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Date :     05-11-2010

Sujets :
Lecture : La transvectio equitum (C. McCULLOUGH) ; Lecture : LACTANCE (vers 250 - vers 325) : Des bêtes et des hommes ; Lecture : TERTULLLIEN (vers 150-160 - vers 230-240) : Tout ce que tu lieras ... ; ITINERA ELECTRONICA : 8 nouveaux environnements hypertextes : Cicéron, Cyprien (x 3), Palladius, Pétrarque, Pline l'Ancien, Tertullien ; Statistiques de consultation - octobre 2010 ;

Notice :

1. Lecture : La La transvectio equitum (C. McCULLOUGH) :

Livre : Colleen McCULLOUGH, La colère de Spartacus
Tome IV de la série : Les maîtres de Rome
Titre original : Caesar's Women (1995)
Traduction française par Jean-Paul MOURLON
Éditions de l'Archipel, Paris, 1997, 395 pp.

Extrait : p. 368 - 370 :

" ...Pompée ne savait trop si beaucoup de provinciaux comprendraient à quel point il était stupéfiant que le premier consul de Rome eût été un chevalier au moment de son élection (sans être devenu sénateur avant sa prise de fonction, le premier de l'an). Il décida donc de tirer parti du défilé du cheval public pour bien souligner ce fait. Les deux censeurs, qui n'avaient rien à lui refuser, redonnèrent vie à la transvectio – puisque tel était le nom de la cérémonie –, bien qu'on y eût renoncé depuis le temps de Caius Gracchus.
Le défilé commença à l'aube, le jour des ides de quintilis, dans le Circus Flaminius, où les dix-huit cents détenteurs d'un cheval public offrirent un sacrifice à Mars Invictus – Mars l'invaincu –, dont le temple se trouvait dans le cirque même. Cela fait, les chevaliers enfourchèrent leurs montures et s'avancèrent solennellement, centurie par centurie, le long du Velabrum, pour emprunter le Vicus Jugarius puis, de là, parvenir dans la partie inférieure du Forum Romanum. Ils montèrent jusqu'au Forum même où, installés sur une estrade spécialement dressée devant le temple de Castor et Pollux, les censeurs attendaient de les inspecter. Chacun des cavaliers, en s'approchant, était censé mettre pied à terre et amener son cheval public devant les deux magistrats, qui examineraient minutieusement le maître et sa monture. Ils avaient en effet le droit, selon les anciennes coutumes, de priver le premier de son cheval public, puis de le chasser des dix-huit centuries d'origine. Cela s'était produit autrefois : Caton le Censeur était resté célèbre pour la férocité de ses inspections.
La transvectio, bien que de vieille tradition, était donc un événement si inédit, presque tout Rome voulut s'entasser dans le Forum Romanum, encore que beaucoup dussent se contenter d'apercevoir le défilé lors de sa première partie, entre le Circus Flaminius et le Forum. Chaque endroit d'où l'on pouvait espérer mieux voir – toits, portiques, marches, collines, falaises, arbres – était noir de monde. Des vendeurs de nourriture, de boissons, d'éventails, se risquaient à traverser les foules à toute allure, en hurlant les bienfaits de leurs marchandises, non sans cogner plus d'un crâne de leurs plateaux, qu'ils portaient accrochés au cou. Ce qui ne leur inspirait, au demeurant, qu'une bordée d'injures, tant ils redoutaient de se voir voler leurs produits ou leur argent ; un esclave accompagnait chacun d'eux pour veiller à ce que cela fût impossible. Les nouveau-nés hurlaient, les tout-petits urinaient sur ceux qui avaient le malheur d'être en dessous d'eux, les enfants couraient en tous sens dans la foule, la graisse tachait les tuniques, des querelles éclataient, les plus délicats vomissaient ou s'évanouissaient, tout le monde mangeait sans arrêt : un jour de fête typiquement romain.
