Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

Actu' ITINERA+ (Actualités - Nouvelles)


  Accueil     Liste des actualités     Recherche     Actualité     Administration  

Date :     13-08-2010

Sujets :
Lecture : L'entrevue Octave Auguste - Cléopâtre (C. McCULLOUGH) ; Lecture : Pétrarque (Entretiens familiers) et le théâtre (de Curion) ; Lecture : Pétrarque (Entretiens familiers) et la sagesse ; Lecture : Pétrarque (Entretiens familiers) et les festins ; Statistiques de consultation - juillet 2010;

Notice :

1. Lecture : L'entrevue Octave Auguste - Cléopâtre (C. McCULLOUGH) :

Livre : Colleen McCULLOUGH, Antoine et Cléopâtre
Tome II : Le serpent d'Alexandrie
Titre original : Antony and Cleopatra (2007)
Traduction française par Mélanie CARPE
Éditions de l'Archipel, Paris, 2009, 395 pp.

Extrait : p. 349-351 :

" ...Le regard d'Octavien passa du buste au visage de la reine [Cléopâtre]. Elle avait oublié la splendeur de ses yeux gris argenté, la clarté qui les habitait et leurs longs et épais cils de cristal. Pourquoi ne reflétaient-ils jamais ses pensées ? Pas plus que ne le faisait d'ailleurs son visage, un visage qui rappelait celui de Jules César à ceci près que ses os, plus délicats, ne saillaient pas en angles impérieux et que ses cheveux avaient gardé la couleur de l'or.
— Césarion est mort.
Ses yeux dorés s'ancrèrent dans les siens, aussi calmes qu'une mare d'eau stagnante d'un brun verdâtre. Son visage se vida de sa couleur de la naissance des cheveux au cou en un éclair, sa magnifique peau virant au blanc cendreux.
—Césarion est mort, répéta-t-il. Il s'est présenté à moi alors que je remontais la route de Memphis à Alexandrie, monté sur un chameau, avec deux vieillards pour compagnons. Bercé d'illusions, il était persuadé qu'il pourrait me convaincre de vous épargner, toi et le Double Royaume. Il était si jeune, il ne comprenait pas combien il se fourvoyait sur la nature humaine. Il m'a expliqué que tu l'avais envoyé à Bérénice, où il était supposé embarquer pour l'Inde. Je l'ai tué de mes propres mains, sans me poser de question. Pourquoi aurais-je hésité alors que j'avais déjà localisé le trésor des Ptolémées. Car oui, ma chère, Jules César t'a trahie avant sa mort en m'indiquant comment mettre la main sur l'or d'Égypte. Une chance, car je n'ai ainsi pas eu besoin de torturer Césarion pour qu'il me donne cette information. D'ailleurs, il n'aurait rien divulgué, même sous les pires supplices. Tu as donné naissance à un jeune homme très courageux, je n'ai pas le moindre doute sur la question. Cependant, je ne pouvais lui laisser la vie sauve. Un César suffit, or je suis César ! Ton fils est enterré le long de la route de Memphis, dans une tombe anonyme. Son corps est enroulé dans un tapis, précisa-t-il, décidé à ne pas épargner sa rivale. Il fouilla dans la bourse accrochée à sa ceinture et lui tendit un objet.
— Voici sa bague, mais je ne peux te la laisser. Elle m'appartient désormais.
— Tu as assassiné le fils de César ?
— À regret. Tu sais, je me sens coupable d'avoir mis fin aux jours d'un cousin, mais je suis prêt à en endosser la responsabilité et endurer les cauchemars de ce crime tout au long de ma vie.
Le corps de Cléopâtre se tordit, secoué d'un frisson.
— Est-ce la jouissance que te procure ma douleur qui te pousse à me révéler ceci ou la raison politique ?
— La raison politique, évidemment. Vivante, tu restes un détestable fléau pour moi, reine des Bêtes. Tu serais morte depuis longtemps s'il ne tenait qu'à moi, mais je ne peux pas me permettre de sembler avoir joué un rôle quelconque dans ta perte.
— Tu ne veux pas de moi pour ton triomphe ?
Edepol, non ! Si tu avais l'apparence d'une amazone, je t'aurais volontiers fait défiler, mais pas avec tes airs de chaton maltraité à moitié mort de faim.
— Que sont devenus les autres jeunes garçons ? Antyllus ? Curio ?
— Je les ai mis à mort avec Canidius, Cassius Parmensis et Decimus Turullius. J'ai épargné Cinna, une entité négligeable.
— Et qu'en est-il des enfants égyptiens de Marc Antoine ? s'inquiéta-t-elle, des larmes roulant sur ses joues.
— Ils sont sains et saufs, bien qu'un peu esseulés sans leur mère, leur père et leur grand frère. Je leur ai dit que vous étiez tous morts, mieux vaut qu'ils pleurent une bonne fois pour toutes.
Son regard se porta sur une statue de Jules César sous l'apparence d'un pharaon égyptien, un spectacle fort singulier.
— Cela ne me plaît guère tu sais. Je ne prends aucun plaisir à t'infliger autant de souffrances, mais je le dois. Je suis l'héritier de César ! Je compte gouverner le Mare Nostrum de bout en bout, dans son intégralité, pas en tant que roi ou que dictateur, mais en tant que simple sénateur doté des prérogatives d'un tribun de la plèbe. Il faut une autorité romaine pour diriger le monde comme il doit l'être, un homme qui aime non pas le pouvoir, mais le travail.
— Le pouvoir est l'attribut du souverain, déclara-t-elle sans comprendre.
— Sottises ! Le pouvoir est un outil, comme l'argent. Vous autres autocrates orientaux n'êtes que des imbéciles ! Aucun d'entre vous n'aime le travail pour ce qu'il est.
— Tu vas t'emparer de l'Égypte.
— Bien entendu. Elle ne deviendra toutefois pas une province grouillante de Romains, il me faut exercer un contrôle absolu sur le trésor des Ptolémées. Avec le temps, les habitants du royaume, d'Alexandrie aux rives du Nil, en passant par le delta, me voueront le respect qu'ils t'ont voué. Mais j'administrerai l'Égypte mieux que toi. Tu as gaspillé les richesses de ce pays de cocagne au nom de la guerre et de l'ambition personnelle, tu as dilapidé l'argent en flottes et en soldats avec la certitude erronée que le nombre finit toujours par l'emporter. Mais c'est le travail qui l'emporte. Et, ajouterait Divus Julius, l'organisation.
— Vous autres Romains, vous dégoulinez de suffisance. Comptes-tu tuer mes enfants ?
— Pas le moins du monde ! Je vais en faire des Romains. Je les emmènerai avec moi lorsque je regagnerai Rome et les confierai à ma soeur Octavie, la plus aimante et douce des femmes. Je n'ai jamais pardonné à ce rustre de Marc Antoine de l'avoir fait souffrir.
— Pars, lança-t-elle en lui tournant le dos. ..."

