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Date :     26-11-2010

Sujets :
Lecture : La (triste) fin de Jugurtha, roi de Numidie (C. McCULLOUGH); Lecture : SOLIN & La migration hivernale des grues; ITINERA ELECTRONICA : 6 nouveaux environnements hypertextes : Cyprien, Macrobe, Palladius, Pline l'Ancien, Solin, Stace;

Notice :

1. Lecture : La (triste) fin de Jugurtha, roi de Numidie (C. McCULLOUGH) :

Livre : Colleen McCULLOUGH, La revanche de Sylla
Tome I bis de la série : Les maîtres de Rome
Titre original : The first man in Rome (1990)
Traduction française par Jean-Paul MOURLON
Éditions de l'Archipel, Paris, 2002, 409 pp.

Extrait : p. 149-151:

"... Une fois la cérémonie [du triomphe de Caius Marius] commencée, on ne perdit pas de temps. En règle générale, le Sénat et tous les magistrats curules, à l'exception des consuls, marchaient en tête, suivis de musiciens, de danseurs, ainsi que de bouffons qui singeaient les puissants. Venaient ensuite les chars, puis, de nouveau, des bateleurs, escortant les prêtres chargés des sacrifices rituels et leurs bêtes. Leur succédaient les prisonniers de marque, puis le triomphateur lui-même, monté sur son char ; ses légions fermaient la marche. Caius Marius, toutefois, préféra changer l'ordre du programme, et choisit de précéder tout le monde, afin d'arriver au Capitole à temps pour pouvoir être intronisé consul ensuite, présider la réunion du Sénat, et donner une fête dans le temple de Jupiter Optimus Maximus.
Jugurtha apprécia de pouvoir s'avancer à pied à travers les rues de Rome, pour la première et dernière fois. Peu importait comment l'on mourait. Il le fallait bien un jour, et il avait eu le temps de vivre pleinement, même si son existence allait prendre fin dans la défaite. Les Romains en avaient eu pour leur argent... Bomilcar, son demi-frère... lui aussi avait péri dans une prison... Peut-être le fratricide offensait-il les dieux, quelles qu'en soient les raisons. Eux seuls pouvaient savoir combien de membres de sa parentèle étaient morts à son instigation – mais jamais de sa propre main. Cela garantissait-il qu'elles n'étaient pas tachées de sang? Comme les immeubles étaient hauts ! Le défilé s'avançait en effet le long du Vicus Tuscus du Velabrum, partie de la ville pleine d'insulae qui paraissaient vouloir tomber les unes sur les autres. Aux fenêtres, des visages épanouis ; il fut stupéfié d'en- tendre la foule l'applaudir, et l'exhorter à bien mourir avec des encouragements et des voeux.
Ils pénétrèrent ensuite dans le Circus Maximus, immense structure qui s'étendait sur tout le Palatin. Près de cent cinquante mille personnes s'entassaient sur des estrades de bois. Jugurtha, qui marchait un peu devant Marius, se sentit noyé sous les clameurs et les cris d'adulation adressés au général victorieux. Le défilé quitta l'énorme bâtiment, suivit la Via Triumphalis et finit par tourner dans la Velia pour descendre vers le Forum en piétinant sur les vieux pavés de la Via Sacra.
Enfin il allait voir le centre du monde ! Mais, quand il jeta les yeux sur le Forum Romanum, il fut déçu. De petits édifices décrépits, qui semblaient placés au hasard ; l'endroit avait l'air d'être à l'abandon. Même les plus récents étaient mal entretenus. Tous les bâtiments qu'ils avaient longés le long du trajet étaient autrement imposants, les temples plus grandioses. Un endroit sans chaleur, comme enfoncé dans une vallée bizarre, humide et peu attirante.
En face du temple de Saturne, on fit sortir du défilé Jugurtha, ses fils et ceux de ses féaux capturés par les Romains. Ils virent passer les licteurs, les danseurs, les musiciens, les légats, puis le char du général lui-même. Marius paraissait lointain, et presque méconnaissable, à cause de son visage peint. Tous remontèrent la colline pour arriver devant le grand temple de Jupiter Optimus Maximus.
Jugurtha regarda ses fils :
— Vivez longtemps, et vivez bien.
Ils allaient connaître l'exil dans des cités romaines perdues ; au moins ses vassaux et ses épouses auraient-ils le droit de retourner en Numidie.
Les licteurs qui l'entouraient le conduisirent à travers le Forum, jusqu'en bas du Clivus Argentarius. Le Tullianum se trouvait sur la colline de l'Arx, juste après les marches des Gémonies. C'était un édifice minuscule, de couleur grisâtre, bâti avec d'énormes pierres assemblées sans mortier, à un seul niveau, et qui ne comptait qu'une entrée ménagée dans la muraille. Les licteurs le dépouillèrent de ses tuniques, de ses bijoux, et les tendirent aux scribes du Trésor, qui attendaient de se les voir remettre ; un reçu changea de mains, témoignant officiellement que la question était réglée. On ne laissa à Jugurtha que son pagne. La seule lumière était celle venue de l'entrée, derrière lui, et c'est grâce à elle qu'il discerna le trou rond au milieu du sol. C'est là qu'ils le jetteraient. S'il avait dû être étranglé, l'exécuteur l'y aurait accompagné, avant de remonter par une échelle une fois sa tâche terminée. Mais Sylla avait de toute évidence pris soin de modifier les règles, car le bourreau était absent. Quelqu'un amena une échelle, mais Jugurtha l'écarta d'un geste de la main, marcha jusqu'au bord du trou, puis y sauta sans que le moindre mot s'échappât de ses lèvres ; que dire, en un tel instant ? On l'entendit presque aussitôt se recevoir sur le sol. Les autres quittèrent les lieux en silence. Personne ne prit la peine de reboucher le trou, ni de condamner l'entrée ; car personne ne ressortait jamais de l'horrible puits caché sous le Tullianum. ..."