Les chevaliers avançaient en dix-huit centuries, dont chacune était précédée de son vieil emblème : souris, loup, ours, oiseau, lion... La voie étant par endroits très étroite, ils ne pouvaient avancer qu'à quatre de front ; chaque centurie comptait ainsi vingt-cinq rangées, si bien que le défilé s'étendait sur plus de quinze cents mètres. Tous avaient revêtu leurs armures, dont certaines extrêmement anciennes et d'allure surprenante ; d'autres, comme Pompée (dont la famille s'était introduite à grands coups de coude dans les dix-huit centuries d'origine) avaient préféré l'or et l'argent. Rien n'était plus beau, toutefois, que les chevaux eux-mêmes, plus magnifiques les uns que les autres, presque tous blancs ou gris pommelé, chargés de tous les médaillons et tous les colifichets imaginables, avec des selles et des brides de cuir teint. Certains avaient appris à se dresser sur leurs pattes de derrière ; d'autres avaient des crinières et des queues tressées, semées d'or et d'argent.
Tout cela était admirablement mis en scène afin de valoriser Pompée. Il était manifestement impossible d'interroger chaque cavalier, quand bien même les censeurs l'eussent voulu ; il eût fallu y consacrer une trentaine d'heures. La centurie de Pompée avait toutefois été placée parmi les premières ; si bien que Clodianus et Gellius prirent la peine de questionner un à un les trois cents premiers hommes. On demandait à chacun son nom, sa tribu, le nom de son père, le nombre de campagnes qu'il avait effectuées ; après quoi, le statut financier de l'intéressé (défini à l'avance) était approuvé, et il pouvait repartir.
Quand la quatrième centurie mit pied à terre, Pompée se retrouva au premier rang : un grand silence tomba sur la foule du Forum, où ses agents étaient nombreux. Son armure d'or étincelait au soleil, la pourpre de sa cape de consul flottait sur ses épaules, par-dessus celle, écarlate, de général. Il fit avancer son cheval blanc caparaçonné de cuir et de phalerae d'or. Lui-même était inondé de médaillons, de plaques ; son casque attique s'ornait d'une masse énorme de plumes d'aigrettes teintes de pourpre.
– Nom ? demanda Clodianus.
– Cnaeus Pompeius Magnus !
– Tribu ?
– Clustumina !
– Père ?
– Cnaeus Pompeius Strabo, consul !
– As-tu servi dans dix campagnes, ou pendant six années ?
– Oui ! s'écria Pompée à pleins poumons. Deux lors de la guerre contre les Italiques, une pour défendre la ville lors du siège de Rome, deux avec Lucius Cornelius Sylla en Italie, une en Afrique, une en Numidie, une pour défendre Rome contre Lepidus et Brutus, six en Hispanie, et une pour venir à bout des hommes de Spartacus ! Cela fait seize, et chacune a été menée sous ma direction !
La foule parut prise de folie : elle hurla, applaudit, poussa des acclamations qui assourdirent les censeurs et provoquèrent un début de panique parmi les chevaux : certains cavaliers chutèrent sur les pavés.
Quand le vacarme s'apaisa – ce qui demanda un certain temps, car Pompée s'était avancé vers le temple de Castor, tenant la bride de son cheval et tournant en rond aux grands applaudissements de la populace –, Gellius et Clodianus mirent de côté leurs registres et restèrent immobiles, l'air hautain, se contentant d'acquiescer de la tête à mesure que les seize centuries suivant celle de Pompée passaient devant eux au petit trot. ..."

