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Date :     08-10-2010

Sujets :
Lecture : Crassus a du foin à la corne ! (C. McCULLOUGH) ; Lecture : A propos de cavales inséminées grâce au souffle du vent ; Lecture : Le gui et les druides ; Lecture : VITRUVE à propos d'architectes ingénieux ; Lecture : LACTANCE : Énée, où est ta piété (légendaire) ? ; ITINERA ELECTRONICA : 8 nouveaux environnements hypertextes : Guillaume de Tyr, Lactance, Minucius Felix, Pétrarque, Pline l'Ancien, Salvien, Varron, Vitruve ; Statistiques de consultation - septembre 2010 ;

Notice :

1. Lecture : Crassus a du foin à la corne ! (C. McCULLOUGH) :

Livre : Colleen McCULLOUGH, La colère de Spartacus
Tome IV de la série : Les maîtres de Rome
Titre original : Caesar's Women (1995)
Traduction française par Jean-Paul MOURLON
Éditions de l'Archipel, Paris, 1997, 395 pp.

Extraits : p. 180-181 et p.195

" ... Le tribunal chargé des homicides semblait s'imposer ; toutefois, plus César réfléchissait à la question, moins l'idée lui paraissait séduisante. Pour commencer, le président en était le préteur Marcus Junius Juncus, qui s'agaçait d'avoir été nommé à un poste généra- lement confié à un ancien édile, mais aucun d'eux ne s'était porté volontaire cette année-là. César et lui s'étaient déjà affrontés en janvier lors d'une précédente affaire. L'autre grande difficulté tenait à ce que les plaignants n'étaient pas romains. Certes, ses clients se préoccupaient peu de perdre, mais César savait que Juncus veillerait à ce que les débats restent feutrés et le public clairsemé. Le pire était qu'un tribun de la plèbe, Cnaeus Sicinius, monopolisait l'attention des foules du Forum en réclamant perpétuellement la restauration des pouvoirs que ses collègues et lui avaient exercés autrefois. Personne ne semblait s'intéresser à quoi que ce soit d'autre, surtout depuis qu'il avait lancé une réplique aussitôt devenue célèbre. Le consul Caius Scribonius Curio, exaspéré, lui avait lancé un jour :
– Tu me harcèles, tu harcèles mon collègue Cnaeus Octavius, les préteurs, les édiles, les autres tribuns de la plèbe, tous nos consulaires et nos grands hommes, des banquiers comme Titus Atticus, et même les questeurs ! Et pourtant, tu ne t'en prends jamais à Marcus Licinius Crassus ! Serait-il indigne de ton venin ? Ou bien serait-ce lui qui inspire tes singeries ? Allez, Sicinius, petit roquet braillard, dis-moi donc pourquoi tu laisses Crassus tranquille !
N'ignorant nullement que Curio et Crassus ne s'entendaient guère, Sicinius avait feint de réfléchir à la question, avant de rétorquer :
Parce que Marcus Crassus a du foin autour des deux cornes !
Tout le monde avait éclaté de rire. Il était fréquent que les boeufs aient une corne entourée de paille : cela indiquait que l'animal, s'il paraissait placide, pouvait s'en servir pour frapper. On évitait comme la peste ceux dont les deux cornes étaient ainsi harnachées. Et Marcus Crassus avait une allure, et une carrure, typiquement bovines.

p. 195
Que te dire d'autre ? [Atticus dans une lettre à Cicéron] Ah oui ! Tu te souviens de la fameuse plaisanterie de Cnaeus Sicinius sur Marcus Crassus – qu'il avait les deux cornes enrobées de foin ? Il s'est avéré quelle était encore plus subtile que nous ne l'aurions cru à l'époque. On vient d'apprendre que Sicinius était lourdement endetté auprès de Crassus, et ce depuis des années. Le trait d'esprit dissimulait donc une allusion supplémentaire: faenum veut dire "foin" et faenerator »prêteur d'argent».
La chose se sait parce que Sicinius, désormais ruiné, ne peut plus rembourser Crassus. Je ne savais pas que celui-ci se livrait à ce genre d'activité; il a, hélas, les mains pures. Il ne prête qu'aux sénateurs, sans réclamer d'intérêt: c'est sa manière à lui de se bâtir une clientèle. Surtout, Marcus, ne commets jamais l'imprudence d'aller lui emprunter quoi que ce soit ! J'entends bien que c'est tentant, puisqu'il n'y a rien à payer en plus, mais Crassus réclame ses dettes quand il en a envie, sans prévenir, et compte bien être remboursé sur-le-champ. Et s'il ne l'est pas, tu es ruiné. Les censeurs ne peuvent rien y faire (à supposer que nous ayons des censeurs à la hauteur), puisqu'il prête sans intérêt. On ne peut donc le considérer comme un usurier. Quod erat demonstrandum. C'est simplement quelqu'un d'infiniment sympathique, qui se borne à venir en aide à ses amis sénateurs. ..."

