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Date :     24-12-2010

Sujets :
Lecture : APULÉE : Platon et le mythe des deux Vénus ; Projet HELIOS & pratiques didactiques : une nouvelle publication ;

Notice :

1. Lecture : APULÉE : Platon et le mythe des deux Vénus :

Apulée, L'Apologie, ch. XII :

[12] (1) Mitto enim dicere alta illa et diuina Platonica, rarissimo cuique piorum ignara, ceterum omnibus profanis incognita: geminam esse Venerem deam, proprio quamque amore et diuersis amatoribus pollentis; (2) earum alteram uulgariam, quae sit percita populari amore, non modo humanis animis, uerum etiam pecuinis et ferinis ad libidinem imperitare ui immodica trucique perculsorum animalium serua corpora complexu uincientem; (3) alteram uero caelitem Venerem, praedita{m} quae sit optimati amore, solis hominibus et eorum paucis curare, nullis ad turpitudinem stimulis uel illecebris sectatores suos percellentem; (4) quippe amorem eius non amoenum et lasciuum, sed contra incom{i}tum et serium pulchritudine honestatis uirtutes amatoribus suis conciliare, et si quando decora corpora comendet, a contumelia eorum procul absterrere; (5) neque enim quicquam aliud in corporum forma diligendum quam quod ammoneant diuinos animos eius pulchritudinis, quam prius ueram et sinceram inter deos uidere. (6) Quapropter, ut semper, eleganter Afranius hoc scriptum relinquat: 'amabit sapiens, cupient ceteri'; …

[12] Je pourrais encore citer de Platon ces paroles admirables et divines, qui, connues des âmes religieuses, (et le nombre en est rare), ne le sont point des profanes. Il existe, dit ce philosophe, deux Vénus ayant chacune leur amour distinct et leurs différents adorateurs. L'une est la Vénus vulgaire, présidant aux amours de la populace : c'est elle qui pousse aux plaisirs sensuels non seulement les créatures humaines, mais encore les brutes, les bêtes sauvages ; et sous ses puissantes, sous ses brutales étreintes, elle enchaîne comme des esclaves les êtres dont elle s'est emparée. L'autre est la Vénus céleste, présidant au plus noble amour : celle-ci ne règne que parmi les hommes, et ne s'intéresse même qu'à un petit nombre d'entre eux : jamais elle n'excite ses adorateurs à de honteux penchants : elle ne sait point provoquer ou séduire. Son amour n'est ni déréglé ni lascif ; tout en est sérieux, sans apprêt. Elle n'inspire de passion que pour les beautés de la vertu : et, si quelquefois elle recommande les agréments corporels, c'est pour défendre qu'on leur imprime quelque souillure, c'est pour proclamer que dans les corps on doit aimer seulement ce type de beauté pure et immortelle, révélée par avance aux âmes divines dans leur séjour au ciel. Aussi Afranius nous a-t-il laissé ce vers où l'on retrouve son élégance habituelle. "Pour le sage l'amour, le désir pour les autres". …

Source :

Platon, Le Banquet, pp. 180-181 :

