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Date :     06-01-2012

Sujets :
Lecture : VARRON et les trois théologies (L. JERPHAGNON) ; Lecture : AUGUSTIN (saint) à propos de l'attrait de l'or et de l'argent ; ITINERA ELECTRONICA : 4 nouveaux environnements hypertextes : Augustin (x 2), Descartes (x 2) ; Statistiques de consultation - décembre 2011 ;

Notice :

1. Lecture : VARRON et les trois théologies (L. JERPHAGNON) :

Livre : Lucien JERPHAGNON, De l'amour, de la mort, de Dieu et d'autres bagatelles.
Entretiens avec Christiane Rancé.
Paris, Albin Michel, 2011, 264 pp.

Extrait : pp. 251-253:

" ...Soucieux lui aussi de mettre un peu d'ordre dans tout ce qu'il entendait raconter des dieux, un ami de Cicéron, Marcus Varron, que saint Augustin tient pour «le plus savant des Romains », distingue, disons : trois façons de voir les dieux, selon le plan sur lequel on les regarde, on les objective. Varron dit s'être inspiré en cela du stoïcien grec Panétius de Rhodes et du pontife Scaevola. Il y a, premièrement, les dieux de l'Olympe, ceux des poètes, des tragédiens, leurs histoires salées, leurs coups tordus, et leurs prodiges, bien sûr. C'est la théologie mythique, qu'il ne faut évidemment pas prendre à la lettre, mais de façon allégorique, en décryptant ces légendes comme autant de messages utiles aux mortels. Viennent ensuite les dieux protecteurs depuis toujours de la Cité, de l'État, des citoyens, et dont le culte officiel relève des pontifes. Bien sûr, on leur prête les mêmes aventures, sans toutefois s'en choquer, dès lors que la tradition les voit comme autant de puissances salvatrices : c'est la théologie civile. Troisième objet de réflexion : la puissance transcendante, la déité qui anime le monde en son ensemble, l'organisant en kosmos par la raison naturelle. De cette entité métaphysique – idée stoïcienne, bien sûr –, c'est la théologie naturelle qui en traite, relevant comme telle des seuls sages, des philosophes qui entendent quelque chose à la nature des dieux et du monde. Une théologie qui ne sied évidemment pas au gouvernement des États, dont les populations sont tout incapables de s'élever à pareil niveau d'abstraction. Avec cette célèbre «théologie tripartite », c'est déjà d'une phénoménologie religieuse qu'il s'agit, dont les « objets » – les dieux, la déité – répondent à autant d'intentions de la conscience motivant autant de formes d'adhésion intérieure. Ne peut-on pas se conduire, sinon pieusement, du moins de façon religieusement correcte, sans tellement croire à toutes ces légendes ? Voilà, en tout cas, qui mettait quelque ordre dans les esprits d'alors – et le pourrait encore dans les nôtres qui, disais-je plus haut, en auraient quelque besoin. ..."

Dans l'ACTU'ITINERA du 13 janvier 2011, nous avions déjà traité ce sujet à propos du traité Aux nations de TERTULLIEN, lv. II, ch. 1 : Varron et les trois classes de dieux :

… elegi ad compendium Varronis opera, qui, Rerum Diuinarum ex omnibus retro digestis commentatus, idoneum se nobis scopum et posuit. <9> Hunc si interrogem, qui insinuatores deorum, aut philosophos designat aut populos aut poetas. <10> Triplici enim genere deorum censum distinxit: unum esse physicum, quod philosophi retractant, aliud mythicum, quod inter poetas uolutatur, tertium gentile, quod populi sibi quique adoptauerunt. <11> Igitur cum philosophi physicum coniecturis concinnarint, poetae mythicum de fabulis traxerint, populi gentile ultro praesumpserint, ubinam ueritas collocanda? <12> In coniecturis? sed incerta conceptio est. In fabulis? sed foeda relatio est. In adoptionibus? sed <- - - > et municipalis adoptatio est. <13> Denique apud philosophos incerta, quia uaria; apud poetas omnia indigna, quia turpia; apud populos passiua omnia, quia uoluntaria.

