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Date :     09-09-2011

Sujets :
Lecture : Cicéron, Scipion l'Africain et le loisir actif ; Lecture : PLINE l'Ancien à propos d'une oasis merveilleuse (oasis de Gabès en Tunisie) ; Lecture : Cicéron et Hugues de Saint-Victor (1096-1141) à propos de la définition de la nature ; ITINERA ELECTRONICA : 7 nouveaux environnements hypertextes : Adson de Montier-en-Der, Bède le Vénérable, Benoît de Nursie, Bernard de Clairvaux, Jean Cassien, Clément V pape, Thomas d'Aquin ;

Notice :

1. Lecture : Cicéron, Scipion l'Africain et le loisir actif :

Cicéron, Des devoirs, III, 1 :

I. (1) P- Scipionem, Marce fili, eum, qui primus Africanus appellatus est, dicere solitum scripsit Cato, qui fuit eius fere aequalis, numquam se minus otiosum esse, quam cum otiosus, nec minus solum, quam cum solus esset. Magnifica uero uox et magno uiro ac sapiente digna; quae declarat illum et in otio de negotiis cogitare et in solitudine secum loqui solitum, ut neque cessaret umquam et interdum conloquio alterius non egeret. Ita duae res, quae languorem adferunt ceteris, illum acuebant, otium et solitudo. Vellem nobis hoc idem uere dicere liceret, sed si minus imitatione tantam ingenii praestantiam consequi possumus, uoluntate certe proxime accedimus. Nam et a re publica forensibusque negotiis armis impiis uique prohibiti otium persequimur et ob eam causam urbe relicta rura peragrantes saepe soli sumus. (2) Sed nec hoc otium cum Africani otio nec haec solitudo cum illa comparanda est. Ille enim requiescens a rei publicae pulcherrimis muneribus otium sibi sumebat aliquando et coetu hominum frequentiaque interdum tamquam in portum se in solitudinem recipiebat, nostrum autem otium negotii inopia, non requiescendi studio constitutum est. Extincto enim senatu deletisque iudiciis quid est, quod dignum nobis aut in curia aut in foro agere possimus? (3) Ita qui in maxima celebritate atque in oculis ciuium quondam uixerimus, nunc fugientes conspectum sceleratorum, quibus omnia redundant, abdimus nos quantum licet et saepe soli sumus. Sed quia sic ab hominibus doctis accepimus, non solum ex malis eligere minima oportere, sed etiam excerpere ex his ipsis, si quid inesset boni, propterea et otio fruor, non illo quidem, quo debeat is, qui quondam peperisset otium ciuitati, nec eam solitudinem languere patior, quam mihi adfert necessitas, non uoluntas. (4) Quamquam Africanus maiorem laudem meo iudicio assequebatur. Nulla enim eius ingenii monumenta mandata litteris, nullum opus otii, nullum solitudinis munus extat; ex quo intellegi debet illum mentis agitatione inuestigationeque earum rerum, quas cogitando consequebatur, nec otiosum nec solum umquam fuisse; nos autem, qui non tantum roboris habemus, ut cogitatione tacita a solitudine abstrahamur, ad hanc scribendi operam omne studium curamque conuertimus. Itaque plura breui tempore euersa quam multis annis stante re publica scripsimus.

