Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

Actu' ITINERA+ (Actualités - Nouvelles)


  Accueil     Liste des actualités     Recherche     Actualité     Administration  

Date :     11-06-2001

Sujets :
Marie VISCONTI, Le meurtre d'Adonis

Notice :

Concerne: Marie VISCONTI, Le meurtre d'Adonis
Librairie des Champs-Elysées
Collection Labyrinthes
Hachette, 2001, 379 pp., 51,30 FF

Descriptif: (source: www.bol.fr)

Abandonné par l'ancienne esclave Sylvane, désormais princesse Gwennifairh, le brillant avocat Helkias sombrerait dans l'ennui si son ami Fabrinus ne lui proposait un divertissement inattendu : retrouver une pièce disparue de sa collection, à l'effigie du célèbre Adonis. Mais à la villa Fabrina, l'atmosphère se révèle loin de la sérénité : Aristylle, beauté déchue, règne d'une main de fer sur le domaine de son fils et tolère difficilement sa bru, tandis que le frère de Fabrinus, au grand courroux de tous, s'adonne à la Sculpture au détriment d'une carrière prometteuse. Lorsque Helkias reçoit une missive de Titus, fils de l'empereur Vespasien, le chargeant d'une mission secrète, il n'est pas loin de penser que l'ombre de la sanglante légende d'Adonis pourrait bien s'abattre sur la ténébreuse villa Fabrina...

Analyse:

Il s'agit d'un polar à l'antique, dont l'auteur, agrégée de lettres et passionnée d'archéologie, a déjà composé divers romans historiques et nouvelles policières. Ce dernier roman, qui allie les deux genres, s'inscrit assez librement dans la suite d'un précédent "Le cheval d'octobre", avec le retour d'un personnage , à savoir l'enquêteur, le séduisant avocat Manius Salvius Priscus, alias Helkias, citoyen romain d'origine gallo-palmyrénienne, bel esprit futé, que ne rebute ni la philosophie ni l'attrait pour les dames.

L'intrigue se déroule à Paestum et dans une riche demeure patricienne des environs, au 1er siècle de notre ère, au moment où, la santé de Vespasien déclinant, se pose le problème de la succession. A partir d'une intrigue familiale, on découvre la rivalité de Titus et de Domitien et aussi l'activisme d'un parti néronien qui voudrait mettre sur le trône un bâtard de l'empereur artiste.

La reconstitution de la vie en Grande-Grèce à l'époque romaine, agrémentée de survivances étrusques,est loin d'être faite à la légère. Particulièrement les cultes d'origine orientale, comme celui d'Adonis, la vie religieuse et les superstitions de l'Italie antique n'ont pas de secrets pour M.Visconti. On devine un impressionnant bagage littéraire et archéologique sous-jacent. On ne pourra que s'étonner de l'un ou l'autre détail bizarre, comme la présence d'un chat domestique, à moins que ce ne soit un clin d'oeil.

Mais l'auteur donne aussi l'impression de vouloir en faire trop avec une intrigue fort tortueuse, des personnages fort nombreux, dont certains assez convenus, des complications psychologiques qui finissent par tourner court, des épisodes picaresques qu'on n'arrive pas à prendre au second degré, la recherche à tout prix de détails "pour faire vrai". N'est pas Shéhérazade ou P. D. James qui veut et le lecteur risque parfois d'y perdre son latin ! A part ceux des jeunes délinquants de Paestum, les dialogues ne sont pas toujours vivants et sont à l'occasion un peu téléphonés pour introduire des realia. Et, dans la peau d'une belle prétresse d'Aphrodite, même le personnage de l'irrésistible espionne sans scrupules est au rendez-vous...

