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Date :     24-02-2011

Sujets :
Lecture : PLINE l'Ancien à propos de Cléopâtre, Marc-Antoine et d'une couronne empoisonnée ; Lecture : PLINE l'Ancien à propos d'une plante appelée hélénium ; Lecture : PLINE l'Ancien à propos d'une plante vénéneuse ; ITINERA ELECTRONICA : 7 nouveaux environnements hypertextes : Aelius Lampridius, Augustin (saint), Guillaume de Tyr, Palladius, Pline l'Ancien, Salvien de Marseille, Varron ;

Notice :

1. Lecture : PLINE l'Ancien à propos de Cléopâtre, Marc-Antoine et d'une couronne empoisonnée :

Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, XXI, 9 :

[21,9] 12 Et apud Graecos quidem de coronis priuatim scripserunt Mnesitheus atque Callimachus medici, quae nocerent capiti, quoniam et in hoc est aliqua ualitudinis portio, in potu atque hilaritate praecipue odorum ui subrepente fallaciter. scelerata Cleopatrae sollertia. namque in apparatu belli Actiaci gratificationem ipsius reginae Antonio timente nec nisi praegustatos cibos sumente fertur pauore eius lusisse extremis coronae floribus ueneno inlitis capiti inposita; mox procedente hilaritate inuitauit Antonium, ut coronas biberent. quis ita timeret insidias? ergo concerptam in scyphum incipienti haurire opposita manu: en ego sum, inquit illa, Marce Antoni, quam tu noua praegustantium diligentia caues; adeo mihi, si possim sine te uiuere, occasio aut ratio deest! inductam custodiam bibere iussit ilico expirantem.

[21,9] IX. <1> Parmi les Grecs, les médecins Mnésithée et Callimaque ont écrit des traités spéciaux sur les couronnes, et indiqué celles qui faisaient mal à la tête. En effet, la santé y est jusqu'à un certain point intéressée: c'est surtout pendant qu'on boit et qu'on se livre à la gaieté, que les odeurs actives s'insinuent traîtreusement; et l'on connaît l'adresse scélérate de Cléopâtre. Lors des apprêts de la guerre d'Actium, Antoine redoutait jusqu'aux présents de cette reine, et ne prenait d'aliment, qu'après les avoir fait déguster : on rapporte que, voulant se jouer de ses craintes, elle enduisit de poison l'extrémité des fleurs d'une couronne ; ayant cette couronne sur sa tête, et la gaieté faisant des progrès, elle invita Antoine à boire les couronnes. <2> Qui dans cette circonstance aurait redouté des embûches La couronne est effeuillée, jetée dans une coupe... Antoine va boire; elle l'arrête de la main : "C'est donc, dit-elle, Marc-Antoine, contre moi que vous prenez la précaution nouvelle des dégustateurs Et voyez, si je pouvais vivre sans vous, comment les occasions ou les moyens me manqueraient !" Elle fit venir de la prison un homme, qui but et expira aussitôt.


2. Lecture : PLINE l'Ancien à propos d'une plante appelée hélénium :

Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, XXI, 91 :

[21,91] 159 Helenium ab Helena, ut diximus, natum fauere creditur formae, cutem mulierum in face reliquoque corpore nutrire incorruptam. praeterea putant usu eius quandam uitae gratiam his ueneremque conciliari. adtribuunt et hilaritatis effectum eidem potae in uino eumque, quem habuerit nepenthes illud praedicatum ab Homero, quod tristitia omnis aboleretur. est autem suci praedulcis. prodest et orthopnoicis radix eius in aqua ieiunis pota. est autem candida intus et dulcis. bibitur et contra serpentium ictus ex uino. mures quoque contrita dicitur necare.

[21,91] XCI. <1> L'hélénium, né, comme nous l'avons dit (XXI, 22) (thymus incanus), des larmes d'Hélène, passe pour augmenter la beauté et pour entretenir la délicatesse de la peau chez les femmes, tant au visage que dans le reste du corps. En outre, on prétend que cette plante donne de la grâce et de l'attrait à celles qui en font usage, et que, prise avec du vin, elle excite la gaieté, produisant le même effet que le népenthès vanté par Homère (Od., IV, 221), qui faisait oublier tout sujet de tristesse. Le suc de l'hélénium est fort doux; la racine prise à jeun, dans de l'eau, soulage dans l'orthopnée; elle est blanche en dedans, et a une saveur douce; on la prend en breuvage dans du vin, contre les morsures des serpents ; on dit encore que broyée elle tue les rats.

