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Date :     29-07-2011

Sujets :
Lecture : César : Alea iacta est ; Lecture : Pompée interroge le philosophe Cratippe ; Note : Colleen McCULLOUGH et les Maîtres de Rome ; Lecture : ARNOBE l'Ancien : à propos d'une mort misérable ; Lecture : GRÉGOIRE le Grand : Quel genre d'homme faut-il pour gouverner ? ; Culture : Bède le Vénérable et le Colisée ;

Notice :

1. Lecture : César : Alea iacta est (C. McCULLOUGH) :

Livre : Colleen McCULLOUGH, César imperator
Tome VIII de la série : Les maîtres de Rome
Titre original : Caesar (1997)
Traduction française par Jean-Paul MOURLON
Éditions L'Archipel, Paris, 2001, 497 pp.

Extraits : pp. 214-215 et p. 468 :

" ... César prit la tête du petit groupe et traversa sans se presser les herbes jaunies entre les arbres, se dirigeant vers le fleuve. Et s'arrêta sur la rive.
Nous y voilà. Je peux encore faire demi-tour, je suis toujours dans la légalité. Une fois que j'aurai franchi ce misérable ruisseau, je ne serai plus le serviteur de mon pays, mais son agresseur. Je le sais. Je le sais depuis deux ans. J'ai tout envisagé, j'ai fait d'incroyables concessions, j'ai même accepté un moment de me contenter de l'Illyricum et d'une seule légion. Et à chaque pas sur le chemin j'ai su que jamais ils ne céderaient. Qu'ils étaient bien décidés à me couvrir de crachats, à me faire mordre la poussière, à transformer Caius Julius César en moins que rien. Ce qu'il n'est pas ! Qui n'y consentira jamais ! Tu l'as voulu, Caton, tu l'auras. Tu m'as contraint à marcher contre mon pays, à violer la loi. Et toi, Pompée, tu vas découvrir ce qu'est un adversaire compétent. Je serai un hors-la-loi dès que mon cheval plongera ses sabots dans le fleuve. Et pour faire disparaître cette tache sur mon honneur, je devrai combattre mes compatriotes – et vaincre.
Qu'y a-t-il au-delà du Rubicon? Combien de légions ont- ils réussi à rassembler? Toute ma campagne repose sur l'hypothèse qu'ils n'ont rien fait du tout. Que Pompée ne sait pas déclarer une guerre. Il n'en a jamais eu l'occasion, malgré tous ses commandements extraordinaires : il sait surtout passer la serpillière. Les boni n'ont aucun talent. Une fois le conflit engagé, comment parviendra-t-il à coexister avec eux ? Ils le harcèleront, le critiqueront, chercheront toujours à lui mettre des bâtons dans les roues. Pour eux, tout cela n'était qu'une hypothèse d'école, un simple jeu ; jamais quelque chose de possible. Mais il n'en est rien, et la chance est avec moi. Il rejeta brusquement la tête en arrière, éclatant de rire : il venait de se souvenir d'un vers de Ménandre, son poète favori :
Que les dés volent haut ! s'écria-t-il en grec.
Puis, d'un coup de talon, il fit avancer sa monture et, traversant le Rubicon, entra en Italie. ..."
POSTFACE de l'auteur (p. 468) :
"... Que dit réellement César lorsqu'il franchit le Rubicon ? Ici Plutarque est plus crédible que Suétone. Pollio, qui assistait à la scène, raconte que César cita un vers de Ménandre, dramaturge grec représentant de la u Nouvelle Comédie » — et ce, non en latin, mais en grec : "Que les dés volent haut !" et non "Les dés en sont jetés". Cette dernière phrase a quelque chose d'un peu platement fataliste, alors que la précédente est une sorte de haussement d'épaules, l'aveu que tout peut arriver. César savait prendre des risques et ne s'en remettait pas aux caprices du destin. ..."

