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Date :     10-12-2010

Sujets :
Lecture : Macrobe, Virgile et la fable des amours de Didon ; Lecture : SOLIN, Recueil de faits remarquables (POLYHISTOR): A propos des éléphants; Lecture : Pline l'Ancien, Caton et la figue de Carthage ; ITINERA ELECTRONICA : 8 nouveaux environnements hypertextes : Grégoire le Grand, Macrobe, Pline l'Ancien, Solin, Stace, Tertullien (x 2), Varron ;

Notice :

1. Lecture : Macrobe, Virgile et la fable des amours de Didon :

MACROBE, Les Saturnales, V, 17 :

... Maluissem Maronem et in hac parte apud auctorem suum uel apud quemlibet Graecorum alium quod sequeretur habuisse. Alium non frustra dixi, quia non de unius racemis uindemiam sibi fecit, sed bene in rem suam uertit quicquid ubicunque inuenit imitandum, adeo ut de Argonauticarum quarto, quorum scriptor est Apollonius, librum Aeneidos suae quartum totum paene formauerit ad Didonem uel Aenean amatoriam incontinentiam Medeae circa Iasonem transferendo. 5 Quod ita elegantius auctore digessit, ut fabula lasciuientis Didonis, quam falsam nouit uniuersitas, per tot tamen secula speciam ueritatis optineat, et ita pro uero per ora omnium uolitet, ut pictores fictoresque et qui figmentis liciorum contextas imitantur effigies hac materia uel maxime in efficiendis simulachris tamquam unico argumento decoris utantur, nec minus histrionum perpetuis et gestibus et cantibus celebrentur. 6 Tantum ualuit pulchritudo narrandi, ut omnes Phoenissae castitatis conscii, nec ignari manum sibi iniecisse reginam, ne pateretur damnum pudoris, conniueant tamen fabulae, et intra conscientiam ueri fidem frementes malint pro uero celebrari quod pectoribus humanis dulcedo fingentis infudit.

J'avoue [Macrobe] que j'eusse mieux aimé que, dans cet endroit comme en d'autres, Virgile eût trouvé quelque chose à imiter dans son modèle ordinaire [Homère], ou dans quelque autre des écrivains grecs. Ce n'est pas sans motif que je dis "dans quelque autre des écrivains grecs"; car Virgile ne s'est pas borné à moissonner dans un seul champ; mais partout où il a trouvé quelque chose de bon à imiter, il se l'est approprié. Ainsi, c'est avec le quatrième livre de l'Argonautique dont Apollonius est l'auteur, qu'il a composé presque entièrement le quatrième livre de l'Énéide, en transportant entre Énée et Didon les chastes amours de Médée et de Jason. Mais il a tellement effacé son original, que la fable des amours de Didon, dont tout le monde connaît la fausseté, a pris depuis tant de siècles les couleurs de la vérité, et est tellement répandue dans tous les esprits, que les peintres, les sculpteurs, et ceux qui exécutent des sujets de tragédies puisent principalement dans cet épisode comme dans un type unique de décoration, tous les sujets de leurs travaux, tandis que, de leur côté, les comédiens le reproduisent continuellement dans leurs pantomimes et dans leurs chants. Le charme de la poésie a tellement prévalu, que, encore que l'on connaisse fort bien la chasteté de Didon, et qu'on sache qu'elle se donna la mort de ses propres mains, pour mettre sa pudeur à l'abri de toute atteinte, on cède cependant à la fiction; et, étouffant en soi la conscience du vrai, on se plaît à voir célébrer comme véritables les fables que les séductions du poète ont glissées dans les esprits. ...


