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Date :     29-04-2011

Sujets :
Lecture : AUGUSTIN (saint) : A partir de quand un homme peut-il être appelé sage ou insensé ? ; Lecture : PALLADIUS : Comment faire pour découvrir de l'eau dans un lieu donné ? ; Excursus : Philippe MELANCHTHON (1497-1560), Du libre arbitre ; Lexique GREC - FRANCAIS & Fables d'Ésope (2e partie ; D. de CLERCQ) ; ITINERA ELECTRONICA : 5 nouveaux environnements hypertextes : Augustin (saint ; x 3), Palladius, Pline l'Ancien ;

Notice :

1. Lecture : AUGUSTIN (saint) : A partir de quand un homme peut-il être appelé sage ou insensé ? :

Augustin (saint), Du libre arbitre, III, 24 :

« … Tunc enim homo incipit aut stultus esse aut sapiens, ut alterum horum necessario appelletur, cum iam posset, nisi negligeret, habere sapientiam, ut uitiosae stultitiae sit uoluntas rea. Non enim quisquam ita desipit, ut stultum appellet infantem, quamuis sit absurdior si uelit appellare sapientem. Ut ergo infans nec stultus nec sapiens dici potest, quamuis iam homo sit; ex quo apparet naturam hominis recipere aliquid medium, quod neque stultitiam, neque sapientiam recte uocaueris: ita etiam si quisquam tali affectione animatus esset, qualem habent illi qui per negligentiam sapientia carent, nemo eum stultum recte diceret quem non uitio, sed natura talem uideret. Est enim stultitia, rerum appetendarum et uitandarum non quaelibet, sed uitiosa ignorantia. Unde neque animal irrationale stultum dicimus, quia non accepit ut sapiens esse posset. Appellamus tamen plerumque ex similitudine aliquid non proprie. Nam et caecitas cum maximum uitium sit oculorum, non tamen in catulis nascentibus uitium est, nec proprie caecitas dici potest. … «

Quand est-ce qu'un homme commence à mériter d'être appelé nécessairement ou sage ou insensé? N'est-ce pas quand il pourrait posséder la sagesse, s'il n'y mettait pas de négligence et que sa volonté devient responsable du défaut de la folie? Personne n'est assez dépourvu de sens pour appeler un enfant insensé; on serait moins raisonnable encore de vouloir l'appeler sage. Si donc un enfant, tout homme qu'il soit, n'est ni fou ni sage; si par conséquent la nature humaine est susceptible d'un certain milieu qu'on ne peut nommer ni folie ni sagesse; évidemment, on ne pourrait appeler insensé un homme qui serait disposé comme le sont ceux qui ont négligé d'acquérir la sagesse, s'il était ainsi non par sa faute, mais naturellement. La folie, en effet, n'est pas une ignorance quelconque de ce que l'on doit rechercher ou éviter, c'est une ignorance vicieuse. De là vient que nous n'appelons pas fou un animal sans raison : il ne lui a pas été donné de pouvoir acquérir la sagesse. Et pourtant nous prenons souvent les termes dans un sens figuré. Ainsi en est-il de la cécité : elle est certainement le plus grand défaut dont puissent être affectés les yeux, mais elle n'en est pas un dans les petits chiens qui viennent de naître, et à proprement parler, on ne peut alors la nommer cécité. …


2. Lecture : PALLADIUS : Comment faire pour découvrir de l'eau dans un lieu donné ?

Palladius, De l'économie rurale, IX, 8 :