Le TULLIANUM, l'ancienne prison de Rome :

  • Présentation : WIKIPEDIA
  • Source : SALLUSTE, La guerre de Catilina, LV :

    [55] Postquam, ut dixi, senatus in Catonis sententiam discessit, consul optimum factu ratus noctem quae instabat antecapere, ne quid eo spatio nouaretur, tresuiros quae ad supplicium postulabat parare iubet. Ipse praesidiis dispositis Lentulum in carcerem deducit; idem fit ceteris per praetores. Est in carcere locus, quod Tullianum appellatur, ubi paululum ascenderis ad laeuam, circiter duodecim pedes humi depressus; eum muniunt undique parietes atque insuper camera lapideis fornicibus iuncta; sed incultu tenebris odore foeda atque terribilis eius facies est. In eum locum postquam demissus est Lentulus, uindices rerum capitalium, quibus praeceptum erat, laqueo gulam fregere. Ita ille patricius ex gente clarissima Corneliorum, qui consulare imperium Romae habuerat, dignum moribus factisque suis exitum uitae inuenit. De Cethego, Statilio, Gabinio, Caepario eodem modo supplicium sumptum est.

    LV. - Lorsque le Sénat eut, comme je l'ai dit, adopté la motion de Caton, le consul, estimant que le mieux à faire était de tout terminer avant la nuit toute proche, afin d'empêcher toute tentative révolutionnaire, donne l'ordre aux triumvirs de tout préparer pour le supplice ; il dispose des soldats et conduit lui-même sous escorte Lentulus à la prison ; les préteurs mènent les autres. Il est dans la prison un endroit appelé le Tullianum, où l'on arrive en descendant un peu à gauche ; c'est un cachot souterrain, profond de douze pieds environ. Il est de tous côtés entouré de gros murs et couvert d'une voûte formée de fortes pierres de taille bien jointes ; il est sale, obscur, d'une odeur repoussante, d'un aspect terrible. C'est là qu'on descendit Lentulus : les préposés aux exécutions capitales, à qui des ordres avaient été donnés, le firent étrangler. Ainsi, ce patricien, de l'illustre famille des Cornélius, qui avait été revêtu de l'autorité consulaire, trouva une fin digne de son caractère et de ses forfaits. Céthégus, Statilius, Gabinius, Céparius subirent le même supplice.

