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Date :     21-05-2010

Sujets :
Lecture : Les torches enduites d'asphalte (C. McCULLOUGH) ; HODOI ELEKTRONIKAI : 8 nouveaux environnements hypertextes : Eusèbe de Césarée (x 2), Lycophron, Plotin (x 3), La Septante, Théophile d'Antioche ;

Notice :

1. Lecture : Les torches enduites d'asphalte (C. McCULLOUGH) :

Livre : Colleen McCULLOUGH, César et Cléopâtre
Titre original : The October Horse (2002)
Traduit de l'anglais par Martine C. Desoille
Paris, Presses de la Cité, 2004, 1347 pp.

Extrait : p. 852 :

"— Comment vas-tu [Cléopâtre] l'annoncer [la mort de César] à son fils ?
— Sans détour. Il est Pharaon. Lorsque nous serons rentrés en Egypte, je vais renverser mon chacal de frère et installer Césarion sur le trône à mon côté. Un jour, il héritera du monde de César.
— Il ne peut pas être l'héritier de César, objecta Lucius d'une voix douce.
Les yeux fauves s'écarquillèrent avec une expression de mépris.
— Oh, l'héritier de César doit être romain, je le sais. Mais Césarion a hérité de son sang, et par son sang il héritera de tout ce que fut César.
— Je dois partir, dit Lucius, mais je te conseille de regagner 1'Egypte au plus vite. Les assassins de César n'ont peut-être pas encore étanché leur soif de sang.
— J'avais l'intention de partir. Il n'y a plus rien qui me retienne ici désormais, dit-elle, les yeux brillants, mais sans verser de larmes. Je n'ai même pas pu lui faire mes adieux.
— Aucun de nous ne l'a pu. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à venir me trouver.
Elle le laissa partir dans la nuit froide, escorté par des esclaves munis de torches allumées et de torches de rechange. Les torches de Cléopâtre étaient enduites d'asphalte de Palus Asphaltites en Judée, le meilleur qui se puisse trouver. Mais les torches se consumaient rapidement. Tout comme la vie. Seuls les dieux étaient éternels, et pourtant, même à eux, il arrivait de sombrer dans l'oubli.
« Comme elle est calme ! songea Lucius. Les souverains sont-ils différents des autres humains ? César l'était. Il était souverain par nature. Ce n'est pas le diadème qui compte, mais l'âme. » ..."

Témoignages :

  • Pline l'Ancien, Histoire naturelle, II, 106 : 226 nihil in Asphaltite Iudeae lacu, qui bitumen gignit, mergi potest nec in Armeniae maioris Aretissa; is quidem nitrosus pisces alit.

    En Judée, le lac Asphaltite, qui produit le bitume, ne laisse rien s'enfoncer (V, 15); il en est de même du lac Aréthuse dans la grande Arménie (VI, 31) : celui-ci bien que nitreux, nourrit des poissons. ...

  • Pline l'Ancien, Histoire naturelle, VII, 15 :

    65 quin et bituminum sequax alioqui ac lenta natura in lacu Iudaeae, qui uocatur Asphaltites, certo tempore anni supernatans non quit sibi auelli, ad omnem contactum adhaerens praeterquam filo, quem tale uirus infecerit

    Bien plus, le bitume, substance visqueuse et collante qui, à une certaine époque de l'année, surnage au-dessus des eaux d'un lac de Judée, nommé Asphaltite, ne se laisse diviser par rien, tant il adhère à tout ce qu'il touche, mais se laisse diviser par un fil infecté de ce virus. ...

  • Diodore de Sicile, La Bibliothèque historique, II, 12 :

    [2,12] Πολλῶν δὲ καὶ παραδόξων ὄντων θεαμάτων κατὰ τὴν Βαβυλωνίαν οὐχ ἥκιστα θαυμάζεται καὶ τὸ πλῆθος τῆς ἐν αὐτῇ γεννωμένης ἀσφάλτου· τοσοῦτον γάρ ἐστιν ὥστε μὴ μόνον ταῖς τοσαύταις καὶ τηλικαύταις οἰκοδομίαις διαρκεῖν, ἀλλὰ καὶ συλλεγόμενον τὸν λαὸν ἐπὶ τὸν τόπον ἀφειδῶς ἀρύεσθαι καὶ ξηραίνοντα κάειν ἀντὶ ξύλων. ἀναριθμήτων δὲ τὸ πλῆθος ἀνθρώπων ἀρυομένων καθάπερ ἔκ τινος πηγῆς μεγάλης ἀκέραιον διαμένει τὸ πλήρωμα ...