Cf. HOMÈRE, L'Odyssée, IV, v. 220 sqq. :

220 αὐτίκ᾽ ἄρ᾽ εἰς οἶνον βάλε φάρμακον, ἔνθεν ἔπινον,
νηπενθές τ᾽ ἄχολόν τε, κακῶν ἐπίληθον ἁπάντων.
ὃς τὸ καταβρόξειεν, ἐπὴν κρητῆρι μιγείη,
οὔ κεν ἐφημέριός γε βάλοι κατὰ δάκρυ παρειῶν,
οὐδ᾽ εἴ οἱ κατατεθναίη μήτηρ τε πατήρ τε,
225 οὐδ᾽ εἴ οἱ προπάροιθεν ἀδελφεὸν ἢ φίλον υἱὸν
χαλκῷ δηιόῳεν, ὁ δ᾽ ὀφθαλμοῖσιν ὁρῷτο.
τοῖα Διὸς θυγάτηρ ἔχε φάρμακα μητιόεντα,
ἐσθλά, τά οἱ Πολύδαμνα πόρεν, Θῶνος παράκοιτις
Αἰγυπτίη, τῇ πλεῖστα φέρει ζείδωρος ἄρουρα
230 φάρμακα, πολλὰ μὲν ἐσθλὰ μεμιγμένα πολλὰ δὲ λυγρά·
ἰητρὸς δὲ ἕκαστος ἐπιστάμενος περὶ πάντων
ἀνθρώπων· ἦ γὰρ Παιήονός εἰσι γενέθλης.

Mais un nouveau dessein naît dans l'esprit d'Hélène : elle mêle au vin où puisaient leurs coupes le suc merveilleux d'une plante qui bannissait du coeur la tristesse, la colère, et amenait l'oubli de tous les maux. Celui qui s'abreuvait de cette liqueur ainsi préparée, eût-il à regretter la mort d'un père ou d'une mère, eût-il vu son fils immolé par le fer, il perdait le souvenir de son deuil ; durant tout ce jour ne coulait de ses yeux aucune larme. Tel était le charme souverain de ce baume. Hélène l'avait reçu de Polydame, femme de Thon qui régnait en Égypte, où la terre féconde fait pulluler des plantes et venimeuses et salutaires, où chacun, plus qu'en aucun autre climat, est savant dans l'art de guérir nos maux: ce peuple est la race de Paon, l'Esculape céleste. ...

Cf. ÉLIEN (Claudius Aelianus), De natura animalium, IX, 21 :

Ἡ Φάρος ἡ νῆσος πάλαι (λέγουσι δὲ Αἰγύπτιοι οἷα μέλλω λέγειν) ἐπεπλήρωτο ὄφεων πολλῶν τε καὶ διαφόρων. ἐπεὶ δὲ Θῶνις ὁ τῶν Αἰγυπτίων βασιλεὺς λαβὼν παρακαταθήκην τὴν Διὸς Ἑλένην (ἔδωκε δὲ αὐτὴν ἄρα καὶ περὶ τὴν ἄνω Αἴγυπτον καὶ περὶ τὴν Αἰθιοπίαν πλανώμενος ὁ Μενέλεως) εἶτα ἠράσθη αὐτῆς ὁ Θῶνις, βίαν αὐτοῦ προσφέροντος τῇ Ἑλένῃ ἐς ὁμιλίαν ἀφροδίσιόν φησιν ὁ λόγος τὴν Διὸς αὐτὰ εἰπεῖν ἕκαστα πρὸς τὴν τοῦ Θώνιδος γαμετήν (Πολύδαμνα ἐκαλεῖτο), τὴν δὲ δείσασαν μή ποτε ἄρα ὑπερβάληται ἡ ξένη τῷ κάλλει αὐτήν, ὑπεκθέσθαι τὴν Ἑλένην ἐς Φάρον, πόαν δὲ τῶν ὄφεων τῶν ἐκεῖθι ἐχθρὰν δοῦναι, ἧσπερ οὖν αἴσθησιν λαβόντας τοὺς ὄφεις εἶτα καταδῦναι. τὴν δὲ αὐτὴν καταφυτεῦσαι, καὶ χρόνῳ ἀναθῆλαι καὶ ἀφεῖναι σπέρμα ἐχθρὸν ὄφεσι, καὶ μέντοι καὶ ἐν τῇ Φάρῳ θηρίον τοιόνδε οὐκέτι γενέσθαι. κληθῆναι δὲ τὴν πόαν ἑλένιον λέγουσιν οἱ ταῦτα εἰδέναι δεινοί.

