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Date :     20-05-2011

Sujets :
Lecture : GUILLAUME de TYR à propos de Tyr, de la Phénicie, de l'alphabet phénicien et de Carthage ; Lecture : QUINTILIEN à propos du droit de la guerre ; Lecture : QUINTILIEN à propos de la femme de Xénophon et celle de Périclès ; Lecture : PLINE l'ANCIEN à propos de L'importance du sel ; Projet HELIOS : Remettre les langues anciennes au goût du jour (D. AUGÉ) ; ITINERA ELECTRONICA : 7 nouveaux environnements hypertextes : Guillaume Budé, Flodoard de Reims, Guillaume de Tyr, Jérôme (saint), Pline l'Ancien, Quintilien, Robert le Moine ;

Notice :

1. Lecture : GUILLAUME de TYR à propos de Tyr, de la Phénicie, de l'alphabet phénicien et de Carthage :

Guillaume de Tyr, L’Histoire des Croisades, XIII, 1 :

… Ex hac urbe, si ad ueteres recurramus historias, Agenor rex fuit, et filii eius, Europa, Cadmus et Phoenix, a quorum altero tota regio, ut Phoenicis diceretur, nomen accepit. Alter uero Thebanae conditor urbis, et Graecarum inuentor litterarum, celebrem posteris de se reliquit memoriam. Tertia uero eiusdem regis filia, orbis terrarum parti tertiae nomen dedit, ut Europa diceretur. Huius quoque ciues excellenti mentis acumine et ingenii uiuacitate praeclari, indiuidua uocum elementa, conuenientibus designare apicibus, primi tentauerunt, et memoriae thesauros aedificantes, mortalium primi scribendi prudentiam et mentis interpretem sermonem, characteribus designandi formam posteris tradiderunt: id et ueterum habent historiae, et belli ciuilis egregius prosecutor Lucanus designat, dicens:
"Phoenices primi, famae si creditur, ausi
Mansuram rudibus uocem signasse figuris". Haec et triti conchylii, et pretiosi muricis, egregio purpuram colore prima insigniuit: unde et praecipua inter eos, etiam hodie, urbis trahens nuncupationem, Tyria dicitur. Ex hac etiam Sychaeus, et uxor eius Elisa Dido fuisse leguntur, qui in Africana dioecesi, ciuitatem illam admirabilem et Romani aemulam imperii, Carthaginem uidelicet, condiderunt; regnumque illud Punicum quasi Phoenicum, a regione unde exierant denominantes, appellauerunt; sed etiam et originis memores, perpetuo se Tyrios, Carthaginenses uoluerunt appellari. Unde illud Maronis in primo:
"Urbs antiqua fuit, Tyrii tenuere coloni".
Et illud:
"Tros Tyriusque mihi nullo discrimine habetur".

… En remontant à l'histoire des temps antiques on apprend que le roi Agénor fut aussi originaire de cette ville [Tyr] , ainsi que ses trois enfants, Europe, Cadmus et Phénix ; celui-ci donna son nom à son pays, qui fut depuis appelé Phénicie. Son frère Cadmus, fondateur de la ville de Thèbes et inventeur de l'alphabet des Grecs, a laissé à la postérité une mémoire célèbre, la fille du même roi donna son nom à cette troisième partie du globe terrestre, qui est maintenant appelée Europe; les habitants de Tyr, distingués par l’extrême sagacité et l'activité de leur esprit, furent les premiers qui tentèrent de fixer les diverses articulations de la voix par des signes propres à chacune d'elles; et, édifiant des trésors pour la mémoire, les premiers ils enseignèrent aux hommes et transmirent à leur postérité l'art d'écrire et de constater, par des caractères de formes déterminées, la parole, interprète des pensées. Ce fait se trouve établi par les anciennes histoires, et Lucain, ce brillant narrateur d'une guerre civile, en parle en ces, termes :
"Phœnices primi, famae si creditur, ausi
mansuram rudibus uocem signare figuris.
La ville de Tyr fut aussi la première qui tira d'un précieux coquillage la belle couleur de pourpre ; aussi cette couleur, prenant son nom de la ville où elle fut inventée, fut-elle appelée par les habitants couleur de Tyr ; aujourd'hui encore elle conserve ce nom. On sait en outre que Sichée et sa femme Elisa Didon étaient originaires de Tyr ; ils fondèrent dans le diocèse d'Afrique cette admirable cité de Carthage, qui fut rivale de l'empire romain, et appelèrent leur royaume Punique, par analogie avec le nom de la Phénicie, pays dont ils étaient sortis. Les Carthaginois, fidèles au souvenir de leur origine, voulurent toujours être appelés Tyriens, aussi lit-on dans Virgile :
"Urbs antiqua fuit, Tyrii tenuere coloni".
Et encore :
"Tros Tyriusue mihi nullo discrimine habetur".