... VIII. (180c) Φαῖδρον μὲν τοιοῦτόν τινα λόγον ἔφη εἰπεῖν, μετὰ δὲ Φαῖδρον ἄλλους τινὰς εἶναι, ὧν οὐ πάνυ διεμνημόνευεν· οὓς παρεὶς τὸν Παυσανίου λόγον διηγεῖτο. εἰπεῖν δ᾽ αὐτὸν ὅτι· οὐ καλῶς μοι δοκεῖ, ὦ Φαῖδρε, προβεβλῆσθαι ἡμῖν ὁ λόγος, τὸ ἁπλῶς οὕτως παρηγγέλθαι ἐγκωμιάζειν Ἔρωτα. εἰ μὲν γὰρ εἷς ἦν ὁ Ἔρως, καλῶς ἂν εἶχε· νῦν δὲ οὐ γάρ ἐστιν εἷς· μὴ ὄντος δὲ ἑνὸς ὀρθότερόν ἐστι πρότερον προρρηθῆναι (180d) ὁπότερον δεῖ ἐπαινεῖν. ἐγὼ οὖν πειράσομαι τοῦτο ἐπανορθώσασθαι, πρῶτον μὲν Ἔρωτα φράσαι ὃν δεῖ ἐπαινεῖν, ἔπειτα ἐπαινέσαι ἀξίως τοῦ θεοῦ. πάντες γὰρ ἴσμεν ὅτι οὐκ ἔστιν ἄνευ Ἔρωτος Ἀφροδίτη. μιᾶς μὲν οὖν οὔσης εἷς ἂν ἦν Ἔρως· ἐπεὶ δὲ δὴ δύο ἐστόν, δύο ἀνάγκη καὶ Ἔρωτε εἶναι. πῶς δ᾽ οὐ δύο τὼ θεά; ἡ μέν γέ που πρεσβυτέρα καὶ ἀμήτωρ Οὐρανοῦ θυγάτηρ, ἣν δὴ καὶ Οὐρανίαν ἐπονομάζομεν· ἡ δὲ νεωτέρα Διὸς καὶ Διώνης, (180e) ἣν δὴ Πάνδημον καλοῦμεν. ἀναγκαῖον δὴ καὶ ἔρωτα τὸν μὲν τῇ ἑτέρᾳ συνεργὸν Πάνδημον ὀρθῶς καλεῖσθαι, τὸν δὲ Οὐράνιον. ἐπαινεῖν μὲν οὖν δεῖ πάντας θεούς, ἃ δ᾽ οὖν ἑκάτερος εἴληχε πειρατέον εἰπεῖν. πᾶσα γὰρ πρᾶξις ὧδ᾽ ἔχει· αὐτὴ ἐφ᾽ ἑαυτῆς πραττομένη οὔτε καλὴ οὔτε αἰσχρά.

Tel fut à peu près, dit Aristodème, le discours de Phèdre ; après, il y en eut d'autres dont il ne se souvenait pas bien, il les passa et en vint à celui de Pausanias qui parla ainsi : «Il semble, Phèdre, que c'est mal poser la question que de nous faire ainsi simplement louer Eros. Si en effet il n'y avait qu'un Eros, ce serait bien; mais Eros n'est pas unique, et, s'il n'est pas unique, il est juste de dire d'abord lequel il faut louer. Je vais donc tâcher de rectifier ce point, de déterminer d'abord quel Eros il faut louer, ensuite de louer dignement le dieu. Nous savons tous qu'Aphrodite ne va pas sans Éros; s'il n'y avait qu'une Aphrodite, il n'y aurait qu'un Éros; mais, puisqu'il y a deux Aphrodites, il est de toute nécessité qu'il y ait aussi deux Eros. Peut-on nier en effet l'existence des deux déesses, l'une ancienne et sans mère, fille d'Ouranos, que nous appelons céleste (Ourania), l'autre plus jeune, fille de Zeus et de Dionè, que nous appelons populaire (Pandèmos); il s'ensuit nécessairement que l'Éros qui sert l'une doit s'appeler populaire, celui qui sert l'autre céleste. Or il faut sans doute louer tous les dieux, mais il faut essayer de déterminer les attributions de chacun des deux Eros. Toute action en effet n'est par elle-même ni belle, ni mauvaise ;

