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Date :     20-08-2010

Sujets :
Lecture : Le cocktail de Cléopâtre ; Lecture : Pétrarque, la Maison dorée et les grands travaux de Néron ; Lecture : Pétrarque, Vespasien et l'homme parfumé ; ITINERA ELECTRONICA : 9 nouveaux environnements hypertextes : Cicéron (x 9) ;

Notice :

1. Lecture : Le cocktail de Cléopâtre :

Dans le magazine allemand DER SPIEGEL, n° 33, édition du 16 août 2010, figure, à la page 107, un court article, intitulé Kleopatras Cocktail.

Il y est question d'un pari entre Marc Antoine et Cléopâtre ; cette dernière s'était vantée de pouvoir consommer en mets, lors d'un seul repas, pour plus de 10 millions de sesterces. Et Marc Antoine l'avait mise au défi de le faire. Cléopâtre s'était fait apporter, alors, la perle la plus chère au monde et l'avait plongée dans un verre contenant du vinaigre : la perle s'était dissoute en quelques instants et Cléopâtre, en buvant cette "mixture", avait gagné le pari.

Jusqu'à présent, les historiens et les archéologues tenaient ce pari pour une légende : le vinaigre ne pouvait pas dissoudre une perle.
Mais l'archéologue Prudence JONES de la Montclair State University (New Jersey) vient de démontrer qu'une pareille dissolution était bien possible. Elle a fait le test avec du vinaigre de vin blanc et une concentration de 5 à 10 % par rapport à l'eau contenue dans le verre. Elle y a versé des perles d'un gramme à chaque fois et 24 heures plus tard la solution était "buvable" : les perles étaient réduites. Il y a même moyen d'accélérer le processus en réduisant, au préalable, les perles en poudre : après quelques instants (de plongée) il n'en reste plus rien !

C'est PLINE l'Ancien qui a raconté cet épisode dans son Hitsoire naturelle, au livre IX, ch. 58, par. 119-121 :

119 nec haec summa luxuriae exempla sunt. duo fuere maximi uniones per omne aeuum; utrumque possedit Cleopatra, Aegypti reginarum nouissima, per manus orientis regum sibi traditos. haec, cum exquisitis cotidie Antonius saginaretur epulis, superbo simul ac procaci fastu, ut regina meretrix lautitiam eius omnem apparatumque obtrectans, quaerente eo, quid adstrui magnificentiae posset, respondit una se cena centiens HS absumpturam.
120 cupiebat discere Antonius, sed fieri posse non arbitrabatur. ergo sponsionibus factis postero die, quo iudicium agebatur, magnificam alias cenam, ne dies periret, sed cotidianam, Antonio apposuit inridenti computationemque expostulanti. at illa corollarium id esse et consumpturam eam cenam taxationem confirmans solamque se centiens HS cenaturam, inferri mensam secundam iussit. ex praecepto ministri unum tantum uas ante eam posuere aceti, cuius asperitas uisque in tabem margaritas resoluit.
121 gerebat auribus cum maxime singulare illud et uere unicum naturae opus. itaque expectante Antonio, quidnam esset actura, detractum alterum mersit ac liquefactum obsorbuit. iniecit alteri manum L. Plancus, iudex sponsionis eius, eum quoque parante simili modo absumere, uictumque Antonium pronuntiauit omine rato. comitatur fama unionis eius parem, capta illa tantae quaestionis uictrice regina, dissectum, ut esset in utrisque Veneris auribus Romae in Pantheo dimidia eorum cena.

Et ce ne sont pas les dernières extrémités auxquelles le luxe se soit porté : il y a eu deux perles, les plus grosses qu'on ait jamais vues; elles furent toutes deux possédées par Cléopâtre, la dernière des reines d'Égypte, et les rois de l'Orient se les étaient passées de main en main. Chaque jour Antoine se rassasiait de repas splendides; elle, avec l'orgueil et le faste dédaigneux d'une courtisane royale, rabaissait toute la somptuosité, tout l'appareil de ces festins. Antoine demanda ce qu'on pourrait ajouter à tant de magnificence : elle répondit qu'en un seul repas elle dépenserait 410 millions de sesterces (2.100.000 fr français au début du XIXe siècle).
Antoine désirait apprendre comment, bien qu'il crût la chose impossible : on paria. Le lendemain, jour où devait se vider l'affaire, elle fit servir un repas magnifique, sans doute pour que la journée ne fût pas perdue, mais qui ne valait pas mieux que les repas ordinaires d'Antoine. Celui-ci plaisante, et demande le compte. Cléopâtre répond que ce n'est qu'un accessoire; elle ajoute que le repas coûtera le prix fixe, et que seule elle mangera les 10 millions de sesterces. Elle fait apporter le second service. Ses serviteurs, qui étaient dans le secret, ne placent devant elle qu'un vase plein de vinaigre, liquide dont la force dissolvante fond les perles.
Elle portait en ce moment ces deux perles, chef-d'œuvre singulier de la nature, et véritablement sans pareil. Antoine examinait ce qu'elle allait faire : la reine en ôte une, la jette dans le vinaigre, la fait fondre, et l'avale. L. Plancus, juge du pari, mit la main sur l'autre au moment où elle se préparait à la dissoudre de la même façon, et déclara Antoine vaincu; présage que l'événement confirma. L'autre perle n'a pas une réputation moindre. Après la prise de cette reine, qui avait gagné un aussi grand pari, elle fut sciée en deux ; et de la moitié de leur souper on fit deux pendants d'oreilles pour la statue de Vénus dans le Panthéon, à Rome.