Source : PLUTARQUE, Vie de Crassus, VII :

... ὁ γοῦν πλεῖστα πράγματα παρασχὼν τοῖς καθ´ αὑτὸν ἄρχουσι {καὶ} δημαγωγός, Σικίννιος, πρὸς τὸν εἰπόντα, τί δὴ μόνον οὐ σπαράσσει τὸν Κράσσον, ἀλλὰ παρίησιν, ἀπεκρίνατο χόρτον αὐτὸν ἔχειν ἐπὶ τοῦ κέρατος. εἰώθεισαν δ´ οἱ Ῥωμαῖοι τοὺς κυρίττοντας τῶν βοῶν ὑπὲρ τοῦ φυλάττεσθαι τοὺς ἐντυγχάνοντας χόρτῳ περιελίττειν τὸ κέρας.

On demandait un jour à Sicinius, celui qui suscita tant d'affaires à tous les magistrats et à tous les orateurs de son temps, pourquoi Crassus était le seul qu'il n'osât pas attaquer et qu'il laissât tranquille: "C'est, répondit-il, qu'il a du foin à la corne. » Les Romains attachaient du foin à la corne des boeufs qui étaient sujets à en frapper, pour avertir les passants de s'en garantir.


2. Lecture : A propos de cavales inséminées grâce au souffle du vent :

Plinel'Ancien, L'Histoire naturelle, VIII,67 et XVI,39 :

[8,67] 166 Constat in Lusitania circa Olisiponem oppidum et Tagum amnem equas Fauonio flante obuersas animalem concipere spiritum, idque partum fieri et gigni pernicissimum ita, sed triennium uitae non excedere.

[8,67] (1) Il est certain qu'en Lusitanie, dans les environs de Lisbonne et du Tage, les juments se tournant du côté d'où vient le Favonius aspirent son souffle fécondant, qu'elles deviennent pleines, et que les poulains qu'elles mettent bas sont extrêmement rapides à la course, mais que leur vie ne dépasse pas trois ans.

XVI, 39 :


[16,39] 93 Ordo autem naturae annuus ita se habet: primus est conceptus flare incipiente uento fauonio, ex a. d. fere VI idus Febr. hoc maritantur uiuescentia e terra, quippe cum etiam equae in Hispania, ut diximus. hic est genitalis spiritus mundi a fouendo dictus, ut quidam existimauere. 94 flat ab occasu aequinoctiali uer inchoans. catlitionem {catulitionem} rustici uocant, gestiente natura semina accipere eaque animam ferente omnibus satis.

[16,39] XXXIX. (XXV.) <1> Voici l'ordre annuel que suit la nature : le premier acte est la fécondation, quand le Favonius commence à souffler, vers le 6 des ides de février (8 février) (II, 47). Ce vent féconde tout ce qui vit sur la terre, puisqu'il féconde même les cavales en Espagne, comme nous avons dit (VIII, 67) : c'est le souffle générateur du monde, et, dans l'opinion de quelques-uns, le nom qu'il porte lui vient de fouere (réchauffer). Il souffle du couchant équinoxial, et ouvre le printemps (XVIII, 77). Les paysans disent que la nature est alors en chaleur, parce qu'elle brûle de recevoir les semences, et parce que le Favonius apporte la vie à tous les végétaux.