Témoignages :

Suétone, Vie de Jules César, I, 32 :

(1) Cunctanti ostentum tale factum est.
(2) Quidam eximia magnitudine et forma in proximo sedens repente apparuit harundine canens; ad quem audiendum cum praeter pastores plurimi etiam ex stationibus milites concurrissent interque eos et aeneatores, rapta ab uno tuba prosiliuit ad flumen et ingenti spiritu classicum exorsus pertendit ad alteram ripam.
(3) Tunc Caesar: "Eatur," inquit, "quo deorum ostenta et inimicorum iniquitas uocat. Iacta alea est," inquit.

(1) Il [César] hésitait; un prodige le détermina.
(2) Un homme d'une taille et d'une beauté remarquables apparut tout à coup, assis à peu de distance et jouant du chalumeau. Des bergers et de très nombreux soldats des postes voisins, parmi lesquels il y avait des trompettes, accoururent pour l'entendre. Il saisit l'instrument d'un de ces derniers, s'élança vers le fleuve, et, tirant d'énergiques accents de cette trompette guerrière, il se dirigea vers l'autre rive.
(3) "Allons, dit alors César, allons où nous appellent les signes des dieux et l'injustice de nos ennemis: le sort en est jeté!"

Plutarque, Vie de César, ch. 32 :

... ὡς ἦλθεν ἐπὶ τὸν διορίζοντα τὴν ἐντὸς Ἄλπεων Γαλατίαν ἀπὸ τῆς ἄλλης Ἰταλίας ποταμὸν (Ῥουβίκων καλεῖται), καὶ λογισμὸς αὐτὸν εἰσῄει, μᾶλλον ἐγγίζοντα τῷ δεινῷ καὶ περιφερόμενον τῷ μεγέθει τῶν τολμωμένων, ἔσχετο δρόμου, καὶ τὴν πορείαν ἐπιστήσας, πολλὰ μὲν αὐτὸς ἐν ἑαυτῷ διήνεγκε σιγῇ τὴν γνώμην ἐπ´ ἀμφότερα μεταλαμβάνων, καὶ τροπὰς ἔσχεν αὐτῷ τότε τὸ βούλευμα πλείστας· πολλὰ δὲ καὶ τῶν φίλων τοῖς παροῦσιν, ὧν ἦν καὶ Πολλίων Ἀσίνιος, συνδιηπόρησεν, ἀναλογιζόμενος ἡλίκων κακῶν ἄρξει πᾶσιν ἀνθρώποις ἡ διάβασις, ὅσον τε λόγον αὐτῆς τοῖς αὖθις ἀπολείψουσι. τέλος δὲ μετὰ θυμοῦ τινος ὥσπερ ἀφεὶς ἑαυτὸν ἐκ τοῦ λογισμοῦ πρὸς τὸ μέλλον, καὶ τοῦτο δὴ τὸ κοινὸν τοῖς εἰς τύχας ἐμβαίνουσιν ἀπόρους καὶ τόλμας προοίμιον ὑπειπὼν „ἀνερρίφθω κύβος,“ ὥρμησε πρὸς τὴν διάβασιν, καὶ δρόμῳ τὸ λοιπὸν ἤδη χρώμενος, εἰσέπεσε πρὸ ἡμέρας εἰς τὸ Ἀρίμινον, καὶ κατέσχε. λέγεται δὲ τῇ προτέρᾳ νυκτὶ τῆς διαβάσεως ὄναρ ἰδεῖν ἔκθεσμον· ἐδόκει γὰρ αὐτὸς τῇ ἑαυτοῦ μητρὶ μείγνυσθαι τὴν ἄρρητον μίξιν.

