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Date :     20-01-2012

Sujets :
Lecture : AUGUSTIN : Qu'arrive-t-il s'il ne faut croire qu'à ce qu'on voit ? ; Lecture : A propos de la gestatio ou promenade en litière ; Lecture : A propos des spintriae, jeux et/ou jetons érotiques ; ITINERA ELECTRONICA : 8 nouveaux environnements hypertextes : Ambroise de Milan (saint ; x 2), Augustin (saint), Bonaventure (saint), Jean Cassien, René Descartes, Guillaume de Tyr, Nithard ;

Notice :

1. Lecture : AUGUSTIN : Qu'arrive-t-il s'il ne faut croire qu'à ce qu'on voit ? :

Augustin (saint), De la foi aux choses qu'on ne voit pas, ch. 2 :

... Quis enim mutua caritate diligetur ab aliquo, cum sit inuisibilis ipsa dilectio, si quod non uideo, credere non debeo? Tota itaque peribit amicitia, quia non nisi mutuo amore constat. Quid enim eius poterit ab aliquo recipere, si nihil eius creditum fuerit exhiberi? Porro amicitia pereunte, neque connubiorum neque cognationum et affinitatum uincula in animo seruabuntur; quia et in his utique amica consensio est. Non ergo coniugem coniux uicissim diligere poterit, quando se diligi, quia ipsam dilectionem non potest uidere, non credit. Nec filios habere desiderabunt, quos uicissim sibi reddituros esse non credunt. Qui si nascantur et crescant multo minus ipsi parentes suos amabunt, quorum erga se amorem in eorum cordibus, quia est inuisibilis, non uidebunt; si ea quae non uidentur, non laudabili fide, sed culpabili temeritate creduntur. Quid iam de ceteris necessitudinibus dicam, fratrum, sororum, generorum atque socerorum, et qualibet consanguinitate et affinitate iunctorum, si caritas incerta, uoluntasque suspecta est, et filiis parentum, et parentibus filiorum, dum beneuolentia non redditur debita; quia nec deberi putatur, quando in alio quae non uidetur, esse non creditur?

S’il ne faut croire qu’à ce qu’on voit, que deviendra l’affection mutuelle puisque l'amour est invisible ? C'en sera donc fait de l'amitié, laquelle n'est autre chose que l'affection réciproque. En effet quel témoignage d'affection peut-on recevoir d'un homme, quand on ne croit pas qu'il en ait donné ? Or, l'amitié disparaissant, les liens du mariage, de la parenté ou de l'affinité disparaîtront aussi; car ils reposent également sur une affection réciproque. L'époux ne pourra plus aimer son épouse, puisqu'il ne croira pas en être aimé. Vu que l'amour est invisible, ils ne désireront plus ni l'un ni l'autre avoir des enfants, convaincus d'avance qu'ils n'auraient rien à attendre. Que si des enfants naissent et grandissent, ils aimeront encore bien moins leurs parents : car ils ne verront pas l’amour caché au fond de leurs coeurs, parce qu'il est invisible, et que c'est, dit-on, non une foi digne d'éloge, mais une témérité blâmable de croire à ce qu'on ne voit pas. Que dire des autres relations de frères, de soeurs, de gendres, de beaux-pères, de consanguinité on d'affinité, si l’affection est incertaine, la bonne volonté douteuse, et chez les enfants envers les parents, et chez les parents envers les enfants : si on ne rend pas bienveillance pour bienveillance, si on ne croit pas la devoir, vu qu'on n'admet pas son existence chez les autres dès lors qu’on ne la voit pas?


2. Lecture : A propos de la gestatio ou promenade en litière :

A Rome, la gestatio ou promenade en litière, en raison des secousses modérées qu'elle imprime au corps, est un exercice physique propre à réveiller les facultés intellectuelles ; il lui est réservé une allée spéciale dans els jardins.

Sénèque, Lettres à Lucilius, II, 15 :

... Gestatio et corpus concutit et studio non officit: possis legere, possis dictare, possis loqui, possis audire, quorum nihil ne ambulatio quidem uetat fieri. ...

... La litière aussi donne au corps un ébranlement qui ne trouble point la pensée : elle permet de lire, de dicter, de parler, d’écouter, tous avantages que nous laisse même la promenade à pied. ...

mais c'est fatiguant !

Sénèque, Lettres à Lucilius, VI, 55 :

A gestatione cum maxime uenio, non minus fatigatus quam si tantum ambulassem quantum sedi; labor est enim et diu ferri, ac nescio an eo maior quia contra naturam est, quae pedes dedit ut per nos ambularemus, oculos ut per nos uideremus. ...

Je descends de litière aussi fatigué que si j'avais marché tout le temps que je suis resté assis. On se fatigue en effet d'être porté longtemps, et d'autant plus, il me semble, que c'est contraire à la nature, qui nous a donné des pieds pour marcher comme des yeux pour voir. ...

Cf. La chaise à porteurs des papes : Sedia gestatoria (WIKIPEDIA) et Sedia gestatoria (WIKIPEDIA)


3. Lecture : A propos des spintriae, jeux et/ou jetons érotiques :

Dans le magazine allemand DER SPIEGEL, n°3 - janvier 2012, il est question d'une pièce de métal romaine trouvée récemment dans la Tamise.

Il pourrait s'agir d'un jeton érotique (ou "chip de lupanar"). Une des faces montre une femme nue allongée sur laquelle se trouve un homme à genoux. Sur le revers ne figure qu'un chiffre : 14. Chiffre qui indique probablement le prix à payer pour le service érotique présenté sur le devant. Au 1er siècle de notre ère, 14 as romains représentaient le salaire journalier d'un ouvrier ou le prix à payer pour plusieurs pains.

