Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

Actu' ITINERA+ (Actualités - Nouvelles)


  Accueil     Liste des actualités     Recherche     Actualité     Administration  

Date :     18-03-2011

Sujets :
Lecture : AUGUSTIN (saint) : VARRON et la fable des 9 Muses ; Lecture : AUGUSTIN (saint) et les faiseurs d'horoscopes ;

Notice :

1. Lecture : AUGUSTIN (saint) : VARRON et la fable des 9 Muses :

Augustin (saint), De la doctrine chrétienne, II, 17 :

Non enim audiendi sunt errores Gentilium superstitionum, qui nouem Musas Iouis et Memoriae filias esse finxerunt. Refellit eos Varro, quo nescio utrum apud eos quisquam talium rerum doctior uel curiosior esse possit. Dicit enim ciuitatem nescio quam, non enim nomen recolo, locasse apud tres artifices terna simulacra Musarum, quod in templo Apollinis donum poneret, ut quisquis artificum pulchriora formasset, ab illo potissimum electa emerent. Itaque contigisse ut opera sua quoque illi artifices aeque pulchra expli carent, et placuisse ciuitati omnes nouem atque omnes esse emptas ut in Apollinis templo dedicarentur. Quibus postea dicit Hesiodum poetam imposuisse uocabula. Non ergo Iupiter nouem Musas genuit, sed tres fabri ternas creauerunt. Tres autem non propterea illa ciuitas locauerat, quia in somnis eas uiderat, aut tot se cuiusquam illorum oculis demonstrauerant, sed quia facile erat animaduertere omnem sonum, quae materies cantilenarum est, triformem esse natura. Aut enim uoce editur, sicuti eorum est qui faucibus sine organo canunt, aut flatu, sicut tubarum et tibiarum, aut pulsu, sicut in citharis et tympanis et quibuslibet aliis quae percutiendo canora sunt.

On doit en effet rejeter l'erreur des païens qui, dans leurs vaines superstitions, ont représenté les neuf Muses comme filles de Jupiter et de la Mémoire. Varron, celui qui fut armi eux le plus éclairé peut-être et le plus versé dans ces sortes de matières, s'est attaché à réfuter cette fable. Il rapporte qu'une ville, dont le nom m'échappe, chargea trois ouvriers de sculpter chacun trois statues des Muses, dont elle voulait orner le temple d'Apollon ; elle devait acheter celles qu'elle jugerait le plus parfaitement exécutées. Les trois artistes réussirent également dans leur oeuvre, et la ville fut si ravie de la beauté des neuf statues, qu' elle en fit l'acquisition et les dédia à Apollon dans son temple. Ce fut le poète Hésiode qui dans la suite leur imposa des noms. Les neuf Muses ne sont donc pas filles de Jupiter, mais l'oeuvre égale de ces trois artistes ; et cette ville avait commandé trois statues, non parce qu'elle en avait vu trois en songe, ou que ce même nombre était apparu à chacun de ses habitants ; mais par suite de la nature même des sons musicaux. Tout son, en tant qu'il forme un chant, peut se produire de trois manières différentes : ou par la voix, comme dans celui qui chante sans le secours d'aucun instrument; ou par le souffle, comme dans la flûte et la trompette ; ou par la percussion, comme sur la harpe, le tambour, et tout autre instrument qui résonne de la même sorte.


2. Lecture : AUGUSTIN (saint) et les faiseurs d'horoscopes :

Augustin (saint), De la doctrine chrétienne, II, 21-22 :

[2,21] Neque illi ab hoc genere perniciosae superstitionis segregandi sunt qui genethliaci propter natalium dierum considerationes, nunc autem uulgo mathematici uocantur. Nam et ipsi, quamuis ueram stellarum positionem cum quisque nascitur consectentur, et aliquando etiam peruestigent, tamen quod inde conantur uel actiones nostras uel actionum euenta praedicere, nimis errant et uendunt imperitis hominibus miserabilem seruitutem. Nam quisque liber ad huiusmodi mathematicum cum ingressus fuerit, dat pecuniam ut seruus inde exeat aut Martis aut Veneris uel potius omnium siderum, quibus illi qui primi errauerunt erroremque posteris propinauerunt, uel bestiarum propter similitudinem uel hominum ad ipsos homines honorandos imposuerunt uocabula. …

