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Date :     06-04-2012

Sujets :
Projet HELIOS : deux nouvelles séquences pédagogiques ont fait leur apparition sur HELIOS : Véronique MESTRE-GIBAUD, Sit tibi terra leuis - Que la terre te soit légère ; Lise BISCARAT, Les douze travaux d'Hercule ; Lecture : AUGUSTIN (saint) et les démolisseurs (L. JERPHAGNON) ; Lecture : PLATON fait la distinction entre devins et prophètes ; ITINERA ELECTRONICA : 6 nouveaux environnements hypertextes : Albert d'Aix, Augustin (saint), Bernard de Clairvaux (saint ; x 2), Grégoire de Tours, Guibert de Nogent ;

Notice :

1. Projet HELIOS : deux nouvelles leçons sont à disposition :

1. Véronique MESTRE - GIBAUD, SIT TIBI TERRA LEVIS

SIT TIBI TERRA LEVIS

Que la terre te soit légère

lecture méthodique à travers la lecture d'épitaphes

et la résolution d'énigmes

Véronique Mestre Gibaud

(Collège Pierre Delarbre, Vernoux-en-Vivarais , Grenoble)

 

Il s'agit d'un nouveau modèle de séquence pédagogique alliant des diaporamas (au format PDF) à des vidéos en classe. V. Mestre-Gibaud : "Pour la lecture dynamique, la vidéo d’élèves en situation de lecture face à un diaporama semblerait la solution la plus efficace afin de promouvoir cette démarche.
L’usage des TICE est alors centré sur l’utilisation de l’image mobile ou fixe".

2. Lise BISCARAT, Les douze travaux d'Hercule. Lecture d'un texte long sans traduction.

VIDEO (page d'entrée)

Il s'agit d'une vidéo qui s'ouvre et se feuillette comme un livre. Un travail remarquable, original.

Cfr. COLLATINVS et Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


2. Lecture : AUGUSTIN (saint) et les démolisseurs (L. JERPHAGNON) :

Livre : Lucien JERPHAGNON, Connais-toi toi-même ... et fais ce que tu aimes.
Paris, Albin Michel, 2012, 377 pp.

Extrait : pp. 157-158:

" ... Cela peut s'expliquer par les vices inhérents aux moeurs romaines. L'existence à Rome, par exemple, d'une justice qu'on dirait aujourd'hui à deux vitesses – les rigueurs de la loi frappant quasi exclusivement, en matière de droit commun tout au moins, les gens de faible surface sociale, alors que le haut de gamme jouit d'une quasi-impunité —, n'était pas pour limiter la violence, gratuite ou pas. Les fêtards plus ou moins meurtriers que nous évoquions plus haut, ou encore les fameux euersores dont fait état saint Augustin dans les Confessions (III, 3.6), dangereux chahuteurs qui vous saccageaient en un rien de temps une école et laissaient le maître sur le carreau, ne risquaient pas grand-chose dès lors qu'ils étaient de bonne famille : ils relevaient d'une autre juridiction que les gens sans importance. ..."

Témoignage :

Augustin (saint), Les Confessions, III, 3 :

… tanta est caecitas hominum de caecitate etiam gloriantium. et maior etiam eram in schola rhetoris, et gaudebam superbe et tumebam typho, quamquam longe sedatior, domine, tu scis, et remotus omnino ab euersionibus quas faciebant euersores (hoc enim nomen scaeuum et diabolicum uelut insigne urbanitatis est), inter quos uiuebam pudore impudenti, quia talis non eram. et cum eis eram et amicitiis eorum delectabar aliquando, a quorum semper factis abhorrebam, hoc est ab euersionibus quibus proterue insectabantur ignotorum uerecundiam, quam proturbarent gratis inludendo atque inde pascendo maliuolas laetitias suas. nihil est illo actu similius actibus daemoniorum. quid itaque uerius quam euersores uocarentur, euersi plane prius ipsi atque peruersi, deridentibus eos et seducentibus fallacibus occulte spiritibus in eo ipso quod alios inridere amant et fallere.

… Tel est l’aveuglement des hommes, et, cet aveuglement même, ils s’en glorifient! Et déjà je l’emportais à l’école du rhéteur; et ma joie était superbe, et j’étais gonflé de vent. Mais pourtant, plus retenu que les autres, Seigneur, vous le savez, j’étais bien éloigné de « démolir » avec les « démolisseurs. » (Ce nom de furies et de démons reçoit une acception d’urbanité.) Et je vivais avec eux, impudent dans ma pudeur, puisque je n’étais pas comme eux ; et je trouvais parfois du plaisir dans leur familiarité, malgré l’horreur que m’inspiraient leurs actes, ces « démolitions » effrontées dont ils assaillaient la modestie de l’étranger, faisant de son trouble l’objet de leurs jeux iniques et la pâture de leurs malignes joies. Quoi de plus semblable aux actes des démons? Et pouvaient. ils s’appeler mieux que démolisseurs? Mais, démolisseurs démolis, livrés aux secrètes risées et aux séductions des esprits de mensonge, au moment même où ils se plaisaient à railler et à tromper autrui.