... Lorsqu'il fut sur les bords du Rubicon, fleuve qui sépare la Gaule Cisalpine du reste de l'Italie, frappé tout à coup des réflexions que lui inspirait l'approche du danger, et qui lui montrèrent de plus près la grandeur et l'audace de son entreprise, il s'arrêta ; (6) et, fixé longtemps à la même place, il pesa, dans un profond silence, les différentes résolutions qui s'offraient à son esprit, balança tour à tour les partis contraires, et changea plusieurs fois d'avis. (7) Il en conféra longtemps avec ceux de ses amis qui l'accompagnaient, parmi lesquels était Asinius Pollion. Il se représenta tous les maux dont le passage de ce fleuve allait être suivi, et tous les jugements qu'on porterait de lui dans la postérité. (8) Enfin, n'écoutant plus que sa passion, et rejetant tous les conseils de la raison, pour se précipiter aveuglément dans l'avenir, il prononça ce mot si ordinaire à ceux qui se livrent à des aventures difficiles et hasardeuses : « Le sort en est jeté ! » et, passant le Rubicon, il marcha avec tant de diligence qu'il arriva le lendemain à Ariminium avant le jour et s'empara de la ville. (9) La nuit qui précéda le passage de ce fleuve, il eut, dit-on, un songe affreux : il lui sembla qu'il avait avec sa mère un commerce incestueux.

Athénée de Naucratis, Les Deipnosophistes, XIII, 8 :

... Μένανδρος δ' ἐν ᾿Αρρηφόρῳ ἢ Αὐλητρίδι · οὐ γαμεῖς, ἂν νοῦν ἔχῃς, τοῦτον καταλείπων τὸν βίον. Γεγάμηκα γὰρ καὐτος · διὰ τοῦτό σοι παραινῶ μὴ γαμεῖν. (Β) Δεδογμένον τὸ πρᾶγμ' · ἀνερρίφθω κύβος. ...

... Ménandre, dans son Arréphore ou la Joueuse de Flûte dit : - «Tu ne te marieras pas si tu as un peu de jugeote : ce serait abandonner la vie que tu mènes ! Moi, j'ai été marié, et c'est pourquoi je te conseille de ne pas faire comme moi. - La chose est arrangée, laisse-la s’accomplir. ...

Locution Alea iacta est : WIKIPEDIA


2. Lecture : Pompée interroge le philosophe Cratippe (C. McCULLOUGH) :

Livre : Colleen McCULLOUGH, César imperator
Tome VIII de la série : Les maîtres de Rome
Titre original : Caesar (1997)
Traduction française par Jean-Paul MOURLON
Éditions L'Archipel, Paris, 2001, 497 pp.

Extrait : pp. 436-439 :