[2,22] Sed ex ea notatione uelle nascentium mores, actus, euenta praedicere, magnus error et magna dementia est. Et apud eos quidem qui talia dediscenda didicerunt, sine ulla dubitatione refellitur haec superstitio. Constellationes enim quas uocant notatio est siderum, quomodo se habebant cum ille nasceretur de quo isti miseri a miserioribus consuluntur. Fieri autem potest ut aliqui gemini tam sequaciter fundantur ex utero, ut interuallum temporis inter eos nullum possit apprehendi et constellationum numeris annotari. Unde necesse est nonnullos geminos easdem habere constellationes, cum paria rerum, uel quas agunt uel quas patiuntur, euenta non habeant, sed plerumque ita disparia ut alius felicissimus, alius infelicissimus uiuat, sicut Esau et Iacob geminos accepimus natos, ita ut Iacob, qui posterius nascebatur, manu plantam praecedentis fratris tenens inueniretur 44. Horum certe dies atque hora nascentium aliter notari non posset, nisi ut amborum constellatio esset una. Quantum autem intersit inter amborum mores, facta, labores atque successus, Scriptura testis est, iam ore omnium Gentium peruagata. …

[2,21] Mettons encore au nombre des sectateurs de ces dangereuses superstitions les faiseurs d'horoscopes, qui observent les jours de la naissance et sont aujourd'hui vulgairement connus sous le nom de mathématiciens. Ils peuvent sans doute étudier la véritable situation des astres à la naissance de quelqu'un, et parfois la découvrir ; mais c'est une étrange aberration d'appuyer sur cette découverte la prédiction des actions et des évènements de la vie; ils vendent chèrement à la crédulité ignorante un avilissante servitude. Un homme entre chez l'un de ces mathématiciens avec la conscience de sa liberté, et il donne son argent pour savoir au sortir de là qu'il est sous l'esclavage de Mars, de Vénus ou plutôt de tous les astres, auxquels ceux qui tombèrent les premiers dans cette erreur et qui la transmirent à la postérité, imposèrent, tantôt des noms de bêtes, par suite d'une certaine ressemblance, tantôt des noms d'hommes, en l'honneur de quelques hommes...

[2,22] Mais prétendre s'appuyer sur ces observations pour prédire, à la naissance des hommes, leurs moeurs, leurs actions et les évènements de leur vie, c'est une grande erreur et une insigne folie. C'est une superstition qui trouve sa réfutation la plus parfaite dans l'enseignement même de ceux qui se sont appliqués à l'étude de ces dangereuses puérilités. Car, que sont leurs constellations, sinon l'aspect et la situation où se trouvent les astres à la naissance de celui sur le sort duquel ces misérables sont consultés par de plus misérables encore ? Ne peut-il pas arriver que deux jumeaux se suivent de si près, au sortir du sein maternel, qu'entre la naissance de l'un et celle de l'autre, il n'y ait nul intervalle de temps saisissable, et qui puisse être marqué par différents mouvements des constellations ? Nécessairement donc il y aura des jumeaux qui naîtront sous la même constellation, sans que rien se ressemble dans les évènements qu'ils auront à accomplir ou à subir ; souvent même il y aura entr'eux cette immense distance, que l'un sera au comble du bonheur pendant que l'autre gémira sous le poids de l'infortune. Tels furent Esaü et Jacob, dont la naissance fut tellement simultanée, que Jacob, qui venait le dernier, tenait de sa main le pied de son frère, qui le précédait. Assurément l'observation du jour et de l'heure de leur naissance ne pouvait constater pour les deux qu'une seule et même constellation. Et cependant, quelle différence entre leurs mœurs, leurs actions, leurs travaux et leurs destinées ? …

Mais qui sont donc ces genethliaci?