3. Lecture : PLATON fait la distinction entre devins et prophètes :

Dans le magazine RELIGIONS & HISTOIRE, n° 43 (mars-avril 2012), nous lisons ceci , à la page 33, sous la plume de Stella GEORGOUDI :

" ... Les agents oraculaires : Devins, prophètes et autres.
...
... On sait que Platon prenait soin de distinguer entre devins et prophètes. Pour le philosophe, le devin est celui qui est saisi par le délire, la mania, tandis que le prophète est celui qui est « maître de son esprit ». Le devin, se trouvant en transe, est incapable de juger « ce qui lui est apparu ou a été proféré par lui » ; ce jugement incombe au seul sage, au seul sensé, le prophète. « C'est pour cela d'ailleurs, conclut Platon, qu'il est d'usage d'instituer la race des prophètes en juges des prédictions inspirées par les dieux. » (Timée, 71 d-72 b)
Ainsi, pour ce philosophe, le prophète est l'homme qui fait seulement usage de sa raison, celui qui « parle à la place » d'un autre, en l'occurrence à la place du dieu, en transmettant et en interprétant les révélations divines.

Témoignage :

Platon, Timée, p. 71d :

… μεμνημένοι γὰρ τῆς τοῦ πατρὸς ἐπιστολῆς οἱ συστήσαντες ἡμᾶς, ὅτε τὸ θνητὸν ἐπέστελλεν γένος ὡς ἄριστον εἰς δύναμιν ποιεῖν, οὕτω δὴ κατορθοῦντες καὶ τὸ φαῦλον (71e) ἡμῶν, ἵνα ἀληθείας πῃ προσάπτοιτο, κατέστησαν ἐν τούτῳ τὸ μαντεῖον. ἱκανὸν δὲ σημεῖον ὡς μαντικὴν ἀφροσύνῃ θεὸς ἀνθρωπίνῃ δέδωκεν· οὐδεὶς γὰρ ἔννους ἐφάπτεται μαντικῆς ἐνθέου καὶ ἀληθοῦς, ἀλλ᾽ ἢ καθ᾽ ὕπνον τὴν τῆς φρονήσεως πεδηθεὶς δύναμιν ἢ διὰ νόσον, ἢ διά τινα ἐνθουσιασμὸν παραλλάξας. ἀλλὰ συννοῆσαι μὲν ἔμφρονος τά τε ῥηθέντα ἀναμνησθέντα ὄναρ ἢ ὕπαρ ὑπὸ τῆς μαντικῆς τε καὶ ἐνθουσιαστικῆς φύσεως, [72] καὶ ὅσα ἂν φαντάσματα (72a) ὀφθῇ, πάντα λογισμῷ διελέσθαι ὅπῃ τι σημαίνει καὶ ὅτῳ μέλλοντος ἢ παρελθόντος ἢ παρόντος κακοῦ ἢ ἀγαθοῦ· τοῦ δὲ μανέντος ἔτι τε ἐν τούτῳ μένοντος οὐκ ἔργον τὰ φανέντα καὶ φωνηθέντα ὑφ᾽ ἑαυτοῦ κρίνειν, ἀλλ᾽ εὖ καὶ πάλαι λέγεται τὸ πράττειν καὶ γνῶναι τά τε αὑτοῦ καὶ ἑαυτὸν σώφρονι μόνῳ προσήκειν. ὅθεν δὴ καὶ τὸ τῶν προφητῶν γένος ἐπὶ (72b) ταῖς ἐνθέοις μαντείαις κριτὰς ἐπικαθιστάναι νόμος· οὓς μάντεις αὐτοὺς ὀνομάζουσίν τινες, τὸ πᾶν ἠγνοηκότες ὅτι τῆς δι᾽ αἰνιγμῶν οὗτοι φήμης καὶ φαντάσεως ὑποκριταί, καὶ οὔτι μάντεις, προφῆται δὲ μαντευομένων δικαιότατα ὀνομάζοιντ᾽ ἄν.

C’est ainsi que ceux qui nous ont formés, fidèles à l’ordre de leur père, qui leur avait enjoint de rendre la race mortelle aussi parfaite qu’ils le pourraient, améliorèrent même cette pauvre partie de notre être en y mettant l’organe de la divination, pour qu’elle pût toucher en quelque manière à la vérité. Ce qui montre bien que Dieu a donné la divination à l’homme pour suppléer à la raison, c’est qu’aucun homme dans son bon sens n’atteint à une divination inspirée et véridique ; il ne le peut que pendant le sommeil, qui entrave la puissance de l’esprit, ou quand sa raison est égarée par la maladie ou l’enthousiasme. C’est à l’homme dans son bon sens qu’il appartient de se rappeler et de méditer les paroles prononcées en songe ou dans l’état de veille par la puissance divinatoire ou par l’enthousiasme, [72] de soumettre à l’épreuve du raisonnement toutes les visions aperçues et de chercher comment et à qui elles annoncent un mal ou un bien futur, passé ou présent. Mais quand un homme est dans le délire et qu’il n’en est pas encore revenu, ce n’est pas à lui à juger ses propres visions et ses propres paroles et le vieux dicton a raison qui affirme qu il n’appartient qu’au sage de faire ses propres affaires et de se connaître soi-même. C’est pourquoi la loi a institué la race des prophètes pour juger les prédictions inspirées par les dieux. On leur donne parfois le nom de devins : c’est ignorer totalement qu’ils sont des interprètes des paroles et des visions mystérieuses, mais non pas des devins : le nom qui leur convient le mieux est celui de prophètes des choses révélées par la divination.


4. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Chrsitian RUELL, loin de se prélasser au soleil en cette semaine de vacances de Pâques, a mis sur pied 6 nouveaux environnements hypertextes :

  • Albert d'Aix, Chronicon Hierosolymitanum, livre II [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Augustin (saint), Du mâitre, texte complet [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Bernard de Clairvaux (saint), Lettres, Lettre VII : Au moine Adam [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Bernard de Clairvaux (saint), Sermons divers, Sermon XV : Il faut chercher la sagesse [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre V [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Guibert de Nogent, L'Histoire des Croisades, livre V [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


Jean Schumacher
6 avril 2012


 
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Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002