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Date :     19-08-2011

Sujets :
Lecture : PLINE l'Ancien à propos de la folie des hommes ; Lecture : PLINE l'Ancien à propos du temple d'Artemis à Éphèse ; Lecture : PLINE l'Ancien à propos du théâtre rotatif de Curion ; ITINERA ELECTRONICA : 11 nouveaux environnements hypertextes : Bède (x 8), Jean Cassien (x 2), Pline l'Ancien ;

Notice :

1. Lecture : PLINE l'Ancien à propos de la folie des hommes :

Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, XXXVI, 1 :

1 Lapidum natura restat, hoc est praecipua morum insania, etiam ut gemmae cum sucinis atque crystallinis murrinisque sileantur. omnia namque, quae usque ad hoc uolumen tractauimus, hominum genita causa uideri possunt: montes natura sibi fecerat ut quasdam compages telluris uisceribus densandis, simul ad fluminum impetus domandos fluctusque frangendos ac minime quietas partes coercendas durissima sui materia, caedimus hos trahimusque nulla alia quam deliciarum causa, quos transcendisse quoque mirum fuit.
2 in portento prope maiores habuere Alpis ab Hannibale exsuperatas et postea a Cimbris: nunc ipsae caeduntur in mille genera marmorum. promunturia aperiuntur mari, et rerum natura agitur in planum; euehimus ea, quae separandis gentibus pro terminis constituta erant, nauesque marmorum causa fiunt, ac per fluctus, saeuissimam rerum naturae partem, huc illuc portantur iuga, maiore etiamnum uenia quam cum ad frigidos potus uas petitur in nubila caeloque proximae rupes cauantur, ut bibatur glacie.
3 secum quisque cogitet, et quae pretia horum audiat, quas uehi trahique moles uideat, et quam sine iis multorum sit beatior uita. ista facere, immo uerius pati mortales quos ob usus quasue ad uoluptates alias nisi ut inter maculas lapidum iaceant, ceu uero non tenebris noctium, dimidia parte uitae cuiusque, gaudia haec auferentibus!

I (I.) <1> Il reste à parler des pierres, la plus grande folie de notre temps, quand même nous ne dirions rien des pierreries, des succins, des cristaux et des murrhins. Tout ce dont nous avons traité jusqu'au présent livre peut paraître créé pour l'homme; mais les montagnes, la nature les avait faites pour elle-même, afin de protéger par une sorte de construction les entrailles de la terre, afin de dompter la violence des fleuves, de briser les flots de la mer, et de contenir par ce qu'elle avait de plus dur les éléments les plus turbulents.
<2> Et nous, nous coupons en masses, nous les transportons sans autre intérêt que celui de nos plaisirs; ces masses que jadis c'était une merveille d'avoir franchies. Nos aïeux regardaient presque comme un prodige le passage des Alpes par Hannibal et puis par les Cimbres. Maintenant ces monts sont taillés pour nous livrer mille espaces de marbre. On ouvre les promontoires à la mer; on travaille à niveler le globe. Nous enlevons les barrières destinées à séparer les nations; nous construisons des vaisseaux pour transporter des marbres; et à travers les flots, le plus terrible élément de la nature, nous faisons voyager les cimes des montagnes : fureur plus pardonnable cependant que d'aller chercher jusque dans la région des nuages des vases pour rafraîchir les boissons, et d'aller creuser des roches voisines du ciel pour boire dans la glace.
<3> Qu'on réfléchisse, quand on entend dire le prix de ces choses, quand on voit ces masses rouler et s'avancer, qu'on réfléchisse combien de gens vivent plus heureux sans ces superfluités. Pour quelle utilité ou pour quel plaisir les mortels se font-ils les agents ou plutôt les victimes de tant de travaux, si ce n'est afin de reposer entre des pierres tachetées? comme si les ténèbres de la nuit ne privaient pas la moitié de la vie de cette sorte de jouissance!