La fin de Jugurtha : SOURCES :

  • Plutarque, Vie de Marius, 12 :

    [12] Ταῦτα Ῥωμαῖοι πυνθανόμενοι πολλαχόθεν, ἐκάλουν Μάριον ἐπὶ τὴν στρατηγίαν, καὶ τὸ δεύτερον ὕπατος ἀπεδείχθη, τοῦ μὲν νόμου κωλύοντος ἀπόντα καὶ μὴ διαλιπόντα χρόνον ὡρισμένον αὖθις αἱρεῖσθαι, τοῦ δὲ (2) δήμου τοὺς ἀντιλέγοντας ἐκβαλόντος. ἡγοῦντο γὰρ οὔτε νῦν πρῶτον εἴξειν τῷ συμφέροντι τὸν νόμον, οὔτ' ἀλογωτέραν εἶναι τὴν παροῦσαν αἰτίαν ἐκείνης, δι' ἣν τὸν Σκιπίωνα παρὰ τοὺς νόμους ὕπατον ἀπέδειξαν, οὐ φοβούμενοι τὴν ἑαυτῶν ἀποβαλεῖν, ἀλλὰ τὴν Καρχηδονίων (3) ἐπιθυμοῦντες ἀνελεῖν. ταῦτ' ἔδοξε, καὶ Μάριος ἐκ Λιβύης μετὰ τοῦ στρατεύματος διακομισθείς, αὐταῖς Καλάνδαις Ἰανουαρίαις, ἣν ἔτους ἀρχὴν ἄγουσι Ῥωμαῖοι, τήν θ' ὑπατείαν ἀνέλαβε καὶ τὸν θρίαμβον εἰσήλασεν, ἄπιστον ἐπιδειξάμενος θέαμα Ῥωμαίοις Ἰουγούρθαν αἰχμάλωτον, οὗ ζῶντος οὐδ' ἂν εἷς ἤλπισε πολεμῶν κρατῆσαι· οὕτω τις ἦν ποικίλος ἀνὴρ τύχαις ὁμιλῆσαι, καὶ (4) πανουργίᾳ πολλῇ μεμειγμένον ἔχων τὸ θυμοειδές. ἀλλ' ἐξέστη γε πομπευθεὶς ὡς λέγουσι τότε τοῦ φρονεῖν, καὶ μετὰ τὸν θρίαμβον εἰς τὸ δεσμωτήριον ἐμπεσών, ὡς οἱ μὲν αὐτοῦ βίᾳ περιέρρηξαν τὸν χιτωνίσκον, οἱ δὲ σπεύδοντες ἀφελέσθαι βίᾳ τὸ χρυσοῦν ἐλλόβιον ἅμα τὸν λοβὸν συναπέρρηξαν, ὠσθεὶς δὲ γυμνὸς εἰς τὸ βάραθρον κατεβλήθη, μεστὸς ὢν ταραχῆς καὶ διασεσηρώς "Ἡράκλεις" εἶπεν, "ὡς ψυχρὸν ὑμῶν τὸ βαλανεῖον." ἀλλὰ τοῦτον μὲν ἓξ ἡμέραις ζυγομαχήσαντα τῷ λιμῷ καὶ μέχρι τῆς ἐσχάτης ὥρας ἐκκρεμασθέντα τῆς τοῦ ζῆν ἐπιθυμίας (6) εἶχεν ἀξία δίκη τῶν ἀσεβημάτων. ἐν δὲ τῷ θριάμβῳ κομισθῆναι λέγουσι χρυσοῦ μὲν ἑπτὰ καὶ τρισχιλίας λίτρας, ἀργύρου δ' ἀσήμου πεντακισχιλίας ἑπτακοσίας ἑβδομήκοντα πέντε, νομίσματος δὲ δραχμὰς ἑπτακισχιλίας ἐπὶ (7) μυριάσιν ὀκτὼ καὶ εἴκοσι. μετὰ δὲ τὴν πομπὴν ὁ Μάριος σύγκλητον ἤθροισεν ἐν Καπετωλίῳ, καὶ παρῆλθε μὲν εἴτε λαθὼν αὑτὸν εἴτε τῇ τύχῃ χρώμενος ἀγροικότερον ἐν τῇ θριαμβικῇ σκευῇ, ταχὺ δὲ τὴν βουλὴν ἀχθεσθεῖσαν αἰσθόμενος, ἐξανέστη καὶ μεταλαβὼν τὴν περιπόρφυρον αὖθις <εἰς>ῆλθεν.

