Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

Actu' ITINERA+ (Actualités - Nouvelles)


  Accueil     Liste des actualités     Recherche     Actualité     Administration  

Date :     13-05-2011

Sujets :
Lecture : QUINTILIEN, L'Institution oratoire, IX, 4, 3 : Que faut-il préférer : un langage inculte ou un style soigné ? ; Lecture: PLINE l'ANCIEN, L'Histoire naturelle, XXV, 8 : Le moly, une plante magique ; Lecture : PLINE l'ANCIEN, L'Histoire naturelle, XXV, 95 : à propos de la ciguë ; ITINERA ELECTRONICA : 5 nouveaux environnements hypertextes : Pline l'Ancien, Quintilien, Tertullien (x 3) ;

Notice :

1. Lecture : QUINTILIEN, L'Institution oratoire, IX, 4, 3 : Que faut-il préférer : un langage inculte ou un style soigné ? :

III. Neque ignoro quosdam esse qui curam omnem compositionis excludant, atque illum horridum sermonem, ut forte fluxerit, modo magis naturalem, modo etiam magis uirilem esse contendant. Qui si id demum naturale esse dicunt quod natura primum ortum est et quale ante cultum fuit, tota hic ars orandi subuertitur. IV. Neque enim locuti sunt ad hanc regulam et diligentiam primi homines, nec prohoemiis praeparare, docere expositione, argumentis probare, adfectibus commouere scierunt. Ergo his omnibus, non sola compositione caruerunt: quorum si fieri nihil melius licebat, ne domibus quidem casas aut uestibus pellium tegmina aut urbibus montes ac siluas mutari oportuit. V. Quae porro ars statim fuit? Quid non cultu mitescit? cur uites coercemus manu? cur eas fodimus? Rubos aruis excidimus: terra et hos generat. Mansuefacimus animalia: indomita nascuntur. Verum id est maxime naturale quod fieri natura optime patitur. VI. Fortius uero qui incompositum potest esse quam uinctum et bene conlocatum? Neque, si praui pedes uim detrahunt rebus, ut sotadeorum et galliamborum et quorundam in oratione simili paene licentia lasciuientium, id uitium compositionis est iudicandum. VII. Ceterum quanto uehementior fluminum cursus est prono alueo ac nullas moras obiciente quam inter obstantia saxa fractis aquis ac reluctantibus, tanto quae conexa est et totis uiribus fluit fragosa atque interrupta melior oratio. cur ergo uires ipsa specie solui putent, quando res nec ulla sine arte satis ualeat et comitetur semper artem decor? VIII. An non eam quae missa optime est hastam speciosissime contortam ferri uidemus, et arcu derigentium tela quo certior manus, hoc est habitus ipse formosior? Iam in certamine armorum atque in omni palaestra quid satis recte cauetur ac petitur cui non artifex motus et certi quidam pedes adsint? IX. Quare mihi compositione uelut ammentis quibusdam neruisue intendi et concitari sententiae uidentur.

Je sais qu'il y a des gens qui condamnent absolument le soin de la composition, prétendant qu'un langage inculte, et tel qu'il se présente, a quelque chose de plus naturel, et même de plus mâle. Si ces personnes ne reconnaissent pour naturel que ce qui est le produit brut de la nature, l'art oratoire est une pure inanité; car les premiers hommes ont parlé sans connaître les règles et les soins qu'il comporte. Ils n'ont su ni préparer les esprits par un exorde, ni instruire par une exposition, ni prouver par des arguments, ni émouvoir par les passions. Ce n'est donc pas seulement la composition qui leur a manqué, mais tout ce qui est de l'art. Si en ceci ils n'avaient rien à gagner à la culture, ils ont eu tort de quitter leurs cabanes pour des maisons, leurs peaux de bêtes pour des vêtements, leurs montagnes et leurs forêts pour des villes. Qu'on me cite un art qui soit né soudainement. Qu'y a-t-il au contraire que la parure n'embellisse? Pourquoi tailler la vigne et la fouir? pourquoi défricher les champs? car les ronces sont aussi des fruits naturels de la terre. Pourquoi apprivoiser les animaux ? ne naissent-ils pas indomptés? Disons plutôt que rien n'est plus naturel que ce que la nature permet de développer en elle sans la contrarier. Or, peut-on dire qu'un style où tout marche au hasard soit plus fort qu'un style où tout se lie et s'enchaîne harmonieusement? Car si, dans la poésie, l'emploi de petits pieds, semblables à ceux des vers sotadéens, énerve la pensée; si, de même, la prose perd sa force sous la plume de quelques écrivains prétentieux, il ne faut pas croire que ce soit l'effet de la composition. Au reste, comme un fleuve, entraîné par la pente d'un lit large et uni, est plus impétueux que s'il avait à lutter et à se briser sans cesse contre des rochers, de même un style qui, au moyen d'un certain enchaînement, coule dans toute sa plénitude, vaut mieux qu'un style heurté et continuellement interrompu. Pourquoi donc s'imaginer que la force et la beauté sont incompatibles, quand on voit au contraire que rien ne va fort loin sans le secours de l'art, et que l'art est toujours accompagné de la beauté? Est-ce qu'un javelot habilement lancé ne fend pas l'air avec plus de grâce? Plus la main de l'archer est sûre, plus son attitude est belle. Enfin, au combat des armes et dans tous les exercices gymnastiques, celui-là sait le mieux se défendre ou attaquer, à qui l'art a appris à combiner ses mouvements et à observer certaines mesures. Je tiens donc, pour moi, que la composition est aux pensées ce que l'arc et la corde sont à la flèche. Aussi les doctes sont-ils persuadés qu'elle est d'une merveilleuse efficacité non-seulement pour plaire, mais encore pour émouvoir.