[181] (181a) οἷον ὃ νῦν ἡμεῖς ποιοῦμεν, ἢ πίνειν ἢ ᾄδειν ἢ διαλέγεσθαι, οὐκ ἔστι τούτων αὐτὸ καλὸν οὐδέν, ἀλλ᾽ ἐν τῇ πράξει, ὡς ἂν πραχθῇ, τοιοῦτον ἀπέβη· καλῶς μὲν γὰρ πραττόμενον καὶ ὀρθῶς καλὸν γίγνεται, μὴ ὀρθῶς δὲ αἰσχρόν. Οὕτω δὴ καὶ τὸ ἐρᾷν καὶ ὁ Ἔρως οὐ πᾶς ἐστὶ καλὸς οὐδὲ ἄξιος ἐγκωμιάζεσθαι, ἀλλὰ ὁ καλῶς προτρέπων ἐρᾷν. IX. Ὁ μὲν οὖν τῆς Πανδήμου Ἀφροδίτης ὡς ἀληθῶς πάνδημός (181b) ἐστι καὶ ἐξεργάζεται ὅ τι ἂν τύχῃ· καὶ οὗτός ἐστιν ὃν οἱ φαῦλοι τῶν ἀνθρώπων ἐρῶσιν. ἐρῶσι δὲ οἱ τοιοῦτοι πρῶτον μὲν οὐχ ἧττον γυναικῶν ἢ παίδων, ἔπειτα ὧν καὶ ἐρῶσι τῶν σωμάτων μᾶλλον ἢ τῶν ψυχῶν, ἔπειτα ὡς ἂν δύνωνται ἀνοητοτάτων, πρὸς τὸ διαπράξασθαι μόνον βλέποντες, ἀμελοῦντες δὲ τοῦ καλῶς ἢ μή· ὅθεν δὴ ξυμβαίνει αὐτοῖς ὅ τι ἂν τύχωσι τοῦτο πράττειν, ὁμοίως μὲν ἀγαθόν, ὁμοίως δὲ τοὐναντίον. ἔστι γὰρ καὶ ἀπὸ τῆς θεοῦ νεωτέρας (181c) τε οὔσης πολὺ ἢ τῆς ἑτέρας, καὶ μετεχούσης ἐν τῇ γενέσει καὶ θήλεος καὶ ἄρρενος. ὁ δὲ τῆς Οὐρανίας πρῶτον μὲν οὐ μετεχούσης θήλεος ἀλλ᾽ ἄρρενος μόνον (καὶ ἔστιν οὗτος ὁ τῶν παίδων ἔρως) ἔπειτα πρεσβυτέρας, ὕβρεως ἀμοίρου· ...

[181] par exemple, ce que nous faisons maintenant, boire, chanter, causer, rien de tout cela n'est beau en soi, mais devient tel, selon la manière dont on le fait, beau si on le fait suivant les règles de l'honnête et du juste, mauvais si on le fait contrairement à la justice. Il en est de même de l'amour et d'Éros : tout amour n'est pas beau et louable, mais seulement celui qui fait aimer honnêtement. — L'Éros de l'Aphrodite populaire est véritablement populaire et ne connaît pas de règles; c'est l'amour dont aiment les hommes vulgaires. L'amour de ces gens-là s'adresse d'abord aux femmes aussi bien qu'aux garçons, au corps de ceux qu'ils aiment plutôt qu'à l'âme, enfin aux plus sots qu'ils puissent rencontrer; car ils n'ont en vue que la jouissance et ne s'inquiètent pas de l'honnêteté; aussi leur arrive-t-il de faire sans discernement soit le bien, soit le mal ; car un tel amour vient de la déesse qui est de beaucoup la plus jeune des deux et qui tient par son origine de la femelle comme du mâle. L'autre, au contraire, vient de l'Aphrodite céleste, qui ne procède que du sexe masculin, à l'exclusion du féminin, qui est la plus vieille et qui ne connaît point la violence. ...

Témoignages :

Lucien, Dialogue des courtisanes, 7, 1 :

[7,0] ΜΗΤΗΡ ΚΑΙ ΜΟΥΣΑΡΙΟΝ.
[7,1] ΜΗΤΗΡ. Ἂν δ´ ἔτι τοιοῦτον ἐραστὴν εὕρωμεν, ὦ Μουσάριον, οἷος ὁ Χαιρέας ἐστί, θῦσαι μὲν τῇ πανδήμῳ δεήσει λευκὴν μηκάδα, τῇ οὐρανίᾳ δὲ τῇ ἐν κήποις δάμαλιν, στεφανῶσαι δὲ καὶ τὴν πλουτοδότειραν, καὶ ὅλως μακάριαι καὶ τρισευδαίμονες ἐσόμεθα. ...