Justin, Epitomé Historiarum Philippicarum de Trogue Pompée, XLIV, 3 :

In Lusitanis iuxta fluuium Tagum uento equas fetus concipere multi auctores prodidere. Quae fabulae ex equarum fecunditate et gregum multitudine natae sunt, qui tanti in Gallaecia ac Lusitania et tam pernices uisuntur, ut non inmerito uento ipso concepti uideantur.

Plusieurs auteurs ont écrit qu'en Lusitanie, sur les rives du Tage, le vent féconde les cavales. Cette fable est née de la fécondité des juments, de la multitude des chevaux de la Galice et de la Lusitanie, où leur merveilleuse légèreté a pu faire supposer que le vent leur avait donné naissance.


3. Lecture : Le gui et les druides :

Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, XVI, 95 :

[16,95] 249 Non est omittenda in hac re et Galliarum admiratio. nihil habent Druidae — ita suos appellant magos — uisco et arbore, in qua gignatur, si modo sit robur, sacratius. iam per se roborum eligunt lucos nec ulla sacra sine earum fronde conficiunt, ut inde appellati quoque interpretatione Graeca possint Druidae uideri. enimuero quidquid adgnascatur illis e caelo missum putant signumque esse electae ab ipso deo arboris. 250 est autem id rarum admodum inuentu et repertum magna religione petitur et ante omnia sexta luna, quae principia mensum annorumque his facit et saeculi post tricesimum annum, quia iam uirium abunde habeat nec sit sui dimidia. omnia sanantem appellant suo uocabulo. sacrificio epulisque rite sub arbore conparatis duos admouent candidi coloris tauros, quorum cornua tum primum uinciantur. 251 sacerdos candida ueste cultus arborem scandit, falce aurea demetit, candido id excipitur sago. tum deinde uictimas immolant praecantes, suum donum deus prosperum faciat iis quibus dederit. fecunditatem eo poto dari cuicumque animalium sterili arbitrantur, contra uenena esse omnia remedio. tanta gentium in rebus friuolis plerumque religio est.

[16,95] XCV.<1> Il ne faut pas oublier à propos du gui l'admiration que les Gaulois ont pour cette plante. Aux yeux des druides (c'est ainsi qu'ils appellent leurs mages) rien n'est plus sacré que le gui et l'arbre qui le porte, si toutefois c'est un rouvre. Le rouvre est déjà par lui-même l'arbre dont ils font les bois sacrés; ils n'accomplissent aucune cérémonie religieuse sans le feuillage de cet arbre, à tel point qu'on peut supposer au nom de druide une étymologie grecque. Tout gui venant sur le rouvre est regardé comme envoyé du ciel: ils pensent que c'est un signe de l'élection que le dieu même a faite de l'arbre Le gui sur le rouvre est extrêmement rare, et quand on en trouve, on le cueille avec un très grand appareil religieux. Avant tout, il faut que ce soit le sixième jour de la lune, jour qui est le commencement de leurs mois. de leurs années et de leurs siècles, qui durent trente ans : jour auquel l'astre, sans être au milieu de son cours, est déjà dans toute sa force.
<2> Ils l'appellent d'un nom qui signifie remède universel. Ayant préparé selon les rites, sous l'arbre, des sacrifices et un repas, ils font approcher deux taureaux de couleur blanche, dont les cornes sont attachées alors pour la première fois. Un prêtre, vêtu de blanc, monte sur l'arbre, et coupe le gui avec une serpe d'or; on le reçoit sur une saie blanche; puis on immole les victimes, en priant que le dieu rende le don qu'il a fait propice à ceux auxquels il l'accorde. On croit que le gui pris en boisson donne la fécondité à tout animal stérile, et qu'il est un remède contre tous les poisons. Tant, d'ordinaire, les peuples révèrent religieusement des objets frivoles !


