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Date :     21-06-2012

Sujets :
Lecture : PIERRE le VÉNÉRABLE : Pour les moines, faut-il des vêtements noirs ou des vêtements blancs ? ; Lecture : CELSE : Comment réduire une fracture du nez ? ; ITINERA ELECTRONICA : 7 nouveaux environnements hypertextes : Albert d'Aix, Bernard de Clairvaux, Celse, Grégoire de Tours, Jérôme, Pierre le Vénérable, Sulpice Sévère ;

Notice :

1. Lecture : PIERRE le VÉNÉRABLE : Pour les moines, faut-il des vêtements noirs ou des vêtements blancs ? :

Pierre le Vénérable, Lettre CCXXIX (de la correspondance de Bernard de Clairvaux), ch. 24 :

Nam ut quod sentio fatear, uisum est, ut mihi uidetur, magnis patribus illis nigrum hunc, de quo agitur, colorem magis humilitati, magis poenitentiae, magis luctui conuenire: quibus studiis quia totam monachi uitam maxime inuigilare oportet, decreuerunt ut color moribus, uestes uirtutibus, qua possent cognatione iungerentur. Vestes enim candidas magis gloriam quam abiectionem, magis gaudium quam moerorem antiquitus designasse; magis etiam Ecclesiae, ut omnibus notum est, sic interpretantibus, et angelus resurgentis, et angeli ascendentis Domini praecones indicarunt, ipseque Saluator in illa transformationis suae gloria uestibus niueis praeclarus apparens, ostendit. Inde bonus et doctus uir Sidonius Aruernus episcopus, quorumdam uitia mordaci reprehensione irridens, inter alia quibus in eos inuehitur, «Procedunt,» inquit, «albati ad «exsequias, pullati ad nuptias:» ostendens eos in tantum moribus et actu confusos, ut apparatum funereum nuptiali, nuptialem funereo, peruerso ordine permutarent. Nam qui morem communem temporis illius seruabant, non albati ad exsequias, pullati ad nuptias; sed albati ad nuptias, pullati ad exsequias procedebant: ut albati nuptiali gaudio, pullati luctui funereo concordarent. Vidi nuper ipse in Hispaniis constitutus, et admiratus sum, antiquum hunc morem ab Hispanis adhuc omnibus obseruari. Mortua quippe uxore maritus, mortuo marito coniux, mortuis filiis patres, mortuis patribus filii, defunctis quibuslibet cognatis cognati, exstinctis quolibet casu amicis amici, statim arma deponunt, sericas uestes, peregrinarum pellium tegmina abiiciunt, totumque penitus multicolorem ac pretiosum habitum abdicantes, nigris tantum uilibusque indumentis se contegunt.

D'ailleurs, s'il m'est permis [Pierre le Vénérable s’adressant à Bernard de Clairvaux] de dire ici ce que j'en pense, il me semble que tous ces saints personnages ont préféré le noir, parce qu'il convient mieux à une vie toute d'humilité, de pénitence et de larmes, telle que doit être la vie monastique surtout, et ils ont voulu qu'on appropriât la couleur et les vêtements aux moeurs et aux vertus particulières à ce genre de vie. Or le blanc convient plutôt au triomphe qu'à l'abjection, à la joie qu'aux larmes, si on en juge par ce qui se passait autrefois; mais il va bien surtout aux joies de l’Eglise, comme tout le monde le sait et l'explique. En effet, l'ange de la résurrection du Sauveur, ceux qui furent témoins de son ascension, et Jésus lui-même dans sa glorieuse transfiguration où il avait des habits aussi blancs que la neige, montrent assez qu'il en est ainsi. Voilà pourquoi le docte et bon Sidoine, évêque de Clermont-Ferrand , parmi les travers qu'il se plaît à relever dans certaines personnes, remarque en particulier « qu'elles se mettent en blanc pour assister aux enterrements, et en noir pour aller à la noce, » voulant montrer par là qu'elles ont tellement changé les moeurs et les usages, qu'elles prennent des habits de deuil pour aller à la noce, et des habits de fête pour assister à un enterrement; tandis que les gens qui suivaient la coutume de leur temps ne prenaient point le deuil pour aller à la noce et ne se mettaient pas en blanc pour assister à des funérailles, attendu que cette couleur sied bien à la joie qui éclate dans une noce, tandis que le noir est plus en rapport avec la tristesse des funérailles. Pendant mon dernier voyage en Espagne, je fus étonné de voir qu'on observait encore cet antique usage. Ainsi le mari à la mort de sa femme et celle-ci à la mort de son mari, les parents à celle de leurs enfants, et ceux-ci quand ils perdent leurs parents; tous ceux qui sont unis par les liens du sang, à la perte de l'un d'eux, et les amis à la mort de leurs amis, déposent leurs armes, laissent de côté la soie, les fourrures de prix qu'ils tirent de l'étranger, et en général tout vêtement précieux et de couleurs variées, pour en prendre de noirs et de peu de valeur.