"Jadis l'île de Pharos (les Égyptiens racontent la légende comme je vais la raconter) était infestée de toutes sortes de serpents. Quand le roi d'Égypte Thonis eut reçu en garde Hélène, la fille de Zeus, (Ménélas la lui avait confiée pendant qu'il parcourait la Haute Égypte et l'Éthiopie) et se fut épris d'elle, il fit violence à Hélène pour la contraindre à des relations amoureuses. D'après la légende, la fille de Zeus raconta l'affaire en détail à l'épouse de Thonis, qui s'appelait Polydamna ; celle-ci, craignant de voir arriver un jour où l'étrangère l'éclipserait par sa beauté, fit mettre Hélène en lieu sûr à Pharos et lui donna une herbe détestée des serpents qui s'y trouvaient : il suffisait aux serpents de la sentir pour disparaître sous terre. Hélène planta cette herbe qui, le moment venu, refleurit et répandit une graine détestée des serpents ; et le fait est qu'une telle engeance n'exista plus à Pharos. Les gens compétents en la matière disent que la plante a été appelée hélénion".

Dossier : Suzanne AMIGUES, Un conte étymologique. Hélène et les serpents. (dans : Journal des savants, 1990, n° 3-4, pp. 177-198).


3. Lecture : PLINE l'Ancien à propos d'une plante vénéneuse :

Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, XXI, 105 :

[21,105] 177 Trychno, quam quidam strychnon scripsere, utinam nec coronarii in Aegypto uterentur, quos inuitat hederae foliorum similitudo in duobus eius generibus, quorum alterum, cui acini coccini, granosi in folliculis, halicacabon uocant, alii callion, nostri autem uesicariam, quoniam uesicae et calculis prosit. frutex est surculosus uerius quam herba, folliculis magnis latisque et turbinatis grandi intus acino, qui maturescit Nouembre mense. 178 tertio folia sunt ocimi, minime diligenter demonstrando remedia, non uenena, tractantibus, quippe insaniam facit paruo quoque suco. quamquam et Graeci auctores in iocum uertere. drachmae enim pondere lusum furoris gigni dixerunt, species uanas imaginesque conspicuas obuersari demonstrantes; quidquid uero adiciatur ponderi, repraesentari mortem. 179 hoc est uenenum, quod innocentissimi auctores simpliciter dorycnion appellauere ab eo, quod cuspides in proeliis tinguerentur illo passim nascente. qui parcius insectabantur, manicon nominauere; qui nequiter occultabant, erythron aut neurada aut, ut nonnulli, perisson, ne cauendi quidem causa curiosius dicendum. ...

[21,105] CV. (XXXI.) <1> Le trychnos (XXVII, 108) est écrit par quelques-uns strychnon (solanum nigrum). Plût au ciel qu'il ne fût pas employé, en Égypte, même par les fabricants de couronnes, que trompe la ressemblance de ses fleurs avec celles de l'autre espèce! Cette autre espèce porte des baies rouges renfermées dans des follicules, et est appelée tantôt halicacabus, tantôt callion; les Latins la nomment vesicaria, parce qu'elle est bonne pour la vessie et les calculs : c'est plutôt un arbrisseau qu'une herbe, à follicules grands, larges, turbinés, contenant dans l'intérieur un grain volumineux , qui mûrit en novembre. <2> Il y a une troisième espèce (solarium villosum), qui a les feuilles de l'ocimum; je ne veux pas en donner une description exacte, car je traite des remèdes et non des poisons : or, quelques gouttes du suc suffisent pour troubler la raison. Toutefois les auteurs grecs en ont fait un jeu : suivant eux, à la dose d'une drachme, cette plante produit des imaginations lascives, des visions fantastiques, que l'on croit réelles; à une dose double, une vraie folie; à toute dose plus forte, la mort. <3> C'est là la plante vénéneuse que les auteurs les plus loyaux ont appelée sans détour dorycnion, nom qui vient de ce qu'on empoisonnait les armes avec cette plante, qui croît partout ; d'autres, avec moins de franchise, l'ont surnommée manicon (qui cause la folie); ceux qui en dissimulaient criminellement les propriétés lui donnaient le nom d'érythron, de nevras, de perisson. On ne doit entrer dans ces détails que pour mettre les gens sur leurs gardes. …

Témoignage :

Galien, De simplicium medicamentorum temperamentis ac facultatibus (Περί Κράσεως καὶ Δυνάμεως τῶν Ἁπλῶν Φαρμάκων ) , ΧΙΙ, p. 145,5 :

