commodis. Contigit eruditio, utere ad bene uiuendum. Non contigit, ne macereris : sufficit pietas ad consequendam salutem. Plutarchus in commentario g-Peri g-tehs g-Euthumias admonens, ut suam quisque sortem boni consulat,
g-Spartehn, inquit, g-elaches, g-tautehn g-kosmei, id est
Sparta tibi obtigit, hanc exorna.
In eodem libello monet hoc dictum a Solone proditum. Citatur autem ex Euripide :
g-Spartehn g-elaches, g-keinehn g-kosmei,
g-Tas g-de g-Mykenas g-hehmeis g)idia, id est
Spartam nactus es, hancce guberna,
Sors est proprie nostra Mycenae.
Videntur esse uerba Agamemnonis ad Menelaum. Quod confine est illi Platonico : g-To g-paron g-eu g-tithesthai, id est Quod praesens est, bene dispone (siue boni consule). Nunc uulgus hominum magis incumbit augendae rei quam bene administrandae, contra quam recte monet Socrates in Theaeteto Platonis : g-Kreitton g-gar g-pou g-smikron g-eu g-eh g-poly g-meh g-hikanohs g-peranai, id est Nam satius est pusillum bene quam multum non, ut oportet, peragere. Hanc igitur sententiam passim in principum aulis insculpi oportuit : g-Spartehn g-elaches, g-tautan g-kosmei. Quorum uix ullum reperias, qui uere cogitet, quid sit principis agere personam, quiue sua ditione contentus non conetur aliquid imperii suis finibus addere. Principis munus est modis omnibus reipublicae commodis prouidere, publicam tueri libertatem, alere pacem, excludere quam minimo suorum exitio maleficia, dare operam, ut sanctos et integros habeat magistratus. Cum igitur harum rerum securus ludit alea, saltat, scortatur, musicatur, uenatur, negotiatur, beruiter : alibi intentus est totus, tum occinendum est adagium : g-Spartan g-elaches, g-tautan g-kosmei. Rursum ubi neglecta, quae contigit, ditione foris agit, alienis inhians imperiis, suos in summum adducit discrimen, suos exhaurit funditus, seque pariter et uniuersam fortunam aleae belli subiicit, ut unum aut alterum oppidulum adiiciat suis finibus, tum suggerendum adagium : Spartam nactus es. Nihil principi pulchrius, quam ut hoc, quicquid est regni, quod fortuna dedit, sua sapientia, uirtute, diligentia reddat ornatius. Contigit oppidulum, imitare Epaminondam : fac ut frigidum illud oppidulum tua opera multo reddas celebrius ac locupletius. Contigit fera et intractabilis natio, da operam ut eam paulatim cicurem et legibus obtemperantem reddas. Contigit regnum parum splendidum, noli uexare finitimos, sed hoc, quod habes, citra alienum detrimentum exorna. Vix unquam feliciter cessit peregrinae ditionis affectatio. Quasdam nationes ingenium ac linguae sonus discreuit, ut Germanos et Hispanos ; quosdam ipsa natura diduxit ut insulares mari, Italos mari simul et Alpium molibus. Nonnullis casus suos terminos dedit. Si quisque, quod nactus sit, nitatur ornare, nimirum ubique florebunt omnia. Et inter amicos, nempe Christianos, omnia erunt omnium communia. Nunc saepenumero fit, ut dum aliena labefactare nitimur, nostra funditus subuertamus et, ut feliciter cedat res, tanto nostrorum ciuium sanguine, tantis sumptibus, tot periculis, tot sudoribus, tot orbitatibus, tot denique nunquam enumerandis malis emimus titulum nescio quem inanem et magni nominis fumum.