2. Lecture : QUINTILIEN à propos du droit de la guerre :

Quintilien, L'Institution oratoire, V, 10, 111-113 :

CXI. Cum Thebas euertisset Alexander, inuenit tabulas quibus centum talenta mutua Thessalis dedisse Thebanos continebatur. Has, quia erat usus commilitio Thessalorum, donauit his ultro: postea restituti a Casandro Thebani reposcunt Thessalos. Apud Amphictyonas agitur. Centum talenta et credidisse eos constat et non recepisse. CXII. Lis omnis ex eo quod Alexander ea Thessalis donasse dicitur pendet. Constat illud quoque, non esse iis ab Alexandro pecuniam datam: quaeritur ergo, an proinde sit quod datum est ac si pecuniam dederit? Quid proderunt argumentorum loci nisi haec prius uidero, nihil eum egisse donando, non potuisse donare, non donasse? Et prima quidem actio facilis ac fauorabilis repetentium iure quod ui sit ablatum: sed hinc aspera et uehemens quaestio exoritur de iure belli, dicentibus Thessalis hoc regna, populos, fines gentium atque urbium contineri. CXIV. Inueniendum contra est quo distet haec causa a ceteris quae in potestatem uictoris uenirent, nec circa probationem res haeret, sed circa propositionem. Dicamus in primis: in eo quod in iudicium deduci potest nihil ualere ius belli, nec armis erepta nisi armis posse retineri. Itaque, ubi illa ualeant, non esse iudicem: ubi iudex sit, illa nihil ualere.

Après avoir ruiné la ville de Thèbes, Alexandre trouva un titre constatant que les Thébains avaient prêté cent talents aux Thessaliens; et, comme les Thessaliens l'avaient assisté dans le siège de Thèbes, il leur fit remise, de ce titre. Plus tard, ayant été rétablis par Cassandre, les Thébains redemandent les cent talents aux Thessaliens. La cause se plaide devant les Amphictyons. Il est constant que les Thébains ont prêté cent talents, et qu'ils n'en ont point été remboursés. Tout le procès roule sur ce point, qu'Alexandre en a fait don aux Thessaliens. Il est constant aussi qu'Alexandre ne leur a point donné d'argent. Il s'agit donc de savoir si ce qu'il a fait est la même chose que s'il leur eût donné de l'argent. A quoi me serviront les lieux d'arguments, si je ne considère préalablement que la donation faite par Alexandre est nulle, qu'il n'a pu la faire, qu'il ne l'a point faite ? Et d'abord les Thébains invoquent le droit contre la force, moyen de défense à la fois facile, et très propre à leur concilier la faveur des juges mais de là naît aussi la question sévère et farouche du droit de la guerre; car les Thessaliens ne manqueront pas de la faire valoir, et de dire que c'est ce droit qui maintient les royaumes, les peuples, les limites des nations et des villes. Il faut donc leur opposer quelque raison qui établisse que le titre, qui fait l'objet de la cause, diffère de ce qui tombe ordinairement au pouvoir du vainqueur. Et ici la difficulté n'est pas tant dans la preuve que dans la proposition. Nous dirons donc avant tout que, dans ce qui peut être du ressort de la justice, le droit de la guerre est sans valeur; que ce qui a été ravi par les armes ne peut être retenu que par les armes; qu'où les armes dominent, il n'y a point de juge, et qu'où le juge préside, les armes perdent leurs droits


. 3. Lecture : QUINTILIEN à propos de la femme de Xénophon et celle de Périclès :