… j'ai choisi pour point de départ les ouvrages de Varron, qui ayant soigneusement compilé et interprété tout ce qui a été dit avant lui sur vos dieux, sera pour nous un excellent guide. Si je lui demande qui a introduit les dieux, il me répond aussitôt que ce sont les philosophes, les peuples ou les poètes. Voilà donc les dieux divisés par lui en trois classes: les dieux physiques ou naturels, qui doivent leur existence aux philosophes; les dieux allégoriques ou mythiques, éclos dans le cerveau des poètes; enfin les dieux nationaux, que les différents peuples ont adoptés. Ainsi puisque les philosophes déifièrent leurs vagues conjectures, tandis que de leur côté les poètes empruntaient à la fable leurs dieux mythiques et que les peuples s'en forgeaient d'autres au gré de leurs caprices, où faudra-t-il chercher la vérité? dans les conjectures? mais qui dit conjecture, dit incertitude. Dans la fable? mais ce n'est qu'un tissu d'absurdités. Dans l'adoption populaire? Mais une divinité adoptée n'est qu'une divinité passive, sans compter qu'elle est municipale. En un mot, les philosophes ne sauraient nous guider, parce qu'il n'y a chez eux qu'incertitude et désaccord; les poètes en sont indignes, parce qu'ils ne marchent qu'à travers l'infamie; quant aux peuples, tout y est passif, parce que tout y est le fruit du caprice.


2. Lecture : AUGUSTIN (saint) à propos de l'attrait de l'or et de l'argent :

Augustin (saint), Sermon L: Les richesses d'iniquité , ch. 6:

… Tanto enim magis quisque ardebit egestate, quanto magis eas diligens maiores habuerit. Quomodo ergo sunt diuitiae, quibus crescentibus crescit inopia, quae amatoribus suis quanto fuerint ampliores, non afferunt satietatem sed inflammant cupiditatem? Diuitem tu putas, qui minus egeret, si minus haberet? Nam uidemus quosdam cum haberent paruam pecuniam paruis lucris fuisse laetatos. Sed postea quam eis coepit habundare uerum quidem corpus auri et argenti, sed tamen falsae diuitiae, cum parua obtuleris, iam recusant. Credis eos iam esse satiatos, sed falsum est. Nam maior pecunia fauces auaritiae non claudit, sed extendit; non irrigat, sed accendit. Poculum respuunt, quia fluuium sitiunt. Utrum ergo ditior an egentior dicendus est, qui cum ideo uoluit habere aliquid ne indigeret, ideo plus habet ne minus indigeat?

… Chacun en effet n'éprouve-t-il pas des désirs d'autant plus ardents qu'il possède avec attachement de plus nombreux trésors? Et comment appeler richesses ce qui en s'accroissant fait croître les besoins, ce qui ne saurait s'augmenter pour ceux qui en sont avides, sans enflammer leur cupidité au lieu d'apaiser leur soif? Estimes-tu riche celui à qui il manquerait moins s'il possédait moins? Combien voyons-nous d'hommes qui se réjouissaient en faisant de petits profits lorsqu'ils étaient peu riches, et qui maintenant qu'ils possèdent de l'or et de l'argent véritables, mais de fausses richesses, refusent les gains médiocres qu'on peut leur offrir ! Tu les crois enfin satisfaits : tu te trompes. L'accroissement de leur opulence n'a fait que dilater leur avarice, que l'enflammer sans la calmer. Ils rejettent un verre d'eau, parce qu'il leur faut un fleuve. Ainsi donc, est-ce comme plus riche, est-ce comme plus indigent qu'il faut considérer cet homme qui a cherché à s'enrichir pour n'éprouver pas de besoins, et qui n'est devenu plus riche que pour en ressentir davantage?


3. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Christian RUELL a bien commencé la nouvelle année : 4 nouveaux environnements hypertextes ont pu être constitués :

  • Augustin (saint), Les Confessions, livre XI [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Augustin (saint), Les Sermons, Sermon L : Les richesses d'iniquité [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • René Descartes (1596-1650), Les Méditations métaphysiques, Lettre dédicatoire et Abrégé [Texte latin et traduction française repris au site de la BIBLIOTHECA AUGUSTANA]
  • René Descartes (1596-1650), Les Méditations métaphysiques, Méditation I [Texte latin et traduction française repris au site de la BIBLIOTHECA AUGUSTANA]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


4. Statistiques de consultation - décembre 2011 :

Ces statistiques peuvent être relevées via le Serveur ACHILLE.

