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Date :     18-06-2010

Sujets :
Réflexion : Le football, la religion du XXIe siècle ? ; HODOI ELEKTRONIKAI : 13 nouveaux environnements hypertextes : Plotin (x 6), La Septante (x 7) ;

Notice :

1. Réflexion : Le football, la religion du XXIe siècle ? :

La Coupe du monde 2010 de football bat actuellement son plein en Afrique du Sud.

C'est ce qui a incité le magazine LE PÉLERIN à faire une réflexion sur le rôle du football : Le football, la religion du XXIe siècle ?

Nous avons lu ceci, sous l'intitulé Le foot, une transcendance éphémère ? :

"... Philippe Villemus, professeur d’économie à Montpellier, membre de l’équipe d’organisation de la Coupe du monde en France en 1998 et auteur de Le dieu football ,y voit la survivance de rituels anciens, liés aux origines de ce sport. « Les jeux de pelote puis de balle au pied ont d’abord participé de cultes païens, notamment celui du soleil dans les civilisations mayas, chinoises ou européennes. Avec le temps, le foot a perdu ce caractère mystique. Mais, le match conserve un officiant (l’arbitre), une enceinte qui isole public et joueurs du reste du monde (le stade) et de la musique qui relie les hommes (les chants). Même devenu profane, il gardé du sacré ! »

N’est-ce pas aller un peu vite en besogne que de confondre rituel et religion ? « Les émotions que le foot suscite ne sont pas spirituelles, mais émotionnelles, précise Paul Dietschy, auteur d’une Histoire du football. Si fortes soient-elles, elles ne sont qu’éphémères. » « Le foot ne possède pas plus de transcendance que de théologie. Au fond, ce spectacle n’explique en rien d’où nous venons et où nous allons, insiste Christian Bromberger. Il consacre seulement les valeurs qui façonnent nos sociétés : le mérite individuel, avec des joueurs partis de rien qui deviennent tout, la solidarité inhérente aux sports collectifs, les appartenances régionales ou nationales. ..."

Nous avons interrogé nos banques de textes sur l'attitude d'auteurs classiques concernant les jeux et nous avons trouvé plusieurs extraits qui peuvent alimenter et/ou prolonger la réflexion du magazine Le PÉLERIN :

  • Le jeu est un délassement :

    ARISTOTE, La Politique, VIII, p. 1337b :

    § 4. Εἰ δ´ ἄμφω μὲν δεῖ, μᾶλλον δὲ αἱρετὸν τὸ σχολάζειν τῆς ἀσχολίας καὶ τέλος, ζητητέον ὅ τι δεῖ ποιοῦντας σχολάζειν. Οὐ γὰρ δὴ παίζοντας· τέλος γὰρ ἀναγκαῖον εἶναι τοῦ βίου τὴν παιδιὰν ἡμῖν. Εἰ δὲ τοῦτο ἀδύνατον, καὶ μᾶλλον ἐν ταῖς ἀσχολίαις χρηστέον ταῖς παιδιαῖς (ὁ γὰρ πονῶν δεῖται τῆς ἀναπαύσεως, ἡ δὲ παιδιὰ χάριν ἀναπαύσεώς ἐστιν· τὸ δ´ ἀσχολεῖν συμβαίνει μετὰ πόνου καὶ συντονίας), διὰ τοῦτο δεῖ παιδιὰς εἰσάγεσθαι καιροφυλακοῦντας τὴν χρῆσιν, ὡς προσάγοντας φαρμακείας χάριν. Ἄνεσις γὰρ ἡ τοιαύτη κίνησις τῆς ψυχῆς, καὶ διὰ τὴν ἡδονὴν ἀνάπαυσις.

    § 4. Si le travail et le repos sont tous deux nécessaires, le dernier est sans contredit préférable; mais il faut chercher avec grand soin à le remplir comme il convient. Ce ne sera certainement pas par des jeux; car ce serait faire du jeu, chose impossible, le but même de la vie. Le jeu est surtout utile au milieu des travaux. L'homme qui travaille a besoin de délassement, et le jeu n'a pas d'autre objet que de délasser. Le travail amène toujours la fatigue et la contention de nos facultés. Il faut donc savoir appeler à propos l'emploi des jeux comme un remède salutaire. Le mouvement que le jeu procure détend l'esprit, et le repose par le plaisir qu'il donne.