2. Lecture : SOLIN, Recueil de faits remarquables (POLYHISTOR): A propos des éléphants :

SOLIN, Recueil de faits remarquables (POLYHISTOR), ch. XXVI :

E prouinciis Mauritanis Tingitana, qua solstitiali plagae obuia est, quaque porrigitur ad Internum mare, exsurgit montibus septem: qui, a similitudine, Fratres appellati, freto imminent. Hi montes elephantis frequentissimi, submonent a principio hoc animantium genus dicere. Igitur elephanti iuxta sensum humanum intellectus habent, memoria pollent, siderum seruant disciplinam. Luna nitescente gregatim amnes petunt, mox exspersi liquore, solis exortum motibus, quibus possunt, salutant: deinde in saltus reuertuntur. Duo eorum genera sunt: nobiliores indicat magnitudo, minores nothos dicunt. Candore dentium intelligitur iuuentas: quorum alter semper in ministerio est, alteri parcitur, ne hebetatus assiduo repercussu, minus uigeat, si fuerit dimicandum. Quum uenatu premuntur, pariter affligunt utrosque, ut ebore damnato non requirantur: hanc enim sibi causam inesse periculi sentiunt. Oberrant agminatim. Nam maximus ducit agmen, aetate proximus cogit sequentes. Flumen transituri, minimos antemittunt, ne maiorum ingressu alueum atterant, et profundus gurgites depressis uadis faciant. Venerem ante annos decem feminae, ante quinque mares nesciunt. Biennio cúunt, quinis nec amplius in anno diebus, non prius ad gregarium numerum reuersuri, quam uiuis aquis abluantur. Propter feminas nunquam dimicant: nulla enim nouerunt adulteria. Inest illis clementiae bonum: quippe si per deserta uagabundum hominem forte uiderint, ductus usque ad notas uias praebent; uel, si confertis pecoribus occursitent, itinera sibi blanda et placida manu faciunt, ne quod obuium animal interimant. At conflictu fortuito si quando pugnatur, non mediocrem habent curam sociorum: nam fessos uulneratosque in medium receptant. Quum captiuitate uenerint in manus hominum, mansuescunt hausto hordei succo. Maria transmeaturi, in naues non prius subeunt, quam de reditu illis sacramentum luatur. Indicos elephantos Mauri timent, et paruitatis suae conscii aspernantur ab his uideri. Non annis decem ut uulgus, sed biennio, ut Aristoteles definit, utero grauescunt, nec amplius quam semel gignunt, nec plures quam singulos. Viuunt annos trecentos. Impatientissimi frigoris. Truncos edunt, lapides hauriunt, gratissimas in cibatu habent palmas. Odorem muris uel maxime fugiunt: pabula etiam, quae musculis contacta sunt, recusant. Si quis casu chamaeleontem deuorauerit, uermem elephantis ueneficum, oleastro sumpto pesti medetur. Durissimum dorso tergus est, uentri mollius. Setarum hirsutia nullae. Inter hos et dracones iugis discordia. Denique insidiae hoc astu praeparantur: serpentes propter semitas delitescunt, per quas elephanti assuetis callibus euagantur: atque ita, praetermissis prioribus, postremos adoriuntur, ne qui antecesserint, queant opitulari: ac primum pedes nodis illigant, ut laqueatis cruribus impediant gradiendi facultatem: nam elephanti, nisi praeuenti hac spirarum mora, uel arboribus se, uel saxis applicant, ut pondere nitibundo attritos necent angues. Dimicationis praecipua causa est, quod elephantis, ut aiunt frigidior inest sanguis: et ob id a draconibus auidissime torrente captantur aestu. Denique nunquam inuadunt, nisi potu grauatos, ut uenis propensius irrigatis maiorem sumant de oppressis satietatem. Nec aliud magis, quam oculos petunt, quos solos expugnabiles sciunt, uel interiora aurium, quod is tantum locus defendi non potest promuscide. Itaque quum ebiberunt sanguinem, dum ruunt belluae, dracones obruuntur. Sic utrinque fusus cruor terram imbuit, fitque pigmentum quidquid soli tinxerit, quod cinnabari uocant.