Témoignages :

PLUTARQUE, Vie d'Antoine, ch. 83 :

[83] Ἧκε δὲ καὶ αὐτὸς ἡμέρας ὀλίγας διαλιπὼν ἐντευξόμενος αὐτῇ καὶ παρηγορήσων. ἡ δ' ἔτυχε μὲν ἐν στιβάδι κατακειμένη ταπεινῶς, εἰσιόντι δ' αὐτῷ μονοχίτων ἀναπηδήσασα προσπίπτει, δεινῶς μὲν ἐξηγριωμένη κεφαλὴν καὶ πρόσωπον, ὑπότρομος δὲ τῇ φωνῇ καὶ συντετηκυῖα (2) ταῖς ὄψεσιν. ἦν δὲ πολλὰ καὶ τῆς περὶ τὸ στέρνον αἰκίας καταφανῆ, καὶ ὅλως οὐθὲν ἐδόκει τὸ σῶμα τῆς (3) ψυχῆς ἔχειν βέλτιον. ἡ μέντοι χάρις ἐκείνη καὶ τὸ τῆς ὥρας ἰταμὸν οὐ κατέσβεστο παντάπασιν, ἀλλὰ καίπερ οὕτως διακειμένης ἔνδοθέν ποθεν ἐξέλαμπε καὶ συνεπεφαίνετο (4) τοῖς κινήμασι τοῦ προσώπου. κελεύσαντος δὲ τοῦ Καίσαρος αὐτὴν κατακλιθῆναι καὶ πλησίον αὐτῆς καθίσαντος, ἥψατο μέν τινος δικαιολογίας, εἰς ἀνάγκην καὶ φόβον Ἀντωνίου τὰ πεπραγμένα τρεπούσης· ἐνισταμένου δὲ πρὸς ἕκαστον αὐτῇ τοῦ Καίσαρος, ἐξελεγχομένη ταχὺ πρὸς οἶκτον μεθηρμόσατο καὶ δέησιν, ὡς δή τις ἂν μάλιστα (5) τοῦ ζῆν περιεχομένη. τέλος δὲ τοῦ πλήθους τῶν χρημάτων ἀναγραφὴν ἔχουσα προσέδωκεν αὐτῷ· Σελεύκου δέ τινος τῶν ἐπιτρόπων ἐλέγχοντος ὡς ἔνια κρύπτουσαν καὶ διακλέπτουσαν, ἀναπηδήσασα καὶ τῶν τριχῶν αὐτοῦ λαβομένη, πολλὰς ἐνεφόρει τῷ προσώπῳ (6) πληγάς. τοῦ δὲ Καίσαρος μειδιῶντος καὶ καταπαύοντος αὐτήν, "ἀλλ' οὐ δεινόν" εἶπεν "ὦ Καῖσαρ, εἰ σὺ μὲν ἠξίωσας ἀφικέσθαι πρὸς ἐμὲ καὶ προσειπεῖν οὕτω πράττουσαν, οἱ δὲ δοῦλοί μου κατηγοροῦσιν, εἴ τι τῶν γυναικείων ἀπεθέμην, οὐκ ἐμαυτῇ δήπουθεν, ἡ τάλαινα, κόσμον, ἀλλ' ὅπως Ὀκταουίᾳ καὶ Λιβίᾳ τῇ σῇ μικρὰ δοῦσα, δι' (7) ἐκείνων ἵλεώ σου τύχοιμι καὶ πραοτέρου;" τούτοις ὁ Καῖσαρ ἥδετο, παντάπασιν αὐτὴν φιλοψυχεῖν οἰόμενος. εἰπὼν οὖν ὅτι καὶ ταῦτα ἐπιτρέπει καὶ τἆλλα πάσης ἐλπίδος αὐτῇ χρήσεται λαμπρότερον, ᾤχετο ἀπιών, ἐξηπατηκέναι μὲν οἰόμενος, ἐξηπατημένος δὲ μᾶλλον.