    [2,12] Parmi les curiosités de la Babylonie, on remarque surtout la quantité d'asphalte qui s'y produit. Cette quantité est telle, qu'elle suffit non seulement pour des constructions aussi immenses que nombreuses, mais encore le peuple recueille cette matière en abondance et la brûle en guise de bois, après l'avoir desséchée. Un nombre infini d'habitants la puisent dans une grande source qui reste intarissable. ...

  • Diodore de Sicile, La Bibliothèque historique, XIX, 98 :

    [19,98] Ὁ μὲν οὖν Δημήτριος λαβὼν ὁμήρους καὶ τὰς ὁμολογηθείσας δωρεὰς ἀνέζευξεν ἀπὸ τῆς πέτρας· διατείνας δὲ σταδίους τριακοσίους κατεστρατοπέδευσε πλησίον τῆς Ἀσφαλτίτιδος λίμνης, ἧς τὴν φύσιν οὐκ ἄξιον παραδραμεῖν ἀνεπισήμαντον. κεῖται γὰρ κατὰ μέσην τὴν σατραπείαν τῆς Ἰδουμαίας, τῷ μὲν μήκει παρεκτείνουσα σταδίους μάλιστά που πεντακοσίους, τῷ δὲ πλάτει περὶ ἑξήκοντα. τὸ δ´ ὕδωρ ἔχει διάπικρον καὶ καθ´ ὑπερβολὴν δυσῶδες, ὥστε μήτ´ ἰχθὺν δύνασθαι τρέφειν μήτ´ ἄλλο τῶν καθ´ ὕδατος εἰωθότων ζῴων εἶναι. ἐμβαλλόντων δ´ εἰς αὐτὴν ποταμῶν μεγάλων τῇ γλυκύτητι διαφόρων τούτων μὲν περιγίνεται κατὰ τὴν δυσωδίαν, ἐξ αὑτῆς δὲ μέσης ἐκφυσᾷ κατ´ ἐνιαυτὸν ἀσφάλτου στερεᾶς μέγεθος ποτὲ μὲν μεῖζον ἢ τρίπλεθρον, ἔστι δ´ ὅτ´ οὐ πολὺ λειπόμενον πλέθρου· ἐφ´ ᾧ δὴ συνήθως οἱ περιοικοῦντες βάρβαροι τὸ μὲν μεῖζον καλοῦσι ταῦρον, τὸ δὲ ἔλασσον μόσχον. ἐπιπλεούσης δὲ τῆς ἀσφάλτου πελαγίας ὁ τόπος φαίνεται τοῖς ἐξ ἀποστήματος θεωροῦσιν οἱονεί τις νῆσος. τὴν δ´ ἔκπτωσιν φανερὰν συμβαίνει γίνεσθαι πρὸ ἡμερῶν εἴκοσι· κύκλῳ γὰρ τῆς λίμνης ἐπὶ πολλοὺς σταδίους ὀσμὴ τῆς ἀσφάλτου προσπίπτει μετὰ πνεύματος μοχθηροῦ καὶ πᾶς ὁ περὶ τὸν τόπον ἄργυρος καὶ χρυσὸς καὶ χαλκὸς ἀποβάλλει τὴν ἰδιότητα τοῦ χρώματος. ἀλλ´ αὕτη μὲν ἀποκαθίσταται πάλιν, ἐπειδὰν ἀναφυσηθῆναι συμβῇ πᾶσαν τὴν ἄσφαλτον· ...