Des provinces de la Mauritanie, la Tingitane, du côté du midi et de la Méditerranée, s'élève sur sept montagnes, que leur ressemblance a fait nommer les Sept-Frères. Ces montagnes, où abondent les éléphants, nous amènent tout d'abord à parler de ce genre d'animaux. Les éléphants ont une intelligence qui approche de celle de l'homme : ils ont beaucoup de mémoire, ils observent le culte des astres ; à l'apparition de la lune, ils se rassemblent aux bords des fleuves, et, après des ablutions, ils attendent le soleil à son lever pour le saluer par des mouvements qui leur sont propres ; puis ils regagnent leurs forêts. Il y a deux espèces d'éléphants : ceux de pure race sont plus grands que ceux qui appartiennent à une race abâtardie. On reconnaît que les éléphants sont jeunes à la blancheur de leurs défenses : l'une est pour le service journalier ; ils réservent l'autre pour les combats, et se gardent d'en émousser la pointe. S'ils sont pressés par des chasseurs, ils se brisent l'une et l'autre afin de se soustraire aux recherches par le sacrifice qu'ils font de leur ivoire : car ils savent que c'est pour cela qu'on les attaque. Ils marchent toujours de compagnie : le plus âgé conduit la troupe, le second en âge ferme la marche. Lorsqu'ils traversent une rivière, ils font passer d'abord les plus petits, de peur que le poids des plus gros n'enfonce le terrain et n'augmente la profondeur du gué. La femelle ne connaît l'amour que vers la dixième année, le mâle vers la cinquième. Les accouplements n'ont lieu que tous les deux ans, et seulement pendant cinq jours. Ils ne rejoignent ensuite la troupe qu'après une ablution dans des eaux vives. Ils ne combattent pas pour la possession des femelles ; ils ne connaissent pas l'adultère. Ils sont bienveillants : en effet, s'ils rencontrent un voyageur égaré dans les déserts, ils le remettent dans le chemin connu ; s'ils rencontrent un troupeau de moutons, ils s'ouvrent le chemin doucement et sans précipitation, au moyen de leur trompe, afin de ne blesser aucun animal dans la route qu'ils suivent. S'il arrive un conflit fortuit, ils prennent soin de leurs compagnons et reçoivent au milieu d'eux ceux qui sont fatigués ou blessés. S'ils tombent par captivité entre les mains de l'homme, un peu d'orge suffit pour les apprivoiser. Lorsqu'ils doivent traverser les mers, ils ne montent sur les vaisseaux qu'après que le conducteur a juré de les ramener. L'éléphant de la Mauritanie craint celui de l'Inde, et par une sorte de conscience de ses petites dimensions, il cherche à n'en être pas vu. La femelle ne porte pas dix ans, comme le pense le vulgaire, mais deux ans seulement, comme le dit Aristote ; elle ne produit qu'une fois, et jamais qu'un seul petit. Les éléphants vivent trois cents ans. Ils supportent difficilement le froid. Ils mangent les troncs d'arbres, avalent les pierres, et trouvent dans le palmier leur plus agréable nourriture. Ils fuient par-dessus tout l'odeur du rat ; ils refusent les fourrages qu'a touchés cet animal. S'il arrive à un éléphant d'avaler un caméléon, ver qui lui est funeste, en mangeant de l'olivier sauvage, il prévient l'action du poison. Il a la peau très dure sur le dos et molle sous le ventre : nulle part elle n'est recouverte de poil. Entre les éléphants et les dragons il y a des luttes continuelles. Voici comment ces reptiles leur dressent des embûches. Ils se cachent près des chemins que fréquentent les éléphants ; et, laissant passer les premiers, attaquent les derniers pour que ceux-ci ne puissent être secourus par les autres ; et d'abord ils s'entortillent autour de leurs pieds, afin de retarder, par ces sortes d'entraves, la marche de l'animal qu'ils attaquent : car l'éléphant, à moins d'être atteint par ces replis embarrassants, se rapproche des arbres ou des rochers pour écraser et faire périr le reptile sous le poids de sa chute. La principale cause de ce combat, est, dit-on, que l'éléphant a le sang très froid, et que les serpents en sont très avides, surtout dans les grandes chaleurs ; ils n'attaquent l'éléphant que quand il vient de se désaltérer, pour pouvoir, dans ses veines récemment rafraîchies, s'abreuver eux-mêmes plus largement. Ils visent surtout aux yeux, qui seuls leur donnent prise, comme d'ailleurs ils le savent, ou bien ils se glissent dans l'oreille, parce que c'est la seule partie du corps que la trompe ne peut défendre. Quand les dragons se sont gorgés de sang, les éléphants tombent et les écrasent. Le sang, ainsi répandu de deux côtés, arrose la terre et devient une couleur que l'on nomme cinabre.