De telles pièces de monnaie dites aussi spintriae pourraient représenter la devise utilisée par les esclaves féminins dans les lupanars de manière à éviter qu'elles n'aient elles-mêmes de la monnaie dans leurs mains. Sous l'empereur Tibère il était interdit d'apporter des pièces de monnaie courante dans les lupanars ... car elles portaient son effigie.

Témoignages :

Suétone, Vie des douze Césars, Vie de Tibère, ch. 43 :

Secessu uero Caprensi etiam sellaria excogitauit, sedem arcanarum libidinum, in quam undique conquisiti puellarum et exoletorum greges monstrosique concubitus repertores, quos spintrias appellabat, triplici serie conexi, in uicem incestarent coram ipso, ut aspectu deficientis libidines excitaret. ...

Dans sa retraite de Caprée, Tibère avait imaginé des chambres garnies de bancs pour des obscénités secrètes. C'est là que des groupes de jeunes filles et de jeunes libertins, ramassés de tous côtés, et les inventeurs de voluptés monstrueuses qu'il appelait "spintries", formaient entre eux une triple chaîne, et se prostituaient ainsi en sa présence pour ranimer par ce spectacle ses désirs éteints. ...

Suétone, Vies des douze Césars, Vie de Caligula, ch. 16 :

Spintrias monstrosarum libidinum aegre ne profundo mergeret exoratus, urbe submouit. ...

Caligula chassa de Rome les inventeurs de débauches monstrueuses, et l'on n'obtint qu'avec peine qu'il ne les fît pas noyer. ...

Suétone, Vies des douze Césars, Vie de Vitellius, ch. 3 :

... Pueritiam primamque adulescentiam Capreis egit inter Tiberiana scorta, et ipse perpetuo spintriae cognomine notatus existimatusque corporis gratia initium et causa incrementorum patri fuisse.

... Vitellius passa son enfance et sa première jeunesse à Caprée, au milieu des prostituées de Tibère, et subit toujours l'infamie du surnom de "Spintria". On crut même qu'il fallait chercher dans ses lâches complaisances la cause de la fortune de son père.

Tacite, Annales, VI, 1 :

Cn- Domitius et Camillus Scribonianus consulatum inierant, cum Caesar tramisso quod Capreas et Surrentum interluit freto Campaniam praelegebat, ambiguus an urbem intraret, seu, quia contra destinauerat, speciem uenturi simulans. et saepe in propinqua degressus, aditis iuxta Tiberim hortis, saxa rursum et solitudinem maris repetiit pudore scelerum et libidinum quibus adeo indomitis exarserat ut more regio pubem ingenuam stupris pollueret. nec formam tantum et decora corpora set in his modestam pueritiam, in aliis imagines maiorum incitamen tum cupidinis habebat. tuncque primum ignota antea uocabula reperta sunt sellariorum et spintriarum ex foeditate loci ac multiplici patientia; praepositique serui qui conquirerent pertraherent, dona in promptos, minas aduersum abnuentis, et si retinerent propinquus aut parens, uim raptus suaque ipsi libita uelut in captos exercebant.

Cn. Domitius et Camillus Scribonianus avaient pris possession du consulat, quand Tibère, franchissant le détroit qui sépare Caprée de Surrentum, se mit à côtoyer les rivages de Campanie, incertain s'il entrerait à Rome, ou décidé peut-être à n'y pas entrer, et, par cette raison, faisant croire à sa prochaine arrivée. Il descendit même plusieurs fois dans les environs, et visita ses jardins situés prés du Tibre. Ensuite, regagnant ses rochers, il cacha de nouveau, dans la solitude des mers, des crimes et des dissolutions dont il était honteux. L'ardeur de la débauche l'emportait à ce point, qu'à l'exemple des rois il souillait de ses caresses les jeunes hommes libres. Et ce n'étaient pas seulement les grâces et la beauté du corps qui allumaient ses désirs ; il aimait à outrager dans ceux-ci une enfance modeste, dans ceux-là les images de leurs ancêtres. Alors furent inventés les noms auparavant inconnus de sellarii, de spintriae, qui rappelaient des lieux obscènes ou de lubriques raffinements. Des esclaves affidés lui cherchaient, lui traînaient des victimes, récompensant la bonne volonté, effrayant la résistance ; et si un parent, si un père défendait sa famille, ils exerçaient sur elle la violence, le rapt, toutes les brutalités d'un vainqueur sur ses captifs.


4. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Cette semaine-ci, Christian RUELL s'est révélé fougueux : pas moins de 8 nouveaux environnements hypertextes ont vu le jour :

  • Ambroise de Milan (saint), Lettre XVII à l'empereur Valentinien
  • Ambroise de Milan (saint), Lettre LI à l'empereur Théodose
  • Augustin (saint), De la foi aux choses qu'on ne voit pas, texte complet [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Bonaventure (saint), Itinéraire de l'âme à Dieu, texte complet [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Jean Cassien, Les Conférences, VIII (De la puissance des démons) [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • René Descartes, Les Méditations métaphysiques, Méditation III [Traduction française reprise au site de la BIBLIOTHECA AUGUSTANA]
  • Guillaume de Tyr, L'Histoire des Croisades, livre XXII [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Nithard, Histoire des dissensions des fils de Louis le Débonnaire, livre I [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


Jean Schumacher
20 janvier 2012


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002