4. Lecture : VITRUVE à propos d'architectes ingénieux :

Vitruve, De l'architecture, X, 16 :

<3> Diognetus enim fuerat Rhodius architectus, et ei de publico quotannis certa merces pro arti tribuebatur ad honorem. Eo tempore quidam architectus ab Arado nomine Callias Rhodum cum uenisset, acroasin fecit exemplaque protulit muri et supra id machinam in carchesio uersatili constituit, qua helepolim ad moenia adcedentem corripuit et transtulit intra murum. Hoc exemplar Rhodii cum uidissent, admirati ademerunt Diogneto, quod fuerat quotannis constitutum, et eum honorem ad Calliam transtulerunt.
<4> Interea rex Demetrius, qui propter animi pertinaciam Poliorcetes est appellatus, contra Rhodum bellum conparando Epimachum Atheniensem nobilem architectum secum adduxit. Is autem comparauit helepolim sumptibus inmanibus industria laboreque summo, cuius altitudo fuerat p CXXV, latitudo pedum LX. Ita eam ciliciis et coriis crudis confirmauit, ut posset pati plagam lapidis ballista inmissi p CCCLX; ipsa autem machina fuerat milia p CCLX. Cum autem Callias rogaretur ab Rhodiis, contra eam helepolim machinam pararet, ut illam, uti pollicitus erat, transferret intra murum, negauit posse.
<5> Non enim omnia eisdem rationibus agi possunt, sed sunt alia, quae exemplaribus non magnis similiter magna facta habent effectus; alia autem exemplaria non possunt habere, sed per se constituuntur; nonnulla uero sunt, quae in exemplaribus uidentur ueri similia, cum autem crescere coeperunt, dilabantur. Ut etiam possumus hic animum aduertere. Terebratur terebra foramen semidigitale, digitale, sesquidigitale. Si eadem ratione uoluerimus palmare facere, non habet explicationem, semipedale autem maius ne cogitandum quidem uidetur omnino.
<6> Sic item in nonnullis exemplaribus uidentur, quae ad modum in minimis fieri uidentur, atque eodem modo in maioribus. Id eodem modo Rhodii eadem ratione decepti iniuriam cum contumelia Diogneto fecerunt. Itaque posteaquam uiderunt hostem pertinaciter infestum, periculum seruitutis, machinationem ad capiendam urbem conparatam, uastitatem ciuitatis expectandam, procubuerunt Diogneto rogantes, ut auxiliaretur patriae.
<7> Is primo negauit se facturum. Posteaquam ingenuae uirgines et ephebi cum sacerdotibus uenerunt ad deprecandum, tunc est pollicitus his legibus, uti, si eam machinam cepisset, sua esset. Is ita constitutis, qua machina accessura erat, ea regione murum pertudit et iussit omnes publice et priuatim quod quisque habuisset aquae, stercoris, luti per eam fenestram per canales progredientes effundere ante murum. Cum ibi magna uis aquae, luti, stercoris nocte profusa fuisset, postero die helepolis accedens, antequam adpropinquaret ad murum, in umido uoragine facta consedit nec progredi nec egredi postea potuit. Itaque Demetrius, cum uidisset sapientia Diogneti se deceptum esse, cum classe sua discessit.
<8> Tunc Rhodii Diogneti sollertia liberati bello publice gratias egerunt honoribusque omnibus eum et ornamentis exornauerunt. Diognetus eam helepolim reduxit in urbem et in publico conlocauit et inscripsit 'Diognetus e manubiis id populo dedit munus'. Ita in repugnatoriis rebus non tantum machinae, sed etiam maxime consilia sunt comparanda.