3. Lecture : Pline l'Ancien, Caton et la figue de Carthage :

PLINE l'Ancien, L'Histoire naturelle, XV, 20 :

[15,20] 74 Sed a Catone appellata iam tum Africana admonet Africae ad ingens docimentum usi eo pomo. namque perniciali odio Carthaginis flagrans nepotumque securitatis anxius, cum clamaret omni senatu Carthaginem delendam, adtulit quodam die in curiam praecocem ex ea prouincia ficum ostendensque patribus: Interrogo uos, inquit, quando hanc pomum demptam putetis ex arbore. 75 cum inter omnes recentem esse constaret: Atqui tertium, inquit, ante diem scitote decerptam Carthagine. tam prope a moeris habemus hostem! statimque sumptum est Punicum tertium bellum, quo Carthago deleta est, quamquam Catone anno sequente rapto. quid primum in eo miremur, curam ingeni an occasionem fortuitam, celeritatemque cursus an uehementiam uiri? 76 super omnia est, quo nihil equidem duco mirabilius, tantam illam urbem et de terrarum orbe per CXX annos aemulam unius pomi argumento euersam, quod non Trebia aut Trasimenus, non Cannae busto Romani nominis perficere potuere, non castra Punica ad tertium lapidem uallata portaeque Collinae adequitans ipse Hannibal. tanto propius Carthaginem pomo Cato admouit!

[15,20] XX. <1> L'Afrique me revient en mémoire à propos de la figue africaine, ainsi nommée dès le temps de Caton, qui s'en servit pour frapper les esprits. Brûlant d'une haine mortelle contre Carthage, inquiet pour la sécurité à venir des Romains, et répétant, à chaque séance du sénat, qu'il fallait détruire la rivale de Rome, il apporta un jour au sein de l'assemblée une figue précoce qui provenait de cette province ; et la montrant aux sénateurs : « Je vous demande, dit-il, quand vous pensez que ce fruit ait été cueilli? » Tous convenant qu'il était fraîchement cueilli : « Eh bien, répliqua-t-il, sachez qu'il l'a été à Carthage, il y a trois jours, tant l'ennemi est près de nos murs !» <3> Et bientôt on entreprit la troisième guerre punique, où Carthage fut détruite, bien que Caton eût été enlevé l'année qui suivit cette allocution. En ce trait que devons-nous admirer ? une occasion ingénieusement ménagée ou offerte par le hasard, la rapidité du trajet, la véhémence de Caton? Ce qui est par-dessus tout, ce qui me frappe le plus, c'est que cette grande ville, qui pendant cent vingt ans avait disputé l'empire du monde, fut renversée par un argument tiré d'un fruit : une figue a fait ce que n'avait pu faire le souvenir de la Trébie, du Trasimène, de Cannes où le nom romain semble enseveli, du camp carthaginois placé à trois milles de Rome, et d'Annibal lui-même venant à cheval au pied de la porte Colline. Plus que ces souvenirs, une figue dans la main de Caton rapprocha Carthage de Rome.


4. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Cette semaine-ci, Christian RUELL a mis le grand braquet : 8 nouveaux environnements hypertextes ont été produits :

  • Grégoire le Grand, Dialogues, livre II (Vie de Saint benoît) [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Macrobe, Les Saturnales, livre V [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, livre XV [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Solin, Recueil de faits remarquables (POLYHISTOR), ch. XXI à XXX [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Stace, L'Achilléide, livre II [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Tertullien, Contre Marcion, livre V [Traduction française reprise au site TERTULLIAN.ORG]
  • Tertullien, De la patience, texte complet [Traduction française reprise au site TERTULLIAN.ORG]
  • Varron, De la langue latine, livre X [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


Jean Schumacher
10 décembre 2010


 
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Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002