Une enquête, menée rapidement, dans les dictionnaires, les banques et les bases de données textuelles à notre disoposition a donné de nombreux résultats dont voici un échantillon :

  • DICTIONNAIRE latin-français Jeanneau (via COLLATINVS) :
    genethliace, es, f. : art des horoscopes.
    genethliacon, i, n. : horoscope.
    genethliacus :
    1 - genethliacus, a, um : d'horoscope, généthliaque.
    2 - genethliacus, i, m. : astrologue, faiseur d'horoscopes, tireur d'horoscopes.

    genethlialogia, ae, f. : art des horoscopes, astrologie.
    (lien : http://collatinus.fltr.ucl.ac.be/jano/Dico-g.htm)

  • Aulu-Gelle, Les Nuits attiques, XIV, 1 :

    (1) Aduersum istos, qui sese Chaldaeos seu genethliacos appellant ac de motu deque positu stellarum dicere posse, quae futura sunt, profitentur, audiuimus quondam Fauorinum philosophum Romae Graece disserentem egregia atque inlustri oratione; (2) exercendine aut ostentandi gratia ingenii, an quod ita serio iudicatoque existimaret, non habeo dicere. Capita autem locorum argumentorumque, quibus usus est, quod eius meminisse potui, egressus ibi ex auditione propere adnotaui, eaque fuerunt ad hanc ferme sententiam: disciplinam istam Chaldaeorum tantae uetustatis non esse, quantae uideri uolunt, neque eos principes eius auctoresque esse, quos ipsi ferant, sed id praestigiarum atque offuciarum genus commentos esse homines aeruscatores et cibum quaestumque ex mendaciis captantes. …

    [14,1] I. Dissertation du philosophe Favorinus contre ces charlatans appelés Chaldéens qui font profession de lire les destinées humaines dans les rapports et les mouvements des astres. J'ai un jour entendu, à Rome, le philosophe Favorinus disserter en langue grecque, avec autant de clarté que d'élégance, contre ces charlatans qui sous le nom de Chaldéens et de généthliaques, se vantent de pouvoir révéler l'avenir d'après le mouvement et la position des astres. Était-ce pour exercer et montrer son talent, ou parce que telle était son opinion sérieuse et réfléchie ? je ne saurais le dire ; toujours est-il qu'en sortant je me hâtai d'écrire les principaux points et arguments de la discussion, aussi fidèlement que je pus me les rappeler. Les voici à peu près : Cette science des Chaldéens, disait-il n'est pas aussi ancienne qu'ils veulent le faire croire, et ne remonte pas à ceux qu'ils en donnent comme les auteurs et les maîtres : l'invention de tout cet amas de prestiges et de fourberies appartient à des gens sans aveu qui demandent à un art mensonger du pain et de l'argent. ...

  • Vitruve, De l'architecture, IX, 6 :

    <2> Cetera ex astrologia, quos effectus habeant signa XII, stellae V, sol, luna ad humanam uitae rationem, Chaldaeorum ratiocinationibus est concedendum, quod propria est eorum genethlialogiae ratio, uti possint ante facta et futura ex ratiocinationibus astrorum explicare. Eorum autem inuentiones reliquerunt, in quae sollertia acuminibusque fuerunt magnis, qui ab ipsa natione Chaldaeorum profluxerunt. Primusque Berosus in insula et ciuitate Coo consedit ibique aperuit disciplinam, post ea studens Antipater iterumque Athenodorus, qui etiam non e nascentia sed ex conceptione genethlialogiae rationes explicatas reliquit. …

    2. Quant à l'astronomie consistant à rechercher quelle est l'influence des douze signes, des cinq planètes, du soleil et de la lune sur les phases de la vie humaine, c'est aux calculs des Chaldéens qu'il faut s'en rapporter, parce qu'ils se sont particulièrement occupés de la généthliologie, afin de pouvoir, par le moyen des astres, expliquer le passé et l'avenir. Les découvertes qu'ils nous ont transmises dans leurs écrits font voir quels étaient le savoir et le talent des grands hommes qui sont sortis de la nation des Chaldéens. Le premier fut Bérose, qui vint s'établir dans l'île et la cité de Cos et y ouvrir une école. Puis cette science fut l'objet des études d'Antipater et aussi d'Achinapolus, qui ont démontré que la généthliologie était plutôt fondée sur la conception que sur la naissance. …

  • Strabon, Geographica, XVIa, 6 :