" ... Pompée ne resta que peu de temps sur place ; toutefois, apprenant que le grand philosophe Cratippos était en ville, il sollicita une audience.
— Je suis honoré, ô Grand Pompée, dit le vieillard, dont la longue barbe était aussi blanche que sa tunique.
— Tout l'honneur est pour moi, répondit Pompée sans chercher à s'asseoir.
Il croisa les yeux de son interlocuteur et se demanda pourquoi on n'y lisait aucun signe particulier de sagesse. N'était-ce pas pourtant ce qu'on attendait d'un philosophe ?
— Marchons un peu, dit Cratippos en prenant le Grand Homme par le bras. Le jardin est si beau ! Il est de style romain, évidemment ; les Grecs n'ont pas de talent en ce domaine. Que les Romains soient sensibles à la beauté de la nature m'a toujours paru être un signe de leur valeur. Pour nous, la beauté réside dans les objets créés par l'homme, mais vous avez le génie de les insérer dans la nature comme s'ils en faisaient partie. Les ponts, les aqueducs... tout cela est si parfait ! Nous n'avons jamais compris la beauté de l'arche. La nature n'est pas linéaire, Cnaeus Pompeius. Elle est ronde, comme le globe.
— La rotondité de la Terre est quelque chose que je n'ai jamais vraiment compris.
— Ératosthène ne l'a-t-il pas prouvée en mesurant l'ombre jetée sur le même plan, aussi bien en Haute qu'en Basse-Égypte ? Si la Terre était plate, elle aurait un bord - et dans ce cas, pourquoi les eaux de l'océan ne s'écouleraient- elles pas au-delà, comme une cataracte ? Le monde est un globe, Cnaeus Pompeius, refermé sur lui-même comme un poing. C'est une figure de l'infini.
— Je me demandais, dit Pompée en cherchant ses mots, si tu pourrais me parler des dieux.
— Je peux t'en dire beaucoup, mais que veux-tu savoir?
— J'aimerais que tu me dises quelle est leur apparence.
— Je crois que vous autres Romains êtes plus près de la vérité que nous. Les Grecs les voient à l'image des hommes, avec leurs faiblesses, leurs désirs, leurs appétits ; mais les vrais dieux romains n'ont ni visage, ni sexe, ni forme. Ils sont ce que vous appelez les numina. C'est une figure de l'infini.
— Mais de quelle manière existent-ils, Cratippos ?
Les yeux étaient sombres, les pupilles bordées d'un cercle pâle. Arcus senilis, le signe d'une mort proche. Il ne vivrait plus très longtemps en ce monde - enfin, en ce globe.
— Ils existent en eux-mêmes.
— À quoi ressemblent-ils ?
— À eux-mêmes. Nous ne pouvons en avoir aucune compréhension, car nous ne les connaissons pas. Nous autres Grecs leur donnons une apparence humaine, faute de pouvoir comprendre ; ainsi que des pouvoirs surhumains, puisque ce sont des dieux. Je crois qu'en fait ils font tous partie d'un Dieu unique. De ce point, les Romains ont davantage raison, puisque leurs divinités s'intègrent toutes en la personne de Jupiter Optimus Maximus.
— Et ce grand dieu vit-il en l'air?
— Je crois qu'il est partout. En haut, en bas, dedans, dehors. Je crois que nous-mêmes faisons partie de lui.
— Et où vivons-nous après la mort ?
— Ah ! La grande question ! Une figure de l'infini.
— Par définition, les dieux, ou ton grand Dieu unique, sont immortels. Nous mourons. Mais survivons-nous d'une manière ou d'une autre ?
— Immortalité et infini sont deux choses différentes. Il y a diverses immortalités. Dieu vit très longtemps : mais infiniment? Je ne le crois pas. Je crois qu'il naît et renaît en cycles infiniment longs. L'infini, en revanche, est immuable. Il n'a ni début, ni fin. Quant à nous... je n'en sais rien. Tu seras immortel, Cnaeus Pompeius : ton nom et tes actes vivront des millénaires après que tu auras disparu. C'est une pensée réconfortante : n'est-ce pas là la véritable divinité ?
Pompée s'en fut sans en avoir appris davantage. Ces philosophes grecs étaient décidément tous les mêmes : qu'on leur demande une réponse précise et ils vous perdaient dans les sables. Une figure de l'infini. ..."

Témoignage :

Plutarque, Vie de Pompée, LXXV :

... τῶν δὲ Μιτυληναίων τὸν Πομπήϊον ἀσπασαμένων καὶ παρακαλούντων εἰσελθεῖν εἰς τὴν πόλιν, οὐκ ἠθέλησεν, ἀλλὰ κἀκείνους ἐκέλευσε τῷ κρατοῦντι πείθεσθαι καὶ θαρρεῖν· εὐγνώμονα γὰρ εἶναι Καίσαρα καὶ χρηστόν. αὐτὸς δὲ πρὸς Κράτιππον τραπόμενος τὸν φιλόσοφον (κατέβη γὰρ ἐκ τῆς πόλεως ὀψόμενος αὐτόν), ἐμέμψατο καὶ συνδιηπόρησε βραχέα περὶ τῆς προνοίας, ὑποκατακλινομένου τοῦ Κρατίππου καὶ παράγοντος αὐτὸν ἐπὶ τὰς ἀμείνονας ἐλπίδας, ὅπως μὴ λυπηρὸς μηδὲ ἄκαιρος ἀντιλέγων εἴη. ἐπεὶ τὸ μὲν ἐρέσθαι τὸν Πομπήϊον ἦν ὑπὲρ τῆς προνοίας, τὸν δ´ ἀποφαίνεσθαι ὅτι τοῖς πράγμασιν ἤδη μοναρχίας ἔδει διὰ τὴν κακοπολιτείαν· ἐρέσθαι δέ· "Πῶς, ὦ Πομπήϊε, καὶ τίνι τεκμηρίῳ πεισθῶμεν ὅτι βέλτιον ἂν σὺ τῇ τύχῃ Καίσαρος ἐχρήσω κρατήσας;" ἀλλὰ ταῦτα μὲν ἐατέον ὥσπερ ἔχει, τὰ τῶν θεῶν.

