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Date :     17-02-2011

Sujets :
Lecture : Mithridate et l'Asklepeion de Cos (C. McCULLOUGH) ; Lecture : Jornandès à propos des Huns ; Lecture : Jérôme (saint) et le portrait d'une jeune fille aguichante ; ITINERA ELECTRONICA : 7 nouveaux environnements hypertextes : Augustin (saint ; x 2), Aurelius Victor (Ps.), Jornandès, Quintilien, Salvien de Marseille, Tertullien ;

Notice :

1. Lecture : Mithridate et l'Asklepeion de Cos (C. McCULLOUGH) :

Livre : Colleen McCULLOUGH, La couronne d'herbe
Tome II de la série : Les maîtres de Rome
Titre original : The grass crown (1991)
Traduction française par Jean-Paul MOURLON
Éditions Belfond, Paris, 1992, 656 pp.

Extrait : pp. 501-502:

" ... Quand la galère fut entrée dans le port de Cos, Mithridate laissa le capitaine s'occuper des réparations et gagna le rivage à bord d'une embarcation légère, avant de se rendre aussitôt, suivi de sa garde personnelle, au temple d'Asklepios, à la sortie de la ville. Il avait agi si rapidement que personne ne savait encore qu'il était là quand il fit irruption dans le sanctuaire et hurla qu'il voulait voir celui qui avait la charge des lieux : comportement typiquement insultant, car le roi savait parfaitement qu'il aurait affaire au grand prêtre.
– Qui est donc ce lourdaud arrogant? demanda un prêtre à un autre.
Mithridate l'entendit.
– Je suis Mithridate du Pont, et vous êtes des hommes morts ! C'est ainsi que, lorsque le grand prêtre arriva, deux de ses serviteurs gisaient aux pieds du souverain, décapités. C'était un homme très subtil et d'une vive intelligence; il avait deviné qui était son visiteur dès qu'on lui avait dit qu'un grand singe vêtu de pourpre et d'or exigeait de le voir.
– Bienvenue au temple d'Asklepios, roi Mithridate, dit-il calmement, sans montrer la moindre peur.
– C'est ce que tu dis aux Romains, m'a-t-on appris.
– C'est ce que je dis à chacun.
– Pas aux Romains! J'ai ordonné qu'on les tue!
– Roi Mithridate, si toi-même tu venais réclamer asile, il te le serait pareillement accordé. Asklepios n'a pas de favoris et tous les hommes sans exception ont un jour ou l'autre besoin de lui. Il est bon de s'en souvenir. C'est le dieu de la vie et non de la mort.
– Grand prêtre, prends garde à ne pas me pousser à bout! Et maintenant, montre-moi tes livres de comptes – et pas ceux que tu présentes au gouverneur romain !
L'Asklepeion de Cos était le plus grand établissement bancaire du monde, exception faite de la banque d'État égyptienne – qui d'ailleurs lui avait servi d'exemple : l'île avait été autrefois possession de l'Égypte. Au début, le temple n'était qu'un sanctuaire comme beaucoup d'autres, fondé par des disciples d'Hippocrate et consacré à la guérison et à l'hygiène; on y pratiquait cure de sommeil et interprétation des rêves, comme cela se faisait toujours à Épidaure et à Pergame. Mais avec le temps – et l'accumulation d'argent –, l'établissement s'était de plus en plus consacré aux activités bancaires.
Il s'étendait sur une superficie immense et comptait bien des bâtiments – entre autres un gymnase, des boutiques, des bains, une bibliothèque, un hôpital – sur lesquels veillait le dieu lui-même, depuis son temple dissimulé dans un bosquet d'arbres sacrés.
Sa statue était de marbre blanc; on la disait sculptée par Praxitèle. Une déité barbue, assez semblable à Zeus, s'appuyant sur un bâton autour duquel venait s'enrouler un serpent. Elle avait été peinte par Nicias avec un tel souci de réalisme qu'elle semblait vivante; ses yeux, d'un bleu très vif, brillaient d'une gaieté presque humaine.
Elle ne fit guère d'impression sur Mithridate : il n'y vit qu'une pauvre chose dont il était inutile de s'emparer. Les livres de comptes retinrent davantage son attention. Il annonça au grand prêtre qu'il entendait confisquer une partie de ses réserves. Tout l'or romain, bien entendu, plus huit cents talents déposés par le Grand Temple de Jérusalem – dont le synode était assez prévoyant pour vouloir se protéger des Séleucides et des Ptolémées –, ainsi que trois cents talents déposés, quatorze ans plus tôt, par la reine Cléopâtre d'Égypte. ..."