I. - Publius Scipion, mon fils, celui qu'on appela le premier Africain, avait accoutumé de dire, d'après Caton, qui fut presque son contemporain, que jamais il n'était moins oisif que lorsqu'il était de loisir, et moins seul que dans la solitude. Parole vraiment magnifique, digne d'un grand homme et d'un sage. Elle montre que, même dans ses heures de loisir, il réfléchissait sur les affaires et que, dans la solitude, il s'entretenait avec lui-même, de façon à n'être jamais inactif et à pouvoir se passer parfois de tout interlocuteur. Ainsi deux causes habituelles de langueur, le loisir et la solitude, aiguisaient son esprit. Je voudrais pouvoir en dire autant de moi-même sans enfreindre en rien la vérité; si je ne puis atteindre à la supériorité d'un si grand génie, du moins mon désir est-il de me rapprocher de lui : arraché à la politique et aux luttes du barreau par la violence d'armes impies, je me résous à l'inaction et, pour cette raison, j'ai abandonné la ville, j'erre d'une campagne à l'autre, souvent je suis tout seul. Il ne faut cependant pas comparer mon loisir avec celui de Scipion, ni ma solitude avec la sienne. Il se reposait, lui, par intervalles, des plus hautes fonctions publiques; loin des assemblées et des foules, il se retirait, par moments, dans la solitude comme dans un refuge. Mon loisir à moi n'a point pour origine le désir du repos, mais l'impossibilité de toute action. Il n'y a plus de sénat, les tribunaux sont frappés à mort, que pourrais-je faire à la curie ou au forum qui fût digne de moi ? Ainsi, tandis que je vivais jadis dans le commerce le plus actif avec les hommes, que j'étais un personnage en vue, je fuis maintenant l'aspect des criminels dont Rome surabonde, je me cache autant que je puis, souvent je n'ai de compagnie que moi-même. Mais j'ai appris, d'hommes éclairés, qu'il ne suffit pas de choisir le moindre mal, qu'il faut encore du mal retirer tout le bien qu'il peut renfermer, et c'est pourquoi je veux bénéficier de mon loisir, qui n'est certes pas celui dont devrait jouir l'homme à qui ses concitoyens ont dû jadis la tranquille jouissance de la vie, je ne veux pas me laisser alanguir par la solitude que je n'ai pas choisie, mais qui m'est imposée. Je le reconnais, l'Africain eut un mérite supérieur : il n'a pas laissé de monuments écrits attestant son génie, son loisir fut sans oeuvres visibles, rien de public n'est sorti de sa solitude, c'est-à-dire que l'activité de son intelligence, la recherche de la vérité dans l'ordre de choses auquel sa pensée s'appliquait suffirent pour qu'il ne fût jamais ni oisif ni seul. Pour moi, qui n'ai pas assez de vigueur pour trouver dans la méditation silencieuse l'oubli de ma solitude, je m'applique à écrire, c'est à ce travail que je donne tous mes soins. C'est ainsi que, dans le peu de temps qui s'est écoulé depuis la chute de la république, j'ai plus écrit que pendant ses nombreuses années de vie.


2. Lecture : PLINE l'Ancien à propos d'une oasis merveilleuse (oasis de Gabès) :

Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, XVIII, 51 :

188 Ciuitas Africae in mediis harenis petentibus Syrtis Leptimque Magnam uocatur Tacape, felici super omne miraculum riguo solo. ternis fere milibus passuum in omnem partem fons abundat, largus quidem, sed certis horarum spatiis dispensatur inter incolas. palmae ibi praegrandi subditur olea, huic ficus, fico punica, illi uitis, sub uite seritur frumentum, mox legumen, deinde olus, omnia eodem anno, omniaque aliena umbra aluntur. 189 quaterna cubita eius soli in quadratum, nec ut a porrectis metiantur digitis, sed in pugnum contractis, quaternis denariis uenundantur. super omnia est bifera uite bis anno uindemiare. et nisi multiplici partu exinaniatur ubertas, pereant luxuria singuli fructus. nunc uero toto anno metitur aliquid, constatque fertilitati non occurrere homines. ...

(XXII.) 1. On rencontre, quand on va aux Syrtes et à Leptis la Grande, une ville d'Afrique au milieu des sables; on la nomme Tacape (XVI, 50). Le sol, qui y est arrosé, jouit d'une fertilité merveilleuse dans un espace d'environ 3,000 pas en tous sens. Une source y coule, abondante, il est vrai, mais dont les eaux se distribuent aux habitants pendant un nombre fixé d'heures. Là, sous un palmier très élevé, croît un olivier, sous l'olivier un figuier, sous le figuier un grenadier, sous le grenadier une vigne : sous la vigne on sème du blé, puis des légumes, puis des herbes potagères, tous dans la même année, tous s'élevant à l'ombre les uns des autres. 2. Quatre coudées en carré de ce sol, mesurées non les doigts étendus, mais à poing fermé, se vendent 4 deniers (3 fr., 28). Ce qu'il y a de plus étonnant, c'est que la vigne y porte deux fois et se vendange deux fois dans l'année. Si on n'en épuisait pas la fécondité du sol par une production multipliée, chaque récolte y périrait par l'exubérance. Le fait est qu'on y récolte toute l'année quelque chose ; et il est certain que les hommes n'en provoquent pas la fertilité. ...


3. Lecture : Cicéron et Hugues de Saint-Victor (1096-1141) à propos de la définition de la nature :

Cicéron, De l'invention, I, 24 :

... Naturam ipsam definire difficile est; partes autem eius enumerare eas, quarum indigemus ad hanc praeceptionem, facilius est. <35> Eae autem partim diuino, partim mortali in genere uersantur. Mortalium autem pars in hominum, pars in bestiarum genere numerantur. Atque hominum genus et in sexu consideratur, uirile an muliebre sit, et in natione, patria, cognatione, aetate. Natione, Graius an barbarus; patria, Atheniensis an Lacedaemonius; cognatione, quibus maioribus, quibus consanguineis; aetate, puer an adulescens, natu grandior an senex. Praeterea commoda et incommoda considerantur ab natura data animo aut corpori, hoc modo: ualens an inbecillus, longus an breuis, formonsus an deformis, uelox an tardus sit, acutus an hebetior, memor an obliuiosus, comis an infacetus, pudens, patiens an contra; et omnino quae a natura dantur animo et corpori considerabuntur . Nam quae industria comparantur, ad habitum pertinent, de quo posterius est dicendum.