[7,1] LA MÈRE. Si nous trouvons encore, Musarium, un galant comme Chéréas, il faudra immoler une chèvre blanche à Vénus Pandème, une génisse à la Vénus Uranie des Jardins, et offrir une couronne à Cérès qui envoie les trésors, car nous serons alors heureuses et trois fois heureuses. ...

Plotin, Les Ennéades, III, livre V, 1 :

... Καὶ γὰρ οὗτοι τίκτειν βούλονται ἐν καλῷ· ἐπείπερ ἄτοπον βουλομένην τὴν φύσιν καλὰ ποιεῖν ἐν αἰσχρῷ γεννᾶν βούλεσθαι. Ἀλλὰ γὰρ τοῖς μὲν τῇδε γεννᾶν κινουμένοις ἀρκεῖ τὸ τῇδε καλὸν ἔχειν, ὅπερ πάρεστιν ἐν εἰκόσι καὶ σώμασιν, ἐπεὶ μὴ τὸ ἀρχέτυπον αὐτοῖς πάρεστιν, ὅ ἐστιν αἴτιον αὐτοῖς τοῦ καὶ τοῦδε ἐρᾶν. Καὶ εἰς ἀνάμνησιν μὲν ἐκείνου ἀπὸ τοῦδε ἐλθοῦσιν ἀγαπᾶται τοῦτο ὡς εἰκών, μὴ ἀναμνησθεῖσι δὲ ὑπ´ ἀγνοίας τοῦ πάθους ἀληθὲς τοῦτο φαντάζεται. Καὶ σώφροσι μὲν οὖσιν ἀναμάρτητος ἡ πρὸς τὸ τῇδε καλὸν οἰκείωσις, ἡ δὲ πρὸς μίξιν ἔκπτωσις ἁμαρτία. ...

... Au reste, à ceux qui désirent engendrer ici-bas, il suffit d'atteindre ce qui est beau ici-bas, c'est-à-dire la beauté qui se trouve dans les images, dans les corps : car ils ne possèdent pas cette beauté intelligible qui pourtant leur inspire cet amour même qu'ils ont pour la beauté visible. Aussi ceux qui s'élèvent à la réminiscence de la beauté intelligible n'aiment-ils celle qu'ils voient ici-bas que parce qu'elle est une image de l'autre. Quant à ceux qui ne s'élèvent pas à la réminiscence de la beauté intelligible parce qu'ils ignorent la cause de leur passion, ils prennent la beauté visible pour la beauté véritable, et, s'ils sont tempérants, ils l'aiment chastement. ...


2. Projet HELIOS & pratiques didactiques :

Nous venons de recevoir une nouvelle publication :

Jean-Louis DUFAYS, Marie-Laurence DE KEERSMAECKER, Alain MEURANT, Quelles pratiques didactiques pour favoriser la transition secondaire - université ?
UCL, Presses universitaires de Louvain, 2010, 180 pp.

Nous avons numérisé : la page de couverture, la 4e de couverture, la table des matières.

Nous avons aussi numérisé la contribution d'Alain MEURANT : Hélios : un serveur pédagogique interactif pour l'enseignement des langues anciennes à distance.

Ce n'est pas la première fois qu'une présentation du projet et du site HELIOS est faite. A. M. en donne ici une nouvelle synthèse actualisée.

Il nous plaît de relever ici qu'en conclusion A. M. qualifie le Projet HELIOS d' entreprise tout à la fois inédite, insolite et ingénieuse.

Longue vie à HELIOS !


Jean Schumacher
24 décembre 2010


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002