Références :


2. Lecture : Pétrarque, la Maison dorée et les grands travaux de Néron :

Pétrarque, Des remèdes à l'une et l'autre fortune, ch. 96 : De la royauté et de l'empire, par. 11-12 :

[96,11] Huius comes ac uictor amentie sequitur Nero, cuius enormium impensarum nullus est modus, in edificando presertim, in quo omnes prodigos et se ipsum uicit. Nulla alia in re damnosior, ut de illo scribitur, unus ex mille furoribus attingendus est: domus a Palatino ad Exquilinum collem porrecta et magnam partem urbis occupans, ut non immerito inter conuicia, quibus liberrima plebis indignatione proscissus est, illud quoque iactatum sit: "Roma domus fiet, Veios migrate, Quirites, si non et Veios occupat ista domus". Hanc auream dici uoluit, non inepte quidem signans nomine pretium: auro enim et gemmis crustata ac stellata domus fuit, tante altitudinis, ut in uestibulo Collossus centum uiginti pedum staret, intus porticus atque aule laquearibus aureis atque eburneis tabulatis et conuexa domorum celi instar ui propria sese sensim diebus ac noctibus sine intermissione uoluentia, stagnum quoque maris emulum edificiisque circumdatum litoree urbis in morem, rura preterea et pascua et uineta et silue omnium generibus animalium referte. In hac domo, quantum coniecturis ad uerum uia est, illud quod Collosseum uulgo dicitur, medium fuit, cuius nunc etiam ruine stuporem spectantibus afferunt. Et hec omnia dum, quod miraculum rei auget, Rome medio consummasset, ita non dicam excessisse, sed nec implesse quidem imperatorie domus modum uisus est sibi, ut dedicans domum ipsam non amplius miraretur quam ut hoc solum diceret: “Iam tandem quasi homo habitare incipio”.

[96,12] Mitto illa leuia, quod uestem nullam bis induit, nullum iter minus mille carrucis egit, calceatis argento usus mulis, aureo rete piscatus est, purpureis atque coccineis funibus ac reliqua fidem excedentia, simul et tedium paritura. Sed quis illa non stupens legit stupentiorque aspicit — uestigia enim extant —, piscinam illam ceptam a Miseno monte uenturamque usque ad Auernum lacum miris circumseptam contectamque porticibus fossamque illam ab Auerno usque Hostiam per tantum uie spatium totque obuios montes, ut inducto mari sine maritimis casibus nauigans et terre laborem et pelagi fastidium declinaret? Longitudo quidem, ut nunc incole metiuntur, nota omnibus; ut Tranquillus numerat, milia passuum centum sexaginta; latitudo autem duarum capax quinque remium ex aduerso iter agentium neque se impedientium concurso. Quod opus si explesset, Italiam omnemque rem publicam exhausisset; tantis autem mundi malis mors sola consuluit.