Transvectio equitum :
"... La cérémonie religieuse du 15 juillet était à la fois la fête des héros protecteurs et des héros protégés, des chevaliers romains et de leurs patrons célestes [Castor et Pollux].
On l'appelait la transvectio equitum. Montés, comme les Dioscures, sur des chevaux blancs, comme eux vêtus de robes de pourpre et couronnés d'olivier, ils se réunissaient à la porte latine, à celle-là même par laquelle Aulus Postumius et le magister equitum étaient rentrés triomphants à Rome après la victoire, et à l'endroit où Fabius Verrucosus éleva en 233 avant J.-C. un temple à l'Honneur. Puis, rangés en bataille, et comme s'ils revenaient d'écraser de nouveau les Latins au lac Régille, ils pénétraient dans la ville, se dirigaient vers le Forum, s'arrêtaient devant le temple de Castor et Pollux, allaient au Capitole rendre grâces à Jupiter, le père des Dioscures, puis redescendaient au cirque où l'on célébrait des jeux solennels ..."
(Maurice ALBERT, Le Culte de Castor et Pollux en Italie, BiblioLife, LLC, 2009).

Sources :

  • Denys d'Halicarnasse, Les Antiquités romaines, VI, 13 :

    ... ταύτης ἐστὶ τῆς παραδόξου καὶ θαυμαστῆς τῶν δαιμόνων ἐπιφανείας ἐν Ῥώμῃ πολλὰ σημεῖα, ὅ τε νεὼς ὁ τῶν Διοσκούρων, ὃν ἐπὶ τῆς ἀγορᾶς κατεσκεύασεν ἡ πόλις, ἔνθα ὤφθη τὰ εἴδωλα, καὶ ἡ παρ´ αὐτῷ κρήνη καλουμένη τε τῶν θεῶν τούτων καὶ ἱερὰ εἰς τόδε χρόνου νομιζομένη, θυσίαι τε πολυτελεῖς, ἃς καθ´ ἕκαστον ἐνιαυτὸν ὁ δῆμος ἐπιτελεῖ διὰ τῶν μεγίστων ἱερέων ἐν μηνὶ Κυιντιλίῳ λεγομένῳ ταῖς καλουμέναις εἰδοῖς, ἐν ᾗ κατώρθωσαν ἡμέρᾳ τόνδε τὸν πόλεμον· ὑπὲρ ἅπαντα δὲ ταῦτα ἡ μετὰ τὴν θυσίαν ἐπιτελουμένη πομπὴ τῶν ἐχόντων τὸν δημόσιον ἵππον, οἳ κατὰ φυλάς τε καὶ λόχους κεκοσμημένοι στοιχηδὸν ἐπὶ τῶν ἵππων ὀχούμενοι πορεύονται πάντες, ὡς ἐκ μάχης ἥκοντες ἐστεφανωμένοι θαλλοῖς ἐλαίας, καὶ πορφυρᾶς φοινικοπαρύφους ἀμπεχόμενοι τηβέννας τὰς καλουμένας τραβέας, ἀρξάμενοι μὲν ἀφ´ ἱεροῦ τινος Ἄρεος ἔξω τῆς πόλεως ἱδρυμένου, διεξιόντες δὲ τήν τ´ ἄλλην πόλιν καὶ διὰ τῆς ἀγορᾶς παρὰ τὸ τῶν Διοσκούρων ἱερὸν παρερχόμενοι, ἄνδρες ἔστιν ὅτε καὶ πεντακισχίλιοι φέροντες, ὅσα παρὰ τῶν ἡγεμόνων ἀριστεῖα ἔλαβον ἐν ταῖς μάχαις, καλὴ καὶ ἀξία τοῦ μεγέθους τῆς ἡγεμονίας ὄψις. ταῦτα μὲν ὑπὲρ τῆς γενομένης ἐπιφανείας τῶν Διοσκούρων λεγόμενά τε καὶ πραττόμενα ὑπὸ Ῥωμαίων ἔμαθον· ἐξ ὧν τεκμήραιτ´ ἄν τις, ὡς θεοφιλεῖς ἦσαν οἱ τότε ἄνθρωποι, σὺν ἄλλοις πολλοῖς καὶ μεγάλοις.

    XXII. On voit à Rome plusieurs monuments de cette apparition également admirable et extraordinaire : entre autres le temple de Castor et Pollux, que la ville fit ériger dans la place publique au même endroit où ils s'étaient fait voir, la fontaine voisine de ce temple consacrée à ces deux divinités, laquelle est regardée encore aujourd'hui comme telle, et les sacrifices magnifiques que les principaux chevaliers leurs font tous les ans au nom du peuple aux Ides du mois appelé Quintilius, qui est le jour que la guerre des Latins fut heureusement terminée. Mais ce qu'il y a de plus magnifique, c'est la pompeuse cavalcade que font après le sacrifice ceux qui ont des chevaux du public. Distingués par tribus et par centuries, couronnés de branches d'olivier, revêtus de robes de pourpre brodées de palmes et qu'on appelé trabées, ils marchent tous à cheval dans un ordre admirable comme s'ils revenaient du combat. Ils commencent le carrousel à un temple de Mars situé hors de Rome : de là ils traversent la ville, ils passent par la place publique et auprès du temple de Castor et Pollux, portant avec eux toutes les marques de distinction que leurs généraux leur ont données pour récompense de leur valeur dans les combats. Cette pompe est quelquefois composée de cinq mille hommes : il ne se peut rien voir de plus beau ni de plus digne de la majesté de l'empire. Voila ce que disent les Romains sur l'apparition de Castor et Pollux et ce qu'ils font en mémoire de cette faveur signalée qu'ils reçurent des dieux : c'est tout ce que j'en ai pu apprendre. On peut juger de là quels étaient les avantages et la piété des hommes de cet heureux temps, et combien ils étaient chéris des dieux.