Quintilien, L'Institution oratoire, V, 11, 27 :

… cauendum ne incaute respondeas, ut apud Aeschinem Socraticum male respondit Aspasiae Xenophontis uxor, quod Cicero his uerbis transfert: 28 "dic mihi, quaeso, Xenophontis uxor, si uicina tua melius habeat aurum quam tu habes, utrumne illud an tuum malis? illud, inquit. quid, si uestem et ceterum ornatum muliebrem pretii maioris habeat, quam tu, tuum ne an illius malis? respondit: illius uero. age sis, inquit, si uirum illa meliorem habeat, quam tu habes, utrumne tuum uirum malis an illius?" 29 hic mulier erubuit, merito: male enim responderat, se malle alienum aurum quam suum; nam est id inprobum. at, si respondisset, malle se aurum suum tale esse, quale illud esset, potuisset pudice respondere, malle se uirum suum talem esse, qualis melior esset.

… il faut prendre garde de répondre inconsidérément aux questions, comme fit la femme de Xénophon, interrogée par la femme de Périclès, dans le dialogue d'Eschine le Socratique, intitulé Aspasie, Je me sers de la traduction de Cicéron [De l'invention, I, 31] : Dites-moi, je vous prie, épouse de Xénophon, si votre voisine avait de l'or plus fin que le vôtre, lequel aimeriez-vous le mieux, du vôtre ou du sien? Le sien, répondit-elle. Si elle avait des vêtements et d'autres ornements de femme plus précieux que les vôtres, lesquels aimeriez-vous le mieux? Les siens, répondit-elle encore. Mais si son mari valait mieux que le vôtre, lequel aimeriez-vous le mieux, du vôtre ou du sien? Ici la femme de Xénophon rougit, et avec raison; car elle avait mal répondu en disant qu'elle aimerait mieux l'or de sa voisine que le sien, cela sent trop la cupidité: mais si elle eût dit : J'aimerais mieux que mon or fût tel que celui de ma voisine elle eût pu répondre sans rougir : J'aimerais mieux que mon mari ressemblât à un autre meilleur que lui.


4. Lecture : PLINE l'ANCIEN à propos de L'importance du sel :

Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, XXXI, 41 :

87 ad opsonium et cibum utilior quisquis facile liquescit, item umidior, minorem enim amaritudinem habent, ut Atticus et Euboicus. seruandis carnibus aptior acer et siccus, ut Megaricus. conditur etiam odoribus additis et pulmentarii uicem implet, excitans auiditatem inuitansque in omnibus cibis ita, ut sit peculiaris ex eo intellectus inter innumera condimenta, item in mandendo quaesitus garo. 88 quin et pecudes armentaque et iumenta sale maxime sollictiantur ad pastus, multo tum largiore lacte multoque gratiore etiam in caseo dote. ergo, Hercules, uita humanior sine sale non quit degere, adeoque necessarium elementum est, uti transierit intellectus ad uoluptates animi quoque eximias sales appellantur, omnisque uitae leps et summa hilaritas laborumque requies non alio magis uocabulo constat. 89 honoribus etiam militaeque interponitur salariis inde dictis, magna apud antiquos et auctoritate, sicut apparet ex nomine Salariae uiae, quoniam illa salem in Sabinos portari conuenerat. Ancus Marcius rex salis modios VI in congiario dedit populis et salinas primus instituit. Varro etiam pulmentarii uice usos ueteres auctor est, salem cum pane esitasse eos prouerbio apparet. maxime tamen in sacris intellegitur auctoritas, quando nulla conficiuntur sine mola salsa.