    [19,98] Démétrius accepta les présents convenus, prit des otages, et se retira de Pétra. Après trois cents stades de marche, il vint établir son camp sur les bords du lac Asphaltite. Il ne sera pas sans intérêt de nous arrêter un moment sur les particularités que présente ce lac. Le lac Asphaltite est situé au centre de l'éparchie d'Idumée; il a environ cinq cents stades de longueur sur soixante de largeur. L'eau en est très salée et tellement fétide qu'elle ne peut nourrir aucun poisson ni aucun autre animal aquatique. Bien que de grands fleuves y amènent des eaux douces, leur mélange n'en neutralise pas la fétidité. Du milieu de ce lac se soulève tous les ans une masse d'asphalte solide, tantôt de plus de trois plèthres, tantôt d'à peu près un plèthre. La plus grosse masse est appelée par les Barbares taureau, et la plus petite, veau. Cet asphalte nage à la surface de l'eau et présente de loin l'aspect d'une île. Son éruption s'annonce vingt jours d'avance par l'odeur d'un gaz malsain d'asphalte qui se répand à plusieurs stades à la ronde, et qui enlève à l'argent, à l'or et au cuivre leur couleur naturelle. Ces métaux reprennent leur couleur dès que tout l'asphalte a fait son éruption. ...

  • Dion Cassius, L'Histoire romaine, LXVIII, 27 :

    [68,27] ἔνθα μέντοι τήν τε ἄσφαλτον εἶδε Τραϊανὸς ἐξ ἧς τὰ τείχη Βαβυλῶνος ᾠκοδόμητο (τοσαύτην γὰρ ἀσφάλειαν πλίνθοις ὀπταῖς ἢ καὶ λίθοις λεπτοῖς συμμιχθεῖσα παρέχεται ὥστε καὶ πέτρας καὶ σιδήρου παντὸς ἰσχυρότερα αὐτὰ ποιεῖν), καὶ τὸ στόμιον ἐθεάσατο ἐξ οὗ πνεῦμα δεινὸν ἀναδίδοται, ὥστε πᾶν μὲν ἐπίγειον ζῷον πᾶν δὲ πετεινὸν ἀποφθείρειν, εἰ καὶ ἐφ´ ὁποσονοῦν ὄσφροιτό τι αὐτοῦ. καὶ εἴπερ ἐπὶ πολὺ ἄνω ἐχώρει ἢ καὶ πέριξ ἐσκεδάννυτο, οὐδ´ ἂν ᾠκεῖτο ὁ χῶρος· νῦν δὲ αὐτὸ ἐν ἑαυτῷ ἀνακυκλούμενον κατὰ χώραν μένει. καὶ ἐκ τούτου τά τε ἐν ὑψηλοτέρῳ πετόμενα σώζεται καὶ τὰ πέριξ νεμόμενα. ...

    [68,27] 27. Là, Trajan vit le lac de bitume qui avait servi à la construction des murailles de Babylone (telle est, en effet, la solidité qu'offre son mélange avec des briques cuites ou de petites pierres, qu'il rend ces remparts plus durs que le roc ou n'importe quel fer) ; il contempla aussi l'embouchure du lac, d'où s'exhale une vapeur si dangereuse, que les animaux terrestres et les oiseaux périssent pour peu qu'ils l'aient sentie. Si cette vapeur montait bien haut, ou si elle se répandait alentour, le pays serait inhabitable ; mais elle reste en place, concentrée en elle-même. ...

  • Dion Cassius, L'Histoire romaine, LXXV, 11 :

    ... πλεῖστον δὲ ὅμως ἐκάκωσαν αὐτοὺς ἐπειδὴ τῷ τείχει προσέμιξαν, καὶ πολὺ πλεῖον ἐπεὶ καὶ διέρρηξάν τι αὐτοῦ· τά τε γὰρ ἄλλα καὶ τὸ νάφθα τὸ ἀσφαλτῶδες ἐκεῖνο, περὶ οὗ ἄνω μοι γέγραπται, ἀφιέντες σφίσι τά τε μηχανήματα καὶ τοὺς στρατιώτας πάντας, οἷς ἐπεβλήθη, κατέπρησαν. καὶ αὐτὰ ὁ Σεουῆρος ἀπὸ βήματος ὑψηλοῦ ἐθεώρει.