... les Mityléniens vinrent saluer Pompée, et le prièrent d'entrer dans leur ville; mais il le refusa, et leur dit de se soumettre au vainqueur avec confiance : "Car, ajouta-t-il, César est bon et clément.» Se tournant ensuite vers le philosophe Cratippe, qui était descendu de Mitylène pour le voir, il se plaignit de la Providence divine, et témoigna quelques doutes sur son existence. Cratippe, en paraissant entrer dans ses raisons, tâchait de le ramener à de meilleures espérances ; il craignait sans doute de se rendre importun en le contredisant mal à propos. Car, aux doutes que Pompée élevait sur la Providence, Cratippe pouvait répondre en lui montrant que dans le désordre où la république était tombée, elle avait besoin d'un gouvernement monarchique. II aurait pu lui dire encore : «Comment et à quelle marque pourrions-nous croire, Pompée, que si la victoire s'était déclarée en votre faveur, vous auriez usé mieux que César de votre fortune?» Mais laissons là ces questions, comme toutes celles qui regardent les dieux.


3. Note : Colleen McCullough et les Maîtres de Rome :

Ici se termine, pour nous, le traitement de la série Maîtres de Rome, écrite par Colleeen McCULLOUGH, écrivaine australienne née le 1er juin 1937.

Biographie (tirée de BABELIO.COM) :

"Colleen McCullough est une écrivaine australienne à succès. Elle est née dans l'ouest de la Nouvelle-Galles du Sud d'une mère néo-zélandaise et d'un père écossais.

Neurologue de formation, elle a travaillé dans différents hôpitaux à Sydney et au Royaume-Uni avant de s'installer pour dix années de recherche et d'enseignement au Département de Neurologie à l'École de Médecine de New Haven, Connecticut. À la fin des années 1970, elle s'est fixée sur l'île de Norfolk, où elle vit avec son mari.

Sa carrière d'écrivain commença en 1974 avec le roman Tim (qui a été adapté à l'écran avec Mel Gibson et Piper Laurie comme interprètes principaux), suivi de Les oiseaux se cachent pour mourir (1977),Un autre nom pour l'amour (1981), Une foi pour le troisième millénaire, La Fuite de Moragan, et la série en six volumes des Maîtres de Rome.

Le sérieux de la recherche historique dans ses romans sur Rome a conduit la Macquarie University à la nommer docteur ès lettres en 1993. Elle a également écrit une biographie : Roden Cutler, V.C.

Best-seller international, la saga Les oiseaux se cachent pour mourir (The Thorn Birds) a été adaptée avec succès à la télévision en 1983 avec Richard Chamberlain dans le rôle de père Ralph de Bricassart.

Colleen McCullough est membre de l'Académie des Sciences de New York, ainsi que de l'Association américaine pour le progrès de la science.

Elle aime également la peinture, elle exposera ses œuvres à quelque reprises."

La série de romans historiques, intitulée Les Maîtres de Rome, comporte une douzaine de titres :

  • 1. L'amour et le pouvoir (1990) ; 1a) Les lauriers de Marius et 1b) La revanche de Sylla
  • 2. La couronne d'herbe (1992)
  • 3. Le favori des dieux (1996 ; édition épuisée)
  • 4. La colère de Spartacus (1997)
  • 5. Jules César, la violence et la passion (1998)
  • 6. Jules César, le glaive et la soie (1999)
  • 7. La conquête gauloise (2000 ; édition épuisée)
  • 8. César imperator (2003)
  • 9. César et Cléopâtre (2005)
  • 10. Antoine et Cléopâtre (2007) ; 10a) Le festin des fauves (2010) et 10b) Le serpent d'Alexandrie (2009)

Deux de ces volumes nous ont échappé :

  • Le favori des dieux (éditions de l'Archipel, 1996)
  • La conquête gauloise (éditions de l'Archipel, 2000)
L'édition de ces deux titres est épuisée : ces deux volumes sont (pour le moment) introuvables ches les libraires.