  • Pseudo-Aurélius Victor, De viris illustribus urbis Romae, 32 :

    Quintus Fabius Rullus, primus ex ea familia ob uirtutem Maximus, magister equitum a Papirio ob Samnitem uictoriam securi paene percussus, primum de Apulis et Nucerinis, iterum de Samnitibus, tertio de Gallis Umbris Marsis atque Tuscis triumphauit. 2 Censor libertinos tribubus amouit. Iterum censor fieri noluit dicens non esse ex usu reipublicae eosdem censores saepius fieri. 3 Hic primus instituit, uti equites Romani Idibus Quinctilibus ab aede Honoris equis insidentes in Capitolium transirent. 4 Mortuo huic tantum aeria populi liberalitate congestum est, ut inde filius uiscerationem et epulam publice daret.

    Quinctus Fabius Rutilius, le premier de sa famille qui fut surnommé Maximus à cause de son rare mérite, et qui étant maître de la cavalerie, avait failli périr sous la hache de Papirius, triompha d'abord des Apuliens et des Nucérins ; puis, des Samnites; enfin, des Gaulois, des Ombriens, des Marses et des Toscans. Nommé censeur, il retrancha des tribus les fils d'affranchis. Il refusa d'exercer une seconde fois la censure, en disant qu'il était contraire aux intérêts de la république d'appeler trop souvent les mêmes hommes à devenir censeurs. Le premier, il établit, pour les chevaliers romains, la coutume de se rendre, lors des Ides de juillet, montés sur des chevaux, du temple de l'Honneur au Capitole. À sa mort, la libéralité des citoyens répandit sur sa tombe un tel amas d'argent, que son fils put, avec les deniers publics, donner au peuple curée et banquets.

  • Tite-Live, L'Histoire romaine, IX, 46 :

    ... Ex eo tempore in duas partes discessit ciuitas; aliud integer populus, fautor et cultor bonorum, aliud forensis factio tenebat, donec Q- Fabius et P- Decius censores facti et Fabius simul concordiae causa, simul ne humillimorum in manu comitia essent, omnem forensem turbam excretam in quattuor tribus coniecit urbanasque eas appellauit. Adeoque eam rem acceptam gratis animis ferunt ut Maximi cognomen, quod tot uictoriis non pepererat hac ordinum temperatione pareret. Ab eodem institutum dicitur ut equites idibus Quinctilibus transueherentur.

    ... (13) À dater de cette époque, Rome fut divisée en deux partis: l'un des gens de bien, aimant les bons citoyens et cherchant à les porter aux emplois; l'autre composé de la faction du Forum. (14) Cette scission dura jusqu'à la censure de Q. Fabius et de P. Decius, ou Fabius, et pour le rétablissement de la concorde, et pour que les comices ne fussent pas dans la main de ce qu'il y avait de plus abject, écuma toute cette lie du Forum, et la jeta dans quatre tribus, qu'il appela les tribus de la ville. (15) Cette sage mesure, comme nous l'apprennent les historiens, fut accueillie avec une si vive reconnaissance, que Fabius, pour avoir ainsi rétabli l'équilibre entre les différents ordres, reçut le surnom de Maximus, que tant de victoires n'avaient pu lui acquérir. C'est le même, dit-on, qui institua, pour l'ordre équestre, la cavalcade des ides de Quinctilis.