« … Ante ortum solis his locis, quibus aqua quaerenda est, aequaliter pronus mento ad solum depresso iacens in terra spectabis orientem et, in quo loco crispum subtili nebula aerem surgere uideris et uelut rorem spargere, signo aliquo uicinae stirpis aut arboris praenotabis. Nam constat siccis locis, ubi hoc fiet, aquam latere. Sed terrarum genus considerabis, ut possis uel de tenuitate uel de abundantia iudicare. <2> Creta tenues nec optimi saporis uenas creabit, sabulo solutus exiles, insuaues, limosas et spatio altiore summersas: nigra terra umores et stillicidia non magna ex hibernis imbribus et liquore collecta sed saporis egregii, glarea mediocres et incertas uenas sed suauitate praecipuas, sabulo masculus et harena et carbunculus certas et ubertate copiosas. In saxo rubro bonae et abundantes sunt. <3> Sed prouidendum est, ne inuentae inter rimae refugiant et per interuenia dilabantur. Sub radicibus montium et in saxis silicibus uberes, frigidae, salubres, locis campestribus salsae, graues, tepidae, insuaues. Quarum sapor si optimus fuerit, noueris eas sub terris exordium de monte sumpsisse: sed in mediis campis montanorum fontium suauitatem sequentur, si umbrantibus tegantur arbustis. <4> Sunt et haec signa uestigandae aquae, quibus tunc credimus, si neque lacuna est neque aliquis ibi ex consuetudine umor insidet aut praeterit. Iuncus tenuis, salix siluatica, alnus, uitex, arundo, edera ceteraque, si qua umore gignuntur. <5> Locus ergo, ubi praedicta signa reppereris, fodiatur latitudine pedibus tribus, altitudine pedibus quinque et proxime solis occasum mundum uas ibi aereum tiel plumbeum interius unctum inuersum ponatur in solo ipsius fossionis. Tunc supra fossae labra crates facta de uirgis ac frondibus additaque terra spatium omne cooperiat. <6> Sequenti die aperto loco, si in eodem uase sudores intrinsecus inuenientur aut stillae, aquas ibi esse non dubites. Item si uas figuli siccum neque coctum eadem ratione ponatur ac similiter operiatur: altero die, si aquarum uena est, in praesenti uas concepto umore soluetur. Item uellus lanae aeque positum uel cooperturn, si tantum colligit umoris, ut alia die fundat expressum, copias inesse testabitur. [7] Item lucerna oleo plena et incensa, si ibi similiter tecta ponatur et secuto die inueniatur extincta superantibus alimentis, aquas idem locus habebit. Item si in eo loco focum feceris et terra uaporata umidum fumum nebulosumque ructauerit, aquas inesse cognosces. His itaque repertis certa signorum firmante notitia puteum fodies et aquae caput requires uel, si plura sunt, in unum colliges. Tamen maxime sub radicibus montium in septemtrionali parte quaerendae sunt aquae, quia in his locis magis abundant utilioresque nascuntur.

Dans l'endroit où vous voulez trouver de l’eau, étendez-vous tout du long, avant le lever du soleil, le menton appuyé contre terre et les yeux tournés vers l'orient. Si vous voyez alors se lever, sous la forme d'un nuage, une vapeur légère qui répande une espèce de rosée, marquez la place à l'aide de quelque souche ou de quelque arbre du voisinage; car il y a de l’eau cachée dans tout lieu sec où se manifeste un tel phénomène. Vous observerez aussi la nature du terrain, afin de pouvoir juger de la quantité d'eau plus ou moins grande qu'il renferme. L’argile donnera des veines maigres et d'un goût peu agréable; le sablon mouvant produira aussi un filet d'eau d'un mauvais goût, trouble, et qui se perdra dans des couches profondes; la terre noire donnera goutte à goutte une très petite quantité d'eau provenant des pluies et de l'humidité de l'hiver; mais cette eau sera d'un goût parfait. Le gravier donnera des veines médiocres et incertaines, mais d'une douceur remarquable; le sablon mâle, le sable et le carboncle, des veines sûres et intarissables. Celles des roches rouges sont bonnes et copieuses. Vous examinerez si les eaux découvertes ne fuient pas à travers des crevasses ou des excavations souterraines. Au pied des montagnes et dans les roches siliceuses les eaux sont abondantes, fraîches et salubres; dans les terrains plats, elles sont saumâtres, lourdes, tièdes et désagréables. Si, par hasard, elles ont bon goût, c'est une preuve qu'avant de couler sous terre elles sortent d'une montagne. Du reste, elles acquerront, même dans les plaines, la douceur des eaux des montagnes, si elles sont ombragées d'arbustes. Voici d'autres indices propres à éclairer vos recherches (on peut s'y fier, lorsqu'il n'y a point de mares dans l'endroit, et que l'eau n'y séjourne ou n'y passe point habituellement) : ce sont les joncs déliés, le saule des forêts, l'aune, l'agnus-castus, le roseau, le lierre et les végétaux aquatiques. Vous creuserez l'endroit où se trouveront ces indices jusqu'à cinq pieds de profondeur sur trois de large; et, vers le coucher du soleil, vous mettrez dans cette fosse un vase d'airain ou de plomb propre et graissé dans l'intérieur, l'orifice tourné vers le fond de la fosse. Ensuite vous étendrez sur les bords une claie de baguettes et de branchages, et vous recouvrirez le tout de terre. Le lendemain, en ouvrant la fosse, si vous trouvez que le vase sue en dedans ou que l'eau en dégoutte, n'en doutez pas, cet endroit renferme de l'eau. Mettez aussi dans cette fosse un vase de terre sec et non cuit, et recouvrez-le de la même manière. Le lendemain, s'il y a une veine d'eau, il sera dissous par l'humidité dont il aura été imprégné. Une toison de brebis, également déposée dans la fosse et recouverte de même, vous indiquera qu'il y a là beaucoup d'eau, si elle dégoutte quand on la pressera le lendemain. Cet endroit renfermera encore de l'eau, si, après avoir mis dans la fosse recouverte une lampe allumée et pleine d'huile, vous la trouvez éteinte le lendemain, quoiqu'elle n'ait pas manqué d'aliments. De même, si vous vous faites du feu quelque part, et que le sol échauffé re-exhale une fumée épaisse et nébuleuse, vous saurez qu'il y a de l'eau dans cet endroit. Quand ces découvertes seront confirmées par des indices certains, creusez un puits pour tâcher de découvrir la source; s'il y en a plusieurs, réunissez-les en une seule. Au reste, c'est particulièrement au pied des montagnes et du côté du nord qu'il faut chercher les eaux, parce que nulle part elles ne sont plus abondantes ni meilleures.