Xerxes, Cyrus, Alexander Magnus et uixissent diutius, et ueriorem gloriam essent consecuti, si suas ciuitates recte administrare quam alienas armis uexare maluissent. Carolus Burgundionum dux, huius proauus, si uim ingenii, qua pollebat, si magnitudinem animi contulisset ad sua locupletanda potius quam ad expugnanda aliena, nec infelicem mortem oppetisset in bello, et inter laudatissimos principes haberi poterat. Magna pars nostra ditionis id temporis fatali quadam peste tenebatur, stultissima uidelicet, sed omnium perniciosissima dissensione, omnibus in duas factiones diuisis, quarum alteri nomen erat ab hamo, alteri a pisce asello. Pugnabat ciuitas cum ciuitate, uicus cum uico, domus cum domo. Saepe quos idem lectus iungebat, factio diuersa segregabat et fratrem a fratre, ruptis naturae uinculis, distrahebat. Passim latroniciis, iurgiis, caedibus, rapinis feruebant omnia. Et interim bonus ille princeps, perinde quasi haec nihil ad rem pertinerent, procul aliorum oppugnabat moenia. Carolus Galliarum rex, huius nominis octauus, peragrata Italia reuersus est ad suos, sed tanto suo suorumque malo ac periculo, ut poenituerit eius felicitatis. Denique sunt qui affirment eum ad senectutem peruenire potuisse, si Italiam Italis reliquisset.
Quid dicam de Philippo, huius Caroli patre ? Adiit Hispanias, non Martis aleam experturus, sed accersitus ad regni partem capessendam ; pacata undique omnia. Et tamen hanc tam felicem peregrinationem quam fleuit patria non ferendis exactionibus expilata ! Ipse magno uitae periculo non semel laborauit. Franciscum Buslidium archiepiscopum Byzontinum amisit, uirum modis omnibus incomparabilem. Sed tamen utcunque rediit, non licuit iis malis ita defungi. Denuo reliquit suos, saeuissima iactatus tempestate delatus est in Angliam, tum temporis non admodum aequam nostratibus. Quid illic acciderit, quid passus fuerit, quid pollicitus, quo pacto dimissus sit, non libet commemorare. Seruiuit necessitati, fateor et ignosco, sed quid erat necesse in eam uenire necessitatem ? Nec iis admonitus malis de repetenda patria cogitauit : Hispaniae reuisendae erant, ubi periret iuuenis ad res maximas natus, nisi ipse sibi suam inuidisset felicitatem. Atque unius hominis mors simul et patriam optimo principe, et Maximilianum unico orbauit filio.
Quid dicam de Christianissimo Francorum rege Ludouico, eius nominis duodecimo ? Adortus est Venetos, id temporis, ut uidebatur, inexpugnabiles, unico conflictu tot oppida restituit Romano pontifici Iulio, tot imperatori Maximiliano, tot sibi recepit. Rediit rebus felicissime, sicuti uidebatur, confectis. Verum quantum malorum pelagus hinc exundauit in Gallos ! Qui suo sanguine tot insignes triumphos Iulio pepererant, eiusdem opera maiore sanguinis iactura ex Italiae finibus eiecti, parum hoc : et quo non tandem ignominiae stigmate notati ? Quod ni Iulium mors intercepisset, uidissemus regnum illud totius orbis florentissimum funditus euersum. Quid autem de serenissimo Scotorum rege Iacobo commemorem ? Is uir absolutam felicitatem absolutae laudi adiunxerat, si perpetuo suis se finibus continu isset. Erat ea corporis specie, ut uel procul regem posses agnoscere. Ingenii uis mira, incredibilis rerum omnium cognitio, inuicta animi magnitudo, uere regia pectoris sublimitas, summa comitas, effusissima liberalitas. Denique nulla uirtus erat, quae magnum deceret principem, in qua ille non sic excelleret, ut inimicorum quoque suffragio laudaretur. Contigerat uxor Margareta, serenissimi Anglorum regis Henrici octaui soror, ea forma, ea prudentia, ea in maritum charitate, ut non aliam a superis optare potuisset. Regnum Scotiae, quod multis et opibus, et celebritate incolarum, et splendore fertur cedere, sic suis uirtutibus illustrarat, sic auxerat, sic ornarat, ut ueram egregii principis laudem meruerit, si intra hoc gloriae suae stadium constitisset. Sed o nunquam felicem regno, raro principi, regis discessum ! Dum nimium amico in Gallorum regem animo, quo Britanniae regem magnis r


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002