[83] Peu de jours après, César alla la voir pour lui parler et la consoler : il la trouva couchée sur un petit lit, dans un extérieur fort négligé. Quand il entra, quoiqu'elle n'eût qu'une simple tunique, elle sauta promptement à bas de son lit, et courut se jeter à ses genoux, le visage horriblement défiguré, les cheveux épars, tous les traits altérés, la voix tremblante, les yeux presque éteints à force d'avoir versé des larmes, et le sein meurtri des coups qu'elle s'était donnés; tout son corps enfin n'était pas en meilleur état que son esprit. Cependant sa grâce naturelle, et la fierté que sa beauté lui inspirait, n'étaient pas entierement éteintes; et du fond même de cet abattement où elle était réduite il sortait des traits pleins de vivacité, qui éclataient dans tous les mouvements de son visage. XCI. César l'ayant obligée de se remettre au lit, et s'étant assis auprès d'elle, elle entreprit de se justifier, en rejetant tout ce qui s'était fait sur la nécessité des circonstances et sur la crainte que lui inspirait Antoine. Mais comme elle se vit arrêtée sur chaque article, et convaincue par les faits mêmes, elle ne songea plus qu'à exciter sa compassion, et eut recours aux prières, pour laisser croire qu'elle avait un grand désir de vivre. Elle finit par lui remettre un état de toutes ses richesses. Séleucus, un de ses trésoriers, lui ayant reproché d'en cacher une partie, elle se leva, le saisit par les cheveux, et lui donna plusieurs coups sur le visage. César, qui ne put s'empêcher de rire de son emportement, ayant voulu la calmer : «N'est-il pas horrible, César, lui dit-elle, que lorsque vous avez daigné venir me voir et me parler dans l'état déplorable où je me trouve, mes propres domestiques viennent me faire un crime d'avoir mis en réserve quelques bijoux de femme, non pour en parer une malheureuse comme moi, mais pour faire quelques légers présents à votre sœur Octavie, et à Livie votre épouse, afin de m'assurer par leur protection votre clémence et votre bouté? » Ce discours fit plaisir à César, qui ne douta plus qu'elle n'eût repris l'amour de la vie il lui donna tout ce qu'elle avait réservé de ses bijoux; et après lui avoir promis que le traitement qu'elle recevrait irait au delà même de ses espérances, il la quitta, persuadé qu'il l'avait trompée, mais étant lui-même sa dupe.

DION CASSIUS, L'Histoire romaine, LI, ch.12-13 :