2. Lecture : LACTANCE (vers 250 - vers 325) : Des bêtes et des hommes :

Lactance, De l'ouvrage de Dieu ou De la formation de l'homme, ch. II :

Caeteris animantibus quoniam rationalem istam uim non attribuit, quemadmodum tamen uita eorum tutior esset, ante prouidit. Omnes enim suis ex se pilis texit, quo facilius possent uim pruinarum ac frigorum sustinere. Singulis autem generibus, ad propulsandos impetus externos, sua propria munimenta constituit; ut aut naturalibus telis repugnent fortioribus, aut quae sunt imbecilliora, subtrahant se periculis pernicitate fugiendi, aut quae simul, et uiribus, et celeritate indigent, astu se protegant, aut latibulis sepiant. Itaque alia eorum, uel plumis leuibus in sublime suspensa sunt, uel suffulta ungulis, uel instructa cornibus; quibusdam in ore arma sunt dentes, aut in pedibus adunci ungues; nullique munimentum ad tutelam sui deest. Si qua uero in praedam maioribus cedunt, ne tamen stirps eorum funditus interiret, aut in ea sunt relegata regione, ubi maiora esse non possunt; aut acceperunt uberem generandi foecunditatem, ut et bestiis, quae sanguine aluntur, uictus suppeteret ex illis, et illatam tamen cladem, ad conseruationem generis, multitudo ipsa superaret.
Hominem autem, ratione concessa, et uirtute sentiendi atque eloquendi data, eorum, quae caeteris animantibus attributa sunt, fecit expertem, quia sapientia reddere poterat, quae illi naturae conditio denegasset, statuit nudum, et inermem, quia et ingenio poterat armari, et ratione uestiri. Ea uero ipsa, quae mutis data, et homini denegata sunt, quam mirabiliter homini ad pulchritudinem faciant, exprimi non potest. Nam si in homine ferinos dentes, aut cornua, aut ungues, aut ungulas, aut caudam, aut uarii coloris pilos addidisset; quis non sentiat quam turpe animal esset futurum, sicut muta, si nuda et inermia fingerentur? Quibus si detrahas, uel naturalem sui corporis uestem, uel ea quibus ex se armantur, nec speciosa poterunt esse, nec tuta; ut mirabiliter, si utilitatem cogites, instructa, si speciem, ornata uideantur: adeo miro modo consentit utilitas cum decore.
Hominem uero, quem aeternum animal atque immortale fingebat, non forinsecus, ut caetera, sed interius armauit; nec munimentum eius in corpore, sed in animo posuit: quoniam superuacuum fuit, cum illi, quod erat maximum, tribuisset, corporalibus eum tegere munimentis; cum praesertim pulchritudinem humani corporis impedirent. ...

... Il [Dieu] n'a pas donné aux autres animaux le même avantage, mais il a pourtant pourvu à leur sûreté; car il les a couverts de peaux pour les défendre de la rigueur du froid, de l'incommodité des pluies et des autres injures de l'air. Il a donné à chaque espèce les armes qui lui étaient propres : aux unes la force, pour attaquer et pour combattre; aux autres la vitesse, pour fuir et pour éviter les périls; aux autres, l'industrie et l'adresse pour se faire des tanières et pour s'y retrancher. Les unes ont des ailes, à la faveur desquelles elles s'élèvent jusques au haut de l'air; les autres des griffes pour grimper; les autres ont des cornes ou des dents pour se défendre, et aucune ne manque de quelque moyen propre à se conserver. Que s'il y a quelque espèce qui serve d'ordinaire de proie à une plus forte, ou elle se retire en des contrées où elle est comme à couvert de cette violence, ou, si elle ne la peut éviter, elle est si féconde de son naturel qu'elle suffit et pour assouvir l'avidité des animaux de proie, et pour peupler encore suffisamment la terre de ce qu'elle dérobe à leur cruauté.
Comme Dieu a donné à l'homme la lumière de la raison, la vivacité des sens et l'usage de la parole, il ne faut pas s'étonner qu'il l'ait privé des avantages qu'il a accordés aux animaux, parce que, par le moyen de la raison, il lui est aisé de réparer cette perte. Il l'a laissé nu et sans armes, parce qu'il lui a donné un esprit capable d'inventer l'art de faire des armes et des vêtements. Il n'est pas aisé de bien exprimer combien ces avantages que les bêtes ont sur l'homme contribuent à leur beauté réciproque. Si l'homme avait eu ou des dents, ou des cornes, ou des griffes, ou des ongles, ou une queue, ou une peau de plusieurs couleurs, comme en ont les bêtes, il aurait été extrêmement laid, au lieu que les bêtes seraient laides si elles étaient dépouillées de toutes ces choses. Si on leur avait ôté ou la peau, qui est comme un vêtement dont la nature les a parées, ou les dents et les ongles, qui sont comme des armes dont elle les a pourvues, il n'y aurait rien de si difforme ni de si faible. Ainsi, soit que l'on considère, ou l'usage qu'ont ces parties, ou l'ornement qu'elles apportent, on avouera qu'on ne pouvait jamais rien désirer qui fût tout ensemble et si utile et si agréable. Quant à l'homme, comme Dieu l'a fait pour être éternel, il lui a donné des armes qui ne paraissent point au dehors, mais qui sont cachées au dedans, et qui dépendent non du corps, mais de l'esprit. Après l'avoir si avantageusement partagé des biens intérieurs, qui sont sans comparaison les plus solides et les plus durables, il aurait été inutile de lui en donner d'extérieurs, qui n'auraient servi qu'à diminuer ou à cacher la beauté naturelle de son corps. ...