    [12] Les Romains, à qui la nouvelle de cette résolution venait de toutes parts, appelèrent Marius à la conduite de cette guerre, et le nommèrent consul pour la seconde fois, quoiqu'il fût défendu d'élire quelqu'un qui serait absent, et qui n'aurait pas mis entre les deux consulats l'intervalle prescrit par la loi. Ceux qui voulurent s'opposer à son élection, en alléguant cette défense, furent repoussés par le peuple. « Ce n'était pas, disait-on, la première fois que la loi cédait à l'utilité publique; et le motif qui y faisait déroger en cette circonstance n'était pas moins pressant que celui qui avait déterminé leurs ancêtres à nommer, contre les lois, Scipion consul; et lorsqu'ils l'avaient élu, ils n'avaient pas à craindre la ruine de leur ville; ils ne voulaient que détruire Carthage. » Le peuple donc passa outre, et confirma sa nomination. XIII. Marius ayant ramené son armée d'Afrique, prit possession du consulat le premier jour de janvier, jour où commence l'année romaine; il entra dans Rome en triomphe, et fit voir aux Romains un spectacle qu'ils avaient peine à croire : c'était Jugurtha captif. Personne n'aurait osé se flatter de voir finir cette guerre du vivant de ce prince, tant il savait se plier avec souplesse à toutes les variations de la fortune ! tant son courage était secondé par sa finesse ! On dit que pendant la marche du triomphe, il perdit le sens, et que, la pompe finie, il fut conduit dans une prison où les licteurs, pressés d'avoir sa dépouille, déchirèrent sa robe, et lui arrachèrent les deux bouts des oreilles pour avoir les anneaux d'or qu'il y portait. Jeté nu dans un cachot, ayant l'esprit aliéné, il dit en souriant : "Par Hercule, que vos étuves sont froides!" Après avoir lutté six jours entiers contre la faim, en conservant toujours le désir et l'espérance de vivre, il trouva enfin, dans une mort misérable, la juste punition de ses forfaits. On porta, dit-on, dans ce triomphe, trois mille sept livres pesant d'or, cinq mille sept cent soixante-quinze d'argent, et dix- sept mille vingt-huit drachmes d'espèces monnayées. XIV. Marius, après son triomphe, assembla le sénat; et, soit distraction, soit abus insolent de sa fortune, il entra dans la salle avec sa robe de triomphateur; mais s'étant aperçu sur-le-champ de l'indignation de tout le sénat, il sortit ; et ayant remis sa robe prétexte, il revint prendre sa place.