[96,11] Néron fut compagnon des folies de ce monstre {Caligula} ou plutôt il l'emporta par dessus elles, car ses dépenses énormes n'eurent point de mesure, principalement à bâtir. En quoi, comme il surpassa tous les prodigues, il se surmonta soi-même. Et, comme remarque l'histoire, il ne fut jamais si préjudiciable à l'empire en autre chose qu'en celle-là. Je ne veux parler que d'une de ses fureurs qui est sa maison dont l'étendue, du mont Palatin à l'Esquilin, occupait la plus grande partie de la ville, de telle sorte qu'entre les brocards, dont il fut déchiré par la liberté d'un peuple qu'il désespérait, il fut dit avec raison : "Tout Rome ne sera plus qu'une maison. Citoyens Romains, allez habiter à Véies, si toutefois l'enceinte de cette maison n'embrasse Véies même" (Suétone, Vie de Néron, XXXIX, 3). Il l'appella "la Maison d'or" marquant assez à propos son prix par son nom, outre qu'elle était toute encroûtée d'or et semée de perles et de pierres précieuses, qui semblaient être des étoiles enchassées dans un ciel formé sur la terre. Sa hauteur se peut mesurer par le Colosse, qui était à l'entrée, de cent vingt pieds. On voyait, au dehors, des Portiques et des salles à perte de vue, avec des lambris dorés et des entablements d'ivoire ; les voûtes se mouvaient doucement d'elles-mêmes, nuit et jour sans intermission, à la façon des globes célestes. D'ailleurs, on y découvrait un vivier, ou un étang, ou plutôt une petite mer, bordée d'édifices aux environs, qui formaient une espèce de ville; d'autre côté, des champs, des pacages, des vignes et des forêts remplies de touts sortes d'animaux. Cette vaste masse qu'on appelle le Colysée, dont les ruines causent encore de l'étonnement à ceux qui les regardent, autant qu'on peut conjecturer le vrai par les apparences, faisait le milieu de cette maison ou plutôt de ce monde raccourci. Mais ce qui est encore plus merveilleux en ceci est, qu'ayant achevé tous ces ouvrages au coeur de Rome, bien loin que Néron crût avoir excédé les bornes de la modestie, qu'au contraire il ne crût pas avoir atteint à la juste mesure de la maison d'un empereur de telle sorte que, faisant la dédicace solennelle de ce superbe édifice, au lieur de l'admirer, il ne fit que dire bien froidement "Ala fin, je commence d'habiter comme homme" (Suétone, Vie de Néron, XXXI, 4).

[96,12] Je passe sous silence ces autres points plus tolérables, que ce prince ne porta jamais un même habillement deux fois, qu'il ne fit jamais de voyage avec moindre escorte que de mille carosses , que ses mules étaient serrées d'argent, qu'il pêchait avec une ligne d'or et avec des filets de soie et de pourpre. Je laisse toutes ces chsoes et d'autres semblables, tant parce qu'elles surpassent la créance que parce qu'elles pourraient causer de l'ennui. Mais qui peut lire sans admiration ou regarder sans un étonnement encore plus grand ces ouvrages prodigieux dont il paraît de si beaux vestiges ? Je parle de ce grand vivier, qui, commençant au mont Misène, devait venir jusqu'au lac Averne et qui était conduit et environné par quantité de Portiques, comme aussi de ce canal qui, depuis le lac Averne, menait à Ostie (Suétone, Vie de Néron, XXXI, 5), par un si grand espace de chemin et à travers tant de montagnes opposées et qui fut creusé par ce prince, afin que, faisant entrer la mer dans le continent, il pût naviguer sans craindre les accidents de la navigation et éviter ainsi le travail de la terre et le dégoût de la marine (Suétone, Vie de Néron, XVI, 2 et Tacite, Annales, XV, 42). La longeur de ce fameux canal est connue de tout le monde, suivant la mesure qu'en font ceux qui habitent sur les lieux mais, si nous en croyons Suétone, elle était de cent soixante milles et sa largeur était capable de recevoir deux des plus grandes galères, qui pouvaient aller de front sans se heurter ou s'empêcher l'une l'autre. Certes, s'il eut achevé cet ouvrage, il eut épuisé non seulement toute l'Italie mais encore toute la république. Il n'y eut que la mort qui trouva le remède à tant de malheurs que le monde souffrait par les caprices prodigieux de ce monstre. ...

Sources :

  • Suétone, Vie de Néron, XXXIX, 2 :

    Roma domus fiet; Veios migrate, Quirites, Si non et Veios occupat ista domus.

    Allons chez les Véiens reprendre garnison, À moins que, par malheur, cette maison hostile, En s'étendant toujours, n'ait envahi leur ville.