3. Lecture : TERTULLLIEN (vers 150-160 - vers 230-240) : Tout ce que tu lieras ... :

Tertullien, De la pudicité, ch. XXI :

De tua nunc sententia quaero, unde hoc ius ecclesiae usurpes. Si quia dixerit Petro Dominus : Super hanc petram aedificabo ecclesiam meam, tibi dedi claues regni caelestis, uel: Quaecumque alligaueris uel solueris in terra, erunt alligata uel soluta in caelis, idcirco praesumis et ad te deriuasse soluendi et alligandi potestatem, id est ad omnem ecclesiam Petri prouinciam, <10> qualis es, euertens atque commutans manifestam Domini intentionem personaliter hoc Petro conferentem? Super te, inquit, aedificabo ecclesiam meam, et: Dabo tibi claues, non ecclesiae, et: Quaecumque solueris uel alligaueris, non quae soluerint uel alligauerint.

... Maintenant, je [Tertullien] prends acte de ta [les Psychiques ou catholiques orthodoxes] déclaration, pour te demander à quel titre tu usurpes le droit de l'Eglise. Si de ce que le Seigneur a dit à Pierre: « Je bâtirai mon Eglise sur cette pierre; Je t'ai donné les clefs du royaume des Cieux, » ou bien: « Tout ce que lu lieras ou délieras sur la terre, sera lié ou délié dans les cieux; » tu t'imagines orgueilleusement que la puissance de lier et de délier est descendue jusqu'à toi, c'est-à-dire à toute l'Eglise, qui est en communion avec Pierre, quelle est ton audace de pervertir et de ruiner la volonté manifeste du Seigneur, qui ne conférait ce privilège qu'à la personne de Pierre? « C'est sur toi que je bâtirai mon Eglise,» lui dit-il; c'est à toi que je donnerai les clefs, » et non à l'Eglise. « Tout ce que tu lieras ou que tu délieras; etc. » mais non pas tout ce qu'ils lieront ou délieront.


4. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Christian RUELL a épuisé tout le stock de textes préparés ; ainsi, 8 nouveaux environnements ont vu le jour :

  • Cicéron, Lettres à Quintus, livre I [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Cyprien, De la conduite des vierges, texte complet [Taduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Cyprien, De la jalousie et de l'envie, texte complet [Taduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Cyprien, Des spectacles, texte complet [Taduction française reprise au site de l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais]
  • Palladius, De l'économie rurale, livre III [Taduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Pétrarque, Entretiens familiers de Petrarque sur la bonne et mauvaise fortune ou L'Art de vivre heureux : De la trop grande réputation (chapitre 88)
  • Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, livre V [Taduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Tertullien, De la pudicité, texte complet [Taduction française reprise au site TERTULLIAN.org]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


5. Statistiques de consultation - octobre 2010 :

Ces statistiques peuvent être relevées via le Serveur ACHILLE.