  • Eutrope, Abrégé de l'Histoire romaine, IV, 11 :

    [4,11] P- Scipione Nasica et L- Calpurnio Bestia consulibus Iugurthae, Numidarum regi, bellum inlatum est, quod Adherbalem et Hiempsalem, Micipsae filios, fratres suos, reges et populi Romani amicos, interemisset. Missus aduersus eum consul Calpurnius Bestia, corruptus regis pecunia, pacem cum eo flagitiosissimam fecit, quae a senatu improbata est. Postea contra eundem insequenti anno Sp- Postumius Albinus profectus est. Is quoque per fratrem ignominiose contra Numidas pugnauit. Tertio missus est Q- Caecilius Metellus consul. Is exercitum a prioribus ducibus corruptum ingenti seueritate et moderatione correctum, cum nihil in quemquam cruentum faceret, ad disciplinam Romanam reduxit. Iugurtham uariis proeliis uicit, elephantos eius occidit uel cepit, multas ciuitates ipsius in deditionem cepit. Et cum iam finem bello positurus esset, successum est ei a C- Mario. Is Iugurtham et Bocchum, Mauritaniae regem, qui auxilium Iugurthae ferre coeperat, pariter superauit. Aliquanta et ipse oppida Numidiae cepit belloque terminum posuit capto Iugurtha per quaestorem suum Cornelium Sullam, ingentem uirum, tradente Boccho Iugurtham qui pro eo ante pugnauerat. A M- Iunio Silano, collega Q- Metelli, Cimbri in Gallia uicti sunt, et a Minucio Rufo in Macedonia Scordisci et Triballi, et a Seruilio Caepione in Hispania Lusitani subacti. Acti sunt et duo triumphi de Iugurtha, primus per Metellum, secundus per Marium. Ante currum tamen Marii Iugurtha cum duobus filiis ductus est catenatus et mox iussu consulis in carcere strangulatus est.

    [4,11] Sous le consulat de P. Scipion Nasica et de L. Calpurnius Bestia, on déclara la guerre à Jugurtha, roi des Numides, parce qu’il avait fait périr les rois Hiempsal et Adherbal, ses frères, fils de Micipsa et amis du peuple romain. On envoya contre lui le consul Calpurnius Bestia, qui, se laissant corrompre par l’argent du roi, fit avec lui la paix la plus honteuse; mais elle fut réprouvée par le sénat. L’année suivante, Spurius Albinus Postumius partit pour combattre Jugurtha, et, par la faute de son frère, vit cette guerre contre les Numides tourner à sa honte. En troisième lieu, le consul Q. Cecilius Metellus, envoyé contre Jugurtha, commença par réprimer très sévèrement, mais aussi avec beaucoup de modération, la licence de l’armée; et, sans user contre personne d’une sanglante rigueur, il parvint à rétablir la discipline romaine. Il vainquit Jugurtha en plusieurs rencontres, lui tua ou lui prit ses éléphants, reçut aussi la soumission d’un grand nombre de villes appartenant à Jugurtha; puis, au moment où il allait mettre fin à la guerre, on lui donna pour successeur C. Marius. Ce dernier défit également Jugurtha et le roi de Mauritanie, Bocchus, qui venait de porter secours au Numide. Marius s’empara aussi lui-même de quelques villes de Numidie, et termina la guerre par la prise de Jugurtha, dont il fut redevable à Cornelius Sylla, son questeur, homme d’un rare mérite. Bocchus, qui d’abord avait combattu pour Jugurtha, finit par le livrer aux Romains. M. Junius Silanus, collègue de Q. Metellus, défit les Cimbres dans la Gaule; Minutius Rufus vainquit, en Macédoine, les Scordisques et les Triballes, et Servilius Cépion battit les Lusitaniens en Espagne. La défaite de Jugurtha fournit deux triomphes: le premier à Metellus, le second à Marius. Ce fut toutefois devant le char de Marius que Jugurtha, chargé de fers, marcha avec ses deux fils, pour être bientôt étranglé dans sa prison, par l’ordre du consul.