[51,12] οἶκόν τε οὖν ἐκπρεπῆ καὶ κλίνην πολυτελῆ παρασκευάσασα, καὶ προσέτι καὶ ἑαυτὴν ἠμελημένως πως κοσμήσασα (καὶ γὰρ ἐν τῷ πενθίμῳ σχήματι δεινῶς ἐνέπρεπεν) ἐκαθέζετο ἐπὶ τῆς κλίνης, πολλὰς μὲν εἰκόνας τοῦ πατρὸς αὐτοῦ καὶ παντοδαπὰς παραθεμένη, πάσας δὲ τὰς ἐπιστολὰς τὰς παρ´ ἐκείνου οἱ πεμφθείσας ἐς τὸν κόλπον λαβοῦσα. καὶ μετὰ τοῦτο ἐσελθόντος τοῦ Καίσαρος ἀνεπήδησέ τε ἐρρυθμισμένη, καὶ ἔφη "χαῖρε ὦ δέσποτα· σοὶ μὲν γὰρ τοῦτο θεὸς ἔδωκεν, ἐμὲ δὲ ἀφείλετο. ἀλλ´ ὁρᾷς μέν που καὶ αὐτὸς τὸν πατέρα σου τοιοῦτον οἷος πολλάκις πρὸς ἐμὲ ἐσῆλθεν, ἀκούεις δὲ ὅπως τά τε ἄλλα ἐτίμησέ με καὶ δὴ καὶ βασιλίδα τῶν Αἰγυπτίων ἐποίησεν. ἵνα δ´ οὖν τι καὶ αὐτοῦ ἐκείνου περὶ ἐμοῦ πύθῃ, λάβε καὶ ἀνάγνωθι τὰ γράμματα ἅ μοι αὐτοχειρίᾳ ἐπέστειλε." ταῦτά τε ἅμα ἔλεγε, καὶ πολλὰ καὶ ἐρωτικὰ αὐτοῦ ῥήματα ἀνεγίγνωσκε. καὶ τοτὲ μὲν ἔκλαε καὶ τὰς ἐπιστολὰς κατεφίλει, τοτὲ δὲ πρὸς τὰς εἰκόνας αὐτοῦ προσέπιπτε καὶ ἐκείνας προσεκύνει. τά τε βλέφαρα ἐς τὸν Καίσαρα ἐπενέκλα, καὶ ἐμμελῶς ἀνωλοφύρετο, θρυπτικόν τέ τι προσεφθέγγετο, ἄλλοτε μὲν λέγουσα "ποῦ μοι, Καῖσαρ, ταῦτά σου τὰ γράμματα;" ἄλλοτε δὲ ὅτι "ἀλλ´ ἐν τούτῳ καὶ σύ μοι ζῇς," εἶτα αὖθις "εἴθε σου προετεθνήκειν," καὶ μάλα αὖθις "ἀλλὰ καὶ τοῦτον ἔχουσα σὲ ἔχω." τοιαύτῃ τινὶ ποικιλίᾳ καὶ τῶν ῥημάτων καὶ τῶν σχημάτων ἐχρῆτο, μελιχρὰ ἄττα καὶ προσβλέπουσα αὐτῷ καὶ λαλοῦσα. ὁ οὖν Καῖσαρ συνίει μὲν αὐτῆς καὶ παθαινομένης καὶ πληκτιζομένης, οὐ μέντοι καὶ προσεποιεῖτο, ἀλλ´ ἐς τὴν γῆν τοὺς ὀφθαλμοὺς ἐρείσας τοῦτο μόνον εἶπεν, "θάρσει ὦ γύναι, καὶ θυμὸν ἔχε ἀγαθόν· οὐδὲν γὰρ κακὸν πείσῃ." περιαλγήσασα οὖν ἐκείνη ὅτι μήτε προσεῖδεν αὐτὴν μήτε τι ἢ περὶ τῆς βασιλείας ἢ καὶ ἐρωτικόν τι ἐφθέγξατο, πρός τε τὰ γόνατα αὐτοῦ προσέπεσε καὶ ἀνακλαύσασα "ζῆν μέν" ἔφη, "Καῖσαρ, οὔτε ἐθέλω οὔτε δύναμαι· ταύτην δέ σε τὴν χάριν ἐς τὴν τοῦ πατρὸς μνήμην αἰτῶ, ἵν´ ἐπειδή με Ἀντωνίῳ μετ´ ἐκεῖνον ὁ δαίμων παρέδωκε, μετ´ αὐτοῦ καὶ ἀποθάνω. εἴθε μὲν γὰρ ἀπωλώλειν εὐθὺς τότε μετὰ τὸν Καίσαρα· ἐπεὶ δέ μοι καὶ τοῦτο παθεῖν ἐπέπρωτο, πέμψον με πρὸς Ἀντώνιον, μηδέ μοι τῆς σὺν αὐτῷ ταφῆς φθονήσῃς, ἵν´ ὥσπερ δι´ ἐκεῖνον ἀποθνήσκω, οὕτω καὶ ἐν Ἅιδου αὐτῷ συνοικήσω."

[51,12] Ayant donc orné sa chambre avec magnificence et son lit avec somptuosité, parée elle même négligemment (ses habits de deuil rehaussaient l'éclat de sa beauté), elle s'assit sur le lit avec toute sorte de portraits du père de César près d'elle, et portant dans son sein toutes les lettres qu'il lui avait adressées. Puis, quand César entra, elle s'élança vers lui en rougissant et lui dit: «Salut, ô maître. Un dieu t'a donné ce titre, qu'il m'a ravi, à moi. Tu vois ton père tel qu'il est venu souvent vers moi; tu as entendu dire comment, entre autres honneurs qu'il m'accorda, il me fit reine d'Égypte. Si tu veux savoir de lui en quel estime il me tenait, prends et lis ces lettres qu'il m'a écrites de sa main. » Elle lui disait ces paroles, et en même temps, elle lui lisait mainte parole d'amour adressée par son père. Tantôt elle pleurait et couvrait les lettres de baisers, tantôt elle se prosternait devant ses images et les adorait. Puis elle détournait ses paupières vers César, gémissait avec d'adroits ménagements, et prononçait des paroles langoureuses, s'écriant parfois : « Que me servent, ô César, ces lettres de toi ? » parfois : Mais, pour moi, tu vis dans celui-ci ; » puis, encore : « Oh que ne suis-je morte avant toi! » puis, une autre fois : « Mais en possédant celui-ci, je te possède. » Elle employait ainsi divers propos et divers gestes, jetant sur lui de doux regards et lui adressant de douces paroles. César comprit bien qu'elle était émue et cherchait à exciter la compassion, mais il feignit de ne pas s'en apercevoir, et, tenant les yeux baissés vers la terre, il se contenta de lui dire : « Prends confiance, ô femme, aie bon courage, il ne te sera fait aucun mal. » Mais elle, au comble de la douleur de ce qu'il ne l'avait pas regardée et ne lui avait parlé ni de royauté ni d'amour, tomba à ses genoux et s'écria fondant en larmes : "La vie, César, je ne veux ni ne puis la supporter ; mais j'ai une grâce à te demander en souvenir de ton père, c'est, puisque, après avoir été à lui, le sort m'a livrée à Antoine, de me laisser mourir avec lui. Oh ! que ne suis-je morte alors aussitôt après César ! Puisqu'il était dans ma destinée d'éprouver aussi ce malheur, envoie-moi vers Antoine, ne m'envie pas de partager son tombeau, afin que, mourant à cause de lui, j'habite à côté de lui dans les enfers.»