3. Excursus : Philippe MELANCHTHON, Du libre arbitre :

LOCI COMMUNES seu HYPOTYPOSES THEOLOGICAE.
DE HOMINIS VIRIBUS ADEOQUE DE LIBERO ARBITRIO.

Scripsere de libero arbitrio Augustinus et Bernardus et ille quidem sua posterioribus libris, quos aduersus Pelagianos edidit, multipliciter retractauit. Bernardus non est similis sui. Sunt hac de re etiam apud Graecos quaedam, sed sparsim. Ego, quandoquidem non sequar hominum opiniones, et simplicissime et planissime rem exponam, quam fere obscurarunt auctores tum ueteres tum noui, quia sic interpretabantur Scripturas, ut simul uellent tamen rationis humanae iudicio satisfieri. Parum ciuile uidebatur, docere, necessario peccare hominem ; crudele uidebatur reprehendi uoluntatem, si non posset se a uitio ad uirtutem conuertere. Ideo et plura uiribus humanis, quam par erat, tribuere et mire uariarunt, cum rationis iudicio uiderent ubique refragari Scripturas. Et in hoc quidem loco, cum prorsus Christiana doctrina a philosophia et humana ratione dissentiat, tamen sensim irrepsit philosophia in Christianismum et receptum est impium de libero arbitrio dogma et obscurata Christi beneficentia per profanam illam et animalem, rationis nostrae sapientiam. Usurpata est uox liberi arbitrii, a diuins literis , a sensu et iudicio Spiritus alienissima, qua uidemus sanctos uiros non raro offensos esse. Additum est e Platonis philosophia uocabulum rationis, aeque perniciosum. Nam perinde atque his posterioribus ecclesiae temporibus Aristotelem pro Christo sumus amplexi, ita statim post ecclesiae auspicia per Platonicam philosophiam Christiana doctrina labefactata est. Ita factum est, ut praeter canonicas Scripturas nullae sint in ecclesia sincerae literae. Redolet philosophiam, quidquid omnino commentariis proditum est.