  • Suétone, Vie de Néron, XXXI, 1-6 :

    (1) Non in alia re tamen damnosior quam in aedificando domum a Palatio Esquilias usque fecit, quam primo transitoriam, mox incendio absumptam restitutamque auream nominauit. De cuius spatio atque cultu suffecerit haec rettulisse.
    (2) Vestibulum eius fuit, in quo colossus CXX pedum staret ipsius effigie; tanta laxitas, ut porticus triplices miliarias haberet; item stagnum maris instar, circumsaeptum aedificiis ad urbium speciem; rura insuper aruis atque uinetis et pascuis siluisque uaria, cum multitudine omnis generis pecudum ac ferarum.
    (3) In ceteris partibus cuncta auro lita, distincta gemmis unionumque conchis erant; cenationes laqueatae tabulis eburneis uersatilibus, ut flores, fistulatis, ut unguenta desuper spargerentur; praecipua cenationum rotunda, quae perpetuo diebus ac noctibus uice mundi circumageretur; balineae marinis et albulis fluentes aquis. eius modi domum cum absolutam dedicaret, hactenus comprobauit, ut se diceret quasi hominem tandem habitare coepisse.
    (5) Praeterea incohabat piscinam a Miseno ad Auernum lacum contectam porticibusque conclusam, quo quidquid totis Bais calidarum aquarum esset conuerteretur; fossam ab Auerno Ostiam usque, ut nauibus nec tamen mari iretur, longitudinis per centum sexaginta milia, latitudinis, qua contrariae quinqueremes commearent.
    (6) Quorum operum perficiendorum gratia quod ubique esset custodiae in Italiam deportari, etiam scelere conuictos non nisi ad opus damnari praeceperat.

    (1) Ce fut surtout dans ses constructions qu'il se montra dissipateur. Il étendit son palais depuis le mont Palatin jusqu'aux Esquilies. Il l'appela d'abord "le Passage". Mais, le feu l'ayant consumé, il le rebâtit, et l'appela "la Maison dorée". Pour en faire connaître l'étendue et la magnificence, il suffira de dire
    (2) que, dans le vestibule, la statue colossale de Néron s'élevait de cent vingt pieds de haut; que les portiques à trois rangs de colonnes avaient un mille de longueur; qu'il renfermait une pièce d'eau, semblable à une mer bordée d'édifices qui paraissaient former autant de villes; qu'on y voyait des champs de blé, des vignobles, des pâturages, des forêts peuplées de troupeaux et d'animaux sauvages de toute espèce.
    (3) Dans les diverses parties de l'édifice, tout était doré et enrichi de pierreries et de coquillages à grosses perles. Les salles à manger avaient pour plafonds des tablettes d'ivoire mobiles, qui, par différents tuyaux, répandaient sur les convives des parfums et des fleurs. La principale pièce était ronde, et jour et nuit elle tournait sans relâche pour imiter le mouvement du monde. Les bains étaient alimentés par les eaux de la mer et par celles d'Albula.
    (4) Lorsque après l'avoir achevé, Néron inaugura son palais, tout l'éloge qu'il en fit se réduisit à ces mots: "Je commence enfin à être logé comme un homme."
    (5) Il voulut construire un bain couvert depuis Misène jusqu'au lac Averne, l'entourer de portiques, et y faire entrer toutes les eaux thermales de Baïes. Il commença aussi un canal, depuis l'Averne jusqu'à Ostie, dans un espace de cent soixante milles, pour dispenser d'aller par mer. Ce canal devait avoir une telle largeur que deux galères à cinq rangs de rames pussent s'y croiser.
    (6) Pour achever de pareils ouvrages, il fit transporter en Italie tous les détenus, et ordonna que les criminels ne fussent condamnés qu'aux travaux. ...

  • Suétone, Vie de Néron, XVI, 2 :

    (2) Destinarat etiam Ostia tenus moenia promouere atque inde fossa mare ueteri urbi inducere.

    (2) Il avait aussi l'intention de prolonger les murs de Rome jusqu'à Ostie, et de faire entrer la mer dans l'ancienne ville par un canal.

  • Tacite, Annales, XV, 42 :

    [15,42] Ceterum Nero usus est patriae ruinis exstruxitque domum, in qua haud proinde gemmae et aurum miraculo essent, solita pridem et luxu uulgata, quam arua et stagna et in modum solitudinem hinc siluae, inde aperta spatia et prospetus, magistris et machinatoribus Seuero et Celere, quibus ingenium et audacia erat etiam, quae natura denegauisset, per artem temptare et uiribus principis inludere. namque ab lacu Auerno nauigabilem fossam usque ad ostia Tibernia depressuros promiserant squalenti litore aut per montes aduersos. neque enim aliud umidum gignendis aquis occirrit quam Pomptinae paludes: cetera abrupta aut arentia, ac si perrumpi possent, intolerandus labor nec satis causae. Nero tamen, ut erat incredibilium cupitor, effodere proxima Auerno iuga conisus est, manentque uestigia inritae spei.