[51,13] καὶ ἡ μὲν τοιαῦτα ὡς καὶ ἐλεηθησομένη ἔλεγε, Καῖσαρ δὲ πρὸς μὲν ταῦτα οὐδὲν ἀπεκρίνατο, φοβηθεὶς δὲ μὴ ἑαυτὴν διαχρήσηται, θαρσεῖν τε αὐτῇ αὖθις παρεκελεύσατο, καὶ οὔτε τὴν θεραπείαν αὐτῆς ἀφείλετο καὶ ἐν ἐπιμελείᾳ αὐτὴν ἐποιεῖτο, ὅπως οἱ τὰ ἐπινίκια ἐπιλαμπρύνῃ. τοῦτό τε οὖν ὑποτοπήσασα, καὶ μυρίων θανάτων χαλεπώτερον αὐτὸ νομίσασα εἶναι, ὄντως τε ἀποθανεῖν ἐπεθύμησε, καὶ πολλὰ μὲν τοῦ Καίσαρος, ὅπως τρόπον τινὰ ἀπόληται, ἐδεῖτο, πολλὰ δὲ καὶ αὐτὴ ἐμηχανᾶτο. ἐπεὶ δ´ οὐδὲν ἐπέραινε, μεταγιγνώσκειν τε ἐπλάσατο ὡς καὶ ἐλπίδα πολλὴν μὲν καὶ ἐς ἐκεῖνον πολλὴν δὲ καὶ ἐς τὴν Λιουίαν ἔχουσα, καὶ ἑκουσία τε πλευσεῖσθαι ἔλεγε, καὶ κόσμους τινὰς ἀποθέτους ἐς δῶρα ἡτοιμάζετο, εἴ πως πίστιν ἐκ τούτων μὴ τεθνήξειν λαβοῦσα ἧττόν τε τηρηθείη καὶ ἑαυτὴν ἐξεργάσαιτο. ὃ καὶ ἐγένετο. ἐπειδὴ γὰρ οἵ τε ἄλλοι καὶ ὁ Ἐπαφρόδιτος, ᾧπερ ἐπετέτραπτο, πιστεύσαντες ταῦθ´ ὡς ἀληθῶς φρονεῖν, τῆς ἀκριβοῦς φυλακῆς ἠμέλησαν, παρεσκευάζετο ὅπως ὡς ἀλυπότατα ἀποθάνῃ. καὶ γραμματεῖόν τι, δι´ οὗ ἐδεήθη τοῦ Καίσαρος ἵνα αὐτὴν μετὰ τοῦ Ἀντωνίου ταφῆναι κελεύσῃ, αὐτῷ τῷ Ἐπαφροδίτῳ σεσημασμένον, ὅπως προφάσει τῆς ἀποκομιδῆς αὐτοῦ ὡς καὶ ἄλλο τι ἔχοντος ἐκποδών οἱ γένηται, δοῦσα ἔργου εἴχετο. τήν τε γὰρ ἐσθῆτα τὴν περικαλλεστάτην ἐνδῦσα καὶ ἑαυτὴν εὐπρεπέστατα εὐθετήσασα, τό τε σχῆμα τὸ βασιλικὸν πᾶν ἀναλαβοῦσα, ἀπέθανε.