2. Lecture: PLINE l'ANCIEN, L'Histoire naturelle, XXV, 8 : Le moly, une plante magique :

[25,8] 26 Clarissima herbarum est Homero teste quam uocari a dis putat moly, et inuentionem eius Mercurio adsignat contraque summa ueneficia demonstrationem. nasci eam hodie circa Pheneum et in Cyllene Arcadiae tradunt specie illa Homerica, radice rotunda nigraque, magnitudine cepae, folio scillae, effodi autem non difficulter. 27 Graeci auctores florem eius luteum pinxere, cum Homerus candidum scripserit. inueni e peritis herbarum medicis qui et in Italia nasci eam diceret adferrique e Campania autumni aliquot diebus, effossam inter difficultates saxeas, radicis XXX pedes longae ac ne sic quidem solidae, sed abruptae.

[25,8] VIII. (IV.) <1> La plante la plus célèbre est, d'après Homère, celle qu'il croit être appelée moly (μῶλυ ; allium magicum) par les dieux : ce poète en attribue la découverte à Mercure, et il en signale l'efficacité contre les plus puissants maléfices (Od. X, 302). Aujourd'hui, dit-on, elle croît aux environs du lac Phénée, et dans la contrée de Cyllène en Arcadie. Elle est semblable à la description d'Homère; elle a la racine ronde et noire, la grosseur d'un oignon et la feuille de la scille; on a de la peine à l'arracher. Les auteurs grecs nous en peignent la fleur tirant sur le jaune, tandis qu'Homère a dit qu'elle était blanche. J'ai rencontré un médecin habile dans la connaissance des herbes, qui m'a assuré que cette plante croissait en Italie, et qui m'en a fait apporter quelques jours après de la Campanie un échantillon qu'on avait tiré à grande peine des difficultés d'un terrain pierreux. La racine avait trente pieds de long, et encore elle n'était pas entière; elle s'était cassée.

Témoignages :

HOMÈRE, L'Odyssée, X, 289 - 306 :

289 πάντα δέ τοι ἐρέω ὀλοφώια δήνεα Κίρκης.
290 τεύξει τοι κυκεῶ, βαλέει δ᾽ ἐν φάρμακα σίτῳ.
ἀλλ᾽ οὐδ᾽ ὣς θέλξαι σε δυνήσεται· οὐ γὰρ ἐάσει
φάρμακον ἐσθλόν, ὅ τοι δώσω, ἐρέω δὲ ἕκαστα.
ὁππότε κεν Κίρκη σ᾽ ἐλάσῃ περιμήκεϊ ῥάβδῳ,
δὴ τότε σὺ ξίφος ὀξὺ ἐρυσσάμενος παρὰ μηροῦ
295 Κίρκῃ ἐπαῖξαι, ὥς τε κτάμεναι μενεαίνων.
ἡ δέ σ᾽ ὑποδείσασα κελήσεται εὐνηθῆναι·
ἔνθα σὺ μηκέτ᾽ ἔπειτ᾽ ἀπανήνασθαι θεοῦ εὐνήν,
ὄφρα κέ τοι λύσῃ θ᾽ ἑτάρους αὐτόν τε κομίσσῃ·
ἀλλὰ κέλεσθαί μιν μακάρων μέγαν ὅρκον ὀμόσσαι,
[10,300] μή τί τοι αὐτῷ πῆμα κακὸν βουλευσέμεν ἄλλο,
μή σ᾽ ἀπογυμνωθέντα κακὸν καὶ ἀνήνορα θήῃ.᾽
"ὣς ἄρα φωνήσας πόρε φάρμακον ἀργεϊφόντης
ἐκ γαίης ἐρύσας, καί μοι φύσιν αὐτοῦ ἔδειξε.
ῥίζῃ μὲν μέλαν ἔσκε, γάλακτι δὲ εἴκελον ἄνθος·
305 μῶλυ δέ μιν καλέουσι θεοί· χαλεπὸν δέ τ᾽ ὀρύσσειν
ἀνδράσι γε θνητοῖσι, θεοὶ δέ τε πάντα δύνανται.