2. Lecture : SOLIN & La migration hivernale des grues :

SOLIN, Recueil de faits remarquables (POLYHISTOR) , ch. X :

Manifestum sane est, in septentrionalem plagam hieme grues frequentissimas conuolare. Nec piguerit meminisse, quatenus expeditiones suas dirigant. Sub quodam militiae eunt signo, et ne pergentibus ad destinata uis flatuum renitatur, arenas deuorant, sublatisque lapillulis ad moderatam grauitatem saburrantur. Tunc contendunt in altissima, ut de excelsiori specula metentur quas petant terras. Fidens meatu praeit cateruas; uolatus desidiam castigat uoce, quae cogit agmen; ea ubi obraucata est, succedit alia. Pontum transiturae angustias captant; et quidem eas, nam promptum est oculis deprehendere, quae inter Tauricam sunt et Paphlagoniam, id est inter Carambim, et Krioè m¡tupon. Quum contra medium alueum aduentasse se sciunt, scrupulorum sarcina pedes liberant: ita nautae prodiderunt, compluti saepe ex illo casu imbre saxatili. Arenas non prius reuomunt, quam securae sedis suae fuerint. Concors cura omnium pro fatigatis adeo, ut si quae defecerint, congruant uniuersae, lassatasque sustollant, usque dum uires otio reciperentur. Nec in terra cura segnior. Excubias nocte diuidunt, ut exsomnis sit decima quaeque. Vigiles ponduscula digitis amplectuntur, quae, si forte exciderint, somnum coarguant. Quod cauendum erit, clangore indicant. AEtatem in illis prodit color: nigrescunt senectute.

Il est certain d'ailleurs que les grues affluent l'hiver dans le nord du pays. La marche qu'elles suivent dans leurs expéditions est curieuse. Elles ont une sorte de drapeau de guerre, et pour que la violence du vent ne retarde pas leur arrivée au but qu'elles veulent atteindre, elles avalent du sable et se lestent avec un poids modéré de petits cailloux. Alors elles s'élèvent très haut, pour déterminer de ces régions élevées de l'air la distance des pays où elles doivent se rendre. La plus hardie s'avance en tête de la troupe ; celle qui ferme la marche crie pour hâter la lenteur du vol, et, quand vient l'enrouement, une autre lui succède. Quand elles vont traverser le Pont-Euxin, elles recherchent les détroits, et, comme on peut le voir d'ailleurs, celui surtout qui sépare la Taurique de la Paphlagonie, c'est-à-dire qui s'étend entre Carambis et Criu-Métopon. Quand elles voient qu'elles approchent du milieu du trajet, elles laissent tomber de leurs pattes les graviers : c'est ce qu'ont raconté les navigateurs qui souvent ont reçu cette pluie de pierres. Elles ne rejettent de la gorge le sable, que quand elles sont arrivées à leur destination. Elles ont tant de soin pour celles d'entre elles qui sont fatiguées, que si quelqu'une manque de force, elles la soutiennent, et la portent jusqu'à ce que le repos l'ait rétablie. Sur terre elles n'ont pas moins de vigilance ; elles posent la nuit des sentinelles : de sorte que sur dix il y en a une qui veille. Celle-ci tient dans une de ses pattes de petites pierres, dont la chute l'avertit qu'elle succombe au sommeil. Elle indique par le battement de ses ailes les dangers imminents. On reconnaît l'âge des grues par leur couleur : elles noircissent en vieillissant.


3. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Christian RUELL, fidèle à lui-même, a créé 6 nouveaux environnements hypertextes :

  • Cyprien (Saint) ?, Sur les avantages de la pudeur, texte complet [Traduction française reprise au site de l'Abbaye Saint-Benoît de Port-Valais]
  • Macrobe, Les Saturnales, livre III [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Palladius, De l'économie rurale, livre IV [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, livre XXII [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Solin, Recueil de faits remarquables (POLYHISTOR), chap. VIII à X [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Stace, L'Achilléide, livre I [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


Jean Schumacher
26 novembre 2010


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002