  • Site ITINERA ELECTRONICA:
    • sessions de travail ouvertes: 32.924 (36.064 en novembre 2011)
    • pages visitées: 54.549 (65.766 en novembre 2011)
    • pages les plus fréquemment demandées: voir : stat_dec2011

  • Site AGORACLASS - Environnements hypertextes (hors Corpora) :
    • sessions de travail ouvertes: 91.399 (140.200 en novembre 2011)
    • pages visitées : 1.770.354 (1.443.906 en novembre 2011)
    • pages les plus visitées (Total hits for periode) : voir stat_dec2011

  • Site AGORACLASS (CORPORA):
    • sessions de travail ouvertes: 22.797 (26.128 en novembre 2011)
    • pages visitées: 670.519 (935.558 en novembre 2011)
    • bases de données les plus fréquemment consultées (Total hits for periode) : stat_dec2011
    • base de données la plus consultée : Apulée, Métamorphoses (32,53 % du total des consultations) ; Pline le Jeune, Les Lettres : 3,57 % du total ; Sénèque, Lettres (6,47 % du total)

  • Site BCS (Bibliotheca Classica Selecta):
    • sessions de travail ouvertes: 99.452 (119.369 en novembre 2011)
    • pages visitées: 213.246 (240.064 en novembre 2011)
    • pages les plus fréquemment demandées:

      • Folia Electronica Classica : 27.119 pages (25.589 en novembre;
      • Suétone : 36.037 pages (42.911 en novembre) ;
      • Virgile : 18.149 pages (20.917 en novembre) ;
      • Précis grammatical (latin) : 11.896 pages (16.593 en novembre);
      • Précis grammatical (grec) : 7.807 pages (8.792 pages en novembre)

  • Site LCE (Lupa Capitolina Electronica):
    • sessions de travail ouvertes: 10.124 (10.040 en novembre 2011)
    • pages visitées: 7.992 (8.012 en novembre 2011)

  • Site COLLATINVS-UCL (lemmatisation - dictionnaire latin-français) :
    • sessions de travail ouvertes: 12.441 (17.092 en novembre 2011 ;
    • pages visitées: 35.393 (56.811 en novembre 2011)

  • Site HODOI ELEKTRONIKAI (Environnements hypertextes grecs) :

    ==> Depuis le 28 novembre 2011 les environnements hypertextes sont provisoirement en accès restreint à l'INTRANET UCL-LLN <==
    Cf. Opération Épuration

    • sessions de travail ouvertes: 19.661 (19.196 en novembre 2011) ;
    • pages visitées: 199.576 (459.470 en novembre 2011)
    • pages les plus fréquemment demandées (Total hits for period) : voir stat_dec2011 ;

  • Site HELIOS (Coopération Acad. Grenoble & Toulouse - UCL-LLN (FLTR/GLOR) : Langues anciennes) :
    • sessions de travail ouvertes: 65.013 (65.769 en novembre 2011)
    • pages visitées: 392.100 (390.972 en novembre 2011) ;
    • pages les plus visitées (Total hits for periode) : stat_dec2011


État de la banque de textes latins :

  • Etat du dictionnaire au 6 janvier 2012:

    347.471 formes différentes.
  • Etat du corpus de textes traités au 6 janvier 2012:

    137 auteurs, 1254 oeuvres, 8.782.397 occurrences.
  • ACCROISSEMENT entre décembre 2010 et décembre 2011 : 2.119.678 occurences


    État de la banque de textes grecs :

  • Etat du dictionnaire au 2 juillet 2010:

    543.825 formes différentes.
  • Etat du corpus de textes traités au 2 juillet 2010:

    98 auteurs, 1.378 oeuvres, 11..010..080 occurrences (10.744.463 en mai 2010) .

  • Jean Schumacher
    6 janvier 2012


     
    UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
    Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

    Dernière mise à jour : 17/02/2002