    ... cependant la perte fut plus grande encore lorsqu'on approcha des remparts ; elle fut à son comble, lorsqu'une partie du mur fut abattue; car, alors, les assiégés, lançant sur les Romains la naphthe asphaltique dont j'ai parlé plus haut, brûlèrent toutes les machines et tous les soldats sur qui elle fut jetée. Sévère contemplait cet accident du haut d'une estrade élevée. ...

  • Strabon, Geographica, XVI-1, 15 :

    [16a,15] Γίνεται δ´ ἐν τῇ Βαβυλωνίᾳ καὶ ἄσφαλτος πολλή, περὶ ἧς Ἐρατοσθένης μὲν οὕτως εἴρηκεν ὅτι „ἡ μὲν „ὑγρὰ ἣν καλοῦσι νάφθαν, γίνεται ἐν τῇ Σουσίδι, ἡ δὲ „ξηρὰ δυναμένη πήττεσθαι ἐν τῇ Βαβυλωνίᾳ· ταύτης „δ´ ἐστὶν ἡ πηγὴ τοῦ Εὐφράτου πλησίον· πλημμύροντος δὲ τούτου κατὰ τὰς τῶν χιόνων τήξεις καὶ αὐτὴ „πληροῦται καὶ ὑπέρχυσιν εἰς τὸν ποταμὸν λαμβάνει· „ἐνταῦθα δὲ συνίστανται βῶλοι μεγάλαι πρὸς τὰς „οἰκοδομὰς ἐπιτήδειαι τὰς διὰ τῆς ὀπτῆς πλίνθου.“ ἄλλοι δὲ καὶ τὴν ὑγρὰν ἐν τῇ Βαβυλωνίᾳ γίνεσθαί φασι. περὶ μὲν οὖν τῆς ξηρᾶς εἴρηται πόσον τὸ χρήσιμον τὸ ἐκ τῶν οἰκοδομιῶν μάλιστα· φασὶ δὲ καὶ πλοῖα πλέκεσθαι, ἐμπλασθέντα δ´ ἀσφάλτῳ πυκνοῦσθαι. τὴν δὲ ὑγρὰν ἣν νάφθαν καλοῦσι, παράδοξον ἔχειν συμβαίνει τὴν φύσιν· προσαχθεὶς γὰρ ὁ νάφθας πυρὶ πλησίον ἀναρπάζει τὸ πῦρ, κἂν ἐπιχρίσας αὐτῷ σῶμα προσαγάγῃς, φλέγεται· σβέσαι δ´ ὕδατι οὐχ οἷόν τε (ἐκκαίεται γὰρ μᾶλλον) πλὴν εἰ πάνυ πολλῷ, ἀλλὰ πηλῷ καὶ ὄξει καὶ στυπτηρίᾳ καὶ ἰξῷ πνιγεὶς σβέννυται. πείρας δὲ χάριν φασὶν Ἀλέξανδρον ἐν λουτρῷ προσχέαι παιδὶ τοῦ νάφθα καὶ προσαγαγεῖν λύχνον· φλεγόμενον δὲ τὸν παῖδα ἐγγὺς ἐλθεῖν τοῦ ἀπολέσθαι, πλὴν πολλῷ σφόδρα καταντλοῦντες τῷ ὕδατι ἐξίσχυσαν καὶ διέσωσαν οἱ περιεστῶτες. Ποσειδώνιος δέ φησι τοῦ ἐν τῇ Βαβυλωνίᾳ νάφθα τὰς πηγὰς τὰς μὲν εἶναι λευκοῦ τὰς δὲ μέλανος· τούτων δὲ τὰς μὲν εἶναι θείου ὑγροῦ (λέγω δὲ τὰς τοῦ λευκοῦ· ταύτας δ´ εἶναι τὰς ἐπισπώσας τὰς φλόγας), τὰς δὲ τοῦ μέλανος ἀσφάλτου ὑγρᾶς, ᾧ ἀντ´ ἐλαίου τοὺς λύχνους κάουσι.