2. Lecture : CELSE : Comment réduire une fracture du nez ? :

Celse, De la médecine, VIII, 5 :

Caput V. De naso fracto.
In naribus uero et os et cartilago frangi solet, (et) quidem modo aduersa, modo a latere. Si aduersa (a)m(b)o fracta sunt alterumue ex is, nare(s) desidunt, difficulter spiritus trahitur: si a latere os fractum est, is locus cauus (est); si cartilago, in alteram partem nares declinantur. Quicquid in cartilagine incidit, excitand(a) ea leniter est aut subiecto specillo aut duobus digitis utrimque conpressis; deinde in longitudinem inplicata l(i)namenta et molli pellicula cincta circumsutaque intus adigenda sunt; aut eodem modo compositum aliquid ex arido penicillo; aut grandis pinna cummi uel fabrili glutine inlita et molli pellicula circumdata, quae desidere cartilaginem non sinat. (br) (2) Sed si aduersa ea fracta est, aequaliter utraque naris inplenda est: si a latere, crassius esse debet ab ea parte, in quam nasus iacet, ab altera tenu(iu)s id quod inseritur. Extrinsecus autem circumdanda habena est mollis, media inlita mixtis inter se simil(a) et turis fuligine; eaque ultra aures ducenda et fronti duobus capitibus adglutinanda est: id enim corpori quasi gluten inhaerescit et, cum induruit, nares commode continet. (br) (3) Sin quod intus inditum est laedit, sicut maxime fit, ubi interior cartilago perfracta est, excitatae nares eadem tantummodo habena continendae sunt; deinde post quattuordecim dies id ipsum demendum est. Resoluitur autem aqua calida, eaque tum is locus cotidie (f)ouendus.(br) (4) (S)in (os) fractum est, id quo(que) digitis in suam sedem reponendum est; atque ubi aduersum id ictum est, utraque naris inplenda est; ubi a latere, ea, in quam os inpulsum est; inponendumque ceratum, et paulo uehementius deligandum est, quia callus eo loco non ad sanitatem tantummodo, sed etiam ad tumorem increscit. A tertio die fouendum id aqua calida est, tantoque magis, quanto propius esse sanitati debet. Quod si plura erunt fragmenta, nihilo minus extrinsecus singula in suas sedes digitis erunt conpellenda; inponendaque extrinsecus eadem habena, et super eam ceratum; neque ultra fascia adhibenda est. (br) (5) (At si) quod fragmentum undique resolutum cum ceteris non glutinabitur, intellegetur quidem ex umore, qui multus ex uulnere feretur, uolsella uero extrahetur; finitisque inflammationibus, inponetur aliquod medicamentum ex is, quae leniter reprimunt.(br) (6) Peius est, ubi aut ossi aut cartilagini fractae cutis quoque uulnus accessit. Id admodum raro fit. Si incidit, illa quidem nihilo minus eadem ratione in suas sedes excitanda sunt: cuti uero superinponendum emplastrum aliquod ex is, quae recentibus uulneribus accommodata sunt: sed insuper nullo uinculo (de)ligandum est.