  • Les jeux ont une finalité éducative :

    EUSÈBE de Césarée, Préparation évangélique, XII, 17 :

    Λέγω οὖν καί φημι τὸν ὁτιοῦν ἀγαθὸν ἄνδρα μέλλοντα ἔσεσθαι τοῦτ´ αὐτὸ ἐκ παίδων εὐθὺς μελετᾶν παίζοντά τε καὶ σπουδάζοντα ἐν τοῖς τοῦ πράγματος ἑκάστοις προσήκουσιν· οἷον τὸν μέλλοντα ἀγαθὸν ἔσεσθαι γεωργὸν ἤ τινα οἰκοδόμον τὸν μὲν οἰκοδομοῦντά τι τῶν παιδείων οἰκοδομημάτων παίζειν χρή, τὸν δ´ αὖ γεωργοῦντα· καὶ ὄργανα ἑκατέρῳ σμικρὰ τῶν ἀληθινῶν μιμήματα παρασκευάζειν τὸν τρέφοντα αὐτῶν ἑκάτερον· καὶ δὴ καὶ τῶν μαθημάτων ὅσα ἀναγκαῖα προμεμαθηκέναι προμανθάνειν, οἷον τέκτονα μετρεῖν ἢ σταθμᾶσθαι καὶ πολεμικὸν ἱππεύειν παίζοντα ἤ τι τῶν τοιούτων ἄλλο ποιοῦντα· καὶ πειρᾶσθαι διὰ τῶν παιδιῶν ἐκεῖσε τρέπειν τὰς ἡδονὰς καὶ ἐπιθυμίας τῶν παίδων, οἷ ἀφικομένους αὐτοὺς δεῖ τέλος ἔχειν. Κεφάλαιον δὴ παιδείας λέγομεν τὴν ὀρθὴν τροφήν, ἣ τοῦ παίζοντος τὴν ψυχὴν εἰς ἔρωτα ὅτι μάλιστα ἄξει τούτου, ὃ δεήσει γενόμενον ἄνδρα αὐτὸν τέλειον εἶναι τῆς τοῦ πράγματος ἀρετῆς.

    « Je dis et j'affirme que l'homme qui veut exceller dans quelque chose que ce soit, doit s'y préparer dès le premier âge, tant en jouant que lorsqu'il s'applique sérieusement aux diverses branches de chacune de ces études : soit celui qui veut devenir un parfait agriculteur ou un savant architecte; il devra même en jouant, s'occuper à construire de petites maisons comme jouets, et faire de même s'il veut être agriculteur. Le précepteur doit, dans ce cas, procurer à chacun de ces enfants de petits outils faits à l'imitation des véritables, et leur donner les premiers éléments de la science qu’ils doivent approfondir plus tard. Ainsi, pour le charpentier, il lui apprendra à mesurer et a manier l'équerre ; pour l'enfant qui se destine à la guerre, il lui donnera comme récréations des exercices d'équitation et de toutes les autres habitudes de guerre ; en un mot, il doit essayer de se servir des jeux pour tourner les goûts et les désirs des enfants vers le but ou ils doivent finir par arriver. Nous disons donc que l'objet principal d'une éducation est de conduire l'âme, à l'aide des jeux, à l'amour de ce qui doit un jour en faire un homme accompli, dans la vertu qu'il se propose d'acquérir. »

  • C'est gaspiller son temps que d'assister aux spectacles des stades :

    LUCIEN, Anacharsis ou des exercices du corps, 11 :