Περὶ τρύχνου ἢ στρύχνου. Τρύχνον, ἔνιοι δὲ μετὰ τοῦ σίγμα στρύχνον ὀνομάζουσι. τὸ μὲν ἐδώδιμον ἐν τοῖς κήποις φυόμενον ἅπαντες γινώσκουσι καὶ χρῶνται πρὸςὅσα ψῦξαί τε καὶ στῦψαι δέονται. δύναται γὰρ ἄμφω ταῦτα κατὰ τὴν δευτέραν τάξιν. τῶν δ´ ἄλλων τῶν οὐκ ἐδωδίμων τὸ μὲν ἁλικάκκαβον ὀνομάζεται, πυῤῥὸν ἔχον τὸν καρπὸν ἐοικότα ῥαγὶ σταφυλῆς κατὰ τὸ σχῆμα καὶ τὸ μέγεθος, ᾧ καὶ πρὸς τοὺς στεφάνους χρῶνται. τὸ δ´ ἕτερον τὸ θαμνῶδες τὸ ὑπνωτικὸν καὶ τρίτον ἐστὶν ἐπ´ αὐτοῖς τὸ μανικόν. τὸ μὲν οὖν ἁλικάκκαβον ἐν τῇ τῶν φύλλων δυνάμει παραπλήσιον ὑπάρχει τῷ κηπευομένῳ τρύχνῳ, τὸν καρπὸν οὐρητικὸν ἔχον. διὸ καὶ πολλαῖς τῶν συνθέτων δυνάμεων, ὅσαι πρὸς ἧπαρ ἢ κύστιν ἢ νεφροὺς ἁρμόττουσι, μίγνυται. τοῦ δ´ ὑπνωτικοῦ στρύχνου τῆς ῥίζης ὁ φλοιὸς μετ´ οἴνου πινόμενος (XII, p.146) ὑπνωτικὸς ὑπάρχει, δραχμῆς σταθμῷ λαμβανόμενος {somnum accersit drachmae pondere sumptus}. ἔστι δὲ καὶ εἰς τὰ ἄλλα τῷ τοῦ μήκωνος ὀπῷ παραπλήσιος, ἀσθενέστερος δ´ εἰς τοσοῦτον ὡς τῆς τρίτης εἶναι τάξεως τῶν ψυχόντων, ἐκείνου κατὰ τὴν τετάρτην τεταγμένου. τὸ σπέρμα τούτου τοῦ τρύχνου δύναμιν οὐρητικὴν ἔχει. μανιῶδες δ´ ἐστὶ, πλέον τῶν δώδεκα κορύμβων πινόμενον. τὸ δ´ ὑπόλοιπον τῶν εἰρημένων τρύχνων ἄχρηστόν ἐστιν εἰς τὰς τῶν ἔνδον ἰάσεις. εἰ μὲν γὰρ τέτταρες δραχμαὶ ληφθεῖεν αὐτῶν, θάνατον ἐπιφέρουσιν, εἰ δ´ ἐλάττους, μανίαν {Nam si quatuor eius drachmae offerantur, mortem inferent ; si pauciores, saltem insaniam}. ἄλυπος δ´ ἡ μία, πλὴν οὐδ´ αὐτή τι χρηστὸν ἔχουσα. ἔξωθεν δὲ τοῦ σώματος ἐπιπλασσομένου ἕλκη κακοήθη καὶ νομώδη θεραπεύει. ἄριστος δ´ εἰς τοσοῦτον τῆς ῥίζης ὁ φλοιὸς, ξηραίνων μὲν κατὰ τὴν δευτέραν που τάξιν ἤδη συμπληρουμένην καὶ τρίτην ἀρχομένην, ψύχων δὲ κατὰ τὴν δευτέραν ἀρχομένην.


4. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Christian RUELL continue de faire merveille : cette semaine-ci 7 nouveaux environnements hypertextes ont été assemblés par lui :

  • Aelius Lampridius (Écrivains de l'Histoire d'Auguste), Vie de Diadumène, texte complet [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Augustin (saint), Du bien dans le mariage, texte complet [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint-Benoît de Port-Valais]
  • Guillaume de Tyr, L'Histoire des Croisades, livre VII [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Palladius, De l'économie rurale, livre VI [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, livre XXI [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Salvien de Marseille, Contre l'avarice, livre III [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Varron, De la langue latine, livre VIII [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


Jean Schumacher
25 février 2011


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002