3. Il y avait à Rhodes un architecte nommé Diognète ; le trésor public lui faisait tous les ans une pension pour honorer la supériorité de son talent. A cette époque un autre architecte, nommé Callias, étant venu d'Arado à Rhodes, présenta au peuple assemblé le modèle d'une muraille, sur laquelle il plaça une machine qui était ce guindas qu'on tourne facilement. A l'aide de cette machine il enleva une hélépole qu'il avait fait approcher du rempart, et la transporta dans l'intérieur des murs. Voyant l'effet de ce modèle, les Rhodiens, pleins d'admiration, ôtèrent à Diognète la pension qu'on lui accordait chaque année, et en honorèrent Callias.
4. Cependant le roi Demetrius, que son opiniâtreté fit surnommer Poliorcète (Habile dams l'art d'assiéger les villes), déclara la guerre aux Rhodiens. Il se fit accompagner d'un fameux architecte athénien appelé Épimaque, qui construisit à grands frais une hélépole (machine en forme de tour). Cette machine avait coûté beaucoup de soin et de travail; sa hauteur était de cent vingt-cinq pieds (pied romain = 29,64 cm), sa largeur de soixante. Les tissus de poil, les cuirs frais dont on l'avait couverte, lui donnaient une telle solidité qu'elle était à l'épreuve des pierres lancées par une baliste, eussent-elles été de trois cent soixante livres; la machine elle-même pesait trois cent soixante mille livres (1 livre = 324gr.). Les Rhodiens prièrent Callias (leur architecte) de préparer sa machine (le guindas = machine pour élever de lourds fardeaux) contre l'hélépole et de la transporter dans la ville, comme il l'avait promis; il répondit qu'il y avait impossibilité.
5. Et en effet, tout ne se peut pas faire de la même manière. Il y a des machines qui, après avoir réussi sur un petit modèle, peuvent produire en grand le même effet; d'autres ne sauraient être représentées par des modèles ; il faut les voir exécutées; quelques-unes paraissent, d'après un modèle, devoir facilement s'exécuter, qui, lorsque les proportions viennent à grandir, font complètement défaut, comme nous pouvons nous en convaincre par la tarrière (outil pour percer). On peut bien avec cet instrument faire un trou d'un demi-doigt, d'un doigt, d'un doigt et demi; mais qu'on en veuille faire un d'un palme, on n'en trouvera point de ce diamètre; et on n'ira jamais, ce semble, s'imaginer d'en vouloir faire un de plus d'un demi-pied.
6. Ainsi, bien que quelquefois on voie faire certaines choses avec de petits modèles, ce n'est point une raison pour qu'on en puisse faire l'application en grand. Ce fut là l'erreur des Rhodiens, qui avaient joint l'offense au tort qu'ils faisaient à Diognète (architecte rejeté par les Rhodiens). Mais quand ils virent l'ennemi poursuivre le siége avec opiniâtreté, et s'acharner à la prise de la ville, à l'aide de cette machine, effrayés du danger que courait leur liberté, et ne voyant en perspective que la ruine de leur ville, ils allèrent se jeter aux pieds de Diognète, et le supplièrent de secourir sa patrie.
7. Diognète refusa d'abord toute assistance; mais à la vue de la jeune noblesse des deux sexes qui s'était réunie aux prêtres pour venir le prier encore, il se laissa fléchir, à condition que s'il prenait la machine, elle serait à lui; ce qui lui fut accordé. Aussitôt il fait percer le mur du côté par où la machine devait s'approcher, et ordonna que tous les citoyens sans distinction apportassent ce qu'ils auraient d'eau, de fumier, de boue, pour le jeter en avant du mur par le moyen de tuyaux qu'on avait fait passer par l'ouverture pratiquée dans la muraille. Toute une nuit fut employée à jeter quantité d'eau, de boue et de fumier, tellement que le lendemain, quand l'hélépole se mit en mouvement, avant même qu'elle se fût avancée jusqu'au pied du mur, elle enfonça si profondément dans cette terre délayée, qu'il devint impossible de la faire approcher davantage et de la ramener en arrière. Aussi Demetrius se voyant vaincu par la prudence de Diognète, partit avec sa flotte.
8. Les Rhodiens, délivrés de la guerre par l'habileté de Diognète, allèrent tous le remercier, et le comblèrent d'honneurs et de dignités. Pour lui, il fit entrer l'hélépole dans la ville, où elle fut mise sur une place publique avec cette inscription : Diognète a fait ce présent au peuple, des dépouilles de l'ennemi. Ainsi, quand il s'agit de défendre une place, ce n'est pas tant aux machines qu'il faut avoir recours qu'aux expédients dictés par les circonstances.