Si l'un de nos lecteurs devait posséder l'un ou l'autre de ces deux volumes, nous serions enchantés s'il pouvait nous le(s) faire parvenir en vue d'une saisie numérique suivie d'une exploitation au sein des Actu'ITINERA.
Notre adresse postale est la suivante :
Jean Schumacher
Faculté de Philosophie, arts et lettres
Collège Érasme
Boîte L3.03.12
Place B. Pascal, 1
B- 1348 Louvain-la-Neuve
Belgique.

Les frais d'envoi et de réexpédition seraient, bien évidemment, à notre charge.


4. Lecture : ARNOBE l'Ancien : à propos d'une mort misérable :

Une mort misérable ne diminue en rien les mérites acquis et/ou les enseignements prodigués par une personne durant sa vie. Ainsi en est-il du Christ, mort sur la croix. Il en a été de même pour Pythagore, Socrate, Aquilius, Trebonius ou Regulus.

ARNOBE l’Ancien, Contre les païens, I, 40 :

40.1. 'Sed patibulo adfixus interiit'. - Quid istud ad causam? Neque enim qualitas et deformitas mortis dicta eius immutat aut facta, aut eo minor uidebitur disciplinarum eius auctoritas, quia uinculis corporis non naturali dissolutione digressus est sed ui inlata decessit. 2. Pythagoras Samius suspicione dominationis iniusta uiuus concrematus in fano est: numquid ea quae docuit uim propriam perdiderunt, quia non spiritum sponte sed crudelitate adpetitus effudit? 3. Similiter Socrates ciuitatis suae iudicio damnatus capitali adfectus est poena: numquid inrita facta sunt quae sunt ab eo de moribus uirtutibus et officiis disputata, quia iniuria expulsus e uita est? 4. Innumerabiles alii gloria et uirtute et existimatione pollentes acerbissimarum mortium experti sunt formas, ut Aquilius Trebonius, Regulus: numquid idcirco post uitam iudicati sunt turpes, quia non publica lege fatorum sed mortis asperrimo genere lacerati excruciatique perierunt? 5. Nemo umquam innocens male interemptus infamis est, nec turpitudinis alicuius conmaculatur nota, qui non suo merito poenas graues sed cruciatoris perpetitur saeuitatem.

Traduction anglaise :

But He died nailed to the cross. What is that to the argument? For neither does the kind and disgrace of the death change His words or deeds, nor will the weight of His teaching appear less; because He freed Himself from the shackles of the body, not by a natural separation, but departed by reason of violence offered to Him. Pythagoras of Samos was burned to death in a temple, under an unjust suspicion of aiming at sovereign power. Did his doctrines lose their peculiar influence, because he breathed forth his life not willingly, but in consequence of a savage assault? In like manner Socrates, condemned by the decision of his fellow-citizens, suffered capital punishment: have his discussions on morals, on virtues, and on duties been rendered vain, because he was unjustly hurried from life? Others without number, conspicuous by their renown, their merit, and their public character, have experienced the most cruel forums of death, as Aquilius, Trebonius, and Regulus: were they on that account adjudged base after death, because they perished not by the common law of the fates, but after being mangled and tortured in the most cruel kind of death? No innocent person foully slain is ever disgraced thereby; nor is he stained by the mark of any baseness, who suffers severe punishment, not from his own deserts, but by reason of the savage nature of his persecutor.


