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Date :     21-06-2001

Sujets :
Hérakléion - Thonis; Egypte; Canopus; Menouthis; baie d'Aboukir; archéologie sous-marine; Franck Goddio;

Notice :

Concerne: découverte archéologique: les villes englouties d'Hérakléion (ancienne Thonis), de Canopus et de Menouthis.

Crédits:

  • Vijay JOSHI (Associated Press), Land of the Lost. Archaeologists discover ancient cities under Mediterranean.

  • Françoise MONIER (L'EXPRESS, 14.06.2001), Thonis sauvée des eaux

  • Claude GUIBAL (Libération, 06.06.2001), Deux mille ans sous les mers. Deux cités antiques égyptiennes, datant probablement du VIièmé s. av. J.-Chr., ont été découvertes près d'Alexandrie par l'équipe du médiatique Franck GODDIO.

Découverte:

L'équipe d'exploration sous-marine dirigée par Franck GODDIO, statisticien de formation devenu archéologue, vient d'annoncer des découvertes faites en Egypte au fond de la baie d'Aboukir à quelques encablures d'Alexandrie.

Ces découvertes concernent 3 villes englouties: Thonis-Hérakléion, Canopus et Menouthis. Villes construites probablement au VIIième ou 6ième siècle av. J-Chr. et disparues à la suite de désastres naturels dont un tremblement de terre.

Ont été découvertes non pas des restes mais des villes entières, villes dont on ne parle que dans les textes anciens. Ainsi Hérodote, par exemple, qui visita l'Egypte en 450 av. J.-Chr., raconte que Pâris et Hélène avaient voulu se réfugier à Thonis lors de leur fuite devant Ménélas mais Thonis, le gardien de l'entrée du port de la ville située à l'ancienne embouchure du Nil et qui, ensuite, prit son nom, avait eu des scrupules et leur avait refusé le passage.
La tragédie grecque ajoute que Ménélas, au retour de Troie, s'arrêta à Thonis avec Hélène, son épouse retrouvée. Le compagnon de Ménélas, Canopus, y fut mordu par un serpent et, ensuite, transformé en dieu. Canopus et Menouthis, son épouse, ont été immortalisés car à cette époque ils ont donné leur nom aux deux autres villes qui viennent d'être redécouvertes en même temps que Thonis-Hérakléion.

Vestiges remontés à la surface (il est prévu, en effet, de laisser les cités en l'état au fond de la mer et de ne remonter que quelques pièces):

  • des colosses de granit rose, des sphinx, des têtes de dieux et de pharaons,
  • une statue de la déesse égyptienne Isis. une de Hâpi, le dieu des flots du Nil; deux statues royales;
  • deux stèles couvertes de hiéroglyphes. La plus grande (195 cm de hauteur) porte un long texte en hiéroglyphes ptolémaïques et en grec. Il s'agirait d'un texte sur les taxes à payer au profit du trésor du temple.

Hérakléion (Thonis):

L'historien grec Diodore de Sicile raconte la légende suivante: Il y a eu une fois une crue catastrophique du Nil au point que les digues ont été rompues. Il a été fait appel à Héraclès qui est venu combler les ouvertures et a reconduit le fleuve dans son lit. En remerciement, le peuple lui a fait construire un temple et a donné son nom à la ville qui jusque là s'appelait Thonis.

Hérakléion était le port d'entrée pour l'Egypte et tous les navires en provenance de Grèce et d'Asie mineure y faisaient escale. Le déclin d'Hérakléion a commencé avec la construction d'Alexandrie en 331 av. J.-Chr. sur la nouvelel embouchure du Nil. D'après des pièces de monnaie découvertes, la destruction finale devrait dater des 7ième ou 8ième siècles de notre ère.

Autre témoignage antique:

Sénèque, Lettres à Lucilius, LI: Sénèque condamne la corruption des moeurs qui règnait alors dans ces villes et particulièrement à Canopus:

[2] 'Quid ergo? ulli loco indicendum est odium?' Minime; sed quemadmodum aliqua uestis sapienti ac probo uiro magis conuenit quam aliqua, nec ullum colorem ille odit sed aliquem parum putat aptum esse frugalitatem professo, sic regio quoque est quam sapiens uir aut ad sapientiam tendens declinet tamquam alienam bonis moribus. [3] Itaque de secessu cogitans numquam Canopum eliget, quamuis neminem Canopus esse frugi uetet, ne Baias quidem: deuersorium uitiorum esse coeperunt. Illic sibi plurimum luxuria permittit, illic, tamquam aliqua licentia debeatur loco, magis soluitur.

Traduction française:

Quoi donc? faut-il prendre les lieux en aversion? Non, sans doute. Mais si tel vêtement sied mieux que tel autre à l'homme sage et honnête, si, tout en n'ayant de répugnancepour aucune couleur, ce même homme ne les regarde pas toutes comme également compatibles avec des habitudes de frugalité, il est aussi des pays qu'un esprit sage ou aspirant à la sagesse évitera comme contraiers aux bonens moeurs.
Ainsi celui qui songe à la retraite ne choisira pas Canope, quoique Canope n'ait aucune loi qui interdise la frugalité. Il ne choisira pas non plus Baïes, qui devient le rendez-vous des vices,
Baïes où la débauche ne se refuse aucune satisfaction, où les désordres sont tels que la licence semble un tribut qu'on doit à ce lieu. Dans le choix d'un séjour, nous devons avoir égard à nos moeurs non moins qu'à notre santé.

[M. CHARPENTIER - A. TROGNON, Lettres de Sénèque à Lucilius, t. I, Paris, Garnier, 1860]

Autres références:


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002