5. Lecture : LACTANCE : Énée, où est ta piété (légendaire) ?

Lactance, Les Institutions divines, V, 10 :

Operae pretium est cognoscere illorum pietatem, ut ex iis, quae clementer ac pie faciunt, possit intelligi qualia sint quae ab his contra iura pietatis geruntur. Ac ne quem uidear inclementer incessere, aliquam mihi personam poeticam sumam, quae sit uel maximum pietatis exemplum. Apud Maronem rex ille,
"Quo iustior alter Nec pietate fuit, nec bello maior et armis"
(Virgile, Énéide, I, v. 544-545),
quae nobis documenta iustitiae protulit?
"Vinxerat et post terga manus, quos mitteret umbris Inferias, caeso sparsurus sanguine flammas"
(Virgile, Énéide, XI, V. 81-82).
Quid potest esse hac pietate clementius, quam mortuis humanas uictimas immolare, et ignem cruore hominum tanquam oleo pascere? sed fortasse hoc non ipsius uitium fuerit, sed poetae, qui Insignem pietate uirum insigni scelere foedauerit. Ubi est igitur, o poeta, pietas illa quam saepissime laudas?
"Ecce pius Aeneas Sulmone creatos Quattuor hic iuuenes, totidem quos educat Ufens, Viuentes rapit, inferias quos immolet umbris, Captiuoque rogi perfundat sanguine flammas."
(Virgile, Énéide, X, v. 516-519).
Cur ergo dicebat eodem ipso tempore quo uinctos homines ad immolationem mittebat, Equidem et uiuis concedere uellem; cum quos uiuos habebat in potestate, uice pecudum iuberet occidi? Sed haec, ut dixi, culpa non illius fuit, qui litteras fortasse non didicerat, sed tua, qui cum esses eruditus, ignorasti tamen quid esset pietas, et illud ipsum, quod nefarie, quod detestabiliter fecit, pietatis esse officium credidisti.

Il est à propos de savoir quelle est leur [des anciens] piété, afin de pouvoir juger ce qu'ils font qui y soit conforme ou qui y soit contraire. Mais de peur qu'on ne s'imagine que j'ai dessein de les maltraiter, je choisirai un personnage que les poètes ont proposé comme un modèle parfait de piété. Voyons donc quels préceptes de justice a donnés le roi que Virgile décrit comme un prince plus juste que nul autre, plus vénérable par sa piété et plus redoutable par sa valeur. Les effets de sa justice furent de lier les mains derrière le dos à ceux qu'il immolait aux dieux souterrains, et à ceux dont il répandait le sang. Que peut-on jamais imaginer de si extravagant qu'une piété qui sacrifie des hommes en l'honneur des morts, et qui se sert de sang humain au lieu d'huile pour entretenir le feu? Peut-être n'est-ce pas la faute du héros et que c'est celle du poète qui a flétri par une accusation si atroce un homme si célèbre par sa piété? Où est donc cette piété? Où est cet Enée si religieux ? Voici une preuve fort authentique de l'amour qu'il avait pour cette vertu. Il immola aux Mânes quatre jeunes hommes qui avaient été élevés par Ufens et arrosa le bûcher de leur sang. Pourquoi est-ce donc que, dans le temps même qu'il envoyait à l'autel des hommes liés comme des victimes, il protestait souhaiter faire ce qu'il pouvait, et ne faisait pas, c'est-à-dire leur sauver la vie ? Ne les avait-il pas entre les mains et ne dépendait-il pas de lui de ne pas les immoler ? Mais ce n'est pas, comme je l'ai déjà marqué, la faute d'Enée qui n'avait peut-être aucune teinture des lettres ni des sciences; c'est la vôtre, je vous le dis, Virgile, qui, avec toute votre érudition avez ignoré en quoi consiste la piété, et avez pris une action criminelle et très détestable pour un des principaux devoirs de cette vertu.


6. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Cette semaine-ci, Christian RUELL a choisi la diversité : 8 nouveaux environnements hypertextes de 8 auteurs différents :

  • Guillaume de Tyr (vers 1130 - 1184), L'Histoire des Croisades, livre I [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Lactance, Les Institutions divines, livre V [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Minucius Felix, Octavius, dialogue complet [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Pétrarque, Entretiens familiers de Petrarque sur la bonne et mauvaise fortune ou L'Art de vivre heureux, ch. 66 : Des belles femmes
  • Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, livre XVI [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Salvien de Marseille (Ve s. ap.J.-Chr.), De la providence, livre I [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Varron, De l'agriculture, livre III [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Vitruve, De l'architecture, livre X [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


7. Statistiques de consultation - septembre 2010 :

Ces statistiques peuvent être relevées via le Serveur ACHILLE.