[51,13] Telles étaient les paroles par lesquelles elle cherchait à émouvoir la pitié ; mais César n'y répondit rien. Craignant cependant qu'elle ne se donnât la mort, il l'exhorta de nouveau à prendre confiance et ne retrancha rien de son service ; il fit prendre soin d'elle, afin qu'elle rehaussât l'éclat de son triomphe. Cléopâtre, soupçonnant cette intention et pensant que mille morts étaient préférables, désira réellement mourir; elle adressa force prières à César pour qu'il mît fin à sa vie d'une façon quelconque, et imagina elle-même une foule d'expédients. Voyant que rien ne lui réussissait, elle fit semblant de changer de résolution, comme si elle eût beaucoup compté et sur César et sur Livie : elle répétait qu'elle était toute disposée à s'embarquer et apprêtait, pour les offrir en don à Livie, des parures tirées de ses coffres, afin de pouvoir, si par ces artifices elle réussissait à persuader qu'elle ne cherchait pas à mourir, être moins surveillée et accomplir le dessein qu'elle avait prémédité contre elle-même. C'est ce qui arriva. Quand ses gardiens et Epaphrodite, à qui elle avait été confiée, persuadés que ces sentiments étaient véritables, se furent relâchés de la sévérité de leur surveillance, elle se disposa à mourir le moins péniblement possible. Après avoir remis à Epaphrodite lui-même un billet cacheté par lequel elle priait César d'ordonner qu'elle fût mise dans le tombeau à côté d'Antoine (par le prétexte d'envoyer Epaphrodite porter ce billet, comme s'il eût été relatif à tout autre objet, elle écartait un obstacle), elle poursuivit son oeuvre. Ce fut, revêtue de sa robe la plus magnifique, richement parée et ornée de tous les insignes royaux, qu'elle termina sa vie.


2. Lecture : Pétrarque (Entretiens familiers) et le théâtre (de Curion) :

PÉTRARQUE, Des remèdes à la bonne et à la mauvaise fortune, ch. 30, par. 9-10 :

[30,9] Audisti ut Curio, is qui ciuili bello pro Cesaris partibus in Africa occubuit, ut Scaurum, quem opibus equare non poterat, ingenio superaret, non marmoreum, ut ille, sed ligneum theatrum, duplex tamen ac pensile, meditatus, populum uictorem gentium ludis uictum et periculis plaudentem suis mira arte suspendit, ut ridentes interius stupentesque ipsi exterius spectatoribus risu fierent ac stupori. Et miramur imperii spe obiecta unius licet magni exulis animum flectere potuisse, qui oculorum leui breuique uoluptate proposita tot milia ciuium uolubili spectaculo circumuoluit? At nemo ibi periit, dicet aliquis; sed perire potuere et periere alibi innumeri:

[30,10] neue attingam nouas simul ac ueteres ruinas, quibus sepe multi mortem simul ac tumulum inueniere, sub Tiberio principe celebri spectaculo apud Fidenam urbem amphitheatri lapsu oppressa uiginti hominum milia meministi. Hic spectaculorum fructus, hi sunt exitus! (Gaudium) Spectaculis cum uoluptate detineor. (Ratio) Aut fictis amoribus aut ueris odiis. Primum equidem non est uiri, secundum uero nec hominis spectare,

[30,9] Tu as ouï dire que ce Curion qui, durant les guerres civiles, mourut en Afrique pour le parti de César, voulant surpasser Scaurus en industrie, puisqu'il ne pouvait l'égaler en richesse, ne fit pas faire un Théâtre de marbre comme lui mais il en dressa un de bois qui était pourtant double et comme tenant en l'air. Avec cette machine il suspendit ce peuple vainqueur des nations qui se laissait vaincre par des jeux et applaudissaient à ses propres dangers. En effet, ceux qui riaient et se pâmaient d'étonnement au dedans, servaient au dehors d'un grand sujet de risée et d'admiration à ceux qui les regardaient. Après cela, faut-il s'étonner qu'un homme, qui, par l'objet d'une légère et courte satisfaction de la vue, roula tant de milliers de citoyens par un spectacle mobile, ait pu tourner à sa volonté l'esprit d'un seul homme mais illustre banni par l'espérance d'un empire ? Quelqu'un pourra me dire ici que personne ne mourut en cette occasion mais tout le monde y pouvait mourir et, en d'autres conjonctures moins dangereuses, il s'est perdu une infinité de personnes.

[30,10] Et pour ne pas parler ici des ruines modernes, non plus que des anciennes, qui ont fait trouver à plusieurs leur mort et leur cercueil en même temps et en même endroit, tu peux te ressouvenir que sous l'empire de Tibère vingt mille hommes furent écrasés par la chute d'un amphithéâtre durant une fameuse représentation qui se faisait dans la ville de Fidènes. Voilà les fruits des spectacles, voilà leurs issues. Mais pour combattre ta fureur par la raison aussi bien que par l'expérience, tu te laisses emporter en t'y amusant ou a de feintes amours ou à des haines véritables. L'un est indigne d'un esprit mâle et l'autre de l'homme.