2. Lecture : PLINE l'Ancien à propos du temple d'Artemis à Éphèse :

Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, XXXVI, 21 :

95 Graece magnificentiae uera admiratio exstat templum Ephesiae Dianae CXX annis factum a tota Asia. in solo id palustri fecere, ne terrae motus sentiret aut hiatus timeret rursus ne in lubrico atque instabili fundamenta tantae molis locarentur, calcatis ea substrauere carbonibus, dein uelleribus lanae. uniuerso templo longitudo est CCCCXXV pedum, latitudo CCXXV, columnae CXXVII a singulis regibus factae LX pedum altitudine, ex iis XXXVI caelatae, una a Scopa. operi praefuit Chersiphron architectus.
96 summa miraculi epistylia tantae molis attolli potuisse; id consecutus ille est aeronibus harenae plenis, molli cliuo super capita columnarum exaggerato, paulatim exinaniens imos, ut sensim opus in loco sederet. difficillime hoc contigit in limine ipso, quod foribus inponebat; etenim ea maxima moles fuit nec sedit in cubili, anxio artifice mortis destinatione suprema. 97 tradunt in ea cogitatione fessum nocturno tempore in quiete uidisse praesentem deam, cui templum fieret, hortantem, ut uiueret: se composuisse lapidem. atque ita postera luce apparuit; pondere ipso correctus uidebatur. cetera eius operis ornamenta plurium librorum instar optinent, nihil ad specimen naturae pertinentia.

XXI. <1> Un monument de la magnificence grecque digne d'une véritable admiration, c'est le temple de Diane à Éphèse, élevé en deux cent vingt ans par toute l'Asie. On l'assit sur un sol marécageux pour le mettre à l'abri des tremblements de terre et des crevasses qu'ils produisent. D'un autre côté, pour que les fondements d'une masse aussi considérable ne posassent pas sur un terrain glissant et peu solide, on établit d'abord un lit de charbon broyé et de la laine par-dessus. <2> Le temple entier a quatre cent vingt-cinq pas de long [1 pas romain = 1,50 m ; 425 pas = 637,5 m] et deux cent vingt de large [220 pas = 330 m], cent vingt-sept colonnes faites par autant de rois, hautes de soixante pieds [1 pied égyptien = 30,5 cm ; 60 pieds = 1.830 cm] . De ces colonnes, trente-six sont sculptées; une l'a été par Scopas. L'architecte qui présida à l'ouvrage fut Chersiphron. Le grand prodige dans cette entreprise, c'est d'avoir élevé si haut les architraves; il en vint à bout avec des sacs pleins de sable, qu'il dressa en un plan incliné dépassant le sommet des colonnes; puis il vida peu à peu les sacs inférieurs, et les architraves vinrent insensiblement s'asseoir en leur place. La plus grande difficulté fut au frontispice même, qu'il plaçait au-dessus de la porte d'entrée. <3> C'était une masse énorme; elle ne se posa pas d'aplomb; l'artiste, désespéré, songeait à se donner la mort : on dit que, tourmenté par ces pensées et fatigué, il aperçut pendant la nuit, en songe, la déesse pour laquelle se faisait le temple, et qui l'exhorta à vivre, lui annonçant qu'elle avait arrangé la pierre. En effet, le lendemain la promesse se trouva accomplie, et la pierre semblait s'être mise d'aplomb par son propre poids. Les autres ornements du temple rempliraient par leurs descriptions plusieurs livres; mais ils n'ont rien de commun avec l'histoire de la nature.


3. Lecture : PLINE l'Ancien à propos du théâtre rotatif de Curion :

Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, XXXVI, 24 :

117 ingenio ergo utendum suo Curioni et aliquid excogitandum fuit. operae pretium est scire, quid inuenerit, et gaudere moribus nostris ac uerso modo nos uocare maiores. theatra iuxta duo fecit amplissima ligno, cardinum singulorum uersatili suspensa libramento, in quibus utrisque antemeridiano ludorum spectaculo edito inter sese auersis, ne inuicem obstreperent scaenae, repente circumactis — ut constat, post primos dies etiam sedentibus aliquis —, cornibus in se coeuntibus faciebat ampitheatrum gladiatorumque proelia edebat, ipsum magis auctoritatum populum Romanum circumferens. 118 quid enim miretur quisque in hoc primum, inuentorem an inuentum, artificem an auctorem, ausum aliquem hoc excogitare an suscipere an iubere? super omnia erit populi sedere ausi furor tam infida instabilique sede. en hic est ille terrarum uictor et totius domitor orbis, qui gentes, regna diribet, iura exteris mittit, deorum quaedam immortalium generi humano portio, in machina pendens et ad periculum suum plaudens! 119 quae uilitas animarum ista aut quae querella de Cannis! quantum mali potuit accidere! hauriri urbes terrae hiatibus publicus mortalium dolor est: ecce populus Romanus uniuersus, ueluti duobus nauigiis inpositus, binis cardinibus sustinetur et se ipsum depugnantem spectat, periturus momento aliquo luxatis machinis!