    Αὐτὸ τοῦτο, ὦ Σόλων, καὶ τὸ οἴκτιστόν ἐστιν, εἰ μὴ ἐπ´ ὀλίγων ταῦτα πάσχουσιν, ἀλλὰ ἐν τοσούτοις θεαταῖς καὶ μάρτυσι τῆς ὕβρεως, οἳ δηλαδὴ εὐδαιμονίζουσιν αὐτοὺς αἵματι ῥαινομένους ὁρῶντες ἢ ἀγχομένους ὑπὸ τῶν ἀντιπάλων· ταῦτα γὰρ τὰ εὐδαιμονέστατα πρόσεστι τῇ νίκῃ αὐτῶν. παρ´ ἡμῖν δὲ τοῖς Σκύθαις ἤν τις, ὦ Σόλων, ἢ πατάξῃ τινὰ τῶν πολιτῶν ἢ ἀνατρέψῃ προσπεσὼν ἢ θοἰμάτια περιρρήξῃ, μεγάλας οἱ πρεσβῦται τὰς ζημίας ἐπάγουσι, κἂν ἐπ´ ὀλίγων μαρτύρων τοῦτο πάθῃ τις, οὔτι γε ἐν τηλικούτοις θεάτροις, οἷα σὺ διηγῇ τὸ Ἰσθμοῖ καὶ τὸ ἐν Ὀλυμπίᾳ. οὐ μὴν ἀλλὰ τοὺς μὲν ἀγωνιστὰς οἰκτείρειν μοι ἔπεισιν ὧν πάσχουσιν, τῶν δὲ θεατῶν οὓς φὴς ἁπανταχόθεν τοὺς ἀρίστους παραγίγνεσθαι εἰς τὰς πανηγύρεις καὶ πάνυ θαυμάζω, εἰ τἀναγκαῖα παρέντες σχολάζουσιν ἐπὶ τοῖς τοιούτοις. οὐδὲ γὰρ ἐκεῖνό πω δύναμαι κατανοῆσαι ὅ τι τὸ τερπνὸν αὐτοῖς, ὁρᾶν παιομένους τε καὶ διαπληκτιζομένους ἀνθρώπους καὶ πρὸς τὴν γῆν ἀραττομένους καὶ συντριβομένους ὑπ´ ἀλλήλων.

    C'est justement cela, Solon, qui est le plus pitoyable. C'est que ce n'est pas sous les yeux de quelques personnes qu'ils endurent ces traitements, mais parmi des milliers de spectateurs qui assistent à ces brutalités et qui sans doute les estiment heureux, en les voyant ruisseler de sang ou étouffer par leurs adversaires; car c'est là le grand bonheur attaché à leur victoire. Chez nous autres Scythes, Solon, si quelqu'un frappe un citoyen, ou l'assaille et le renverse, ou lui déchire ses habits, les vieillards lui infligent un châtiment rigoureux, même s'il n'a commis sa violence que devant un petit nombre de témoins, et non dans ces grands amphithéâtres, tels que tu dépeins ceux de l'Isthme et d'Olympie. Quoi qu'il en soit, je ne puis m'empêcher de plaindre les lutteurs de ce qu'ils ont à souffrir. Quant aux spectateurs, qui sont, dis-tu, l'élite du pays et qui viennent à ces fêtes de tous les points de la Grèce, je ne me tiens pas d'étonnement qu'ils abandonnent leurs affaires et gaspillent leur temps à ces spectacles. Je ne puis même pas comprendre encore quel plaisir ils ont à voir des hommes frappés, gourmés, jetés à terre et meurtris les uns par les autres.

  • Milon de Crotone, un athlète d'exception ? :

    ATHÉNÉE de Naucratis, Les Deipnosophistes, X, p. 412 :

    Μίλων δ´ ὁ Κροτωνιάτης, ὥς φησιν ὁ Ἱεραπολίτης Θεόδωρος ἐν τοῖς περὶ ἀγώνων, ἤσθιε μνᾶς κρεῶν εἴκοσι καὶ τοσαύτας ἄρτων οἴνου τε τρεῖς χοᾶς ἔπινεν. Ἐν δὲ Ὀλυμπίᾳ ταῦρον ἀναθέμενος τοῖς ὤμοις (412f) τετραέτη καὶ τοῦτον περιενέγκας τὸ στάδιον μετὰ ταῦτα δαιτρεύσας μόνος αὐτὸν κατέφαγεν ἐν μιᾷ ἡμέρᾳ.