Ac primum quidem in describenda hominis natura non habemus opus multiplicibus philosophorum partitionibus, sed paucis in duo partimur hominem. Est enim in eo uis cognoscendi, est et uis, qua uel persequitur uel refugit, quae cognouit. Vis cognoscendi est, qua sentimus aut intelligimus, ratiocinamur, alia cum aliis comparamus, aliud ex alio colligimus. Vis, e qua adfectus oriuntur, est, qua aut auersamur aut persequimur cognita. Hanc uim alias uoluntatem, alias adfectum, alias appetitum nominant. Non puto magnopere referre, hoc loco separare sensus ab intellectu, quem uocant, et adpetitum sensuum ab adpetitu superiore. Nos enim de superiore loquimur; hoc est, non modo de eo, in quo fames, sitis et similes brutorum adfectus sunt, sed de eo, in quo amor, odium, spes, metus, tristitia, ira et qui ex his nascuntur adfectus, insunt ; ipsi uoluntatem uocant.

Cognitio seruit uoluntati. Ita liberum arbitrium nouo uocabuio uocant coniunctam uoluntatem cum cognitione seu consilio intellectus. Nam perinde, ut in republica tyrannus, ita in homine uoluntas est et ut senatus tyranno obnoxius est, ita uoluntati cognitio, ita ut, quanquam bona moneat cognitio, respuat tamen eam uoluntas feraturque adfectu suo, ut posthac clarius explicabimus. Rursum intellectum, cum uoluntate coniunctam, uocant rationem. Nos neque rationis neque liberi arbitrii uoce utemur, sed hominis partes nominabimus uim cognoscendi et uim obnoxiam adfectibns, hoc est amori, odio, spei, metui et similibus. Haec, oportuit monere, quo facilius postea indicari posset legis ac gratiae discrimen, immo quo certius etiam cognosci posset, num qua sit penes hominem libertas. Et in hac re mirum est, quam operose uersati sint tum ueteres tum noui. Nos, si quis haec calumniabitur, libenter et fortiter tuebimur nostra. Volui enim modo pinguissime deliniare hominem et uideor mihi, quantum omnino retulit, de hominis partibus dixisse.

Pertinet autem ad uim cognoscendi lex, id est cognitio faciendorum; ad uim adfectuum uirtus, peccatum. Libertas proprie non dicitur cadere in partem cognoscentem; uerum ea uoluntati obtemperans huc atque illuc rapitur. Est autem libertas, posse agere aut non agere, posse sic aut aliter agere. Itaque in quaestionem uocatur, situe libera uoluntas et quatenus libera sit?