<14> Force fut à Curion de devenir ingénieux, et d'imaginer quelque chose. Voyons donc ce qu'il inventa; apprenons à nous applaudir de nos mœurs, et, retournant l'expression, disons-nous des hommes de l'ancien temps. Il fit construire deux théâtres en bois, très spacieux et juxtaposés, chacun en équilibre et tournant sur un pivot: avant midi, pour le spectacle des jeux, ils étaient adossés, afin que le bruit d'une des deux scènes ne gênât pas l'autre; l'après-midi, tournant tout à coup, ils se trouvaient face à face, les fonds se séparaient, les angles se réunissaient, et il se formait un amphithéâtre pour des gladiateurs moins compromis que le peuple romain ainsi promené. <15> Car ici que faut-il admirer de préférence, l'inventeur ou l'invention , l'exécuteur ou l'auteur du projet, celui qui osa imaginer une telle entreprise ou celui qui osa s'en charger, celui qui obéit ou celui qui commande? Mais ce qui est par-dessus tout, c'est la frénésie du peuple, osant s'asseoir sur un siège aussi peu solide et aussi dangereux. Le voilà, ce peuple vainqueur de la terre, conquérant de l'univers entier, qui régit les nations et les royaumes, qui envoie des lois aux contrées étrangères, et qui fait pour ainsi dire partie des dieux immortels à l'égard du genre humain, le voilà suspendu dans une machine, et applaudissant au péril même qu'il court! Quel mépris est-ce là pour la vie des hommes ! Pourquoi se plaindre de la journée de Cannes ? Quelle catastrophe pouvait arriver! Que des villes soient englouties par la terre s'entr'ouvrant, c'est une calamité douloureuse pour l'humanité entière; et voici que tout le peuple romain, embarqué pour ainsi dire sur deux navires, et porté sur deux pivots ! il assiste au spectacle de son propre danger, près de périr en un moment, si le mécanisme se dérange!


4. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Christian RUELL est de retour et, d'emblée, il a frappé un grand coup : 11 nouveaux environnements hypertextes ont vu le jour:

  • Béde le Vénérable (673-735 ap. J. Chr.), Des 7 merveilles du monde, texte complet (avec traduction anglaise) [Texte latin et traduction anglaise repris au site THE ONLINE LIBRARY of LIBERTY]
  • Béde le Vénérable (673-735 ap. J. Chr.), Histoire ecclésiastique du peuple anglais, Préface (avec traduction anglaise) [Traduction anglaise reprise au site MEDIEVAL SOURCEBOOK]
  • Béde le Vénérable (673-735 ap. J. Chr.), Histoire ecclésiastique du peuple anglais, Livre I (avec traduction anglaise) [Traduction anglaise reprise au site MEDIEVAL SOURCEBOOK]
  • Béde le Vénérable (673-735 ap. J. Chr.), Histoire ecclésiastique du peuple anglais, Livre II (avec traduction anglaise) [Traduction anglaise reprise au site MEDIEVAL SOURCEBOOK]
  • Béde le Vénérable (673-735 ap. J. Chr.), Histoire ecclésiastique du peuple anglais, Livre III (avec traduction anglaise) [Traduction anglaise reprise au site MEDIEVAL SOURCEBOOK]
  • Béde le Vénérable (673-735 ap. J. Chr.), Histoire ecclésiastique du peuple anglais, Livre IV (avec traduction anglaise) [Traduction anglaise reprise au site MEDIEVAL SOURCEBOOK]
  • Béde le Vénérable (673-735 ap. J. Chr.), Histoire ecclésiastique du peuple anglais, Livre V (avec traduction anglaise) [Traduction anglaise reprise au site MEDIEVAL SOURCEBOOK]
  • Béde le Vénérable (673-735 ap. J. Chr.), Vie de saint Cuthbert, texte complet (avec traduction anglaise) [Texte latin et traduction anglaise repris au site THE ONLINE LIBRARY of LIBERTY]
  • Jean Cassien (vers 360/365 - vers 433/435), Les Conférences, II (De la discrétion) [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Jean Cassien (vers 360/365 - vers 433/435), Les Conférences, III (Des 3 renoncements) [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, livre XXXV [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


Jean Schumacher
19 août 2011


 
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Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002