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Date :     29-10-2010

Sujets :
Lecture : La diuinatio (C. McCULLOUGH) ; Lecture : SOLIN, à propos des Sibylles ; ITINERA ELECTRONICA : 8 nouveaux environnements hypertextes (Cicéron, Ps.-Cicéron, Guillaume de Tyr, Salvien de Marseille, Solin (x 3), Tertullien ; Application TICE : Le port-folio (latin ou Le Répertoire terminologique) ;

Notice :

1. Lecture : La diuinatio (C. McCULLOUGH) :

Livre : Colleen McCULLOUGH, La colère de Spartacus
Tome IV de la série : Les maîtres de Rome
Titre original : Caesar's Women (1995)
Traduction française par Jean-Paul MOURLON
Éditions de l'Archipel, Paris, 1997, 395 pp.

Extrait : p. 351:

" ... Un mois plus tard, Cicéron fit savoir au préteur urbain, Lucius Cotta, qu'il allait poursuivre Caius Verrès, au nom des cités de Sicile, devant le tribunal chargé des affaires d'extorsion de fonds, et qu'il réclamerait la somme de quarante-deux millions cinq cent mille sesterces – soit mille sept cents talents – en dommages et intérêts, ainsi que la restitution de toutes les oeuvres d'art, et de tous les objets de valeur, dérobés par Verrès dans les temples ou chez les particuliers.
Caius Verrès était revenu de Sicile parfaitement confiant : beau-frère de Metellus le Chevreau, il serait à l'abri de toute mise en accusation. Pourtant, il paniqua en apprenant que Cicéron – qui se chargeait toujours de la défense ! – comptait le traîner en justice. Il prévint sur-le-champ son autre beau-frère, Lucius Metellus, qui lui avait succédé comme gouverneur de l'île, lui ordonnant de faire disparaître toute preuve qu'il aurait pu négliger de détruire avant son départ, trop occupé qu'il était à déménager le fruit de ses pillages. Ni Syracusae ni Messana ne s'étaient jointes aux autres villes siciliennes, pour une excellente raison : elles avaient prêté main-forte à Verrès et touché leur part de ses activités néfastes. Quelle chance quand même que le nouveau gouverneur fût le frère de sa femme !
Quintus dit le Chevreau (qu'on disait certain d'être consul l'année prochaine) et le plus jeune des trois fils de Metellus Caprarius, Marcus, conférèrent avec Verrès pour voir comment empêcher le désastre d'un procès : ils convinrent de faire appel à Quintus Hortensius. Si on en arrivait au tribunal, il serait l'avocat de la défense, mais à ce stade mieux valait chercher à torpiller toute action en justice, d'autant plus qu'elle serait menée par Cicéron.
En mars, Hortensius déposa plainte auprès du préteur urbain ; il fit valoir que Cicéron n'était pas en droit d'attaquer en justice Caius Verrès et suggéra, pour le remplacer, un certain Quintus Caecilius Niger, parent des Chevreaux et un moment questeur de Verrès en Sicile. Pour déterminer si oui ou non Marcus Tullius pourrait plaider, il fallait procéder à une audition particulière appelée diuinatio – ainsi nommée parce que les juges prendraient leur décision sans disposer de preuves. Ils demandèrent à chacun des deux candidats de préciser quel serait le principal chef d'accusation puis, après la médiocre intervention de Caecilius Niger, tranchèrent en faveur de Cicéron ; ils édictèrent également que l'affaire devrait être plaidée sous peu. ..."

Diuinatio : "DIUINATIO, dans le droit criminel romain, est le nom d'une procédure tendant à déterminer celui de plusieurs accusateurs, agissant à la fois, qui poursuivra l'accusation.
On cherchait déjà dans l'antiquité la signification de ce nom, dont on avait perdu de vue l'origine. Les explications qu'on en donnait montrent qu'on cherchait cette origine dans l'intervention réelle de la divination, c'est-à-dire de la manifestation de la volonté divine pour trancher une question que les juges ne pouvaient décider par des moyens ordinaires. ...
L'exemple le plus célèbre d'un procès de diuinatio nous est fourni par Cicéron, qui, dans l'affaire de Verrès, dispute à A. Cécilius le droit d'accusation, en lui imputant d'être de connivence avec l'accusé. ... " (DAREMBERG-SAGLIO)

Sources :

  • Aulu-Gelle, Les Nuits attiques, II, 4 :