Resp. Quandoquidem omnia, quae eueniunt, necessario iuxta diuinam praedestinationem eueniunt, nulla est uoluntatis nostrae libertas. Paulus ad Rom. XI, 36: "Quoniam ex ipso et in ipso" etc. ; Ephes. I, 11: "Qui operatur omnia secundum consilium uoluntatis suae"; Matth. X, 29: "Nonne duo passeres asse ueneunt et unus ex illis non cadet super terram sine patre uestro". Obsecro, quid hac sententia clarius dici potuit? Prov". XVI, 4: Uniuersa propter semetipsum operatus est Dominus, impium quoque ad diem malum". Et rursus XX, 24: "A domino diriguntur gressus uiri, quis autem hominem potest intelligere uiam suam". Rursum XVI, 9 : "Cor hominis disponit uiam suam, Dominus autem dirigit gressus eius". Hierem. X, 23: "Scio, Domine, quod non est hominis uia eius, nec uiri est, ut dirigat gressus suos". Praeterea idem docent diuinae historiae. Gen. XV, 16: "Necdum completae sunt iniquitates Amorreorum". In secundo capite primi libri Regg. (1. Sam. II, 25) : "Et non audierunt uocem patris sui, quia uoluit Dominus occidere eos". Quid similius casui fortuito, quam quod Saul abit, quaesiturus asinas, et ungitur a Samuele inauguraturque regno? Rursum in primo cap. Regnorum cap. X. (1. Sam. X, 26); "Abiit cum Saule pars exercitus, quorum tetigerat corda Deus". In tertio Regn. cap. XII. (1. Regg. XII, 15): "Non acquieuit rex populo, quoniam auersatus fuerat eum Dominus , ut suscitaret uerbum suum, quod locutus fuerat in manu Ahiae Silonitae ad Hieroboam filium Nabath". Et quid aliud in nono capite et XI. ad Romanos Paulus agit, quam ut omnia quae fiunt, in destinationem diuinam referat? Abhorret ab hac sententia iudicium carnis seu rationis humanae ; contra amplectitur eam iudicium spiritus. Neque enim uel timorem Dei uel fiduciam in Deum certius aliunde disces, quam ubi imbueris animum hac de praedestinatione sententia. Annon eam ubique in prouerbiis inculcat Solomon, ut alias timorem, alias fidem doceat? Annon inculcat eam in eo libello, cui Ecclesiastae titulus est? Multum enim omnino refert ad premendam damnandamque humanae rationis tum sapientiam tum prudentiam, constanter credere, quod a Deo fiant omnia. Annon hoc uno loco efficacissime consolatur discipulos Christus, cum inquit Luc. XII, 7: "Omnes capilli capitis uestri numerati sunt"? Quid igitur, inquies, nullane est in rebus, ut istorum uocabulo utar, contingentia, nihil casus, nihil fortuna? Omnia necessario euenire Scripturae docent. Esto, uideatur tibi esse in rebus humanis contingentia, iudicio rationis hic imperandum est. Sic Solomon, cum in praedestinationis cogitatione uersatus esset, inquit Eccl. VIII, 17: "Et intellexi, quod omnium operum Dei nullam possit homo inuenire rationem eorum, quae sub sole fiunt". Sed ineptus uidear, qui statim initio operis de asperrimo loco, de praedestinatione, disseram. Quanquam quid attinet in compendio, primo an postremo loco id agam, quod in omnes disputationis nostrae partes incidet? Et cum de libero arbitrio omnino primo loco agendum esset, qui potui dissimulare sententiam Scripturae de praedestinatione, quando uoluntati nostrae libertatem per paedestinationis necessitatem adimit Scriptura ? Quanquam non omnino nihil puto referre, statim pueriles mentes hac sententia imbui, quod omnia eueniant non iuxta hominum consilia et conatus, sed iuxta Dei uoluntatem. Annon hoc Solomon in illis gnomis suis, quas pueritiae scripsit, statim a principio monet? Et quod asperior paulo sententia de praedestinatione uulgo uidetur, debemus illi impiae Sophistarum theologiae, quae sic inculcauit nobis rerum contingentiam et libertatem uoluntatis nostrae, ut a ueritate Scripturae molliculae acres abhorreant. Proinde ut iis etiam consulamus, quibus haec duriora uidentur, quae de praedestinatione diximus, ipsam uoluntatis humanae naturam propius contemplabimur, ut intelligant studiosi, non modo in re theologica falsos Sophistas, sed et in naturae iudicio. Dicemus autem de praedestinatione paulo post suo loco reuellemusque, quam licebit breuissime, quae hac de re impie commenti sunt Sophistae. Vallam {Laurentius Valla} ait Eccius {Johannes von Eck}, quod scholarum sententiam de libero arbitrio confutarit, plura uoluisse scire quam didicisset, scilicet egregie festiuus nugator. Quod si idem nobis obiecerint istae lamiae, uersari hominem grammatistam in re theologica, quid responderimus, nisi, ut ne ab auctore rem aestiment? Nunc enim non referre, quid profiteamur, sed utrum uera sint, quae docemus an contra. Neque uero a nobis aliena censeri debet rerum sacrarum professio, nisi non sumus Christiani, quandoquidem communia omnium esse debet christiana disciplina.

I. Quod si uoluntatis humanae uim pro naturae captu aestimes, negari non potest iuxta rationem humanam, quin sit in ea libertas quaedam externorum operum , ut ipse experiris in potestate tua esse, salutare hominem aut non salutare, indui hac ueste uel non indui, uesci carnibus aut non uesci. Et in hanc externorum operum contingentiam defixerunt oculos philosophastri, qui libertatem uoluntati tribuere. Verum quia Deus non respicit opera externa, sed inter nos cordis motus, ideo Scriptura nihil prodidit de ista libertate. Qui externa et personata quadam ciuilitate mores fingunt, huiusmodi libertatem docent, nempe philosophi ac recentiores theologistae.