Dossier : Encyclopédie de Diderot (première édition) :

"Théatre de Curion, (Archit. Décorat. des Rom.) ce théatre en contenoit deux construits de bois près l’un de l’autre, & si également suspendus chacun sur son pivot, qu’on pouvoit les faire tourner, en réunir les extrémités, & former par ce moyen une enceinte pour des combats de gladiateurs.
M. le comte de Caylus a donné dans le recueil de Littérature, tom. XXIII. un mémoire plein de lumieres sur cette étonnante machine, & il a le premier démontré la méchanique de ce prodigieux ouvrage. Quoique je ne puisse le suivre dans cette partie faute de planches, son discours renferme d’ailleurs assez de choses curieuses pour en régaler les lecteurs qui n’ont pas sous les yeux le vaste recueil de l’acad. des Inscriptions.
Les anciens, dit-il, ont eu plusieurs connoissances que nous n’avons pas, & ils ont poussé beaucoup plus loin que nous, quelques-unes de celles dont nous faisons usage. Les moyens qu’ils employoient pour remuer des masses d’un poids énorme, sont de ce nombre, & doivent nous causer d’autant plus d’admiration, que nous ne savons comment ils sont parvenus à exécuter des choses qui nous paroissent aujourd’hui tenir du prodige. Nous en sommes étonnés avec raison, dans le tems même que nous croyons être arrivés à une grande profondeur dans les mathématiques, & que nous nous flattons de laisser les anciens fort loin derriere nous dans plusieurs parties de cette science ; cependant ces anciens savoient allier une grande simplicité aux plus grands efforts de la méchanique ; ils attachoient même si peu de mérite à ces sortes d’opérations, que leurs historiens, & ce qui est plus fort encore, leurs poëtes n’en paroissent nullement occupés. L’étalage pompeux que les modernes ont fait de l’élévation des corps qui leur ont paru considérables, est tout le contraire de la conduite des anciens, le livre in fol. de Fontana sur l’obélisque que Sixte V. fit relever dans Rome, & la planche gravée par le Clerc pour célébrer la pose des pierres du fronton du louvre, justifient bien la médiocrité des modernes en comparaison des anciens.
La machine de Curion, sans parler des autres bâtimens des anciens, est une nouvelle preuve de la supériorité des anciens dans la méchanique, mais avant que de parler de cette prodigieuse machine de Curion, & de la singularité du spectacle qu’il fit voir aux Romains, il faut dire un mot du personnage dont il est tant parlé dans les lettres de Cicéron à Atticus, dans Dion Cassius, liv. LX. dans Velleius Paterculus, l. II. & dans les vies d’Antoine, de Pompée, de Caton d’Utique, de César & de Brutus, par Plutarque. ..."

Source :

PLINE l'ANCIEN, L'Histoire naturelle, XXXVI, ch. 24, par. 116-118:

Aufert animum et a destinato itinere degredi cogit contemplatio tam prodigae mentis aliamque conectit maiorem insaniam e ligno. C. Curio, qui bello civili in Caesarianis partibus obiit, funebri patris mundere cum opibus apparatuque non posset superare Scaurum — unde enim illi vitricus Sulla et Metella mater proscriptionum sectrix? unde M. Scaurus pater, totiens princeps civitatis et Mariani sodalicii rapinarum provincialium sinus? cum iam ne ipse quidem Scaurus sibi par esse posset, quando hoc certe incendi illius praemium habuit convectis ex orbe terrarum rebus, ut nemo postea par esset insaniae illi —
ingenio ergo utendum suo Curioni et aliquid excogitandum fuit. operae pretium est scire, quid invenerit, et gaudere moribus nostris ac verso modo nos vocare maiores. theatra iuxta duo fecit amplissima ligno, cardinum singulorum versatili suspensa libramento, in quibus utrisque antemeridiano ludorum spectaculo edito inter sese aversis, ne invicem obstreperent scaenae, repente circumactis — ut constat, post primos dies etiam sedentibus aliquis —, cornibus in se coeuntibus faciebat ampitheatrum gladiatorumque proelia edebat, ipsum magis auctoritatum populum Romanum circumferens.
quid enim miretur quisque in hoc primum, inventorem an inventum, artificem an auctorem, ausum aliquem hoc excogitare an suscipere an iubere? super omnia erit populi sedere ausi furor tam infida instabilique sede. en hic est ille terrarum victor et totius domitor orbis, qui gentes, regna diribet, iura exteris mittit, deorum quaedam immortalium generi humano portio, in machina pendens et ad periculum suum plaudens!
quae vilitas animarum ista aut quae querella de Cannis! quantum mali potuit accidere! hauriri urbes terrae hiatibus publicus mortalium dolor est: ecce populus Romanus universus, veluti duobus navigiis inpositus, binis cardinibus sustinetur et se ipsum depugnantem spectat, periturus momento aliquo luxatis machinis!