    Théodore d'Hiérapolis rapporte, dans ses Combats gymniques, que Milon de Crotone mangeait vingt mines [1 mine : env. 500 grammes] pesant de viandes, autant de pain, et buvait trois conges de vin [1 conge = 3,25 litres] . Étant à Olympie, il prit sur ses épaules (412f) un taureau de trois ans, fit avec tout le tour du Stade ; après quoi il le fit cuire, et le mangea seul le même jour.

  • Il est injuste de préférer la force à l'excellence de la sagesse :

    ATHÉNÉE de Naucratis, Les Deipnosophistes, X, p. 414 : Xénophane de Colophon parle :

    [10,414] «Ἀλλ´ εἰ μὲν ταχυτῆτι ποδῶν νίκην τις ἄροιτο ἢ πενταθλεύων, ἔνθα Διὸς τέμενος (414) πὰρ Πίσαο ῥοῇς´ ἐν Ὀλυμπίῃ, εἴτε παλαίων ἢ καὶ πυκτοσύνην ἀλγινόεσσαν ἔχων, εἴτε τὸ δεινὸν ἄεθλον ὃ παγκράτιον καλέουσιν, ἀστοῖσίν κ´ εἴη κυδρότερος προσορᾶν καί κε προεδρίην φανερὴν ἐν ἀγῶσιν ἄροιτο καί κεν σίτησιν δημοσίων κτεάνων ἐκ πόλεως καὶ δῶρον ὅ οἱ κειμήλιον εἴη· εἴτε καὶ ἵπποισιν, ταῦτά κε πάντα λάχοι, οὐκ ἐὼν ἄξιος ὥσπερ ἐγώ. Ῥώμης γὰρ ἀμείνων (414b) ἀνδρῶν ἠδ´ ἵππων ἡμετέρη σοφίη. Ἀλλ´ εἰκῇ μάλα τοῦτο νομίζεται, οὐδὲ δίκαιον προκρίνειν ῥώμην τῆς ἀγαθῆς σοφίης.

    [10,414] «Qu'un homme remporte la victoire par la rapidité de sa course, au pentathle, où est le temple de Jupiter; à Olympie, près du rivage (414) de Pise ; ou que ce soit a la lutte, ou au pugilat douloureux, ou même au pancration, exercice redoutable; qu'il arrive ainsi parmi ses concitoyens au faîte des honneurs, et obtienne la première place dans les jeux publics ; qu'il soit nourri aux dépens du peuple, que la ville lui fasse des présents particuliers, et qu'il obtienne tout cela, (414b) tant pour sa gloire, que pour celle des chevaux (avec lesquels il a été vainqueur), il n'en est pas moins au-dessous de moi ; car la sagesse dont nous faisons profession vaut mieux que la force, soit des hommes, soit des chevaux : c'est en vain qu'on prétend le contraire, et il est injuste de préférer la force à l'excellence de la sagesse

Dossier bibliographique : Sports et jeux dans l'Antiquité


2. HODOI ELEKTRONIKAI & environnements hypertextes :

Christian RUELL s'est surpassé : il a pu créer, en une semaine, 13 nouveaux environnements hypertextes :

  • Plotin, Les Ennéades, VI, livre II [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Plotin, Les Ennéades, VI, livre III [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Plotin, Les Ennéades, VI, livre IV [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Plotin, Les Ennéades, VI, livre VII [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Plotin, Les Ennéades, VI, livre VIII [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Plotin, Les Ennéades, VI, livre IX [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • La Septante, Amos [Texte grec et traduction française repris au site THE UNBOUND BIBLE]
  • La Septante, Le Cantique des Cantiques [Texte grec et traduction française repris au site THE UNBOUND BIBLE]
  • La Septante, Ézéchiel [Texte grec et traduction française repris au site THE UNBOUND BIBLE]
  • La Septante, Habacuc [Texte grec et traduction française repris au site THE UNBOUND BIBLE]
  • La Septante, Isaïe [Texte grec et traduction française repris au site THE UNBOUND BIBLE]
  • La Septante, Jérémie [Texte grec et traduction française repris au site THE UNBOUND BIBLE]
  • La Septante, Les Lamentations [Texte grec et traduction française repris au site THE UNBOUND BIBLE]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt HODOI ELEKTRONIKAI.


Jean Schumacher
18 juin 2010

[Rappel historique: Appel du 18 juin (1940)]


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002