II. Contra interni adfectus non sunt in potestate nostra. Experientia enim usuque comperimus, non posse uoluntatem sua sponte ponere amorem, odium aut similes adfectus; sed adfectus adfectu uincitur, ut, quia laesus es ab eo, quem amabas, amare desinis. Nam te ardentius quam quemuis alium amas. Nec audiam Sophistas, si negent pertinere ad uoluntatem adfectus humanos, amorem, odium, gaudium, moerorem, inuidentiam, ambitionem et similes ; nihil enim nunc de fame aut siti dicitur. Quid enim est uoluntas, si non adfectuum fons est? Et cur non pro uoluntatis uocabulo cordis nomen usurpamus? Signidem Scriptura potissimam hominis partem cor uocat adeoque eam , in qua nascuntur adfectus. Fallunt autem scholae, cum fingunt, uoluntatem per naturam suam aduersari adfectibus aut posse ponere adfectum, quoties hoc monet consulitue intellectus.

III. Quî fit igitur, cur saepe diuersum ab adfectu homines eligamus? Principio, quod nonnunquam aliud in opere externo eligimus, quam quod cupit cor seu uoluntas, fieri potest, ut adfectu uincatur adfectus. Ut negari non potest, quin uoluptatem amans sit Alexander Macedo; tamen quia gloriam magis ardet, diligit laborem, uoluptates adspernatur, non quod eas non amet, sed quod uehementius amat gloriam. Videmus enim in aliis ingeniis alios regnare adfectus, sua quemque cupidine trahi. In sordidis ingeniis dominatur habendi cupiditas; in liberalioribus iuxta hominum iudicium, famae ac popularis gratiae studium.

IV. Deinde fieri fortasse potest, ut prorsus contra omnes adfectus deligatur aliquid; quod cum fit, per simulationem fit. Ut cum quispiam eum, quem ex animo odit, cui ex animo male uult, benigne, comiter, blande tractat, nulla fortasse certa causa. Is etiamsi non sentiat, aliquo alio se adfectu uinci — sunt enim ingenia quaedam adeo blanda, ut etiam eos, quos oderunt, palpent — is, inquam, simulat comitatem in externo opere, in quo secandum naturam uidetur esse quaedam libertas. Atque haec est illa uoluntas, quam nobis stulti scholastici finxerunt; scilicet uim talem, quae, utcunque sis adfectus, possit tamen adfectum moderari temperareque, ut cum fictitias suas poenitentias docent. Utut sis adfectus , censent uoluntati uim esse eliciendi, sic ipsi loquuntur, actus bonos. Si quem odio habeas, posse uoluntatem statuere, quod hunc porro nolit odisse; sic cum natura simus impii Deique, non dico non amantes, sed prorsus contemptores, docent isti, posse uoluntatem elicere, quod Deum porro sit amatura. Quaeso te, mi lector, annon putas insanire, qui talem nobis uoluntatem finxerint? Atque utinam contigat mihi Sophista, qui haec calumnietur, ut possim illam impiam, stultam, male philosophicam de uoluntate sententiam iusto uolumine et integra disputatione confutare. Nam cum is, qui odit, statuit ponere odium, nisi reuera fuerit uehementiore adfectu uictus, plane est fictitia quaedam intellectus cogitatio, non uoluntatis opus. Si statuat Paris ponere Oenones amorem, fuerit uictus reuera uehementiore adfectu, fucata fallaxque cogitatio intellectus est. Fieri potest, ut diuersum imperet cura intellectu cor tuum membris exterioribus, linguae, manibus, oculis, atque est adfectus animus, quia natura mendaces sumus, ueluti linguae oculisque imperabat Ioab, ut quam blandissime uideretur compellare Àmasan; cordi uero imperare non potest, ut ponat adfectum, quem concepit. Ponit autem, cum uehementiori cupiditate uictus fuerit hic adfectus, quo occupatur.