Crédit: Danielle de Clercq

Sur Adonis:

  • Ovide, Métamorphoses, X, v. 708-739: La mort d'Adonis

    'Illa quidem monuit iunctisque per aera cycnis
    carpit iter, sed stat monitis contraria uirtus.
    forte suem latebris uestigia certa secuti 710
    exciuere canes, siluisque exire parantem
    fixerat obliquo iuuenis Cinyreius ictu:
    protinus excussit pando uenabula rostro
    sanguine tincta suo trepidumque et tuta petentem
    trux aper insequitur totosque sub inguine dentes 715
    abdidit et fulua moribundum strauit harena.
    uecta leui curru medias Cytherea per auras
    Cypron olorinis nondum peruenerat alis:
    agnouit longe gemitum morientis et albas
    flexit aues illuc, utque aethere uidit ab alto 720
    exanimem inque suo iactantem sanguine corpus,
    desiluit pariterque sinum pariterque capillos
    rupit et indignis percussit pectora palmis
    questaque cum fatis "at non tamen omnia uestri
    iuris erunt" dixit. "luctus monimenta manebunt 725
    semper, Adoni, mei, repetitaque mortis imago
    annua plangoris peraget simulamina nostri;
    at cruor in florem mutabitur. an tibi quondam
    femineos artus in olentes uertere mentas,
    Persephone, licuit: nobis Cinyreius heros 730
    inuidiae mutatus erit?" sic fata cruorem
    nectare odorato sparsit, qui tinctus ab illo
    intumuit sic, ut fuluo perlucida caeno
    surgere bulla solet, nec plena longior hora
    facta mora est, cum flos de sanguine concolor ortus, 735
    qualem, quae lento celant sub cortice granum,
    punica ferre solent; breuis est tamen usus in illo;
    namque male haerentem et nimia leuitate caducum
    excutiunt idem, qui praestant nomina, uenti.'

    Traduction française:

    [705] "Fuis-les, cher Adonis; fuis, avec eux, tous ces monstres sauvages, qui, sans craindre la poursuite du chasseur, lui présentent un front menaçant, et le défient au combat. Ah ! crains que ton courage ne nous perde tous deux." Elle dit, et sur un char attelé de cygnes s'élève dans les airs. Mais le courage rejette les conseils timides. Les limiers d'Adonis poursuivaient un sanglier farouche, forcé dans sa retraite, et déjà prêt à sortir de la forêt. Le jeune fils de Cinyras l'atteint et le blesse d'un trait obliquement lancé. Le monstre furieux secoue le dard ensanglanté, poursuit le jeune chasseur tremblant qui fuit, et cherchait un asile; il lui plonge dans l'aine ses terribles défenses, le jette et le roule expirant sur l'arène Sur son char fendant encore les airs, Vénus n'avait point atteint le rivage de Chypre. Les gémissements d'Adonis frappent son oreille. Elle dirige vers lui ses cygnes et son char; et le voyant du haut des airs, sans vie, baigné de son sang, elle se précipite, arrache ses cheveux, frappe et meurtrit son sein. [724] Après avoir longtemps accusé les Destins : "Il ne sera point, s'écria-t-elle, tout entier soumis à vos lois. Le nom de mon cher Adonis et les monuments de ma douleur auront une durée éternelle. Sa mort, tous les ans pleurée dans des fêtes solennelles, rappellera mes pleurs. Le sang d'Adonis en fleur sera changé. Si, jalouse de Mentha, Proserpine put changer cette nymphe en plante de son nom, ne pourrais-je pas opérer le même prodige en faveur de mon amant" ! Elle dit, et arrose de nectar ce sang qui s'enfle, pareil à ces bulles d'air que la pluie forme sur l'onde. Une heure s'est à peine écoulée, il sort de ce sang une fleur nouvelle, que la pourpre colore, et qui des fruits de la grenade imite l'incarnat. Mais cette fleur légère, sur sa faible tige, a peu de durée; et ses feuilles volent jouet mobile du vent qui l'a fait éclore, et qui lui donne son nom.

    Crédit: BCS (Bibliotheca Classica Selecta)

  • Lucien de Samosate (IIième s. ap. J.-Chr.), De Dea Syria: La légende d'Adonis

  • Hélène TUZET, Mort et résurrection d'Adonis. Etude de l'évolution d'un mythe. Ed. J. Corti, 1987, 272 pp., 165 FF

  • La mort d'Adonis ou la vengeance divine (partie d'un dossier La mort sublimée dans l'Antiquité de Pierrette Lascaux, collège Léon Blum, Limoges)

 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002