  • Site ITINERA ELECTRONICA:
    • sessions de travail ouvertes: 35.708 (31.174 en septembre 2010)
    • pages visitées: 93.587 (76.955 en septembre 2010)
    • pages les plus fréquemment demandées: voir : stat_octobre2010

  • Site AGORACLASS - Environnements hypertextes (hors Corpora) :
    • sessions de travail ouvertes: 139.987 (172.211 en septembre 2010)
    • pages visitées : 2.848.336 (2.898.173 en septembre 2010)
    • pages les plus visitées (Total hits for periode) : voir stat_octobre2010

  • Site AGORACLASS (CORPORA):
    • sessions de travail ouvertes: 19.420 (16.427 en septembre 2010)
    • pages visitées: 941.520 (741.209 en septembre 2010)
    • bases de données les plus fréquemment consultées (Total hits for periode) : stat_octobre2010
    • base de données la plus consultée : Apulée, Métamorphoses (35,26 % du total des consultations) ; Ovide, Les Pontiques : 6,05 % du total ; Sénèque, Lettres (8,73 % du total)

  • Site BCS (Bibliotheca Classica Selecta):
    • sessions de travail ouvertes: 109.657 (98.227 en septembre 2010)
    • pages visitées: 259.672 (222.487 en septembre 2010)
    • pages les plus fréquemment demandées:

      • Folia Electronica Classica : 34.038 pages (29.730 en septembre);
      • Suétone : 49.088 pages (36.307 en septembre) ;
      • Virgile : 20.406 pages (15.694 en septembre) ;
      • Précis grammatical (latin) : 13.675 pages (13.094 en septembre);
      • Précis grammatical (grec) : 8.094 pages (7.159 pages en septembre)

  • Site LCE (Lupa Capitolina Electronica):
    • sessions de travail ouvertes: 13.000 (11.816 en septembre 2010)
    • pages visitées: 13.797 (12.352 en septembre 2010)

  • Site COLLATINVS-UCL (lemmatisation - dictionnaire latin-français) :
    • sessions de travail ouvertes: 17.608 (15.185 en septembre 2010) ;
    • pages visitées: 56.653 (54.074 en septembre 2010)

  • Site HODOI ELEKTRONIKAI (Environnements hypertextes grecs) :
    • sessions de travail ouvertes: 16.354 (20.869 en septembre 2010) ;
    • pages visitées: 529.119 (678.578 en septembre 2010)
    • pages les plus fréquemment demandées (Total hits for period) : voir stat_octobre20l0 ;

    • Les textes du mois :
      PLATON, Banquet (0,51 %) ;
      PLATON, Phédon (0,47 %) ;
      PLATON, Phèdre (0,31 %) ;
      PLATON, Timée (0,31 %) ;
      PLUTARQUE, Vie d'Alexandre (0,28 % du total des pages) ;
      PLUTARQUE, Vie de César (1,05 % du total des pages);
      PLUTARQUE, Vie de Pompée (0,22 % du total des pages);
      PLUTARQUE, Sur les sanctuaires dont les oracles ont cessé : 1,72 % du total des pages) SOPHOCLE, Oedipe-Roi (1,20 % du total des pages)

  • Site HELIOS (Coopération Acad. Grenoble & Toulouse - UCL-LLN (FLTR/GLOR) : Langues anciennes) :
    • sessions de travail ouvertes: 55.224 (47.678 en septembre 2010)
    • pages visitées: 250.205 (166.562 en septembre 2010) ;
    • pages les plus visitées (Total hits for periode) : stat_octobre2010


État de la banque de textes latins :

  • Etat du dictionnaire au 5 novembre 2010:

    291.615 formes différentes.
  • Etat du corpus de textes traités au 5 novembre 2010 :

    91 auteurs, 913 oeuvres, 6.324.723 occurrences.

  • État de la banque de textes grecs :

  • Etat du dictionnaire au 2 juillet 2010:

    543.825 formes différentes.
  • Etat du corpus de textes traités au 2 juillet 2010:

    98 auteurs, 1.378 oeuvres, 11..010..080 occurrences (10.744.463 en mai 2010) .

  • Jean Schumacher
    5 novembre 2010


     
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    Dernière mise à jour : 17/02/2002