V. Non negant adfectus scholae, sed uocant infirmittatem naturae ; satis esse, si actus elicitos diuersos habeat uoluntas. At ego nego, uim esse ullam in homine, quae serio adfectibus aduersari possit censeoque actus illos licitos non nisi fictitiam cogitationem intellectus esse. Nam cum corda Deus iudicet, necesse est, cor cum suis adfectibus summam ac potissimam hominis partem esse. Alioqui, cur hominem ab imbecilliore parte Deus aestimaret et non potius a meliore, si quae uoluntas est alia a corde et adfectuum parte melior ac fortior? Quid hic Sophistae respondebunt? Quod si uocabulo cordis, quod usurpat Scriptura, uti maluissemus, quam Aristotelico uoluntatis, facile cauissemus hos tam pingues, tam crassos errores. Vocabat quidem Aristoteles uoluntatem delectum illum rerum in externis operibus, qui fere mendax est. Sed quid ad Christianam disciplinam externa opera, si cor sit insincerum? Praeterea ipse etiam Aristoteles non prodidit actus illos licitos, quos Scotus confinxit. Sed nunc non tam ago, ut illos confutem, quam ut doceam te, christiane lector, quid sequi tu debeas. Fateor, in externo rerum delectu esse quandam libertatem ; internos uero adfectus prorsus nego in potestate nostra esse. Nec permitto aliquam esse uoluntatem, quae adfectibus aduersari serio possit. Atque haec quidem de hominis natura dico. Nam qui spiritu iustificati sunt, in iis adfectus boni cum malis pugnant, sicut infra docebimus.

VI. Praeterea, quid attinet iactare externorum operum libertatem, cum cordis puritatem Deus requirat? Pharisaica prorsus traditio est, quidquid de libero arbitrio , de iustitia operum stulti homines et impii conscripserunt. Iam ubi adfectus paulo uehementior fuerit, fieri non potest, quin erumpat, id quod dici solet: Naturam licet expellas furca tamen usque recurret. Iam et quam multa fiunt a nobis et in speciem optima et quae nos ipsi pro bonis iudicamus, quod turpem adfectum non uidemus, unde proficiscitur? "Est" enim "uia quae uidetur", inquit Solomon. Prov. XIV, 12: "homini bona, cuius extrema durant ad mortem. Et cor hominis prauum et inscrutabile esse", dicit Hieremias propheta XVII, 9. Et Dauid : Ps. XVIII, 13: "Delicta quis intelligit?" et Ps. XXIV, 7: "Ignorantias meas ne memineris". Adeo ad multa adfectus rapit caecos homines, quae iudicare plane non possumus. Proinde Christianam mentem oportet spectare, non quale sit opus in speciem, sed qualis apud animum adfectus sit, non qualis est operum libertas, sed num qua sit adfectuum libertas. Praedicent liberi arbitrii uim Pharisaei scholastici; Christianus agnoscet, nihil minus in potestate sua esse quam cor suum. Atque utinam uiderent stulti Scholastici, quot animarum millia enecarint pharisaica sua deuterosi de libero arbitrio ! Dicemus autem de adfectibus plura mox, ubi de peccato originali agemus.

[Édition : G. L. PLITT, Die LOCI COMMUNES Philipp Melanthons ..., Erlangen, A. Deichert, 1864]

Une traduction française, libre de droits, ne semble pas encore être disponible.


4. Lexique GREC - FRANCAIS & Fables d'Ésope (2e partie ; D. de CLERCQ) :

Danielle de CLERCQ, collaboratrice scientifique aux Projets ITINERA - HODOI et HELIOS, continue son travail de lexicographie autour des Fables d'Ésope.

Adresses sur la Toile :

LEXIQUE Grec-Français ; FABLES d'Ésope

Elle vient de terminer le traitement de la 2e partie de ces fables : fables 51 - 100

Toutes les FORMES ont ainsi été pourvues, dans le LEXIQUE grec-français, d'une description comprenant, outre la forme, le lemme, la catégorie grammaticale, la traduction française, les différents sens, etc.

Dans l'ACTU du 3 février 2011, nous avons rendu compte du même travail de description lexicographique pour les formes des Fables 1 à 50.

Cette fois-ci encore, D. de Clercq, a rencontré un nombre élévé de formes fautives qu'elles a introduites, corrigées, dans le LEXIQUE grec-français ; ci-dessous on pourra trouver la liste de ces formes avec, entre parenthèses, le numéro de la fable où elles apparaissent.