  • Site ITINERA ELECTRONICA:
    • sessions de travail ouvertes: 31.174 (21.604 en août 2010)
    • pages visitées: 76.955 (52.333 en août 2010)
    • pages les plus fréquemment demandées: voir : stat_septembre2010

  • Site AGORACLASS - Environnements hypertextes (hors Corpora) :
    • sessions de travail ouvertes: 172.211 (139.733 en août 2010)
    • pages visitées : 2.898.173 (2.945.745 en août 2010)
    • pages les plus visitées (Total hits for periode) : voir stat_juillet2010

  • Site AGORACLASS (CORPORA):
    • sessions de travail ouvertes: 16.427 (10.066 en août 2010)
    • pages visitées: 741.209 (759.288 en août 2010)
    • bases de données les plus fréquemment consultées (Total hits for periode) : stat_septembre2010
    • base de données la plus consultée : Apulée, Métamorphoses (41,26 % du total des consultations) ; Ovide, Les Pontiques : 7,75 % du total ; Sénèque, Lettres (9,90 % du total)

  • Site BCS (Bibliotheca Classica Selecta):
    • sessions de travail ouvertes: 98.227 (65.515 en août 2010)
    • pages visitées: 222.487 (159.261 en août 2010)
    • pages les plus fréquemment demandées:

      • Folia Electronica Classica : 29.730 pages (24.009 en août);
      • Suétone : 36.307 pages (24.060 en août) ;
      • Virgile : 15.694 pages (11.501 en août) ;
      • Précis grammatical (latin) : 13.094 pages (7.830 en août);
      • Précis grammatical (grec) : 7.159 pages (4.806 pages en août)

  • Site LCE (Lupa Capitolina Electronica):
    • sessions de travail ouvertes: 11.816 (11.042 en août 2010)
    • pages visitées: 12.352 (10.219 en août 2010)

  • Site COLLATINVS-UCL (lemmatisation - dictionnaire latin-français) :
    • sessions de travail ouvertes: 15.185 (8.415 en août 2010) ;
    • pages visitées: 54.074 (17.245 en août 2010)

  • Site HODOI ELEKTRONIKAI (Environnements hypertextes grecs) :
    • sessions de travail ouvertes: 20.869 (22.079 en août 2010) ;
    • pages visitées: 678.578 (649.796 en août 2010)
    • pages les plus fréquemment demandées (Total hits for period) : voir stat_septembre20l0 ;

    • Les textes du mois :
      PLATON, Banquet (0,61 %) ;
      PLATON, Phèdre (0,32 %) ;
      PLATON, Timée (0,35 %) ;
      PLUTARQUE, Vie d'Alexandre (0,32 % du total des pages) ;
      PLUTARQUE, Vie de César (0,88% du total des pages);
      PLUTARQUE, Vie de Pompée (0,25 % du total des pages);
      SOPHOCLE, Oedipe-Roi (1,20 % du total des pages)

  • Site HELIOS (Coopération Acad. Grenoble & Toulouse - UCL-LLN (FLTR/GLOR) : Langues anciennes) :
    • sessions de travail ouvertes: 47.678 (30.842 en août 2010)
    • pages visitées: 166.562 (100.482 en août 2010) ;
    • pages les plus visitées (Total hits for periode) : stat_septembre2010


État de la banque de textes latins :

  • Etat du dictionnaire au 8 octobre 2010:

    284.731 formes différentes.
  • Etat du corpus de textes traités au 8 octobre 2010 :

    86 auteurs, 879 oeuvres, 6.100.612 occurrences.

  • État de la banque de textes grecs :

  • Etat du dictionnaire au 2 juillet 2010:

    543.825 formes différentes.
  • Etat du corpus de textes traités au 2 juillet 2010:

    98 auteurs, 1.378 oeuvres, 11..010..080 occurrences (10.744.463 en mai 2010) .

  • Jean Schumacher
    8 octobre 2010


     
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    Dernière mise à jour : 17/02/2002