    [16a,6] Ἀφώριστο δ´ ἐν τῇ Βαβυλῶνι κατοικία τοῖς ἐπιχωρίοις φιλοσόφοις τοῖς Χαλδαίοις προσαγορευομένοις, οἳ περὶ ἀστρονομίαν εἰσὶ τὸ πλέον· προσποιοῦνται δέ τινες καὶ γενεθλιαλογεῖν, οὓς οὐκ ἀποδέχονται οἱ ἕτεροι. …

    [16a,6] Il y avait naguère dans un des quartiers de Babylone un logement réservé aux philosophes indigènes, connus sous le nom de Chaldéens, qui s'occupent surtout d'observations astronomiques. On compte bien dans le nombre quelques astrologues, quelques faiseurs d'horoscopes, mais les vrais philosophes les renient et les bannissent du milieu d'eux …

  • Flavius Josèphe, Les Antiquités judaïques, XVIII, 6, 9 :

    <216> Ἦν δὲ καὶ γενεθλιαλογίᾳ Τιβέριος μάλιστα προσκείμενος καὶ κατορθούμενα αὐτῇ μειζόνως τῶν εἰς τόδε ἀνακειμένων ἑκόντων τὸν βίον ἐξηγμένος. Γάλβαν οὖν ποτε θεασάμενος ὡς αὐτὸν εἰσιόντα φησὶ πρὸς τοὺς ἐπιτηδειοτάτους αὐτῷ, ὡς παραγίνοιτο ἀνὴρ τῇ Ῥωμαίων προτιμησόμενος ἡγεμονίᾳ.

    <216> Mais Tibère s'adonnait beaucoup à la connaissance des horoscopes et dirigeait volontairement sa vie d'après leur succès, encore bien plus que n'importe quel autre adepte de cette science. Ainsi, ayant un jour vu venir Galba, il fit à quelques-uns de ses amis les plus intimes qu'ils voyaient, arriver l'homme qui serait un jour honoré de l'empire romain.

  • Eusèbe de Césarée, Préparation évangélique, VI, 11 :

    [6,11e] Ὅπερ δὲ συγκεχωρήκαμεν (οὐ γὰρ ἐλύπει τὸν λόγον), ὡς τῶν ἀνθρώπων δυναμένων καταλαμβάνειν τοὺς οὐρανίους σχηματισμοὺς καὶ τὰ σημεῖα καὶ ὧν ἐστι σημεῖα, τοῦτο φέρε νῦν ἐξετάσωμεν εἰ ἀληθές ἐστι. Φασὶ τοίνυν οἱ περὶ ταῦτα δεινοὶ τὸν μέλλοντα τὰ κατὰ τὴν γενεθλιαλογίαν ἀληθῶς καταλαμβάνειν εἰδέναι οὐ μόνον τὸ κατὰ πόστου δωδεκατημορίου ἐστὶν ὁ καλούμενος ἀστήρ, ἀλλὰ καὶ κατὰ ποίας μοίρας τοῦ δωδεκατημορίου καὶ κατὰ ποίου ἑξηκοστοῦ …

    [6,11e] Passons maintenant à cette concession que nous avons faite (car elle n'était aucunement préjudiciable à notre discussion), qu'il n'est pas au-dessus des forces humaines de comprendre le sens caché dans les diverses configurations des astres, les signes et les événements qu'ils désignent; et examinons, s'il y a quelque chose de vrai dans ce système. Les maîtres de l'art prétendent que ceux qui aspirent à une connaissance parfaite de la science horoscopique, doivent savoir, non seulement dans quelle douzième partie, mais encore dans quelle particule de cette douzième partie, et même dans quelle soixantième fraction de particule se trouve l'astre indicateur …

Une recherche menée avec DIOGENES 3.1 dans les bases de données du TLG (Thesaurus Linguae Graecae) a fourni 280 attestations pour la forme γενεθλια et ses composés.

Le plus grand nombre de ces attestations se trouvent chez des mathématiciens, des astronomes et/ou des astrologues, tels Claude Ptolémée (11 attestations), Vettius Valens (13 attestations), Héphaistion de Thèbes (18 attestations) ou encore Joannes Philoponus (13 attestations).


Jean Schumacher
18 mars 2011


 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002