5. Lecture : GRÉGOIRE le Grand : Quel genre d'homme faut-il pour gouverner ? :

Grégoire le Grand (540-604 ; pape en 590), La règle pastorale, I, 10 :

Qualis quisque ad regimen uenire debeat.
Ille igitur, ille modis omnibus debet ad exemplum uiuendi pertrahi, qui cunctis carnis passionibus moriens iam spiritaliter uiuit, qui prospera mundi postposuit, qui nulla aduersa pertimescit, qui sola interna desiderat. Cuius intentioni bene congruens, nec omnino per imbecillitatem corpus, nec ualde per contumeliam repugnat spiritus. Qui ad aliena cupienda non ducitur, sed propria largitur. Qui per pietatis uiscera citius ad ignoscendum flectitur, sed nunquam plus quam deceat ignoscens, ab arce rectitudinis inclinatur. Qui nulla illicita perpetrat, sed perpetrata ab aliis ut propria deplorat. Qui ex affectu cordis alienae infirmitati compatitur, sicque in bonis proximi sicut in suis prouectibus laetatur. Qui ita se imitabilem caeteris in cunctis quae agit insinuat, ut inter eos non habeat quod saltem de transactis erubescat. Qui sic studet uiuere, ut proximorum quoque corda arentia doctrinae ualeat fluentis irrigare. …

Traduction anglaise :

What manner of man ought to come to rule.
That man, therefore, ought by all means to be drawn with cords to be an example of good living who already lives spiritually, dying to all passions of the flesh; who disregards worldly prosperity; who is afraid of no adversity; who desires only inward wealth; whose intention the body, in good accord with it, thwarts not at all by its frailness, nor the spirit greatly by its disdain: one who is not led to covet the things of others, but gives freely of his own; who through the bowels of compassion is quickly moved to pardon, yet is never bent down from the fortress of rectitude by pardoning more than is meet; who perpetrates no unlawful deeds, yet deplores those perpetrated by others as though they were his own; who out of affection of heart sympathizes with another's infirmity, and so rejoices in the good of his neighbour as though it were his own advantage; who so insinuates himself as an example to others in all he does that among them he has nothing, at any rate of his own past deeds, to blush for; who studies so to live that he may be able to water even dry hearts with the streams of doctrine …


6. Culture : Bède le Vénérable (vers 672/673 - 735) et le Colisée :

Dans le magazine Le POINT, n° 2027, édition du 21 juillet 2011, Dominique DUNGLAS consacre un article à l'Opération Colisée.

Il y fait mention d'une prophétie médiévale du moine Bède le Vénérable :

"Tant que le Colisée sera debout, Rome sera debout.
Quand le Colisée s'écroulera, Rome s'écoulera.
Quand Rome s'écroulera, le monde s'écroulera".

Nous avons interrogé les différentes banques et bases de données textuelles à notre disposition mais nous n'avons pass trouvé d'attestation de cette prophétie dans les oeuvres numérisées de Bède le Vénérable.

Le texte latin de cette prophétie est le suivant :

Quamdiu stabit Colyseus stabit et Roma.
Quamdiu cadet Colyseus cadet et Roma.
Quamdiu cadet Roma cadet et mundus.

Note :

A l'occasion de cette recherche, nous avons constaté que des traductions françaises, libres de droits, faisaient (encore) défaut pour plusieurs "grands noms" des langues et cultures de l'Antiquité.
Par contre, des traductions anglaises de la fin du XIXe siècle existent et sont disponibles sur la Toile. Nous avons dès lors choisi de retenir ces traductions anglaises pour quelques auteurs dont les environnements hypertextes sont en cours de préparation :

  • ARNOBE l'Ancien, Contre les paîens, 7 livres
  • GRÉGOIRE le Grand, La règle pastorale, 4 parties
  • BÈDE le Vénérable, Histoire ecclésiastique du peuple anglais, 5 livres.

En pratiquant ainsi - comme nous l'avons déjà fait, du côte de la littérature grecque, pour Denys d'Halicarnasse et Dion Chrysostome, - nous faisons une place, dans nos banques de textes, aux écrits en langue latine de ces auteurs réputés. Et si l'anglais de la fin du XIXe siècle n'est pas tout à fait le même que celui de nos jours, il reste, cependant, aisément compréhensible.


Jean Schumacher
29 juillet 2010


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002