    IV. Quam ob causam Gauius Bassus genus quoddam iudicii "diuinationem" appellari scripserit; et quam alii causam esse eiusdem uocabuli dixerint. 1 Cum de constituendo accusatore quaeritur iudiciumque super ea re redditur, cuinam potissimum ex duobus pluribusue accusatio subscriptioue in reum permittatur, ea res atque iudicum cognitio "diuinatio" appellatur. 2. Id uocabulum quam ob causam ita factum sit, quaeri solet. 3 Gauius Bassus in tertio librorum, quos de origine uocabulorum composuit: "diuinatio" inquit "iudicium appellatur, quoniam diuinet quodammodo iudex oportet, quam sententiam sese ferre par sit." 4 Nimis quidem est in uerbis Gaui Bassi ratio inperfecta uel magis inops et ieiuna. 5 Sed uidetur tamen significare uelle idcirco dici "diuinationem", quod in aliis quidem causis iudex ea, quae didicit quaeque argumentis uel testibus demonstrata sunt, sequi solet, in hac autem re, cum eligendus accusator est, parua admodum et exilia sunt, quibus moueri iudex possit, et propterea, quinam magis ad accusandum idoneus sit, quasi diuinandum est. 6 Hoc Bassus. Sed alii quidam "diuinationem" esse appellatam putant, quoniam, cum accusator et reus duae res quasi cognatae coniunctaeque sint neque utra sine altera constare possit, in hoc tamen genere causae reus quidem iam est, sed accusator nondum est, et idcirco, quod adhuc usque deest et latet, diuinatione supplendum est, quisnam sit accusator futurus.

    CHAPITRE IV. Ce qui a donné lieu à Gabius Bassus d'appeler divination un certain genre de jugement. Origine que d'autres attribuent à ce mot. Au barreau, la divination est ce choix que fait un juge entre plusieurs citoyens qui se présentent pour la souscription, ou pour l'accusation, dans le cas où il s'agit de nommer un accusateur. On a coutume de demander l'étymologie de ce terme. Gabius Bassus, dans son troisième livre de l'Origine des mots, dit que cette espèce de jugement s'appelle divination parce qu'il faut en quelque sorte que le juge devine alors quelle sentence il doit porter. Cette étymologie paraît hasardée, et la raison qui l'appuie, très faible. Il semble que cet auteur ait voulu dire que ce jugement s'appelait divination, parce que, dans les autres causes, le juge se détermine d'après ses connaissances, d'après la force des preuves, ou la déposition des témoins : mais lorsqu'il est question de désigner un accusateur, le juge n'a que de très faibles raisons pour fonder son choix ; et c'est pour cela qu'on dit qu'il est réduit à deviner quel est le plus propre à remplir la qualité d'accusateur. Voilà ce que dit Bassus. D'autres jurisconsultes raisonnent différemment sur la divination légale. L'accusateur et l'accusé, disent-ils, sont deux choses essentiellement relatives, et qui ne peuvent subsister l'une sans l'autre ; cependant, l'espèce de cause dont il s'agit, suppose l'accusé, sans qu'il paraisse d'accusateur ; c'est pourquoi la divination supplée à ce qui manque.

  • Quintilien, Les Institutions oratoires, VII, 4, 33 :

    … De accusatore constituendo, quae iudicia diuinationes uocantur: in quo genere Cicero quidem, qui mandantibus sociis Verrem deferebat, hac usus est diuisione: spectandum a quo maxime agi uelint ii quorum de ultione quaeritur, a quo minime uelit is qui accusatur. Frequentissimae tamen hae sunt quaestiones, uter maiores causas habeat, iter plus industriae aut uirium sit allaturus ad accusandum, uter id fide meliore facturus.

    … Mais il y a bien d'autres sortes de causes … celles où il s'agit du choix d'un accusateur, et qu'on appelle divinations. Ici je ferai remarquer que Cicéron, qui accusa Verrès à la sollicitation de nos alliés, divisa ainsi son discours : "Dans ces sortes de choix, il faut considérer deux choses : quel est l'accusateur que ceux qu'on prétend venger souhaitent le plus, et quel est celui que l'accusé souhaite le moins". Voici pourtant une autre division qui est très fréquente : "Lequel des deux a de plus fortes raisons pour se porter comme accusateur; lequel des deux apportera dans l'accusation le plus d'activité ou de force; lequel des deux s'en acquittera le plus fidèlement".