    [16a,15] Une autre substance qu'on y recueille aussi très abondamment est l'asphalte. Voici ce qu'en dit Eratosthène : «L'asphalte liquide, autrement dit le naphte, provient de la Suside ; quant à l'asphalte sec, lequel se reconnaît à la propriété qu'il a de durcir, c'est en Babylonie qu'on le trouve. La source d'où on l'extrait est voisine de l'Euphrate ; et, quand l'Euphrate grossi par la fonte des neiges commence à déborder, elle-même grossit, et, se déversant dans le fleuve, s'y coagule en énormes morceaux qu'on utilise avec succès dans les constructions pour assembler les briques cuites au feu». Suivant d'autres témoignages, on trouverait aussi de l'asphalte liquide en Babylonie. Nous avons nous-même parlé plus haut de l'asphalte sec et des secours précieux qu'en tire l'industrie du bâtiment. Mais, dans ce pays, où les embarcations sont faites rien que de joncs tressés, on s'en sert aussi, paraît-il, pour leur donner la solidité qui leur manque ; on les enduit toutes d'asphalte avant de les mettre à l'eau. Voici maintenant les propriétés merveilleuses qu'on attribue à l'asphalte liquide. Un morceau de naphte présenté au feu attire le feu à lui ; un corps quelconque qu'on a simplement enduit ou frotté de naphte, approché du feu si peu que ce soit, s'enflamme sans qu'il soit possible avec de l'eau de l'éteindre, car l'eau, à moins qu'on ne la verse à flots, ne fait que l'enflammer davantage, et c'est uniquement avec de la boue, du vinaigre, de l'alun ou de la glu qu'on parvient à étouffer la flamme. A ce propos-là même, on raconte qu'Alexandre, un jour, par manière d'expérience, fit verser du naphte sur un esclave au bain et donna ordre ensuite qu'on approchât de lui un flambeau allumé, que l'esclave fut instantanément enveloppé de flammes et qu'il serait mort brûlé infailliblement, si les assistants avec des torrents d'eau n'étaient venus à bout du feu et n'avaient sauvé le malheureux. Posidonius, de son côté, affirme que les sources de naphte en Babylonie sont de deux sortes, qu'il y a celles de naphte blanc et celles de naphte noir ; que les premières (j'entends celles de naphte blanc) ne sont proprement que du soufre liquide, ce qui explique que ces mêmes sources attirent la flamme ; que les sources de naphte noir redonnent au contraire que de l'asphalte liquide, lequel se met dans les lampes en guise d'huile à brûler.

  • Strabon, Geographica, XVI-2, 42 :

    ... βαρύτατον ἔχουσα ὕδωρ, ὥστε μὴ δεῖν κολύμβου, ἀλλὰ τὸν ἐμβάντα καὶ μέχρι ὀμφαλοῦ εὐθὺς ἐξαίρεσθαι· μεστὴ δ´ ἐστὶν ἀσφάλτου· αὕτη δὲ ἀναφυσᾶται κατὰ καιροὺς ἀτάκτους ἐκ μέσου τοῦ βάθους μετὰ πομφολύγων ὡς ἂν ζέοντος ὕδατος· κυρτουμένη δ´ ἡ ἐπιφάνεια λόφου φαντασίαν παρέχει· συναναφέρεται δὲ καὶ ἄσβολος πολλή, καπνώδης μὲν πρὸς δὲ τὴν ὄψιν ἄδηλος, ὑφ´ ἧς κατιοῦται καὶ χαλκὸς καὶ ἄργυρος καὶ πᾶν τὸ στιλπνὸν μέχρι καὶ χρυσοῦ· ἀπὸ δὲ τοῦ κατιοῦσθαι τὰ σκεύη γνωρίζουσιν οἱ περιοικοῦντες ἀρχομένην τὴν ἀναβολὴν τοῦ ἀσφάλτου, καὶ παρασκευάζονται πρὸς τὴν μεταλλείαν αὐτοῦ, ποιησάμενοι σχεδίας καλαμίνας. ἔστι δ´ ἡ ἄσφαλτος γῆς βῶλος, ὑγραινομένη μὲν ὑπὸ θερμοῦ καὶ ἀναφυσωμένη καὶ διαχεομένη, πάλιν δὲ μεταβάλλουσα εἰς πάγον ἰσχυρὸν ὑπὸ τοῦ ψυχροῦ ὕδατος, οἷόν ἐστι τὸ τῆς λίμνης ὕδωρ, ὥστε τομῆς καὶ κοπῆς δεῖσθαι· εἶτ´ ἐπιπολάζουσα διὰ τὴν φύσιν τοῦ ὕδατος, καθ´ ἣν ἔφαμεν μηδὲ κολύμβου δεῖσθαι, μηδὲ βαπτίζεσθαι τὸν ἐμβάντα ἀλλ´ ἐξαίρεσθαι· προσπλεύσαντες δὲ ταῖς σχεδίαις κόπτουσι καὶ φέρονται τῆς ἀσφάλτου ὅσον ἕκαστος δύναται.