Témoignage :

Appien d'Alexandrie, Les guerres civiles - La guerre de Mithridate, ch. XXIII :

[23] Ἐφέσιοι τοὺς ἐς τὸ Αρτεμίσιον καταφυγόντας, συμπλεκομένους τοῖς ἀγάλμασιν, ἐξέλκοντες ἔκτεινον. Περγαμηνοὶ τοὺς ἐς τὸ Ἀσκληπιεῖον συμφυγόντας, οὐκ ἀφισταμένους, ἐτόξευον τοῖς ξοάνοις συμπλεκομένους. ...

... Μιθριδάτης δὲ ἐς μὲν Κῶ κατέπλευσε, Κῴων αὐτὸν ἀσμένως δεχομένων, καὶ τὸν Ἀλεξάνδρου παῖδα τοῦ βασιλεύοντος Αἰγύπτου, σὺν χρήμασι πολλοῖς ὑπὸ τῆς μάμμης Κλεοπάτρας ἐν Κῷ καταλελειμμένον, παραλαβὼν ἔτρεφε βασιλικῶς, ἔκ τε τῶν Κλεοπάτρας θησαυρῶν γάζαν πολλὴν καὶ τέχνην καὶ λίθους καὶ κόσμους γυναικείους καὶ χρήματα πολλὰ ἐς τὸν Πόντον ἔπεμψεν.

[23] Les Éphésiens arrachèrent les fugitifs, qui s'étaient réfugiés dans le temple d'Artémis, des statues même de la déesse et les tuèrent. Les habitants de Pergame tirèrent des flèches sur ceux qui s'étaient réfugiés dans le temple d'Esculape, alors qu'ils s'accrochaient toujours à sa statue. ...

... En attendant Mithridate arriva dans l'île de Cos, où il fut accueilli avec bienveillance par les habitants et où il reçut et ensuite éleva comme un roi un fils d'Alexandre, ancien souverain d'Égypte, qui avait été laissé là par sa grand-mère, Cléopâtre, ainsi qu'une grande somme d'argent. Des trésors de Cléopâtre il envoya des objets de valeur, des oeuvres d'art, des pierres précieuses, des ornements féminins et beaucoup de l'argent dans le Pont. ...

Lucien de Samosate, Demonax, ch. XXVII :

[27] Εἰπόντος δέ τινος τῶν ἑταίρων, Ἀπίωμεν, Δημῶναξ, εἰς τὸ Ἀσκληπιεῖον καὶ προσευξώμεθα ὑπὲρ τοῦ υἱοῦ, Πάνυ, ἔφη, κωφὸν ἡγῇ τὸν Ἀσκληπιόν, εἰ μὴ δύναται κἀντεῦθεν ἡμῶν εὐχομένων ἀκούειν.

[27] Un de ses amis lui ayant dit : "Allons, Démonax, au temple d'Esculape, et prions-le pour mon fils, - Tu crois donc, répondit-il, qu'Esculape est sourd, s'il ne peut pas entendre d'ici nos prières."

Liens : ASKLEPEION (Daremberg et Saglio) ; GUERRE (Première guerre de Mithridate) : WIKIPEDIA ; île de COS (WIKIPÉDIA) ; ASCLÉPION (Imago Mundi) ; HIPPOCRATE (L'héritage de) ;


2. Lecture : Jornandès à propos des Huns :

Jornandès, L'Histoire des Goths, ch. XXV :

… Nam et quos bello forsitan minime superabant, uultus sui terrore nimium pauorem ingerentes; terribilitate fugabant, eo quod erat eis species pauenda nigredine, sed uelut quaedam, si dici fas est, deformis offa, non facies, habensque magis puncta, quam lumina. Quorum animi fiduciam toruus prodit aspectus, qui etiam in pignora sua primo die nata desaeuiunt. Nam maribus ferro genas secant, ut antequam lactis nutrimenta percipiant, uulneris cogantur subire tolerantiam. Hinc imberbes senescunt, et sine uenustate ephebi sunt; quia facies ferro sulcata, tempestiuam pilorum gratiam per cicatrices absumit. Exigui quidem forma, sed arguti, motibus expediti, et ad equitandum promptissimi : scapulis latis, et ad arcus sagittasque parati : firmis ceruicibus, et in superbia semper erecti. Hi uero sub hominum figura uiuunt belluina saeuitia.