[13] La considération de telles prodigalités m'entraîne, et me force à sortir de mon sujet, et à y joindre une autre extravagance, encore plus grande, touchant le bois. C. Curion, qui mourut pendant la guerre civile dans le parti de César, donnait des jeux funèbres en l'honneur de son père. Il ne pouvait surpasser Scaurus en riches ses et en magnificence: en effet, il n'avait pas Sylla pour beau-père et pour mère Métella, adjudicatrire des biens des proscrits; il n'avait pas pour père M. Scaurus, tant de fois prince de la cité, et gouffre qui avait englouti les dépouilles des provinces dans les coalitions avec Marius. Déjà Scaurus le fils ne pouvait plus rivaliser avec lui-même; et de cet incendie de tant d'objets apportés de toutes les parties de l'univers il avait du moins tiré l'avantage que personne à l'avenir ne lutte rait de folie avec lui.
[14] Force fut à Curion de devenir ingénieux, et d'imaginer quelque chose. Voyons donc ce qu'il inventa; apprenons à nous applaudir de nos mœurs, et, retournant l'expression, disons-nous des hommes de l'ancien temps. Il fit construire deux théâtres en bois, très spacieux et juxtaposés, chacun en équilibre et tournant sur un pivot: avant midi, pour le spectacle des jeux, ils étaient adossés, afin que le bruit d'une des deux scènes ne gênât pas l'autre; l'après-midi, tournant tout à coup, ils se trouvaient face à face, les fonds se séparaient, les angles se réunissaient, et il se formait un amphithéâtre pour des gladiateurs moins compromis que le peuple romain ainsi promené.
[15] Car ici que faut-il admirer de préférence, l'inventeur ou l'invention , l'exécuteur ou l'auteur du projet, celui qui osa imaginer une telle entreprise ou celui qui osa s'en charger, celui qui obéit ou celui qui commande? Mais ce qui est par-dessus tout, c'est la frénésie du peuple, osant s'asseoir sur un siège aussi peu solide et aussi dangereux. Le voilà, ce peuple vainqueur de la terre, conquérant de l'univers entier, qui régit les nations et les royaumes, qui envoie des lois aux contrées étrangères, et qui fait pour ainsi dire partie des dieux immortels à l'égard du genre humain, le voilà suspendu dans une machine, et applaudissant au péril même qu'il court! Quel mépris est-ce là pour la vie des hommes ! Pourquoi se plaindre de la journée de Cannes ? Quelle catastrophe pouvait arriver! Que des villes soient englouties par la terre s'entr'ouvrant, c'est une calamité douloureuse pour l'humanité entière; et voici que tout le peuple romain, embarqué pour ainsi dire sur deux navires, et porté sur deux pivots ! il assiste au spectacle de son propre danger, près de périr en un moment, si le mécanisme se dérange!


3. Lecture : Pétrarque (Entretiens familiers) et la sagesse :

PÉTRARQUE, Des remèdes à la bonne et à la mauvaise fortune, ch. 12, par. 2:

[12,2] (Gaudium) Studio ad sapientiam perueni.
(Ratio)
Utique sic ad illam peruenitur; sed an tu perueneris recogita. Non est enim res studii breuis, egens aliquot annorum ut relique artes: tota uel longissima opus est uita. Si quis, ut aiunt, tota die currens peruenit ad uesperam, satis est. Notum est illud Platonis, ut alia multa, preclarissimum, quod Ciceroni placet et michi: “Beatum, cui etiam in senectute contigerit ut sapientiam uerasque opiniones assequi possit!”. Has tu an calle medio obuias habueris an nescio quo pennato equo uectus ante tempus attigeris, incertum: tam cito sapiens euasisti!

[12,2] je sais bien que c'est par une étude tendue qu'on arrive à la sagesse mais prends bien garde si tu as cru y atteindre ou si tu y as atteint. Ce n'est pas une affaire de peu d'assiduité ou qui n'ait besoin que de quelques années, comme les autres arts, il n'y a pas encore assez de toute la vie pour longue qu'elle puisse être. Il suffit, comme on dit, qu'un homme, courant toute la journée, y arrive le soir. Tu as ouï dire ce beau mot de Platon qui, comme beaucoup d'autres, ne me plaît pas moins qu'à Cicéron : "que celui-là est bienheureux à qui il arrive même dans sa vieillesse de pouvoir acquérir la sagesse et de saines opinions". Je ne sais pas à t'ouïr parler, comme tu es devenu sage si subitement, si tu les a trouvées en pleine rue ou si quelque cheval ailé t'y a porté devant le temps.

Source : CICÉRON, des vrais biens et des vrais maux, V, 21 :

... Virtutis enim beataeque uitae, quae duo maxime expetenda sunt, serius lumen apparet, multo etiam serius, ut plane qualia sint intellegantur. Praeclare enim Plato: 'Beatum, cui etiam in senectute contigerit, ut sapientiam uerasque opiniones assequi possit'. Quare, quoniam de primis naturae commodis satis dietum est nunc de maioribus consequentibusque uideamus. ...

La lumière de la vertu et du bonheur, les deux choses les plus importantes de la vie, ne se découvre que tardivement à nous; et ce n'est que beaucoup plus tard encore que nous pouvons les bien comprendre. Platon a fort bien dit : «Heureux celui qui, même dans sa


 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002