2. Lecture : SOLIN, à propos desSibylles :

SOLIN, Recueil de choses mémorables, ch. II, par. 3 :

Ibidem [Cumae] Sibyllae sacellum est, sed eius, quae rebus Romanis quinquagesima olympiade interfuit, cuiusque librum ad Cornelium usque Sullam pontifices nostri consulebant. Tunc enim una cum Capitolio igni absumptus est: nam priores duo, Tarquinio Superbo parcius pretium offerente quam postulabatur, ipsa exusserat. Huius sepulcrum in Sicilia adhuc manet. Delphicam autem Sibyllam ante Troiana bella uaticinatam Bocchus autumat, cuius plurimos uersus operi suo Homerum inseruisse manifestat. Hanc Herophile Erythrea annis aliquot intercedentibus consequuta est, Sibyllaque appellata est de scientiae parilitate, quae inter alia magnifica Lesbios amissuros imperium maris multo ante praemonuit, quam id accideret. Ita Cumanam tertio fuisse post has loco, ipsa aeui series probat.

A Cumes est le sanctuaire de la Sibylle, mais de celle dont on interrogea les oracles à Rome vers la cinquantième olympiade, et dont le livre fut consulté par nos pontifes jusqu'au temps de Cornelius Sylla. Ce livre fut alors consumé dans l'incendie du Capitole : la Sibylle elle-même avait déjà brûlé deux autres livres, parce que Tarquin le Superbe lui en offrait un prix moindre que celui qu'elle demandait. On voit encore son tombeau en Sicile.
Bocchus pense que les prédictions de la Sibylle de Delphes sont antérieures à la guerre de Troie, et il prouve que plusieurs de ses vers furent insérés par Homère dans son poème.
Hérophile d'Erythrée vint quelques années après, et sa science semblable à celle d'une Sibylle lui valut ce nom ; entre autres prédictions mémorables, elle annonça, longtemps avant l'événement, que les Lesbiens perdraient l'empire de la mer. La Sibylle de Cumes ne vint donc que la troisième, comme le prouve la suite même des temps.


3. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Christian RUELL a pu créer, cette semaine-ci, 8 nouveaux environnements hypertextes :

  • Cicéron, Lettres à Atticus, livre XIII [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Ps.-Cicéron, Rhétorique à Herennius, livre III [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Guillaume de Tyr, L'Histoire des Croisades, livre III [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Salvien de Marseille, De la Providence, livre III [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Solin, Recueil de faits remarquables, chapitre I [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Solin, Recueil de faits remarquables, chapitre II [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Solin, Recueil de faits remarquables, chapitre III à VI [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Tertullien, Contre Marcion, livre III [Traduction française reprise au site TERTULLIAN.ORG]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


4. Application TICE : Le port-folio (latin ou Le Répertoire terminologique) :

Tout au long de l'apprentissage d'une langue, ici en l'occurrence le latin, il paraît judicieux de conserver dans un Cahier de lecture personnel tout le vocabulaire étudié. Ce memento peut constituer, non seulement durant les études, mais aussi, au-delà, dans la vie professionnelle, un lexique latin personnel dans lequel sont consignés des termes, des expressions, des phrases latines , ... qu'on a aimés et dont on souhaite conserver le souvenir.

Qui, en effet, ne s'est pas demandé, un jour, comment "on dit" destin immuable en latin ; expression qu'on a vue (jadis) "au cours de latin". Le port-folio électronique est alors d'un recours immédiat : en prenant comme critère de recherche "destin" ou "immuable", l'expression de Sénèque sors immota est retrouvée immédiatement. Et l'interrogation peut se faire dans les deux sens : du français vers le latin ou du latin vers le français.

Cet outil, Boris MAROUTAEFF l'a écrit en 2002 à l'intention des enseignants et des étudiants en langues et cultures de l'Antiquité.

Nous avons consacré à ce port-folio l'actualité du 15 février 2002.

Il s'agit d'une application hors ligne, c'est-à-dire un chacun peut la télécharger librement sur son poste de travail électronique et, ensuite, après installation, l'utiliser à sa guise.

L'application crée une base de données faite de termes latins, de leurs traductions françaises, de phrases latines et françaises dans lesquelles ces termes ont été rencontrés ainsi que des réferences à l'auteur et à l'ouvre de la citation reprise.

En cochant la rubrique "Répertoire", la base de données inhérente au programme est utilisée, sinon il faut indiquer le chemin d'accès au répertoire créé par ailleurs. Ensuite, deux modes de travail sont ouverts : soit l'ÉDITION pour la création de fiches nouvelles, soit la CONSULTATION pour la recherche de fiches.

La description complète du programme, de son téléchargement, de la procédure de mise en oeuvre avec des exempla est disponible à l'adresse suivante :

Le port-folio latin

L'application paraît ne pas avoir vieillie : elle est encore régulièrement téléchargée. Et, donc, aussi mise en oeuvre, du moins nous le supposons. C'est une application didactique de coût zéro - l'accès et l'utilisation sont libres - mais pouvant être à la base d'un investissement de longue durée.


Jean Schumacher
29 octobre 2010


 
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Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002