Aussi bien ceux-là même qui peut-être auraient pu résister à leurs armes [des Huns] ne pouvaient soutenir la vue de leurs effroyables visages, et s'enfuyaient à leur aspect, saisis d'une mortelle épouvante. En effet, leur teint est d'une horrible noirceur; leur face est plutôt, si l'on peut parler ainsi, une masse informe de chair, qu'un visage; et ils ont moins des yeux que des trous. Leur assurance et leur courage se trahissent dans leur terrible regard. Ils exercent leur cruauté jusque sur leurs enfants dès le premier jour de leur naissance; car à l'aide du fer ils taillent les joues des mâles, afin qu'avant de sucer le lait ils soient forcés de s'accoutumer aux blessures. Aussi vieillissent-ils sans barbe aprês une adolescence sans beauté, parce que les cicatrices que le fer laisse sur leur visage y étouffent le poil à l'âge où il sied si bien. Ils sont petits, mais déliés; libres dans leurs mouvements, et pleins d'agilité pour monter à cheval; les épaules larges; toujours armés de l'arc et prêts à lancer la flèche; le port assuré, la tête toujours dressée d'orgueil; sous la figure de l'homme, ils vivent avec la cruauté des bêtes féroces. ...


3. Lecture : Jérôme (saint) portrait d'une jeune fille aguichante :

Jérôme (saint), A une veuve et à sa fille (Lettre CXVII), ch. VII :

... Quid tu facies puella sani corporis, delicata, pinguis, rubens, aestuans inter carnes, inter uina, et balneas, iuxta maritos, iuxta adolescentulos ? Quae et si rogata non feceris, tamen de forma putes testimonium, si rogeris. Libidinosa mens ardentius inhonesta persequitur; et quod non licet, dulcius suspicatur. Vestis ipsa uilis et pulla, animi tacentis indicium est; si rugam non habeat; si per terram, ut altior uidearis, trahatur; si de industria dissuta sit tunica, ut aliquid intus appareat, operiatque quod foedum est, et aperiat quod formosum. Caliga quoque ambulantis nigella ac nitens stridore ad se iuuenes uocat. Papillae fasciolis comprimuntur, et crispanti cingulo angustius pectus arctatur. Capilli, uel in frontem, uel in aures defluunt. Palliolum interdum cadit, ut candidos nudet humeros, et quasi uideri noluerit, celat festina, quod uolens detexerat. Et quando in publico quasi per uerecundiam operit faciem, lupanariumarte id solum ostendit, quod ostensum magis placere potest.

Comment donc pourrez-vous, jeune fille, saine, féconde, vermeille, délicate comme vous êtes, comment pourrez-vous conserver votre innocence en la compagnie de jeunes hommes et de femmes mariées, parmi les délices de la table et la chaleur des bains? Quoique vous ne vous rendiez pas aux sollicitations des autres, vous vous flatterez toujours que c'est votre beauté qui vous les attire. Une âme voluptueuse trouve dans la possession d'une personne vertueuse un assaisonnement à sa passion, et les plaisirs défendus lui paraissent les plus délicats. Malgré la simplicité et la couleur sombre de votre vêtement, vous ne laissez pas de faire connaître les véritables sentiments de votre coeur en prenant soin que votre robe ne fasse pas le moindre petit pli ; qu'elle ne traîne pas jusqu'à terre, afin de paraître de plus belle taille; qu'elle soit entr'ouverte en certains endroits, pour laisser entrevoir ce qui est dessous, cachant ce qui peut choquer la vue, découvrant avec affectation ce qui peut plaire aux yeux des hommes, portant des souliers noirs et reluisants, dont le seul bruit attire après vous une foule de jeunes gens; vous serrant la gorge avec des noeuds de rubans et les reins avec une riche ceinture, pour faire voir la finesse de votre taille; laissant tomber négligemment vos cheveux sur le front ou sur les oreilles; détachant quelquefois votre mantelet pour faire voir la blancheur de vos épaules, et le rattachant aussitôt, comme s'il vous avait échappé malgré vous, et que vous voulussiez cacher ce que vous avez découvert exprès; marchant dans les rues, le voile baissé, avec une modestie affectée, et ne laissant entrevoir que ce qui peut plaire davantage.


4. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Christian RUELL, égal à lui-même, a pu constituer, cette semaine-ci, 7 nouveaux environnements hypertextes :

  • Augustin (saint), Du péché originel (De la grâce, livre II), texte complet [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Augustin (saint), De l'utilité de la foi, texte complet [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Aurelius Victor (Ps.), Des Césars, texte complet [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Jornandès, L'Histoire des Goths, texte complet [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Quintilien, L'institution oratoire, livre VIII [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Salvien de Marseille, De la providence, livre V [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Tertullien, Témoignage de l'âme, texte complet [Traduction française reprise au site TERTULLIAN.ORG]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


Jean Schumacher
18 février 2011


 
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Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002