LISTE des formes corrigées :

ἄγρους = ἀγρούς (58)
αἰμύλοις = αἱμύλοις (71)
αιτίαν = αἰτίαν (60 Β )
ἀλλα= ἀλλὰ (94 Α)
αλώπηξ = ἀλώπηξ (94 Β)
Ἀνθηνᾶν = Ἀθηνᾶν (76)
ἀνθρόπων = ἀνθρώπων (55)
ἀνίσπη = ἀνίστη (89 Β)
ἀποιτοῦντος = ἀπαιτοῦντος (87 Β)
ἀπολλῦσιν = ἀπολλύασιν (90 Α)
ὰρ = fait partie de γὰρ (88)
ασβολώσεις = ἀσβολώσεις (56 Α-Β)
Βουταλὶς = Βούταλις (75 Α -Β)
Βωταλὶς = Βώταλις (75 Β)
γ = fait partie de γὰρ (88)
γεννηγέντας = γεννηθέντας (100)
γλῶσαν = γλῶσσαν (77 Β)
Γεωρός = Γεωργός (82)
Δέον = δέον (72)
ἑαταῖς = ἑαυταῖς (99 Α)
ἐαυτῶν = ἑαυτῶν (87 Α)
εἶπεῖν = εἰπεῖν (57)
εἰχε = εἶχε (85 B)
ἐξιεῖς = ἐξίεις ou ἐξίης (60 Α)
ἑπ = ἐπ (95 Α)
ἐπιτηδέυμασιν = ἐπιτηδεύμασιν (67 Α)
ἐργων = ἔργων (76 Β)
εὐεγεσίας = εὐεργεσίας (98)
εὐπρέπους = εὐπρεποῦς (76 Α)
ἐφη = ἔφη (93)
ἐχθύς = ἰχθύς (95 Α)
ζώοις = ζῳοις (69 Α –Β)
ζώου = ζῴου (54)
ζώων = ζῴων (63Β)
θερμὸ = θερμὸν (60 Β)
θυμωθείς = θυμωθεὶς (61 Β)
Ἴνα = Ἵνα (78 Α-Β)
ἴχην = ἴχνη =(93)
Κακεῖνος = Κἀκεῖνος (59)
καταβολῃ = καταβολῇ (79 Β)
κωνιὸς = κωβιὸς (95 Α)
λαντάνουσι = λανθάνουσι (87 Β)
λιμνης = λίμνης (66 Α)
λογός = λόγος (80 Α)
μέμψη = μέμψῃ (84 Α)
ὀ = ὁ (81 Β)
ὁδυρόμενος = ὀδυρόμενος
ὅμοία = ὁμοία (94 Α)
ὁτι = ὅτι (51 Β)
οὐμόνον = οὐ μόνον (88)
οὗτως = οὕτως (73 Β)
πλήγην = πληγήν
πεποιήκει = ἐπεποιήκει (85 Β)
περισώζεσθαι = περισῴζεσθαι (53 )
προέσφερε = προσέφερε (60)
πρῶτο = πρῶτον (80 Α)
Ρόδῳ = Ῥόδῳ
στενάγμων = στεναγμῶν (65)
τῆ = τῇ (58 Α)
τοὺ = τοὺς (63 Α)
τρὸς= πρὸς (95 Α)
ὕνας = ὕννας (83 Β )
φῇς = φῄς (87 Β)
φίλεγρος = φιλεργός (89 Β)
φίλεργος = φιλεργός (89 Α)
ὠὸν = ᾠὸν (90 Α –Β)
ωὐτῷ = αὐτῷ (87 Β)
ὡφεληθήσῃ = ὠφεληθήσῃ (61 Β)
ὠφελησάς = ὠφέλησάς (61 Α)

Nous tenons à remercier D. de Clercq une nouvelle fois pour son investissement dans la lexicographie grecque concernant les auteurs et les oeuvres traités au sein des HODOI ELEKTRONIKAI.


5. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Cette semaine-ci, un peu écourtée, Christian RUELL a pu créer 5 nouveaux environnements hypertextes :

  • Augustin (saint) , Contre les Académiciens, livre II [Traduction française reprise au site de l'abbaye de Saint Benoît de Port-Valais]
  • Augustin (saint) , Du libre arbitre, livre III [Traduction française reprise au site de l'abbaye de Saint Benoît de Port-Valais]
  • Augustin (saint) , Sermons, XIV : Le vrai pauvre [Traduction française reprise au site de l'abbaye de Saint Benoît de Port-Valais]
  • Palladius, De l'économie rurale, livre IX [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, livre XXVIII [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
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Dernière mise à jour : 17/02/2002