On aime d'autant plus pour les ragoûts et les aliments un sel, qu'il se fond plus facilement et aussi qu'il est plus humide ; en effet, le goût en est moins amer: tels sont les sels de l'Attique et de l'Eubée. Un sel piquant et sec, comme celui de Mégare, est plus propre à la conservation des viandes. On confit aussi le sel en y ajoutant des substances odoriférantes. Il sert de sauce, il excite l'appétit, il relève tous les aliments ; et le fait est que parmi les innombrables assaisonnements dont nous usons le goût propre au sel domine toujours. 4. En mangeant du garum, c'est encore la saveur du sel qu'on recherche. Bien plus, rien mieux que le sel ne fait manger les moutons, les bêtes à cornes et les bêtes de somme; il augmente la quantité du lait, et donne meilleur goût au fromage. On ne peut donc vivre agréablement sans sel; et c'est une substance tellement nécessaire, que le nom en est appliqué même aux plaisirs de l'esprit; ou les nomme en effet sales (sels). Tous les agréments de la vie, l'extrême gaieté, le délassement du travail, n'ont pas de mot qui les caractérise le mieux. 5. Il entre aussi pour quelque chose dans les honneurs et les rétributions militaires, puisque c'est de là que vient le mot de salaire. Le sel était en grande estime chez les anciens, comme on le voit par le nom de la voie Salaria, ainsi nommée parce que, en vertu d'une convention, les Sabins faisaient venir leur sel par cette voie. Le roi Ancus Mucius donna au peuple, dans un congiaire, six mille boisseaux de sel, et il fut le premier qui établit des salines. Varron rapporte que les anciens faisaient du sel un plat; et le proverbe nous montre qu'ils le mangeaient avec du pain. Mais c'est surtout dans les sacrifices que l'on voit l'importance du sel : il ne s'en fait aucun où l'on n'offre des gâteaux salés.


5. Projet HELIOS : Remettre les langues anciennes au goût du jour (D. AUGÉ) :

Dans LE MONDE, édition du 18 mai 2011, a paru une interview de Dominique Augé réalisée par Bertrand Courrège :

Remettre les langues anciennes au goût du jour

Dominique Augé, Professeur de langues anciennes au lycée Vaugelas de Chambéry, a exercé, pendant deux années, la charge de coordinatrice, en France, du Projet HELIOS. Il s'agit, en l'occurrence, d'un serveur éducatif au bénéfice des étudiants en langues et cultures de l'Antiquité. Étudiants de l'enseignement secondaire tant français que belge.

Ce Projet HELIOS est le résultat d'une collaboration entre les Académies de Grenoble et de Toulouse ainsi que de l'UCL à Louvain-la-Neuve (Faculté de philosophie, arts et lettres). C'est dans cette Université qu'est situé le serveur du Projet HELIOS.

Le Projet HELIOS porte sur la mise à disposition gratuite sur la Toile de contenus pédagogiques, élaborés par des enseignants relevant des Académies de Grenoble et de Toulouse; contenus appuyés par les TICE (Technologies d'Information et de Communication pour l'Enseignement) au travers d'applications et de réalisations faites à l'UCL-LLN.

Dominique Augé s'est particulièrement signalée par l'élaboration de nombreux contenus pédagogiques de plus en plus affinés en fonction de leur réception sur le "terrain".

Les expériences ainsi menées ont trouvé plus qu'un écho dans sa thèse en didactique des langues anciennes, défendue le 12 novembre 2010 à Grenoble et dont nous avons rendu compte dans l'Actualité du 15 novembre 2010.

En nous basant sur les statistiques de consultation du mois d'avril 2011, nous pouvons établir, pour D. Augé, le palmarès des contenus les plus visités de la façon suivante, sachant que 38.913 pages, au total, ont été demandées, en avril 2011, à charge des contenus de la valise "augé" :

Actuellement, Dominique AUGÉ poursuit ses recherches et ses réalisations au sein du site LITTERAS LEGERE / Ἄνθη λέγεσθαι. Une publication sur les méthodes d'apprentissage en latin et en grec est en préparation.


6. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Cette semaine-ci Christian RUELL, sollicité de toutes parts, a réussi, cependant, à créer 7 nouveaux environnements hypertextes :

  • Guillaume Budé (1467-1540), Le passage de l'Hellénisme au Christianisme, livre II (un extrait)
  • Flodoard de Reims (vers 894 - 966), Histoire de l'Église de Reims, livre I [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Guillaume de Tyr,L'Histoire des Croisades, livre XIII [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Jérôme (saint), Lettre LX, Éloge funèbre de Népotien, texte complet [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, livre XXXI [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Quintilien, L'Institution oratoire, livre V [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Robert le moine(XIe. s.), Histoire de la première Croisade, livre I [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


Jean Schumacher
20 mai 2011


 
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Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002