289 Je te dirai toutes les ruses maléfiques de Circé. Elle te préparera une mixture; elle jettera une drogue dans ta coupe; mais, même ainsi, elle ne pourra t'ensorceler; car la bonne herbe, que je vais te donner, en empêchera l'effet. Je te dirai tout en détail : quand Circé te touchera de sa grande baguette, alors tire du long de ta cuisse ton épée aiguë, et saute sur elle, comme si tu voulais la tuer. Elle, par crainte, te pressera de partager sa couche; ce n'est plus le moment de refuser le lit d'une déesse, si tu veux qu'elle délivre tes compagnons et assure ton retour; mais fais-lui prêter le grand serment des bienheureux,
[10,300] qu'elle ne méditera contre toi aucun mauvais dessein, qu'elle ne profitera pas de ta nudité pour te priver de ta force et de ta virilité. » Ayant ainsi parlé, l'Argiphonte me donna l'herbe, qu'il avait arrachée du sol et m'en expliqua la vertu. Sa racine était noire, sa fleur blanche comme le lait. Les dieux l'appellent moly; elle est difficile à arracher pour les hommes mortels; mais les dieux peuvent tout ...

GALIEN (médecin), De simplicium medicamentorum temperamentis ac facultatibus libri xi.
ΓΑΛΗΝΟΥ ΠΕΡΙ ΤΗΣ ΤΩΝ ΑΠΛΩΝ ΦΑΡΜΑΚΩΝ ΚΡΑΣΕΩΣ ΚΑΙ ΔΥΝΑΜΕΩΣ.

12.82.13 [λβʹ. Περὶ μώλυος.] Μῶλυ. τινὲς τοῦτο πήγανον ἄγριον ὀνομάζουσιν, ἔνιοι δὲ ἅρμολαν, Σύροι δὲ βησασὰν, ὥσπερ δὴ καὶ οἱ Καππαδόκαι μῶλυ, διότι τῇ ῥίζῃ μέν ἐστι μέλαν, ἄνθος δ' ἔχει γαλακτῶδες. ἡ δύναμις δ' αὐτοῦ λεπτομερής τ' ἐστὶ καὶ θερμὴ κατὰ τὴν τρίτην ἀπόστασιν, ὅθεν καὶ τέμνει τοὺς παχεῖς καὶ γλίσχρους χυμοὺς καὶ διαφορεῖ καὶ ἐπ' οὔρησιν προτρέπει.

Référence : MOLY (WIKIPEDIA) :

"Dans la mythologie grecque, le moly (en grec ancien μῶλυ / mỗlu) est une plante magique.
Selon l’Odyssée, Hermès en offre à Ulysse comme antidote aux sortilèges de la magicienne Circé, qui transformait ses hommes d'équipage en pourceaux.
Le fait que cette plante empêche le héros de se transformer en pourceau, c'est-à-dire en être non humain, en fait un symbole de la raison, et par extension de la sagesse (pour Héraclite) ou de la philosophie (pour Budé au XVIe siècle : Le Passage de l'hellénisme au christianisme, Les Belles Lettres, coll. « Les classiques de l'humanisme », Paris, 1993, p. 179).
Dans tous les cas, elle représente le don de ramener vers l'humanité ce qui dans l'homme glisse vers l'animalité et la dégradation morale ou physique.
Le moly se présente comme l'exacte antithèse du « lotos », la plante de l'oubli consommée par les Lotophages, l'autre végétal énigmatique présent dans l'Odyssée. ..."