    Ses eaux [du lac] sont très profondes même sur le bord et tellement pesantes, qu'il n'y a pas possibilité pour un plongeur d'y exercer ses talents, car celui qui y entre n'a pas plus tôt enfoncé jusqu'à mi-corps qu'il se sent soulevé hors de l'eau. Ajoutons que l'asphalte se trouve dans le lac en très grande quantité : à des époques dont le retour n'a rien de régulier, on voit cette substance jaillir du milieu, du plus profond du lac, avec une forte ébullition qui rappelle tout à fait celle de l'eau bouillante. En retombant, elle forme une sorte de monticule arrondi. Il se dégage en même temps beaucoup de suie, mais à l'état de gaz, et, pour ne pas être visible, cette suie n'en atteste pas moins sa présence en ternissant le cuivre, l'argent et tous les corps brillants, jusqu'à l'or lui-même, et c'est en voyant leurs vases et autres ustensiles se rouiller, que les riverains habituellement pressentent l'approche d'une éruption. Ils se préparent alors à recueillir l'asphalte et disposent à cet effet des radeaux faits de joncs tressés. L'asphalte est une substance terreuse, qui, liquéfiée par la chaleur, jaillit et fait expansion, mais pour changer d'état aussitôt, car au contact de l'eau, d'une eau aussi froide que l'est celle du lac, elle se solidifie et arrive à former une masse tellement dure, qu'il faut la couper, la briser en morceaux. Par suite de la nature toute particulière des eaux du lac, dans lesquelles, avons-nous dit, l'art du plongeur ne trouve absolument pas à s'exercer, puisqu'à peine entré on s'y sent porté et soulevé sans pouvoir enfoncer, l'asphalte y surnage, et les gens du pays, montés sur leurs radeaux, se portent vers l'endroit où s'est faite l'éruption, coupent l'asphalte et en emportent autant de morceaux qu'ils peuvent.

Références supplémentaires :


2. HODOI ELEKTRONIKAI & environnements hypertextes :

Christian RUELL, tout en étant au four et au moulin cette semaine-ci, a réussi à créer 8 nouveaux environnements hypertextes :

  • Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, livre VII [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, livre VIII [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Lycophron, Alexandra [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Plotin, Les Ennéades, IV, livre IX [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Plotin, Les Ennéades, V, livre I [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Plotin, Les Ennéades, V, livre III [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • La Septante, Les Psaulmes [Texte grec et traduction française repris au site THE UNBOUND BIBLE]
  • Théophile d'Antioche, A Autolyque, livre I [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt HODOI ELEKTRONIKAI.

A propos de LYCOPHRON :

Dans LE MONDE, édition du 14 mai 2010, Monique Petillon, présente le livre de Pascal QUIGNARD, Lycophron et Zétès. L'artcle est intitulé : Le mystère Lycophron

A propos de PLOTIN :

Dans la même édition du journal LE MONDE, Roger-Pol DROIT présente une nouvelle traduction des oeuvres de Plotin. L'article est intitulé : Plotin, sage d'exception


Jean Schumacher
21 mai 2010


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002