... Quant à la nature, il est difficile de la définir : il sera plus court de faire l'énumération de celles de ses différentes parties dont nous avons besoin pour ces préceptes. Entre ces parties, les unes embrassent les dieux, les autres, les mortels. Les hommes et les animaux composent les mortels. Dans les hommes, on considère le sexe, masculin ou féminin; la nation, la patrie, la famille et l'âge : la nation , si l'accusé est Grec ou Barbare; la patrie, d'Athènes ou de Sparte; la famille, quels sont ses parents, ses aïeux; l'âge, s'il est dans l'enfance, dans la jeunesse, dans l'âge mûr ou dans la vieillesse. Ajoutez encore tous les avantages ou les défauts que l'âme et le corps tiennent de la nature: la force, la faiblesse, la grandeur, la petitesse, la beauté, la laideur, la lenteur, la légèreté, la pénétration, la stupidité, la mémoire, la douceur, l'empressement à obliger, la pudeur, la patience, et les défauts opposés. En un mot, considérez dans la nature tout ce que, pour l'âme et le corps, nous tenons de la nature; car tout ce que donne l'application se rapporte à la manière d'être, dont nous parlerons bientôt.

Hugues de Saint-Victor, Didascalicon, I, 10 :

[1,10] CAPUT X : Quid sit natura. Quia uero iam toties naturam nominauimus, licet, ut ait Tullius, "Naturam definire difficile sit", non tamen huius uocabuli significatio omnino silentio praetereunda uidetur. neque, quia non omnia quae uolumus dicere possumus, id quod possumus tacere debemus. plura ueteres de natura dixisse inueniuntur, sed nihil ita ut non aliquid restare uideatur. quantum tamen ego ex eorum dictis conicere possum, tribus maxime modis huius uocabuli significatione uti solebant, singulis suam definitionem assignando. Primo modo per hoc nomen significare uoluerunt illud archetypum exemplar rerum omnium, quod in mente diuina est, cuius ratione omnia formata sunt, et dicebant naturam esse unius cuiusque rei primordialem causam suam, a qua non solum esse sed etiam talis esse habeat. huic significationi talis definitio assignatur: Natura est quae unicuique rei suum esse attribuit. secundo modo naturam esse dicebant proprium esse uniuscuiusque rei. cui significationi talis definitio assignatur: Natura unamquamque rem informans propria differentia dicitur. secundum quam significationem dicere solemus: Natura est omnia pondera ad terram uergere, leuia alta petere, ignem urere, aquam humectare. tertia definitio talis est: Natura est ignis artifex, ex quadam ui procedens in res sensibiles procreandas. physici namque dicunt, omnia ex calore et humore procreari. unde Vergilius Oceanum patrem appellat et Valerius Soranus in quodam uersu de Ioue in significatione ignis aetherei dicit:
" Iuppiter omnipotens rerum regumque repertor,
Progenitor genitrixque Deum uerum unus et idem".

Une traduction française, libre de droits, n'est pas (encore) disponible.


4. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Christian RUELL continue avec une nouvelle moisson abondante : 7 environnements hypertextes ont été construits :

  • Adson de Montier-en-Der (920-992), Lettre sur l'origine et la fin de l'Antéchrist (avec traduction anglaise) [Traduction reprise au site "Apocalyptic ideas in old english Literature"]
  • Bède le Vénérable (673-735), Commentaire sur l'Apocalypse, livre II (avec traduction anglaise) [Traduction reprise au site "Apocalyptic ideas in old english Literature"]
  • Benoît de Nursie (saint ; vers 480/490 - 547), La Règle de Saint-Benoît, texte complet [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Bernard de Cairvaux (saint ; 1090/91 - 1153), Traité de la grâce et du libre arbitre, texte complet [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Jean Cassien (vers 360/365 - vers 433/435), Les Conférences, V (Des huit vices principaux) [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Clément V (1264-1314 ; pape en 1305), Bulle "Vox in excelso" (dissolution de l'Ordre du Temple), texte complet [Traduction française trouvée sur la Toile (source inconnue)]
  • Thomas d'Aquin (saint ; 1224/1225 - 1274), Somme contre les Gentils, Livre I, ch. 29 à 36 [Traduction française reprise au site LIVRES-MYSTIQUES.COM]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


Jean Schumacher
9 septembre 2011


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002