3. Lecture : PLINE l'ANCIEN, L'Histoire naturelle, XXV, 95 : à propos de la ciguë :

[25,95] 151 Cicuta quoque uenenum est, publica Atheniensium poena inuisa, ad multa tamen usus non omittendi. semen habet noxium; caulis autem et uiridis estur a plerisque et in patinis. leuis hic et geniculatus ut calami, nigricans, altior saepe binis cubitis, in cacuminibus ramosus, folia coriandri teneriora, grauia odoratu, semen aneso crassius, radix concaua, nullius usus. semini et foliis refrigeratoria uis; sic et necat: incipiunt algere ab extremitatibus corporis.
152 remedio est, priusquam ad uitalia perueniat, uini natura excalfactoria. sed in uino pota inremediabilis existit. sucus exprimitur foliis floribusque, tum enim maxime tempestiuus est; melior semine trito expressus et sole densatus in pastillos. necat sanguinem spissando — haec altera uis ei —; ideo sic necatorum maculae in corporibus apparent.
153 ad dissoluenda medicamenta utuntur illo pro aqua. fit ex eo et ad refrigerandum stomachum malagma. praecipuus tamen est ad cohibendas epiphoras aestiuas oculorumque dolores sedandos circumlitus; miscetur collyriis. et alias omnes rheumatismos cohibet. folia quoque tumorem omnem doloremque et epiphoras sedant. 154 Anaxilaus auctor est mammas a uirginitate inlitas semper staturas. quod certum est, lac puerperarum mammis inposita extinguit ueneremque testibus circa pubertatem inlita. remedia, in quibus bibenda censetur, non equidem praeceperim. uis maxima natae Susis Parthorum, mox Laconicae, Creticae, Asiaticae, in Graecia uero Megaricae, deinde Atticae.

[25,95] XCV. <1> La ciguë aussi est un poison, odieuse par l'usage qu'on en faisait à Athènes pour le supplice des condamnés, mais ayant cependant divers emplois qu'il ne faut pas omettre. La graine est malfaisante, mais la tige se mange très fréquemment crue et cuite : elle est lisse, articulée comme les roseaux, noirâtre, haute souvent de deux coudées, et rameuse au sommet. Les feuilles sont celles de la coriandre, mais plus molles et d'une odeur plus forte. La graine est plus grosse que l'anis; la racine, creuse, n'est d'aucun usage. La graine et les feuilles ont des propriétés réfrigérantes. Ceux que la ciguë fait mourir commencent à se glacer par les extrémités du corps.
<2> Le remède, avant que le poison ne soit parvenu aux parties vitales, est le vin, qui de sa nature est échauffant. Mais la ciguë, avalée dans le vin même, est regardée comme absolument sans remède. Le suc s'exprime des feuilles et des fleurs; c'est en effet lors de la floraison qu'il est dans toute sa force. Le suc qu'on tire de la graine en la pilant, et qui, épaissi au soleil, est divisé en trochisques, donne la mort en coagulant le sang (seconde propriété de la ciguë); aussi ceux qu'il tue ont-ils le corps parsemé de taches. On s'en sert au lieu d'eau pour délayer certains médicaments. On en prépare un emplâtre pour rafraîchir l'estomac. Il est spécialement bon en topique pour arrêter les fluxions des yeux qui surviennent pendant l'été, et pour calmer la douleur de ces organes. Il entre dans les collyres, et il arrête toutes les autres fluxions.
<3> Les feuilles aussi calment toute tuméfaction, toute douleur, toute fluxion des yeux. Anaxilaüs prétend que les mamelles frottées de ciguë avant la puberté demeurent stationnaires : ce qui est certain, c'est qu'en topique sur les mamelles cette substance tarit le lait des nouvelles accouchées, et qu'appliquée vers l'époque de la puberté sur les testicules elle éteint tout désir vénérien. Nous nous garderons bien d'enseigner les recettes abortives dans lesquelles on la fait entrer. La plus active ciguë est celle qui croit à Suse, chez les Parthes, puis celle de la Laconie, de la Crète et de la province d'Asie. En Grèce, au premier rang est celle de Mégare, au second celle de l'Attique (conium maculatum).

Référence : Grande ciguë (WIKIPEDIA) :

"La grande ciguë (Conium maculatum) est une plante herbacée bisannuelle de la famille des Apiacées (Ombellifères). Très toxique, elle était à la base du poison officiel des Athéniens et de la colonie phocéenne de Massilia (Marseille) pour exécuter les condamnés à mort et les « suicides commandés ». Toutefois, il est difficile de l'entreposer à l'époque puisque la terre cuite utilisée pour les amphores s'effrite à son contact ..."


4. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Christian RUELL poursuit son chemin : cette semaine-ci, il a produit 5 nouveaux environnements hypertextes :

  • Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, livre XXV [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Quintilien, L'Institution oratoire, livre IX [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Tertullien, A Scapula, texte complet [Traduction française reprise au site TERTULLIAN.ORG]
  • Tertullien, Contre Praxéas, texte complet [Traduction française reprise au site TERTULLIAN.ORG]
  • Tertullien, Exhortation à la chasteté, texte complet [Traduction française reprise au site TERTULLIAN.ORG]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


Jean Schumacher
13 mai 2011


 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002