    XLII. Néron mit à profit la destruction de sa patrie, et bâtit un palais où l’or et les pierreries n'étaient pas ce qui étonnait davantage ; ce luxe est depuis longtemps ordinaire et commun mais il enfermait des champs cultivés, des lacs, des solitudes artificielles, bois, esplanades, lointains. Ces ouvrages étaient conçus et dirigés par Céler et Sévérus, dont l'audacieuse imagination demandait à l'art ce que refusait la nature, et se jouait capricieusement des ressources du prince. Ils lui avaient promis de creuser un canal navigable du lac Averne à l’embouchure du Tibre, le long d'un rivage aride ou sur un sol traversé de montagnes. On ne rencontrait d'eaux que celles des marais Pontins ; le reste du pays était sec ou escarpé dût-on venir à bout de vaincre les obstacles, le travail était excessif, l'utilité médiocre. Néron cependant voulait de l'incroyable : il essaya de percer les hauteurs voisines de l'Averne, et l'on voit encore des traces de son espérance déçue.


3. Lecture : Pétarque, Vespasien et l'homme parfumé :

Pétrarque, Les remèdes de l'une et l'autre fortune, ch. 22 : Des senteurs et des parfums, par. 5-6 :

[22,5] (Gaudium) Libenter bene oleo. (Ratio) Peregrini odores atque omne artificium bene olendi proprii naturalis non boni odoris argumenta et latentium sunt signa defectuum: ob hoc ipsum atque ob illam nedum uiro sed ne honesta quidem femina dignam curam, solita sensum uiri fortis offendere. Meministi adolescentis illius, qui dum, ut erat unguento illitus, pro collata prefectura Vespasiano principi gratias acturus ante eum staret, ille hausto mox odore substomachans acri supercilio, uoce aspera “mallem” inquit “alium oboleuisses”. Sic increpitum, sine honore inhibitis seu rescissis iam concesse gratie literis, bene olidum dimisit. Ita cum semper dedecori sint odores huiusmodi, interdum etiam damno sunt, maxime ubi morum grauis ac masculus censor sit;

[22,5] Je te dirai encore sur la passion que tu as de sentir bon que ces odeurs étrangères et tout cet art d'être bien parfumé sont une marque qu'on sent mal naturellement et un signe évident des défauts cachés ; c'est pour cela qu'ils choquent les sens d'un coeur généreux quand ce ne serait qu'afin qu'il se rebutte d'un soin indigne, je ne dirai pas seulement d'un homme, mais d'une honnête femme. Tu peux te ressouvenir de ce jeune fou, qui, s'étant bien poudré et bien musqué pour se présenter devant l'empereur Vespasien, à qui il avait à rendre des remerciements pour une lieutenance qu'il en avait reçue, fut fort bien étonné lorsque ce prince, s'effarouchant à l'abord de cette senteur, lui dit en colère "j'aimerais mieux que tu eusses senti l'ail" (Suétone, Vie de Vespasien, VIII, 4) et renvoya ce beau muguet sans aucune charge mais avec une verte réprimande, après avoir rompu ou fait révoquer les provisions de sa charge. Par où l'on peut voir que de semblables senteurs étant toujours déshonnêtes sont quelque fois aussi dommageables, principalement où il se trouve un censeur des moeurs qui ait une mâle gravité pour châtier les efféminés.

Source :

Suétone, Vie de Vespasien, VIII, 4 :

(4) Ac ne quam occasionem corrigendi disciplinam praetermitteret, adulescentulum fragrantem unguento, cum sibi pro impetrata praefectura gratias ageret, nutu aspernatus uoce etiam grauissima increpuit: "Maluissem allium oboluisses," litterasque reuocauit;

(4) Il ne laissait échapper aucune occasion de réformer les mœurs. Un jeune homme se présenta devant lui, tout parfumé d'essences, pour le remercier d'une préfecture qu'il avait obtenue. Non content de lui témoigner son dégoût, il lui dit d'un ton sévère: "J'aimerais mieux que vous sentissiez l'ail." Et il révoqua sa nomination.


4. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Christian RUELL est de retour de vacances et la machine à mouler des environnements hypertextes a tourné immédiatement à plein régime : 9 livres des Lettres familières de Cicéron ont ainsi pu être traités.

  • Cicéron, Lettres à des familiers, livre II [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Cicéron, Lettres à des familiers, livre III [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Cicéron, Lettres à des familiers, livre IV [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Cicéron, Lettres à des familiers, livre V [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Cicéron, Lettres à des familiers, livre VIII [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Cicéron, Lettres à des familiers, livre X [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Cicéron, Lettres à des familiers, livre XI [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Cicéron, Lettres à des familiers, livre XII [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Cicéron, Lettres à des familiers, livre XIV [Texte latin et traduction française repris au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


Jean Schumacher
20 août 2010


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002