L'os et le cartilage du nez peuvent se briser en avant, ou sur les côtés. S'il y a fracture en avant, de ces deux parties ou de l'une d'elles seulement, il en résulte que les narines s'affaissent, et que la respiration devient difficile. Si l'os est cassé latéralement, on remarque une dépression sur ce point ; si c'est le cartilage, le nez s'incline vers le côté opposé. Dans les fractures du cartilage, il faut redresser doucement la portion déprimée, en la soulevant avec une sonde, ou en introduisant deux doigts dans les narines. Cela fait, on y laisse à demeure soit une tente roulée en long, et revêtue d'une peau mince et douce qu'on a cousue autour; soit un bourdonnet de charpie sèche, disposé de la même façon; ou encore, un gros tuyau de plume enduit de gomme ou de colle, et recouvert de la même pellicule; tous moyens qui s'opposent à l'affaissement du cartilage. Quand cette partie se brise en avant, il faut remplir également les deux narines; mais si la fracture est latérale, la narine vers laquelle le nez est entraîné doit recevoir un corps plus gros que l'autre. A l'extérieur, on se sert d'une bande assez douce, dont le milieu est enduit d'un mélange de fleur de farine et de suie d'encens. Après avoir fait faire le tour de la tête à cette bande, on en colle les deux bouts sur le front. Ce mélange, en effet, adhère à la peau comme de la colle, et en durcissant il maintient parfaitement les narines. Si l'introduction d'un corps étranger incommode le malade, ce qui arrive principalement quand il y a fracture du cartilage situé à l'intérieur, il faut, après avoir redressé les narines, faire simplement usage de la bande pour les contenir. Au bout de quatorze jours on enlève cet appareil en l'humectant avec de l'eau chaude, qui sert aussi à bassiner chaque jour la partie malade. Si l'os est fracturé, c'est encore avec les doigts qu'on le remet en place; si la fracture a son siège en avant, on remplit de même les deux narines; si elle n'occupe qu'un côté, on remplit seulement celle contre laquelle l'os s'est affaissé. On fait ensuite des applications de cérat, et l'on serre le bandage un peu plus fort, parce qu'ici le cal, tout en réunissant les os, tend à faire une saillie. A partir du troisième jour, on bassine le nez avec de l'eau chaude, et l'on rend ces fomentations de plus en plus fréquentes, à mesure qu'on approche de la guérison. S'il y a plusieurs fragments, il faut également redresser chacun d'eux avec les doigts, puis appliquer extérieurement le même bandage enduit de cérat, sans aucun autre appareil. Mais si quelque fragment, complètement isolé, ne doit plus se réunir aux autres, ce dont on peut juger par la grande quantité d'humeur qui s'écoule de la plaie, il faudra l'emporter avec des pinces, puis appliquer sur la fracture un remède légèrement astringent. Le cas est plus fâcheux lorsqu'à la fracture de l'os ou du cartilage, se joint une plaie des téguments. Cet accident est rare; mais s'il arrive, il n'en faut pas moins redresser les parties fracturées. On panse ensuite la plaie avec l'un des emplâtres qui conviennent dans les blessures récentes; seulement, on n'applique point de bandage.


3. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Une nouvelle fois, Christian RUELL a travaillé d'arrache-pied cette semaine-ci : 7 nouveaux environnements hypertextes ont été constitués :

  • Albert d'Aix, Chronicon Hierosolymitanum, livre V [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Bernard de Clairvaux (saint), Lettres, Lettre CCXLIII : Aux Romains [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Celse, De la médecine, livre VIII [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre VIII [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Jérôme (saint), Lettre LXXXII : A Théophile [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Pierre le Vénérable, Lettre CCXXIX (de la correspondance de Bernard de Clairvaux) : A Bernard de Clairvaux [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Sulpice Sévère, Vie de Saint Martin, texte complet [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]

Les Textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


Jean Schumacher
22 juin 2012


 
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Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002